La moralité et l’éthique professionnelle militaire : un paradoxe?

Major Rock Hau

Le major Hau est professeur adjoint au département de psychologie militaire et de leadership du Collège militaire royal (CMR) du Canada. Il est coordonnateur du cours de professionnalisme militaire et d’éthique, qui est obligatoire, au CMR, pour tous les élèves-officiers de 4e année. Le maj Hau détient un baccalauréat ès arts de l’Université de Winnipeg, et une maîtrise ès arts en psychologie de l’Université du Manitoba.

La haute direction des FC se préoccupe depuis toujours de la conduite professionnelle des militaires canadiens. Cependant, par suite d’un certain nombre d’événements hautement médiatisés qui ont suscité des interrogations quant au niveau de professionnalisme de nos militaires, les Forces canadiennes ont jeté un regard critique, au cours des cinq dernières années, sur la conduite de leurs membres. Cela a mené à toute une série d’initiatives visant à améliorer la conduite éthique et morale des personnes qui portent l’uniforme.

Il existe aujourd’hui une volonté de mettre en place, de toute urgence, un mécanisme qui favorise la discussion sur les questions morales liées à l’éthique professionnelle militaire. Cependant, pour qu’un débat enrichissant s’engage sur ce sujet essentiel, il est important de comprendre en quoi consiste une conduite à la fois professionnelle et morale. Si nous voulons " donner une voix à l’éthique " au MDN, il faut que nous connaissions le sens exact du mot " éthique "

Le but de cette présentation est de discuter du paradoxe qui apparaît bien souvent dans les dilemmes éthiques : le fait d’avoir à se conduire de façon professionnelle tout en respectant la morale et les valeurs de la société. Comme je vais le démontrer, ces deux concepts sont parfois en opposition, ce qui oblige les militaires à faire des choix difficiles. Le " sacrifice suprême " qui peut être exigé des militaires professionnels, et la responsabilité qu’ont les chefs militaires de déterminer qui va vivre et qui va mourir, créent des situations extrêmes où il n’est pas toujours facile d’appliquer les principes de l’éthique militaire. Il est essentiel de résoudre ce paradoxe apparent si nous voulons donner un sens à l’expression " donner une voix à l’éthique ".

L’une de nos principales préoccupations est que les membres des FC doivent d’abord et avant tout se conduire de façon professionnelle en toutes circonstances, et que leur conduite doit être conforme à l’ethos et à l’éthique militaires. Mais se conduire de façon professionnelle, qu’est-ce que cela signifie? D’une façon générale, et pour simplifier grossièrement, cela signifie que les membres d’une profession doivent se comporter selon les normes éthiques qui ont été établies pour cette profession. Dans la plupart des cas (ex. : médecine, droit, psychologie, etc.), il s’agit de règles écrites que tout le monde peut consulter.

Dans le cas du métier des armes, il s’agit de l’éthique professionnelle militaire (EPM) (Hartle, 1989), qui est censée régir la conduite de nos militaires. Cependant, contrairement à ce qui existe dans la plupart des autres professions, il n’y a pas de code de conduite écrit pour les membres des FC. On pourrait discuter des avantages et des inconvénients de cette absence de code écrit, mais il faut reconnaître que les militaires ont généralement une bonne idée de la façon dont ils doivent se comporter dans l’exercice de leurs fonctions.

Une idée qui revient souvent, au sujet de l’EPM, est que : a) les militaires doivent non seulement adhérer aux valeurs de la nation, mais les incarner à un niveau plus élevé que ne le font normalement les autres membres de la société; et b) les militaires doivent être des personnes de haute moralité (Wakin, 1986). Cela n’a rien de surprenant. En effet, si un pays se dote de forces armées, c’est pour promouvoir et défendre ses valeurs, ou, plus simplement, pour protéger son mode de vie. Mais surtout, les militaires doivent être prêts à faire le sacrifice de leur vie au besoin. Cette obligation figure désormais dans l’Énoncé d’éthique de la Défense : " En tant que membres des Forces canadiennes, sujets au sacrifice ultime... ". Bref, il est généralement admis que les membres des FC doivent se conduire de façon professionnelle tout en respectant les règles de la morale. À première vue, cela semble raisonnable. Cependant, qu’est-ce qui arrive lorsque les exigences professionnelles s’opposent aux principes éthiques, et qu’il faut faire un choix?

