ARCHIVÉE - Le supplément FC de l'enquête de Statistique Canada sur la santé mentale dans les collectivité canadiennes 2002

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Ce document contient des informations qui résument les principales conclusions du Supplément FC de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2002 de Statistique Canada. L’ESCC 2002 est disponible sur le site de Statistique Canada. Les résultats du Supplément des FC sont disponibles sur le site web du SSFC

Les SSFC mettront sur pied une équipe de spécialistes chargée d’analyser en profondeur les données recueillies par Statistique Canada. Les développements importants seront communiqués aux membres des FC par l’entremise de La Feuille d’érable, des journaux de base/escadre et autres outils de communication interne.

Table des matières

Les Forces canadiennes (FC) sont convaincues que la santé mentale de leurs membres est tout aussi importante que leur santé physique pour leur permettre d’accomplir les innombrables tâches ardues qui leur sont confiées dans l’exercice de leurs fonctions.

Cependant, jusqu’à ce jour, les FC ne possédaient pas l’information nécessaire pour bien mesurer la portée des problèmes et des préoccupations de leurs membres en matière de santé mentale. Elles ont donc considéré qu’il était nécessaire d’évaluer le niveau de bien être psychologique de leurs membres afin de s’assurer que les ressources et les services déjà en place étaient adéquats et de déterminer s’il fallait en créer de nouveaux.

Le dernier Sondage d’information sur la santé et les habitudes de vie des membres des FC (SISHV), mené en 2000, avait déjà soulevé des inquiétudes en ce qui concerne certains aspects de la santé mentale, en raison de quelques taux de prévalence de troubles mentaux supérieurs à ceux notés parmi la population civile. Afin d’obtenir des informations plus précises, le ministère de la Défense nationale (MDN) a demandé à Statistique Canada de mener une étude complète de l’état de santé des membres des FC. Un module spécial pour les FC a été ainsi développé en supplément à l’Enquête sur la santé dans collectivités canadiennes (ESCC) menée par Statistique Canada et qui comportait, pour la première fois, une importante composante sur la santé mentale.

Le Supplément FC de l’ESCC 2002, comme l’enquête a été appelée et dont les résultats ont été publiés par Statistiques Canada le 5 septembre, a été menée, entre mai et décembre 2002, auprès d’un échantillon représentatif de plus de 5 000 membres de la Force régulière et 3 000 membres de la Réserve, sélectionnés au hasard, qui y ont répondu.

L’enquête des FC était facultative. Elle a été menée en vertu de la Loi sur la statistique qui stipule que Statistique Canada est légalement tenu de protéger la confidentialité des informations fournies par les participants à toute enquête. En plus de cette garantie de confidentialité, Statistique Canada présentait une garantie de qualité par le biais d’un taux de réponse élevé et de procédures rigoureuses. L’organisation jouit également d’une expertise en matière d’enquêtes reconnue à l’échelle internationale.

Le rôle du MDN, une fois les échéanciers, les budgets et les détails conceptuels de l’enquête approuvés, s’est limité à faciliter l’accès de Statistique Canada aux membres des FC sélectionnés.

Commentant cette initiative, le Colonel Scott Cameron, médecin-chef des FC, a estimé que « notre rôle en tant que système de santé militaire consiste à comprendre les problèmes de santé importants des membres des FC et à résoudre ces problèmes de la manière la plus efficace possible », précisant que les « problèmes mentaux sont tout aussi importants et légitimes que les problèmes physiques ».

Les données publiées le 5 septembre n’ont toujours pas été analysées. Une analyse approfondie est prévue au cours des prochains mois, mais déjà l’enquête représente, aux yeux du Colonel Randy Boddam, directeur des services de santé mentale au sein des Services de santé des FC (SSFC), « une étape clé pour les services de santé mentale des FC ».

« Il était absolument nécessaire d’effectuer une évaluation de l’état de santé mentale des militaires afin que nous puissions créer des programmes susceptibles d’aider ceux qui ont besoin de traitements et continuer de promouvoir la santé mentale et de maintenir un niveau élevé de forme mentale parmi tous les membres des FC », a estimé le Col Boddam.

Cette enquête permettra également aux FC d’évaluer la santé mentale de leurs membres par rapport à celle de la population canadienne en général. Grâce à ces renseignements précieux ainsi recueillis, il sera possible de déterminer les facteurs qui favorisent une bonne santé mentale, de trouver une façon d’aborder les questions relatives à la santé mentale soulevées au sein des FC et, enfin, de déterminer les ressources nécessaires pour assurer un soutien aux membres.

Le Col Boddam croit que les améliorations qui seront apportées au système de soins de santé mentale des FC à la suite de cette enquête auront pour effet d’améliorer considérablement la qualité de vie des membres des FC. « Notre ultime objectif, a-t-il précisé, est de mettre en place un système de soins de santé complet et intégré, qui offrira des services de qualité supérieure afin que les membres soient en bonne forme psychologique ».

Les FC ont déjà lancé depuis un certain temps plusieurs initiatives visant à améliorer leurs services de santé mentale et sont confiantes que les résultats de l’enquête, une fois analysés, valideront ces efforts et confirmeront qu’elles sont sur la bonne voie dans ce domaine. Il ne fait aucun doute que des ressources supplémentaires seront mises en place, sachant que les FC disposent maintenant, grâce à cette enquête, d’un nouvel outil leur permettant de mieux comprendre les causes des troubles mentaux dont souffrent certains de leurs membres.

Le rôle du système de santé des FC consiste à comprendre les problèmes de santé importants des membres et à les résoudre de la façon la plus efficace possible.

 « Les problèmes mentaux sont tout aussi importants et légitimes que les problèmes physiques ».

Colonel Scott Cameron, médecin-chef des FC.

