Occasions uniques d'améliorer le système de santé mentale des FAC

Le système de santé mentale actuel des FAC est un système robuste et exhaustif qui offre des soins de santé de qualité. Cependant, des facteurs clés, propres à l’environnement des FAC, nous permettent d’améliorer continuellement ce système. Au cours des cinq prochaines années, nous axerons nos efforts sur des domaines connexes afin de continuer de combler les besoins actuels et futurs des membres des FAC, besoins qui ne cessent d’évoluer.

Responsabilité partagée

Une interaction optimale entre les patients, la chaîne de commandement et le système de santé est essentielle à l’obtention de soins de santé mentale de grande qualité. Les FAC peuvent avoir une influence importante sur ces trois éléments pour s’assurer qu’ils fonctionnent de façon coordonnée en vue d’obtenir les résultats suivants :

  1. un système de santé efficient et efficace, axé sur des résultats de grande qualité pour les patients
  2. des patients qui s’impliquent activement et personnellement dans leur santé
  3. une chaîne de commandement engagée, qui offre tout le soutien nécessaire

Pour atteindre cet idéal, nous devons composer avec les préoccupations des patients et leur droit à la protection de leur vie privée, l’obligation légale des professionnels de la santé de ne pas divulguer d’information personnelle, et la responsabilité qui incombe à la chaîne de commandement de veiller à la santé et au bien être de ses subordonnés. Selon ce modèle de responsabilité partagée, les dirigeants des FAC doivent prendre des mesures visibles pour combattre le stigmate, encourager la participation à des programmes de prévention et d’information, parler ouvertement de la maladie mentale au travail, trouver des moyens d’améliorer la santé mentale de leur effectif, collaborer étroitement avec la communauté médicale et soutenir les personnes qui ont besoin d’aide.

Il est essentiel que les professionnels de la santé protègent la confidentialité des renseignements sur la santé de leurs patients tout en faisant participer lachaîne de commandement, s’il y a lieu, aux soins qu’ils prodiguent à leurs patients. Les professionnels de la santé militaires doivent comprendre la complexité des facteurs professionnels qui interviennent de même que les exigences opérationnelles uniques imposées aux patients, et communiquer régulièrement et ouvertement avec la chaîne de commandement. Par-dessus tout, ils doivent, au sein d’une équipe multidisciplinaire, assurer la prestation de soins de qualité fondés sur les résultats.

L’attribution de limitations d’emploi pour raisons médicales est essentielle pour assurer une bonne communication avec la chaîne de commandement et pour protéger les patients tout en favorisant leur rétablissement. Ces limitations doivent être claires et pratiques, elles doivent être imposées en temps opportun, et l’on doit s’assurer de ne pas divulguer le diagnostic ou le traitement. Les limitations permettent de communiquer les pronostics à la chaîne de commandement et aident à déterminer la meilleure démarche à adopter pour appuyer les membres.

Les patients sont l’élément le plus important de ce modèle de responsabilité partagée, et ils doivent participer activement aux soins qu’ils reçoivent. Ceux qui suivent les plans de traitement, qui rencontrent leur équipe de soins de santé mentale au besoin pour un suivi et qui font preuve d’ouverture et d’honnêteté avec les soignants et la chaîne de commandement ont les meilleures chances de guérison.

Modéle de responsabilité partagée. Déscription ci-dessous.

Modèle de responsabilité partagée

Modèle de responsabilité partagée (Textual)

 

En santé (vert)En réaction (jaune)Blessé (orange)Malade (rouge)
Chaîne de commandement Chaîne de commandement Chaîne de commandement Chaîne de commandement
Membre Membre Membre Membre
Services de santé Services de santé Services de santé Services de santé

 

Intégration soins primaires / santé mentale

On ne saurait séparer la santé mentale de la santé physique. Bien qu’ils soient physiquement liés dans le corps humain, ces deux aspects de notre santé sont, à de nombreux égards, séparés artificiellement dans le système de santé canadien. Par contraste, le système de santé des FAC est conçu spécialement pour permettre une étroite collaboration entre les professionnels de la santé mentale et les équipes de soins primaires. Même lorsque les cliniques de santé mentale et les cliniques de soins primaires sont physiquement séparées, les communications ouvertes et claires sont facilitées par une chaîne de commandement et un leadership clinique communs.