Le scénario qui vous a été distribué illustre ce genre de dilemme, et nous allons maintenant l’examiner en détail. Le jeune officier dont il est question dans ce scénario fait face à un choix difficile. Tandis qu’il examine pendant un bref moment les options qui s’offrent à lui, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans la décision qu’il doit prendre. D’une part, cet officier est assujetti à l’EPM, c’est-à-dire qu’il doit être loyal envers ses troupes, suivre les directives de ses supérieurs et remplir sa mission. D’autre part, il est moralement tenu d’aider les personnes en difficulté. Alors, que devrait-il faire? Poursuivre sa mission en accordant la priorité aux rations, aux fournitures médicales et aux avertissements de son supérieur, ou obéir à sa conscience et venir en aide aux réfugiés? À sa place, que feriez-vous?

J’imagine que plusieurs d’entre vous diraient que l’officier doit obéir aux ordres, mener à bien sa mission et, malheureusement, refuser de venir en aide aux réfugiés. Il est certain qu’en agissant ainsi, le jeune officier se comporterait comme un soldat professionnel. On peut dire également qu’il ferait preuve de compétence, de fidélité à sa mission, de loyauté envers ses troupes, d’intégrité et de force de caractère. Après tout, il n’est pas facile de prendre une décision pareille, qui ne peut que laisser un poids sur la conscience. On pourrait aller jusqu’à dire qu’en refusant d’aider les réfugiés, le jeune officier fait preuve de courage moral.

Par contre, il y en a peut-être parmi vous qui croient que le " juste choix " est de venir en aide aux réfugiés. Leur sentiment est que l’officier doit faire preuve de compassion envers les réfugiés, et qu’un " bon officier " n’est pas simplement quelqu’un qui exécute les ordres et remplit sa mission. Dans cette perspective, il y a la notion selon laquelle un officier doit faire preuve de jugement et de sagesse dans les décisions qu’il prend. Il y a aussi le principe selon lequel un " bon officier " doit être une personne de haute moralité, et afficher un jugement et une conduite irréprochables. En fait, certains estiment que ce sont là des qualités inhérentes à tout officier professionnel. En portant secours aux réfugiés, le jeune officier n’afficherait-il pas bon nombre des qualités énumérées plus haut?

J’entends déjà vos objections. Un bon officier doit obéir aux ordres, que cela lui plaise ou non. Et c’est bien vrai, du moins sur le plan strictement légal. En effet, d’après les ORFC, un militaire doit obéir aux ordres légitimes, et dans le cas présent, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’ordres légitimes. Et surtout, l’obéissance est le fondement de l’action militaire.

Alors, lequel est le plus correct, le plus professionnel? Celui qui obéit aux ordres et refuse d’aider les réfugiés, ou celui qui obéit à sa conscience et leur vient en aide? Lequel est le plus proche de la conduite éthique idéale d’un chef militaire professionnel des FC?

Peut-être que la question qu’il faut se poser ici est la suivante : quel est le choix le plus conforme à la morale? Est-ce qu’un être humain de haute moralité viendrait à l’aide de ces gens? Je crois que la plupart d’entre nous répondraient oui à cette question. Alors, est-ce que cela signifie que notre jeune officier doit leur porter secours? S’il est une personne de haute moralité, et c’est ce que nous attendons de lui, alors il semble que la réponse soit oui.

De plus, je suis certain qu’il y en a parmi vous qui sont d’avis que l’officier serait déloyal envers ses troupes, son commandant et sa mission s’il portait secours aux réfugiés, et qu’il ferait preuve d’un manque de professionnalisme. En agissant ainsi, il montrerait qu’il n’est pas une personne de haute moralité, car un bon officier pense aux missions futures et ne fonde pas sa décision uniquement sur la situation présente. Eh bien, il semble que nous soyons dans une impasse, car nous n’arrivons pas à déterminer la ligne de conduite appropriée pour notre jeune officier, et c’est le nœud du paradoxe dont j’ai parlé au début. Y a-t-il un moyen de sortir de cette impasse? Je crois que oui.