Un pas important dans la lutte contre la stigmatisation associée aux maladies mentales

par le Colonel Randy Boddam, directeur des services de santé mentale — SSFC

Quel est l’état de santé mentale des membres des Forces canadiennes (FC)? Quels sont les problèmes auxquels nous faisons face dans ce domaine? Avons-nous, en tant que membres des FC, des besoins et des problèmes différents de ceux de la société canadienne? C’est pour répondre à ces questions que les responsables du projet Rx2000 ont demandé à Statistique Canada de mener une enquête épidémiologique destinée, en particulier, à déterminer la fréquence de certains troubles mentaux parmi les membres des FC.

La santé et les maladies mentales ont toujours été des sujets dont personne n’aime parler. La maladie mentale est souvent perçue comme étant un trouble rare, chacun ayant la conviction que « cela ne lui arrivera pas ». La stigmatisation, ou la perception négative des personnes souffrant d’une maladie mentale, est surtout due à une mauvaise compréhension des maladies mentales et des facteurs qui les déclenchent ainsi qu’une sous-estimation de leur fréquence. Une autre idée préconçue veut qu’une personne souffrant d’une maladie mentale fait semblant de l’être pour tirer un avantage quelconque de cette situation. En réalité, des études ont montré que certains troubles faisant partie du grand groupe des « maladies mentales » sont assez répandus. Notre but était justement de déterminer à quel point ces troubles étaient fréquents et quels étaient les besoins des membres des FC à cet égard.

Études civiles

Avant notre enquête, les seules estimations qui nous avions sur le taux des maladies mentales dans les rangs des FC provenaient d’études menées dans le secteur civil. Une des premières études, appelée Stirling County Study, a été menée en Nouvelle-Écosse dans les années 60. Au cours des années 80, une étude de grande envergure, The Epidemiologic Catchement Area Survey (Enquête épidémiologique dans les circonscriptions), a été menée aux États-Unis et a conclu qu’environ une personne sur cinq souffrira d’une maladie mentale à un moment donné durant une période de six mois. Pour une période de 12 mois, ce taux s’élevait à environ une personne sur trois. Avant cette étude, très rares étaient ceux qui se rendaient vraiment compte de l’existence d’un si grand nombre de personnes ayant besoin de soins mentaux. À la fin des années 80, la méthodologie appliquée pour l’étude américaine a été utilisée pour mener une enquête à Edmonton, qui a produit des résultats semblables.

Au début des années 90 deux nouvelles études, The National Comorbity Survey (Enquête nationale de comorbidité), menée également aux États-Unis, et The Ontario Mental Health Supplement (Supplément de l’Ontario sur la santé mentale), en 1992, ont montré que le taux de prévalence des troubles mentaux durant une période de 12 mois s’élevait à 24 pour cent. Cela voulait dire qu’au cours d’une seule année, environ une personne sur quatre souffrira d’un trouble mental. L’enquête américaine montra également qu’une personne sur 13 souffrira du trouble de stress post-traumatique (TSPT) à un moment ou à un autre de sa vie.

Évaluer l’état de santé mentale des membres des FC

Alors que l’équipe de Rx2000 se préparait à mesurer la prévalence des souffrances psychologiques dans les rangs des FC, nous avons vite découvert qu’ailleurs d’autres organisations se posaient les mêmes questions. Nous avons pu donc profiter du travail qui s’effectuait dans ce domaine et suivi le même processus. C’est ainsi que nous avons demandé à Statistique Canada de mener une enquête parmi les FC parallèlement à une enquête que ce ministère organisait auprès de la population civile. Cela nous permettra de comparer les militaires aux civils. Cependant, certains éléments, non inclus dans l’enquête civile, ont été ajoutés à notre enquête. Un des troubles qu’il nous semblait important d’inclure dans notre enquête a été le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Malheureusement, le taux de prévalence de ce trouble parmi les civils n’a pas été mesuré par Statistique Canada. Cependant, nous savons qu’un groupe de recherches à Hamilton a trouvé qu’un canadien sur 11 souffrira de ce trouble à un moment donné de sa vie.

Le Supplément FC de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) a été très bien reçu par les membres des FC alors que leur niveau de coopération avec les enquêteurs a été de loin supérieur à celui noté chez les civils. À Statistique Canada, on n’arrivait pas à croire que les militaires participeraient à l’enquête en si grand nombre. En fin de compte, nous avons reçu plus de réponses qu’il n’en fallait. Ce niveau de soutien nous a permis de recueillir les données indispensables pour une bonne évaluation des besoins des FC en matière de soins de santé mentale. Le résultat le plus frappant de tout cela est que nous nous trouvons maintenant dans une très bonne position pour comprendre les défis auxquels font face les membres des FC dans ce domaine. Cela a été possible parce qu’un grand nombre de militaires ont pris le temps de participer à cette enquête lui assurant ainsi le succès.

L’enquête a permis de mettre en relief quelques points importants :

  • Les maladies mentales les plus fréquentes parmi les civils sont également les plus fréquentes parmi les membres des FC.
  • La dépression est la maladie mentale la plus fréquente parmi les militaires.
  • Le deuxième problème après la dépression est la dépendance à l’alcool.
  • Deux autres troubles mentaux suivent, par ordre de prévalence : la phobie sociale et le trouble de stress post-traumatique.

La dépression : un problème majeur

En ce qui concerne la dépression, nous avons trouvé que huit membres de la Force régulière sur 100 et quatre réservistes sur 100 souffriront d’une dépression majeure durant une année donnée. Ce taux indique clairement qu’un nombre incroyable de militaires souffrent chaque année à cause de cette maladie. Il s’agit là d’un des résultats les plus importants de l’enquête, parce que la maladie dépressive peut conduire à une très sérieuse invalidité. De même, la dépression risque de devenir une maladie chronique et handicapante si elle n’est pas traitée le plus tôt possible et de la manière la plus agressive possible.

En reconnaissant à quel point la dépression est fréquente, nous espérons sincèrement que les membres des FC, qui ressentent certains symptômes inquiétants, seront poussés à consulter leur médecin pour recevoir le traitement approprié et tuer leur problème dans l’œuf.