Lors d’un symposium tenu à l’automne 2012, les médecins-chefs des bases et des escadres ont tous convenu qu’il était important de renforcer la connexion entre les soins de santé mentale et les soins primaires afin de faire en sorte d’offrir des plans de traitement globaux et intégrés. Dans les cas où cela fonctionnait bien, le succès était attribuable à l’existence d’un leadership solide dans les cliniques de santé mentale et les cliniques de soins primaires. Il était également clair que le fait de transmettre à l’équipe de soins primaires des notes sur la santé mentale des patients était essentiel à la pose du diagnostic et à l’élaboration d’un plan de traitement global.

Mesure du rendement et amélioration de la qualité

La mesure du rendement et l’amélioration de la qualité (MRAQ) sont des activités essentielles pour tous les systèmes de santé et le G Svc S FC est bien placé pour offrir des soins de qualité qui respectent les meilleures pratiques du domaine. Compte tenu du rôle unique des FAC comme employeur, assureur et fournisseur de soins de santé, les investissements à venir dans la MRAQ se traduiront directement par une meilleure qualité de soins, une augmentation de la productivité du système de santé et une diminution des autres dépenses associées aux soins de santé. Nous mesurons le temps d’attente et la satisfaction des patients, et pourtant, comme tous les autres systèmes de santé, nous avons de la difficulté à mesurer les résultats sur le plan de la santé.

Il est capital de chercher à améliorer l’efficacité des soins, particulièrement dans un contexte où les coûts des soins de santé augmentent rapidement et où les contraintes budgétaires ne cessent de croître. Au contraire des systèmes de santé civil, le fait que tous les éléments du système de santé des FAC relèvent d’une autorité sanitaire unique facilite grandement l’atteinte de cet objectif.  Nous pouvons ainsi déterminer plus rapidement et facilement quels sont les processus optimaux en matière de prestation des soins et mettre en œuvre des mesures visant à améliorer la qualité. Les percées récentes ence qui concerne la mesure de la réponse attendue aux traitements nous permettront d’évaluer de façon beaucoup plus précise l’issue des traitements reçus par les patients et aideront les cliniciens à adapter les traitements aux besoins de chaque patient.

En investissant dans la MRAQ, nous aurons un système de santé mentale plus efficace et efficient qui offre des soins de meilleure qualité.

Éducation en santé mentale

La prévention par l’éducation est essentielle pour aider le personnel à gérer les difficultés et à améliorer son rendement, et pour faciliter tant la reconnaissance des premiers signes de détresse que la recherche de soins.  Le programme d’éducation en santé mentale des FAC vise à permettre aux membres de surmonter les obstacles à l’obtention de soins de santé mentale, à augmenter les connaissances sur la santé mentale, à lutter contre le stigmate et à améliorer le bien être et le rendement des membres qui subissent un stress professionnel ou d’une autre nature. Notre programme vise à démystifier les traitements de santé mentale et à mettre en valeur les services offerts, lesquels sont fondés sur les résultats et disposent de ressources suffisantes. Bien que l’attitude des FAC en matière de recherche de soins se soit améliorée de façon considérable au cours des 10 dernières années, nous devons lutter encore davantage contre le stigmate et les obstacles aux soins. À titre d’exemple, le programme RVPM est en cours d’adaptation pour répondre aux besoins particuliers de la Marine royale canadienne, de l’Aviation royale du Canada et de métiers précis.

Formation en compétences cliniques

Au fil de l’évolution des connaissances médicales et de l’apparition de nouvelles thérapies prometteuses, nous devons nous assurer que nos cliniciens sont au fait des traitements de pointe fondés sur les résultats afin que nos membres puissent compter sur un système de santé d’avantgarde. Parmi les moyens utilisés à cette fin, mentionnons la participation à des séances de formation collectives, à des conférences et à des ateliers, l’enseignement dans des centres universitaires et la réalisation de travaux de recherche. Nous devons également chercher constamment de nouvelles façons d’optimiser les nouvelles percées technologiques.