Walzer, un philosophe militaire renommé, estime que les militaires sont tenus moralement de remplir deux types d’obligations professionnelles : les obligations hiérarchiques et les obligations non hiérarchiques. Les premières sont celles qui viennent de la chaîne de commandement, c’est-à-dire celles que les chefs militaires assignent à leurs subordonnés. Les obligations non hiérarchiques, d’après Walzer, sont celles qu’un militaire a envers " tous les gens dont la vie est affectée par ses activités ", c’est-à-dire toutes les personnes qui ne sont pas directement impliquées dans les combats, mais qui en subissent souvent les conséquences. Pour Walzer, en tant qu’être humains, " nous avons tous cette responsabilité ". Nous devons reconnaître que les obligations envers les civils ne font pas partie des obligations hiérarchiques d’un militaire. Autrement dit, nous ne pouvons pas placer nos devoirs et nos besoins militaires au-dessus de nos devoirs envers la population civile.

Dans notre scénario, si l’officier abandonnait les réfugiés à leur sort pour se concentrer sur sa mission, cela voudrait dire qu’il attache plus de valeur au bien-être de ses troupes qu’à la vie de civils innocents. D’après Walzer, un officier qui agit ainsi ne pense qu’à ses obligations hiérarchiques et néglige ses obligations non hiérarchiques, ce qui est irresponsable. En faisant passer le bien-être de ses troupes avant la vie des réfugiés, il sacrifie ses derniers à ses obligations hiérarchiques. Walzer n’a pas de solution simple pour nous aider à faire face à ces deux types d’obligations. Y a-t-il quelque chose, dans nos normes de conduite éthique, qui peut nous aider à clarifier les choses? Je pense que oui.

L’un des principes fondamentaux de l’Énoncé d’éthique de la Défense est qu’il faut " respecter la dignité de toute personne ". Cela signifie que nous devons traiter les civils avec les mêmes égards que nos troupes. Mais cela n’est pas suffisant pour nous sortir de notre dilemme. En sommes-nous bien sûrs? Il est reconnu que tous les militaires acceptent également de faire l’ultime sacrifice si nécessaire. Par conséquent, d’après Walzer, ils devraient avoir les mêmes obligations que leur officier, et le même devoir moral de remplir les deux types d’obligations. Donc, l’officier qui vient en aide aux réfugiés n’est pas déloyal envers ses troupes. Comme nous l’avons indiqué tout à l’heure, penser ainsi signifierait que vous n’êtes préoccupé que par vos obligations hiérarchiques.

Pourtant, l’officier qui porte secours aux réfugiés désobéit à des ordres légitimes, et certains diront qu’il faudrait que les Forces se penchent sur cette question. La question qui se pose est la suivante : Obéir aux ordres est-il plus important, sur le plan moral, que fournir une aide humanitaire? Peu de gens seront en désaccord avec moi si je dis que l’une de nos principales obligations morales est de prévenir les souffrances humaines et la mort. Est-ce que cela signifie que les ordres qui ont été donnés sont immoraux ou invalides? Pas du tout. Habituellement, quand des ordres sont donnés, ceux qui les donnent ne savent pas comment la situation évoluera et ignorent tout des problèmes auxquels tel ou tel officier devra faire face. Les chefs militaires espèrent justement que l’officier fera preuve de sagesse, et qu’il utilisera son meilleur jugement moral et professionnel dans les décisions qu’il prendra. Par exemple, dans le film Il faut sauver le soldat Ryan, le capitaine Miller, joué par Tom Hanks, est dans une situation similaire. L’ordre donné par le général de ramener le soldat Ryan est légitime, légal et plein de compassion. Lorsque le soldat Ryan refuse d’obéir au capitaine par loyauté pour ses camarades, le capitaine Miller se retrouve face à un dilemme éthique. Il doit choisir entre les deux voies qui s’offrent à lui : ramener le soldat Ryan à la maison, ou le laisser défendre une position critique avec son unité. Il décide d’autoriser le soldat Ryan à rester et de l’aider, " désobéissant " ainsi aux ordres. Je crois que ceux d’entre vous qui ont vu le film seront d’accord pour dire que le capitaine Miller a fait le bon choix, et qu’il a agi de façon responsable, professionnelle et morale. Tout au long du film, il présente les qualités que nous recherchons chez nos chefs. C’est un professionnel, et il est déterminé à obéir aux ordres et à les exécuter. Et pourtant, à la fin, il désobéit aux ordres, ou du moins il retarde l’exécution de l’ordre concernant le soldat Ryan pour des raisons morales. Par conséquent, en cas de dilemme moral, un ordre peut être soumis à un examen critique et remis en cause.