Alcoolisme : les programmes proactifs des FC ont porté leurs fruits

Au cours des dernières décennies, les FC ont été extrêmement proactives dans le domaine de la prévention des problèmes associés à l’alcool. Dans certains cas, nous avons même dépassé nos homologues civils. Cela reste vrai encore aujourd’hui. Les nouveaux chiffres nous montrent en fait que les efforts que nous avons fournis jusqu’à présent ont donné de bons résultats. Il y a 20 ans, on pensait que le taux d’alcoolisme et de problèmes liés à la consommation d’alcool était plus élevé parmi les FC. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. En standardisant les résultats obtenus pour la population canadienne aux niveaux de l’âge et du sexe pour pouvoir les comparer à ceux de l’échantillon des FC, plus jeune et composé majoritairement d’hommes, on constate que le taux au sein des FC est plus bas que celui noté parmi les autres canadiens et canadiennes. Cela ne veut pas dire que nous devons baisser la garde en ce qui concerne les problèmes de la dépendance à l’alcool et des toxicomanies en général. L’abus d’alcool et l’alcoolisme restent des problèmes importants pour nos membres. Nous devons continuer de mettre l’accent sur la nécessité d’une intervention rapide et de promouvoir un mode de vie sain afin d’être en bonne santé et de maintenir un bon état de préparation opérationnelle.

La phobie sociale : un trouble plus fréquent qu’on ne le pense

Nous avons trouvé également que la phobie sociale était un trouble assez fréquent. Il s’agit là d’un trouble de timidité excessive souvent non traité, et qui risque de mener la personne qui en souffre à la dépression ou à l’alcoolisme. Malheureusement, la peur de se retrouver dans une situation embarrassante que ressentent les personnes atteintes de phobie sociale, les empêche de rechercher un traitement. Nous espérons que les victimes de ce trouble se rendront compte qu’elles ne sont pas les seules à en souffrir et que les soins nécessaires sont disponibles.

Le trouble de stress post-traumatique : des taux inférieurs aux prévisions

Finalement, l’enquête a trouvé que le taux de prévalence du TSPT parmi les membres des FC était inférieur aux prévisions. Dans l’esprit de beaucoup de gens, le TSPT est surtout associé à un traumatisme vécu au combat ou au cours d’un déploiement. Cependant, le TSPT peut être provoqué par différents genres de traumatismes et les traumatismes au combat ou en cours de déploiement peuvent causer des troubles autres que le TSPT. Les FC ont regroupé tous ces troubles sous le nom de troubles de stress opérationnel et ont mis en place une grande gamme de services pour les traiter. Les taux de TSPT relevés par l’enquête de Statistique Canada sont également conformes à ceux dont a fait état le dernier Sondage d’information sur la santé et les habitudes de vie des membres des FC, mené en 2000.

Nous allons nous pencher incessamment sur les informations recueillies par le Supplément FC afin de déterminer la meilleure façon d’ajuster nos activités, surtout au niveau de l’éducation et de la prestation des soins. Nous espérons également qu’en voyant à quel point les maladies mentales peuvent être fréquentes, les personnes atteintes se sentiront encouragées à solliciter sans tarder le traitement dont elles auraient besoin afin d’empêcher que leur maladie ne devienne chronique ou que d’autres problèmes ne viennent s’y greffer et la compliquer.

Une meilleure compréhension des maladies mentales aidera peut-être les membres des FC à se rendre compte que ces maladies ne sont aucunement différentes de toute autre affection physique ou blessure. Nous avons là la possibilité de surmonter enfin la stigmatisation associée aux maladies mentales.

La stigmatisation, ou la perception négative des personnes souffrant d’une maladie mentale, est surtout due à une mauvaise compréhension de ces maladies et des facteurs qui les déclenchent. Ces maladies ne sont pas différentes des autres affections physiques ou des blessures.

Les membres des FC, représentant une communauté de plus de 83 000 (Force régulière et Réserve), sont doublement concernés par les maladies mentales ayant à subir, à la fois, les difficultés d’une vie « normale » et celles d’une carrière à haut risque.

En reconnaissant à quel point la dépression est fréquente, nous espérons sincèrement que les membres des FC, qui ressentent certains symptômes inquiétants, seront poussés à consulter leur médecin pour recevoir le traitement approprié et tuer leur problème dans l’œuf.

Enquête de Statistique Canada : Objectifs et méthode

Extraits du document d’information sur le Supplément FC de l’ESCC 2002 (Division des enquêtes spéciales – Statistique Canada)

L’enquête sur la santé mentale des Forces canadiennes (FC) a été menée parallèlement à la plus vaste Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), élaborée par Statistique Canada afin de fournir des estimations régulières et d’actualité sur les questions de santé à l’échelle du pays.

Durant l’élaboration de l’ESCC, les questions de santé mentale ont été systématiquement soulevées comme étant des sujets d’analyse prioritaires. En mai 2002, les organisateurs de l’ESCC ont commencé à recueillir des données sur les troubles mentaux au Canada.

Comme la population visée par l’ESCC excluait les membres à temps plein de la Force régulière des FC et comme le ministère de la Défense nationale (MDN) souhaitait avoir des renseignements fiables et analogues concernant les militaires, le MDN a demandé à Statistique Canada de mener une enquête supplémentaire spéciale sur la santé mentale auprès d’un échantillon représentatif des membres réguliers et des réservistes des FC. Un comité directeur conjoint MDN – Statistique Canada a été alors constitué pour approuver les échéances, les budgets, les détails conceptuels et les plans de diffusion et de communication du Supplément FC 2002.

Appelée le Supplément FC de l’ESCC 2002, l’enquête avait des objectifs et un contenu semblables à l’ESCC principale, mais a fait l’objet de certains ajustements afin de refléter les particularités des FC.

Objectifs

Les objectifs de la partie de l’ESCC concernant la santé mentale étaient les suivants :

  • faire une estimation de la prévalence de certains troubles mentaux,
  • recueillir des données sur le taux d’utilisation des services de santé mentale ainsi que sur les besoins perçus comme étant essentiels en matière de santé,
  • examiner les liens entre l’état de santé mentale et les variables ou caractéristiques sociales, démographiques, géographiqueset économiques, et
  • recueillir des données concernant les incapacités associées aux problèmes de santé mentale, tant pour les individus que pour la société.

