D’un point de vue éthique, que feriez-vous? Commentaire sur Dépasser les limites

La Feuille d'érable
Novembre 2016

Le scénario sur l’éthique du mois de juillet, « Dépasser les limites », présente une situation où un membre de l’Équipe de la Défense est témoin d’une réprimande qu’une directrice adresse publiquement à un de ses subordonnés. Le scénario a suscité des réponses passionnées de lecteurs, dont près de la moitié ont révélé avoir vu ou vécu une situation semblable dans leur milieu de travail.

Le scénario présente trois personnes : Claude, analyste principal, Fernando, adjoint administratif, et Rochelle, directrice. Claude s’interroge sur la façon dont il devrait agir à la suite d’une réprimande qu’a faite Rochelle à Fernando d’une voix forte et en public. Claude sait que Rochelle a déjà agi de façon similaire par le passé en s’adressant à ses subordonnés et que Fernando est un nouvel employé qui a du mal à s’intégrer. Claude, qui qualifie d’inapproprié le comportement de Rochelle dans un milieu professionnel, se sent mal à l’aise quant à la situation de Fernando.

Presque tous les lecteurs, sans exception, affirment dans leur commentaire que le comportement de Rochelle constitue une forme d’intimidation. Par ailleurs, tous les lecteurs, sauf trois, pensent que l’intimidation en milieu de travail est l’affaire de tous et qu’il incombe à Claude d’agir. En tant que membre de l’Équipe de la Défense, Claude est assujetti au Code de valeurs et d’éthique, ainsi qu’aux Directives et ordonnances administratives de la défense (DOAD). Selon les DOAD 5012-0, qui portent sur la prévention et la résolution du harcèlement, l’intimidation constitue effectivement une forme de harcèlement. Dans les DOAD, on peut lire : « Les chefs et les gestionnaires, à tous les échelons, ont le devoir de prendre des mesures immédiates afin de mettre un terme à tout harcèlement dont ils sont témoins ou qui leur est signalé. » Ainsi, conformément aux DOAD, Claude a le devoir d’agir après avoir été témoin du comportement de Rochelle.

En vertu du premier principe du Code de valeurs et d’éthique, le personnel doit « respecter la dignité de toute personne ». Selon ce principe, Claude est donc tenu de valoriser la diversité en milieu de travail, notamment en adoptant diverses approches pour remédier au problème que pose la façon dont Rochelle s’adresse à Fernando. Claude est également tenu de participer à la création et au maintien d’un milieu de travail sain et sans danger, où Fernando et les autres employés peuvent accomplir leur travail sans subir l’humiliation des réprimandes à la fois publiques et agressives de Rochelle. De plus, Claude est tenu de voir à ce qu’on favorise une communication respectueuse. Comme tout autre subordonné, Fernando a le droit de recevoir des personnes directement touchées par son travail une rétroaction sur son rendement au travail en privé et sur un ton approprié aux fins d’amélioration de son rendement.

Sans exception, les lecteurs ont déclaré que Claude a le devoir d’offrir son soutien à Fernando, soit comme témoin officiel du comportement inapproprié de Rochelle, soit tout simplement comme collègue sympathisant. Étant donné que Fernando est un nouvel employé de l’organisation, Claude pourrait aussi lui recommander des services de soutien qui y sont offerts.

De plus, puisque le comportement de Rochelle contrevient au Code et constitue du harcèlement en milieu de travail, les lecteurs ont fait valoir que Claude dispose de nombreux mécanismes de résolution en vertu des DOAD 5012-0. Bien que certains personnes aient conseillé de ne pas le faire, la grande majorité des lecteurs estimait que Claude devait parler tout d’abord à Rochelle, en privé et en faisant preuve de doigté. Environ la moitié des lecteurs ont recommandé que Claude fasse savoir à Rochelle, qui ignore peut-être la portée de sa voix, qu’on pouvait entendre les commentaires qu’elle a faits à Fernando depuis le couloir. Ces mêmes lecteurs ont également conseillé que Claude mentionne le ton sarcastique et inapproprié de la conversation. Par ailleurs, ces derniers affirment que Claude devrait demander fermement à Rochelle de rencontrer Fernando pour lui parler de la situation, et ce, en privé et sur un ton approprié.

Un lecteur a pour sa part proposé que Claude joue le rôle de médiateur officieux pendant cette rencontre. Si Rochelle n’est pas réceptive à la suggestion de Claude, et que ce mécanisme n’aboutit pas, tous les lecteurs suggèrent que Claude obtienne du soutien d’une autre source appropriée de l’organisation, le superviseur immédiat de Rochelle, par exemple, auquel cas un grief ou un processus officiel de plainte peut être amorcé. Si la majorité des lecteurs jugent que cette dernière étape mettrait fin au comportement inapproprié de Rochelle, certains autres doutent qu’un comportement comme celui de Rochelle puisse être changé par des moyens organisationnels. Ces derniers donnent des exemples où des dirigeants supérieurs ont agi de la sorte sans conséquence; à leur avis, malgré les sanctions officielles, les gens comme Rochelle continueront à agir de façon inappropriée sans opposition, à moins d’être démis de leurs fonctions.

Merci à tous ceux et à toutes celles qui ont réagi au dilemme. N’oubliez pas de nous faire parvenir toute suggestions de scénarios par courriel.

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