De la même façon, il y a deux ans, à la première Conférence sur l’éthique qui s’est déroulée ici à Ottawa, le lgén Tousignant a décrit un dilemme qui l’a amené à désobéir aux ordres pour des raisons morales, lorsqu’il était au Rwanda. Pour appuyer ses arguments, le lgén Tousignant a utilisé les notions d’obligation et de professionnalisme militaire telles que définies par Huntington, et il a conclu que c’était à ses pairs de juger s’il avait fait le bon choix moral et s’il avait pris la bonne décision sur le plan professionnel. Alors je vous le demande : Comment cette situation est-elle différente du scénario qui vous a été présenté aujourd’hui, ou de la démarche du capitaine Miller dans Il faut sauver le soldat Ryan? D’aucune façon, à mon avis.

Ces exemples donnent-ils une voix à l’éthique? Je crois qu’ils le font, en ce sens que si nous voulons juger les actes des autres, nous devons comprendre et accepter l’apparent paradoxe dont ils sont l’illustration. Comme l’a indiqué le lgén Tousignant, jamais on ne lui a demandé de justifier sa " désobéissance ", et peut-être qu’on aurait dû le faire. Ce sont des exemples comme celui-là que nous devons dévoiler et dont nous devons discuter ouvertement, afin de comprendre les questions morales sous-jacentes. En agissant ainsi, nous renforcerons les principes fondamentaux de notre profession. Je crois que les FC ont fait une erreur en ne demandant pas au lgén Tousignant de se justifier. En agissant ainsi, les FC ont laissé entendre que " désobéir à un ordre légitime " est acceptable, et qu’un militaire n’a pas à justifier les décisions qui sont contraires aux normes professionnelles.

Comme le lgén Dallaire l’a dit lors de la première conférence sur l’éthique, nous devons faire preuve de compassion et de compréhension à l’égard de la conduite morale et éthique des militaires. Nous devons être capables d’examiner les situations du genre de celles que je viens de présenter, et comprendre que faire le bon choix moral est au cœur de l’éthique militaire.

Le scénario et les exemples que je vous ai donnés aujourd’hui sont des cas difficiles. Plus on y réfléchit, plus on prend conscience de la complexité des questions morales qu’ils soulèvent. Discuter des dilemmes éthiques régulièrement et avec un esprit critique nous rend plus conscients des problèmes éthiques qui surviennent, et peut nous amener à reconnaître des défaillances sur le plan éthique dans les cas les plus simples, et à les mettre au jour. Réfléchir aux questions éthiques avant d’avoir à y faire face peut aider énormément les membres des FC à se sensibiliser à ces questions et à leur influence sur notre conduite professionnelle. Donner " une voix à l’éthique " ne se limite pas à indiquer en quoi consiste une bonne ou une mauvaise conduite. Il est important également de prendre conscience que dans une situation donnée, les deux options peuvent être correctes, et que ce qui compte, c’est la responsabilité personnelle et professionnelle. Alors, que vous décidiez de fournir ou non une aide humanitaire, vous devez accepter la responsabilité de votre décision et être capable de la justifier sur le plan moral et sur le plan professionnel. Voilà, à mon avis, ce qui caractérise véritablement une conduite professionnelle.