Le Supplément FC 2002 visait des objectifs semblables à ceux de l’ESCC, dont les résultats seront utilisés à des fins de comparaison. Ces renseignements permettront de déterminer les besoins réels en soins de santé mentale des FC.

Sujets et plan d’échantillonnage

La population visée par le Supplément FC 2002 de l’ESCC était entièrement composée de membres réguliers à temps plein des FC et de réservistes qui ont fait acte de présence au moins une fois au cours des six derniers mois. La participation de 5 000 militaires à temps plein et de 3 000 réservistes a été jugée nécessaire pour permettre à l’analyse de l’enquête d’atteindre un degré de précision satisfaisant. Afin de garantir ce taux de réponses voulu, et en prévoyant un taux de réponse minimal de 70 pour cent, un échantillon d’environ 13 000 personnes (8 000 militaires à temps plein et 5 000 réservistes) a été sélectionné, à partir de la base de données Peoplesoft des ressources humaines du MDN et des FC.

Chaque groupe visé (membres de la Force régulière et réservistes) a été classé par sexe et par grade. Pour éviter le morcellement en très petites cellules, la caractéristique du grade a été comprimée à trois catégories pour les hommes (de soldat/mat 2 à caporal-chef/m 2, de sergent/m 1 à adjudant-chef/pm 1 et officiers) et à deux catégories pour les femmes (de soldat/mat 2 à adjudant-chef/pm 1 et officiers).

Conception du questionnaire

Le choix des troubles psychiatriques couverts par l’ESCC et le Supplément FC s’est fondé sur une série de critères établis par des experts. Pour l’évaluation des troubles de santé mentale, il a été recommandé d’utiliser la version américaine du questionnaire 2000 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), version 2.1, intitulé Composite International Diagnostic Interview (CIDI). Le choix de ce questionnaire, déjà testé et dûment validé, permettra également de comparer les résultats canadiens à ceux obtenus dans d’autres pays.

Les questions relatives au bien-être et aux déterminants de la santé mentale ont été compilées à partir du CIDI (réseaux sociaux) et d’autres sources (cycle 1.1 de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Enquête nationale sur la santé de la population, Santé Québec, Supplément sur la santé en Ontario, etc.)

Le questionnaire sur l’utilisation des services de santé était principalement un module du CIDI. Quant à celui concernant les taux d’incapacité, il a établi à partir du CIDI et des enquêtes déjà utilisées par Statistique Canada.

Stratégie d’essai

Vu la complexité de l’enquête et le caractère approfondi des questions, des essais qualitatifs ont été effectués séparément pour l’ESCC et le Supplément FC. Ces essais qualitatifs ont pris la forme d’entretiens directs afin de s’assurer que le contenu et les procédures de l’enquête étaient acceptables pour les sujets y participant, ainsi que pour tester la formulation et la fluidité du questionnaire. L’essai qualitatif propre au Supplément FC a testé l’acceptation du contenu et des procédures de l’enquête principalement en ce qui concerne le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Des essais pilotes ont été également effectués pour l’ESCC et le Supplément.

L’ESCC et le Supplément ont fait l’objet d’essais auprès d’un groupe témoin. Pour le supplément, ces essais étaient importants en particulier pour déterminer la réaction des membres des FC à Statistique Canada, un organisme externe, et les mesures que les membres des FC souhaiteraient voir adoptées pour garantir la confidentialité des données.

Collecte des données

Les données ont été recueillies mensuellement pour l’ESCC et pour le Supplément, entre mai et décembre 2002. Cette période consacrée aux entrevues a permis de répartir la charge de travail des intervieweurs sur le terrain, tout en éliminant les effets possibles du cycle des saisons sur certains aspects de la santé mentale. En outre, dans le cas du Supplément, ce délai a permis de contacter des répondants qui se préparaient à partir en campagne ou en instruction, ou qui en revenaient. Les entrevues pour le Supplément FC étaient privées et se sont déroulées en face-à-face durant les heures ouvrables, dans des salles réservées à cette fin par le MDN dans différentes bases.

Le taux de réponse au Supplément a été excellent et a atteint respectivement 80 pour cent et 83 pour cent environ pour la Force régulière et la Réserve. Une bonne part de ce succès est attribuable à une coordination efficace entre le MDN et Statistique Canada pour trouver et joindre les militaires à interroger, ainsi qu’aux nombreuses activités de communications, qui ont permis aux membres des FC d’être mis au courant de l’enquête et de ses objectifs et d’être rassurés que les données, étant recueillies en vertu de la Loi sur la statistique, resteront strictement confidentielles, comme l’ensemble du processus d’ailleurs.

 

Coup d’œil sur les résultats du sondagesMembres des FC - Pré-valence au cours d'une année %Membres des FC - Pré-valence au cours d'une vie %Population canadienne standardisée à l’échelle des membres de la Force régulière - Pré-valence au cours d'une année %Population canadienne standardisée à l’échelle des membres de la Force régulière - Pré-valence au cours d'une vie %Membres de la Réserve - Pré-valence au cours d'une année %Membres de la Réserve - Pré-valence au cours d'une vie % Population canadienne standardisée à l’échelle des membres de la Réserve - Pré-valence au cours d'une année %Population canadienne standardisée à l’échelle des membres de la Réserve - Pré-valence au cours d'une vie %
État de santé mentale
Capacité à faire face aux exigences quotidiennes de la vie (passable ou mauvaise) 3,4 S/O 4,5 S/O 1,8 S/O 4,6 S/O
Détresse (élevée) 1,8 S/O 2,2 S/O 0,7 S/O 2,4 S/O
Évaluation personnelle de l'état de santé mentale (passable ou mauvaise) 9,1 S/O 6,4 S/O 4,8 S/O 6,3 S/O
Troubles anxieux
Troubles généraux de l'anxiété 1,8 4,6 S/O S/O 1,0 2,9 S/O S/O
Trouble Panique 2,2 5,0 1,4 4,4 1,4 3,3 1,7 4,6
Trouble de stress post-traumatique 2,8 7,2 S/O S/O 1,2 4,7 S/O S/O
Phobie sociale 3,6 8,7 3,2 8,7 2,3 7,1 3,5 9,1
Troubles de l'humeur
Dépression 7,6 16,2 4,3 10,5 4,1 9,7 5,0 10,8
Troubles non-diagnostiques
Dépendance à l'alcool 4,2 8,5 4,6 7,3 6,2 8,8 5,7 8,3
Troubles de l'alimentation 1,1 S/O 1,0 S/O 0,8 S/O 1,2 S/O
Déterminants de la santé mentale
Satisfaction face à la vie (% d'insatisfaits) 5,0 S/O 4,9 S/O 3,8 S/O 4,8 S/O
Évaluation personnelle de l'état de santé général (passable ou mauvaise) 6,1 S/O 6,5 S/O 2,4 S/O 6,2 S/O