Depuis le lancement du Système d’information sur la santé des Forces canadiennes (SISFC), nous avons grandement amélioré notre capacité à saisir l’information sur les patients à chaque visite. Avec le temps, nous pourrons utiliser cette information pour avoir un meilleur portrait de la prévalence des maladies dans notre effectif. En investissant davantage, le SISFC pourrait devenir un véritable entrepôt de données qui permettra au haut commandement d’avoir une compréhension proactive de la santé de l’effectif des FAC.

Programmes versus services

Le large éventail de services de qualité offerts par le Gp Svc S FC lui permet de prodiguer d’excellents soins de santé aux patients, mais ces services doivent être intégrés dans des programmes plus structurés. Par exemple, nous offrons plusieurs services pour le traitement des dépendances et de nombreux services et outils éducatifs pour la prévention du suicide. Il est possible d’améliorer ces services en les regroupant dans des programmes structurés.

Programme de santé mentale

Un programme de santé mentale ne se résume pas à la qualité des services de santé offerts dans un centre de services de santé des FC. Les éléments fondamentaux d’un tel programme sont les suivants :

  • un chef désigné
  • un ensemble défini de priorités et d’attentes
  • des politiques claires et concises
  • un accent sur la prévention primaire, secondaire et tertiaire
  • une approche de l’évaluation et du traitement qui est fondée sur les résultats
  • un processus visant à assurer et à améliorer la qualité
  • un cadre de mesure du rendement
  • un cadre pour les communications entre les patients, les soignants et la chaîne de commandement
  • une importance prioritaire accordée à la recherche

Recherche

Grâce à la surveillance de l’état de santé, les FAC connaissent davantage l’état de santé mentale de leur effectif que tout autre employeur important au Canada. Certains éléments du Programme de recherche en santé du médecin général nous aideront à mieux comprendre la santé mentale au sein des FAC et à répondre à des questions telles que les suivantes :

  • Quel est l’impact des dirigeants sur la santé mentale de leurs subordonnés, en déploiement et en garnison?
  • Quelles sont les répercussions globales de la santé mentale sur la sécurité et la productivité au travail dans les FAC?
  • Quel est l’impact du programme de dépistage après déploiement?
  • Quelle est l’efficacité du programme RVPM?
  • Quels traitements sont efficaces ou inefficaces dans une population donnée?

Familles de militaires

On dit souvent des familles de militaires qu’elles sont « la force derrière l’uniforme ». Pour faciliter le diagnostic et le traitement précoces des traumatismes liés au stress opérationnel, il est essentiel que les membres de la famille d’un militaire aient des connaissances sur la maladie mentale et sachent quels sont les signes de problèmes de santé mentale à rechercher chez un être cher qui rentre à la maison après avoir participé à une opération. Pour cette raison, nous faisons participer les membres de la famille des militaires à notre stratégie en matière de santé mentale, notamment au programme RVPM.

Des Centres de ressources pour les familles des militaires (CRFM) ont été créés un peu partout au Canada, aux États-Unis et en Europe afin d’offrir un large éventail de programmes et de services à ces familles, notamment des services de prévention, de soutien et d’intervention en santé mentale tels que des évaluations et un counselling de courte durée. Le personnel des CRFM connaît très bien les ressources et les services qui existent dans les diverses localités et qui offrent aux familles d’autres possibilités pour répondre à leurs besoins. Mentionnons, notamment, le programme En route vers la préparation mentale pour familles, les officiers de liaison avec les familles, les services de garde en cas de blessure grave ou de décès, divers programmes adaptés aux enfants et aux adolescents, la consultation de spécialistes communautaires, une ligne d’information pour les familles qui reçoit des appels jour et nuit, le service téléphonique du PAMFC qui offre conseils et références tous les jours, 24 heures sur 24, ainsi que le site Internet : www.forcedelafamille.ca.

L’isolement géographique, les affectations, les absences fréquentes liées au service, les déploiements dangereux et l’imprévisibilité sont des aspects propres à la vie militaire qui augmentent le niveau de stress des militaires et de leur famille et qui peuvent contribuer à la maladie mentale. Le MDN et les FAC ont mis en œuvre de nombreuses initiatives au cours des dernières années dans le but d’offrir un meilleur soutien aux familles des militaires. Le MDN et le gouvernement fédéral n’ont aucune emprise sur certains des facteurs de stress les plus fréquents et les plus importants et ils n’ont pas toujours le pouvoir d’intervenir, notamment dans le cas de l’accès aux soins de santé familiaux et de la perte de l’emploi du conjoint par suite d’une affectation.