Le cas du lieutenant compatissant

Votre peloton d’infanterie est en patrouille depuis cinq jours dans la " poche de Medjack ", en ex-Yougoslavie. Après plusieurs confrontations avec des éléments des forces armées croates, bosniaques et serbes, et après de longues nuits où ils ont été de garde la moitié du temps, vos soldats sont sales et tombent de fatigue. Dans trois jours, ils rejoindront d’autres éléments de la compagnie et se rendront aux zones d’atterrissage, à environ trois milles au sud, où des hélicoptères viendront les chercher.

En fin d’après-midi, alors qu’ils sont en route vers l’endroit où ils doivent passer la nuit, ils rencontrent un civil portant un brassard de la Croix-Rouge. Il se présente comme étant Gustav Arminieri, le responsable officiel des opérations de secours de la Croix-Rouge dans le village voisin. Il vous apprend qu’il s’occupe d’un groupe composé d’une trentaine d’hommes et de femmes d’un certain âge et de quelques enfants, tous Bosniaques musulmans. Les civils fuient la zone de combat pour se réfugier dans une enclave à l’ouest, après avoir été victimes d’un bataillon serbe bosniaque qui est entré dans leur village et qui a obligé la plupart des habitants à transporter le matériel du bataillon. Les réfugiés n’ont ni nourriture, ni provisions. Physiquement, ils sont épuisés et mal en point. Plusieurs d’entre eux ont des blessures qui ont besoin d’être soignées. Les larmes aux yeux, Gustav gesticule avec émotion en décrivant l’état des enfants affamés, et son impuissance du fait qu’il n’a plus de nourriture ou de médicaments à leur donner. Il vous implore de leur venir en aide.

Vous vous libérez de Gustav avec difficulté pour aller parler avec votre adjudant de peloton. Il vous suggère d’aider les Bosniaques. Il veut rassembler les vivres qui ont été parachutés hier, et les donner aux civils. Il vous fait remarquer qu’ils ont un long chemin à parcourir pour se rendre à l’enclave située à l’ouest. Il signale également que ce serait une bonne idée de les soigner. Mais un des chefs de section intervient pour vous rappeler que le peloton a besoin de garder sa nourriture, car tout peut arriver d’ici à ce qu’on vienne chercher la compagnie dans trois jours. Si les ordres changent, l’attente risque de se prolonger de plusieurs jours. Le chef de section est particulièrement furieux que l’adjudant de peloton propose qu’on utilise les fournitures médicales. En effet, l’adjoint médical du peloton n’a que le strict minimum nécessaire à la mission, soit des pansements, des antibiotiques et de la morphine. Les combats s’intensifient depuis quelques jours, et le risque d’avoir des soldats blessés est élevé. Compte tenu du terrain plutôt accidenté de la " poche de Medjack ", le réapprovisionnement et l’évacuation des blessés sont problématiques. Les belligérants empêchent souvent les évacuations par hélicoptère, d’où la nécessité d’évacuer la plupart des blessés par la route. De plus, vous vous souvenez que votre commandant vous a fortement déconseillé de donner des provisions aux civils. À cause de cette pratique, les Canadiens ont récemment été accusés de favoriser certains groupes, ce qui a causé au gouvernement canadien de graves difficultés politiques et opérationnelles.

Gustav revient, un enfant les bras, et vous supplie encore une fois de lui venir en aide. À l’arrière, une équipe de CNN s’installe, et le reporter se dirige vers vous le micro à la main. Devriez-vous donner une partie de vos provisions aux civils? Devriez-vous dire à l’adjoint médical d’utiliser une partie de ses fournitures médicales pour soigner les blessés? Votre réaction immédiate est de donner toute l’aide possible à ces gens. Mais, réflexion faite, vous vous souvenez de la mission qui vous attend et des conseils de votre commandant.

[Il vous est impossible de demander des instructions à vos supérieurs. Les ondes radio sont brouillées par les belligérants, ce qui rend votre radio inutile.]

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