 

Troubles mentaux majeurs

Une personne sur quatre environ sera atteinte à un moment ou à un autre de sa vie d’une maladie mentale, selon diverses études et enquêtes menées au Canada et à travers le monde, les dits troubles variant d’un état général d’anxiété, à la dépression, en passant par la phobie sociale, l’alcoolisme, ou le trouble de stress post-traumatique (TSPT), pour n’en nommer que quelques-uns.

Les membres des FC, représentant une communauté de plus de 83 000 (Force régulière et Réserve), sont doublement concernés par ces maladies ayant à subir, à la fois, les difficultés d’une vie « normale » et celles d’une carrière à haut risque.

Une bonne nouvelle, cependant : la plupart des maladies mentales, qu’elles soient liées aux déploiements ou au stress de la vie quotidienne, peuvent être traitées efficacement, dès lors que l’on parvient à les identifier correctement et à temps.

Voici un aperçu rapide des symptômes, causes probables, diagnostics et traitements de certains des troubles mentaux, qui ont été identifiés comme étant une source de préoccupation pour les FC par l’enquête de Statistique Canada :

Dépression

Selon l’enquête sur la Santé mentale des FC, le taux de dépression dans les rangs des membres de la Force régulière atteint 7,6 pour cent sur une période d’un an et 16,2 pour cent au cours d’une vie. Pour les réservistes, ces taux sont respectivement de 4,1 pour cent et de 9,7 pour cent. Cela veut dire, que 7,6 pour cent des membres de la Force régulière et 4,1 pour cent des réservistes seront atteints de dépression majeure au cours d’une année. Leurs risques d’être affectés par ce trouble mental au cours de leur vie sont de 16,2 pour cent (Force régulière) et de 9,7 pour cent (réservistes).

Le terme « déprimé » est souvent utilisé par des personnes qui viennent de vivre une expérience négative. Après un court laps de temps, leur humeur redevient normale. Cela n’est pas le cas pour les personnes atteintes de dépression majeure et qui sont incapables d’être de bonne humeur durant une grande partie de la journée. Ces personnes se sentent profondément déprimées, perdent intérêt à un très grand nombre d’activités et sont incapables de se rétablir comme le ferait une personne qui vient d’avoir une mauvaise journée. Leur problème dure deux semaines au moins, parfois plusieurs mois, et affecte sérieusement leur vie et leur fonctionnement.

La dépression majeure fait partie des troubles de l’humeur, qui incluent également le trouble bipolaire (maniaco-dépression), le trouble cyclothymique (dépression chronique mineure) et le trouble dysthymique (version atténuée de la maniaco-dépression). Elle peut être traitée efficacement, mais est considérée comme étant une maladie sérieuse du fait qu’elle peut mener la personne qui en est atteinte au suicide.

Une personne dépressive éprouve des sentiments d’inutilité, d’impuissance et de culpabilité, qui peuvent être accompagnés d’accès de profonde tristesse. Elle manque d’énergie et d’intérêt pour toutes sortes d’activités et pour les autres. La dépression peut changer profondément son attitude et sa perception de la vie et altérer considérablement son fonctionnement, d’autant plus qu’elle est souvent accompagnée de troubles du sommeil et de l’alimentation.

Plusieurs causes ont été définies pour la dépression, dont le stress lié à des évènements pénibles de la vie, un déséquilibre biochimique du cerveau, certains facteurs psychologiques et même une prédisposition génétique. Certaines personnes atteintes de problèmes sérieux de santé, comme les maladies cardio-vasculaires, le cancer, la maladie de Parkinson ou autre trouble affectant le cerveau, risquent également de devenir dépressives.

Bien qu’elle se présente sous diverses formes et qu’elle risque de se répéter, la dépression est considérée comme étant une des maladies mentales les plus soignables. Toutefois, non traitée, elle risque de durer longtemps retardant ainsi le rétablissement ou l’empêchant tout court. Cela peut également accroître le risque de développer un état chronique. Un traitement rapide et agressif est donc fortement recommandé.

La dépression est traitée par des médicaments, des consultations psychologiques ou un mélange des deux. Le soutien de la famille et des amis est également d’une extrême importance pour le rétablissement du patient.

Anxiété

L’anxiété, ou troubles anxieux, sert comme titre unique à un ensemble d’affections mentales, dont le trouble d’anxiété généralisée, le trouble panique, la phobie sociale et le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Pris dans leur ensemble, les troubles anxieux sont les plus courants de tous les troubles mentaux.

La phobie sociale

Le taux de prévalence de la phobie sociale, la plus courante de tous les troubles anxieux, atteint 3,6 pour cent (au cours d’une année) et 8,7 pour cent (au cours d’une vie) parmi les membres de la Force régulière et respectivement 2,3 pour cent et 7,1 pour cent parmi les réservistes.