Les CRFM locaux et les organisations partenaires travaillent assidûment à mieux sensibiliser les fournisseurs de soins aux facteurs de stress propres à la vie militaire et aux façons dont les communautés peuvent modifier leurs programmes et leurs services pour mieux répondre aux besoins en matière de santé mentale des familles de militaires des FAC.

Compte tenu de l’impact de la santé mentale de la famille sur les militaires, les FAC ont tout intérêt à appuyer sans réserve la mise en place de services de santé communautaires et d’autres types de services à l’intention des familles en respectant les paramètres que représentent les contraintes constitutionnelles ou juridiques et celles liées au mandat.

Groupes ayant des particularités différentes

Le système de santé mentale des FAC a été créé en fonction des besoins de l’organisation recensés il y a plus de 10 ans. Compte tenu de l’intensité élevée des opérations et des circonstances nouvelles qui ont marqué la dernière décennie, on constate que plusieurs groupes de personnes se butent à des obstacles différents à l’obtention de soins de santé mentale.

L’un de ces groupes est la Force de réserve. Selon le concept de « force totale », nos réservistes ont joué un rôle important dans chaque opération nationale ou internationale. Bien que les données ne révèlent pas de différence entre les membres de la Force régulière et les réservistes sur le plan de la prévalence de la maladie mentale, certains réservistes se heurtent à des obstacles uniques à l’obtention de soins, notamment la distance par rapport aux cliniques de santé mentale, des préoccupations quant au fait d’obtenir son prochain contrat de classe B et le fait de travailler dans un isolement relatif, loin de ses collègues qui ont vécu la même expérience de déploiement. Nous devrons collaborer avec Anciens Combattants Canada, avec nos partenaires communautaires, avec des organismes caritatifs et avec d’autres intervenants afin de mieux répondre aux besoins des membres de la Force de réserve.

D’autres groupes de personnes, comme ceux qui participent à des opérations spéciales, ceux qui travaillent dans le domaine du renseignement d’origine électromagnétique ou encore les imagistes, n’effectuent pas des cycles de rotation normaux comme c’est le cas dans les grandes unités de la force opérationnelle interarmées. Certains aspects particuliers de leur travail peuvent entraîner un stress intense et nuire à leur santé mentale. Dans certains cas, les obstacles à l’obtention de soins peuvent être à la fois réels et perçus, en raison de la nature confidentielle de leur mission et de l’information à laquelle ces personnes ont accès, mais nous devons nous assurer de leur offrir une gamme complète de soins de santé mentale tout comme nous le faisons pour les autres membres des FAC.

La plupart des Canadiens n’entendent parler que des missions d’envergure des FAC, comme celles qui se déroulent en Afghanistan ou en Haïti. Peu d’entre eux savent que des opérations ont lieu tous les jours au Canada et que de petites missions à risque élevé se déroulent à divers endroits dans le monde. Citons par exemple les interventions de recherche et de sauvetage, les patrouilles maritimes de répression du trafic de drogues, les patrouilles menées dans l’Arctique et le déploiement d’observateurs militaires des Nations Unies. Ces opérations peuvent mettre en péril la vie des militaires; cependant, il arrive souvent que les membres des FAC qui participent à ces missions ne soient pas soumis au dépistage pré- et post déploiement comme le sont les contingents déployés d’envergure.

Enfin, il y a les professionnels de la santé des FAC qui soignent des militaires au Canada tous les jours et qui mettent leur propre vie en danger pour soigner leurs compagnons d’armes en déploiement, où ils peuvent être témoins de bien plus de décès et de trauma que leurs collègues des autres branches des FAC. Bien que les professionnels de la santé aient en théorie accès aux mêmes soins de santé que les autres membres des FAC, leur dévouement au travail, le fait que l’on s’attend qu’ils continuent de fournir des soins aux autres et les préoccupations liées à la protection de leur vie privée peuvent les empêcher d’obtenir les soins dont ils ont eux mêmes besoin. Nous devons donc faire preuve de vigilance et nous assurer qu’ils reçoivent également des soins adéquats.

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