Les personnes atteintes de phobie sociale ont peur des situations sociales où elles pensent qu’elles risquent d’être humiliées, embarrassées ou jugées par les autres. Cette peur devient encore plus intense lorsqu’il s’agit d’affronter des inconnus. Dans certains cas, la personne en proie à cette phobie craint uniquement les situations où elle doit faire face à un public pour une présentation quelconque (conférence, concert, présentation d’un projet, etc.) Dans d’autres cas, la phobie est généralisée et pousse la personne atteinte à éviter carrément tout endroit public.

Comme pour les autres phobies, la phobie sociale peut affecter les membres d’une même famille et être transmise d’une génération à l’autre. Les enfants timides et solitaires sont également plus à risque de développer cette phobie plus tard.

Une personne souffrant du trouble de la phobie sociale développe face à certaines situations sociales une réaction d’anxiété quasi immédiate incluant des symptômes tels qu’une accélération ou une irrégularité des battements du cœur, une transpiration excessive, un malaise gastro-intestinal, une tension musculaire et de la confusion. Certains de ces symptômes ressemblent à ceux du trouble panique, décrits plus loin.

La phobie sociale peut entraver le fonctionnement quotidien normal de la personne atteinte. Cependant, il s’agit là d’un trouble qui peut être traité efficacement avec un taux de rétablissement satisfaisant.

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT)

Selon Statistique Canada, le taux de prévalence du trouble de stress post-traumatique (TSPT) atteint 2,8 pour cent (au cours d’une année) et 7,2 pour cent (au cours d’une vie) parmi les membres de la Force régulière et respectivement 1,2 pour cent et 4,7 pour cent parmi les réservistes.

Le TSPT est un ensemble de symptômes anxieux, qui affectent une personne ayant vécu une expérience particulièrement terrifiante, tels qu’un accident de voiture ou d’avion, une catastrophe naturelle, un emprisonnement, une prise d’otages ou un combat militaire. Certaines personnes peuvent être atteintes de TSPT à l’âge adulte en raison de traumatismes vécus durant leur enfance (abus physiques ou sexuels).

Il existe plusieurs genres de symptômes de TSPT. Un groupe de symptômes fait revivre la personne atteinte la même situation traumatisante par des flashbacks et lui rappellent sans cesse les images terrifiantes de cette situation malgré tous les efforts qu’elle fait pour les oublier. D’autres symptômes proviennent de ce qu’on appelle l’hyperexcitation et sont dus au fait que la personne souffrant de TSPT se sent tendue en permanence, éprouve des difficultés à s’endormir, à rester calme ou à se concentrer. Le malade est souvent assez irritable, recherchant sans cesse autour de lui les signes d’un danger imaginaire.

Le TSPT a été qualifié de trouble mental pour la première dois dans les années 80, à la suite des expériences vécues par les soldats américains au Vietnam. Il est évident que différentes expériences peuvent provoquer le TSPT, mais ce trouble est surtout associé dans l’esprit des gens au combat ou aux opérations de maintien de la paix. En fait, le TSPT peut être provoqué par différents genres de traumatismes et les traumatismes au combat ou en cours de déploiement peuvent causer des troubles autres que le TSPT. Les FC ont regroupé tous ces troubles sous le nom de troubles de stress opérationnel.

Les symptômes du TSTP apparaissent de manière générale immédiatement après l’expérience traumatisante. Il arrive cependant qu’ils ne se manifestent qu’après plusieurs années. Le TSPT peut également devenir chronique. Bien qu’un grand nombre des symptômes décrits plus haut puissent se présenter chez quiconque ayant vécu un accident grave, ce qui différencie le TSPT des autres troubles est que ses symptômes ne s’atténuent pas avec le temps. Un diagnostic de TSPT ne peut être effectué qu’après au moins un mois de symptômes.

Plusieurs traitements peuvent être prescrits aux personnes atteintes de TSPT et incluent médicaments et consultations psychiatriques. La thérapie cognitive de comportement, bien qu’elle soit difficile pour certaines personnes, a prouvé son efficacité dans certains cas. Les antidépresseurs, tels que Prozac, Paxil ou Zoloft peuvent également être d’une très grande utilité. Cependant, la première et la plus importante des choses à faire est de consulter un médecin.

Le trouble d’anxiété généralisée

Selon Statistique Canada, la prévalence du trouble de l’anxiété généralisée atteint 1,8 pour cent (au cours d’une année) et 4,6 pour cent (au cours d’une vie) parmi les membres de la Force régulière et respectivement 1,0 pour cent et 2,9 pour cent parmi les réservistes.

Les personnes souffrant de ce trouble éprouvent une anxiété ou inquiétude excessive au sujet de plusieurs événements ou activités. Les sujets de leur anxiété varient selon leur situation personnelle et l’anxiété qu’ils ressentent n’est pas associée à quelque chose de particulier. En fait, ce sont des personnes qui angoissent pratiquement tout le temps et sur tout.

Le trouble d’anxiété généralisée affecte deux fois plus de femmes que d’hommes. Une personne est considérée atteinte de trouble d’anxiété généralisée si elle ressent une anxiété excessive vis-à vis de plusieurs choses, accompagnée de certains symptômes associés (fatigue et mauvaise concentration), pendant plusieurs jours à la fois, durant au moins six mois.

Le trouble de l’anxiété généralisé peut être traité grâce à certaines techniques de relaxation et une thérapie cognitive de comportement. Des médicaments peuvent être également s’avérer utiles.

Le trouble panique

Le trouble panique affecte 2,2 pour cent (au cours d’une année) et 5,0 pour cent (au cours d’une vie) des membres de la Force régulière et respectivement 1,4 pour cent et 3,3 pour cent des réservistes.

Une personne est considérée atteinte de ce trouble si elle est sujette à des attaques de panique récurrentes et inattendues, suivies d’au moins un mois d’inquiétude persistante découlant de la possibilité de subir d’autres attaques, d’une inquiétude concernant l’attaque même ou de ses conséquences, ou un changement de comportement important associé aux attaques.

Les symptômes d’une crise de panique qui peuvent être déclenchées soudainement et sans raison apparente incluent : tremblement, essoufflement, suffocation, douleur, nausées ou malaise abdominal, étourdissement, perte d’équilibre ou perte de connaissance. Ces symptômes physiques sont généralement accompagnés d’une crainte de perdre le contrôle, de devenir fou ou de mourir.

Le traitement du trouble panique est également basé sur une thérapie cognitive de comportement et la prescription d’antidépresseurs.

Alcoolisme

4,2 pour cent (au cours d’une année) et 8,5 pour cent (au cours d’une vie) des membres de la Force régulière et respectivement 6,2 pour cent et 8,8 pour cent des réservistes souffrent d’alcoolisme, selon l’enquête de Statistique Canada.

L’alcoolisme est une maladie chronique et progressive qui revendique un très grand nombre de victimes, essentiellement parce que les boissons alcooliques sont souvent accessibles et que la consommation d’alcool fait partie des rituels sociaux.

Une personne est considérée alcoolique si elle ressent un besoin permanent de consommer de l’alcool et si, en cas de manque, elle manifeste des symptômes physiques spécifiques (tremblements, accélération du pouls, fièvre, insomnie, hallucinations, convulsions, etc.) L’alcoolique sent le besoin de plus d’alcool pour fonctionner, retrouver ses esprits ou pour lutter contre la gueule de bois. Les commentaires de son entourage sur sa consommation d’alcool le dérangent beaucoup et il (elle) a tendance à boire seul(e) ou en cachette.

Les conséquences directes de l’abus d’alcool sur la santé incluent l’hépatite et la cirrhose du foie, mais l’alcoolisme peut être la cause d’une liste interminable de problèmes de santé affectant pratiquement tous les organes, en plus des problèmes psychologiques, familiaux, sociaux et économiques. La consommation excessive d’alcool est également associée à la violence domestique et à la criminalité et surtout aux accidents de la route. Enfin, l’alcoolisme réduit de 15 ans au moins l’espérance de vie de la personne atteinte.

Certaines influences sociales ou culturelles, une exposition fréquente à l’alcool, des difficultés personnelles, des troubles anxieux ou un état dépressif peuvent conduire à l’alcoolisme. Il existe également une prédisposition héréditaire, des études ayant montré que les enfants de parents alcooliques sont plus à risque que les enfants de parents non-alcooliques.

Le traitement de l’alcoolisme a fait l’objet d’un très grand nombre de recherches au cours des dernières années. L’abstinence reste quand même le plus important de tous les traitements qui doivent également être axés sur la prévention des rechutes.

En raison de son aspect chronique, l’alcoolisme exige une stratégie à long terme pour aider le malade à s’en rétablir. Les traitements initiaux incluront des cures de désintoxication et parfois des soins hospitaliers. Plus tard, certains médicaments et des thérapies de groupe peuvent aider à atténuer les symptômes physiques de l’état de manque et à lutter contre l’accoutumance.

Au sein des FC, il existe un groupe de cliniciens compétents et expérimentés et d’intervenants en toxicomanie affectés aux bases et escadres qui peuvent trouver le traitement le mieux approprié pour chaque cas.

La plupart des maladies mentales, telle que la dépression, qu’elles soient liées aux déploiements ou au stress de la vie quotidienne, peuvent être traitées efficacement dès lors que l’on parvient à les identifier correctement et à temps.

Au sein des FC, il existe un groupe de cliniciens compétents et expérimentés et d’intervenants en toxicomanie affectés aux bases et escadres qui peuvent trouver le traitement le mieux approprié pour chaque cas.

L’alcoolisme est une maladie chronique et progressive qui revendique un très grand nombre de victimes, essentiellement parce que les boissons alcooliques sont souvent accessibles et que la consommation d’alcool fait partie des rituels sociaux.

Les résultats valident le Sondage sur la santé et le style de vie des FC

Les résultats obtenus dans le cadre de l’enquête sur la santé mentale qu’a menée Statistique Canada sont d’excellentes nouvelles pour l’équipe de la Protection de la santé des Forces (PSF), responsable des Sondages d’information sur la santé et les habitudes de vie des FC (SISHV). Avant l’enquête de Statistique Canada, l’équipe de la PSF ne disposait d’aucun moyen de valider les questionnaires utilisés dans ses enquêtes et leurs résultats en matière de santé mentale. Désormais, c’est chose faite.

Le SISHV est un sondage de santé anonyme, confidentiel et facultatif effectué à un rythme régulier. Sa sixième version menée en 2000 était basée sur un nouveau concept amélioré et avait une portée et un contenu plus importants que les éditions précédentes.

Les résultats de l’enquête de Statistique Canada sont semblables à ceux obtenus dans le cadre du SISHV en 2000 en ce qui a trait à la détresse psychologique et aux maladies mentales, ce qui signifie que « l’équipe de la PSF a posé des questions pertinentes de façon adéquate », estime le Dr Jeff Whitehead, épidémiologiste auprès de la PSF. « Nous avions le sentiment d’aller dans la bonne direction, mais maintenant nous avons la certitude que tel était en effet le cas en ce qui a trait aux questions relatives à la santé mentale, qui figuraient dans nos questionnaires ».

Le SISHV a permis de conclure qu’un pourcentage élevé de militaires a affirmé avoir souffert d’une certaine forme de détresse psychologique au cours du mois précédant l’enquête et plus communément, avoir ressenti à l’occasion de la nervosité ou de l’agitation. Le sondage a conclu également que les membres des FC étaient plus susceptibles que les autres membres de la population canadienne de souffrir d’une détresse psychologique et que, la détresse psychologique, tout comme c’est le cas pour les civils, était plus fréquente chez les femmes et les jeunes membres des FC.

Bien que les résultats obtenus aient soulevé certaines préoccupations, seulement un militaire sur dix, de ceux qui ont affirmé avoir souffert d’une certaine forme de détresse psychologique, a rapporté avoir consulté un professionnel de la santé pour résoudre ses problèmes mentaux ou émotionnels au cours de la dernière année. Cela étant dit, les membres des FC sont deux fois plus susceptibles que les autres membres de la population canadienne de faire appel à des services de soins de santé mentale.

« Socialement, la maladie mentale est toujours associée à des préjugés », explique le Dr Whitehead. « Nous devons donc trouver les moyens de dissiper ces préjugés afin d’inciter les gens à rechercher l’aide dont ils ont besoin et à l’obtenir ».

Le SISHV a également permis de conclure que 7 pour cent d’hommes et 14 pour cent de femmes au sein des FC ont souffert d’une dépression au cours des 12 mois précédant le sondage. Ce pourcentage était environ deux fois plus élevé que celui obtenu au sein du grand public, une tendance confirmée par l’enquête de Statistique Canada.

Au-delà de l’inquiétude suscitée par ces taux préoccupants, les FC ont été étonnées par les résultats du SISHV concernant le recours au soutien social ou la perception que ce soutien fait défaut. En effet, le sondage a révélé que les membres des FC sont moins susceptibles que les autres Canadiens et Canadiennes de mettre à profit les différentes formes de soutien social qui leur sont disponibles dans leur vie de tous les jours.

Selon le Dr Whitehead « il s’agit là d’un aspect qu’il faudra analyser davantage. Il est nécessaire que nous déterminions pourquoi nos militaires font moins appel aux réseaux de soutien social mis à leur disposition. Nous devons analyser un large éventail de questions en examinant d’abord et avant tout les procédures utilisées lors des recrutements et qui sont les candidats que nous recrutons ».

Le SISHV est mené tous les deux ans et la nouvelle enquête de Statistique Canada fournira sans aucun doute une base de référence sur laquelle l’équipe de la PSF pourra s’appuyer pour obtenir des renseignements en prévision des ses prochaines enquêtes.

Bien que les résultats obtenus aient soulevé certaines préoccupations, seulement un militaire sur dix, de ceux qui ont affirmé avoir souffert d’une certaine forme de détresse psychologique, a rapporté avoir consulté un professionnel de la santé pour résoudre ses problèmes mentaux ou émotionnels au cours de la dernière année.

« Socialement, la maladie mentale est toujours associée à des préjugés. Nous devons trouver les moyens de dissiper ces préjugés afin d’inciter les gens à rechercher l’aide dont ils ont besoin et à l’obtenir ».

Dr Jeff Whitehead, épidémiologiste, SCEM, Protection de la santé des forces.

L’enquête permettra d’élaborer une approche plus efficace en matière de soins de santé mentale

Des changements importants sont actuellement apportés à la façon dont les Services de santé des Forces canadiennes (SSFC) fournissent des soins de santé mentale aux membres de la Force régulière et de la Réserve.

« Les problèmes de santé mentale gagnent en importance dans la société canadienne et sont particulièrement importants pour les hommes et les femmes appartenant aux FC », a estimé le Colonel Scott Cameron, médecin-chef des Forces canadiennes (FC). Selon lui « le rétablissement réussi des membres des FC dépend de leur capacité à accéder aux soins dont ils ont besoin au sein du système de santé des FC et il est tout aussi essentiel qu’ils soient capables de résoudre leurs problèmes dans le cadre des FC. Cela est surtout vrai dans le cas des troubles de stress opérationnel ».

« Dans le cadre de l’initiative Rx2000 sur la santé mentale, nous sommes en train d’effectuer une évaluation des services de santé mentale présentement offerts et de tenter de mettre en place un système qui saura mieux répondre aux besoins de tous nos membres », a expliqué, pour sa part, le Colonel Brian O’Rourke, SCEM – Prestation des soins de santé. « Les données de l’enquête sur la santé mentale des membres des FC nous fourniront la clé qui nous permettra de confirmer dans quelle direction nous sommes censés nous engager ».

« Nous pouvons affirmer sans hésitation que nous tenterons d’avoir un plus grand nombre de fournisseurs de soins de santé mentale, qu’il s’agisse de psychiatres, de psychologues, de travailleurs sociaux ou de personnel en soins infirmiers. Nous sommes également en train de mettre l’accent sur la nécessité de renforcer les liens entre les fournisseurs de soins de santé primaires et les fournisseurs de soins mentaux. Les fournisseurs de soins de santé primaires jouent un rôle important lorsqu’il s’agit d’identifier les militaires qui souffrent d’une maladie mentale et de gérer leur cas. C’est ce que nous appelons les soins communs », a précisé le Col O’Rourke.

Il est essentiel que les membres des FC sachent que la collectivité médicale déploiera tous les efforts nécessaires pour répondre à leurs besoins en matière de soins de santé physiques et psychologiques. Beaucoup d’efforts ont déjà été déployés, et continuent de l’être, afin de sensibiliser la chaîne de commandement quant à la nécessité de reconnaître la santé mentale comme étant un des éléments des soins de la santé. De même, il est essentiel de reconnaître les troubles mentaux dont souffrent certains membres des FC et de les traiter au même titre que tout autre malaise ou problème physique.

À cet égard, le projet de Soutien social aux victimes de stress opérationnel (SSVSO), un réseau de soutien constitué de camarades ayant surmonté un trouble de stress opérationnel, a joué un rôle important dans l’élimination des préjugés associés aux maladies mentales, à travers la mise en place de programmes d’éducation et de sensibilisation destinés à la fois aux membres et à la chaîne de commandement.

Le système de soins de santé des FC est en train de subir des ajustements afin de mieux répondre aux besoins des membres, alors que les cadres supérieurs des FC sont engagés à créer un environnement plus favorable pour leurs membres qui souffrent d’une maladie mentale.

Un concept adoptant une approche plus structurée en matière de prestation de services de soins de santé mentale a été ainsi mis au point, tant dans les cliniques que dans le cadre opérationnel. Les FC travaillent également en étroite collaboration avec le ministère des Anciens combattants Canada (ACC) en vue de fournir un soutien aux membres des FC qui s’apprêtent à intégrer le secteur civil ou les services d’ACC, s’ils sont libérés pour des raisons médicales. Il s’agit là d’un changement important.

« Nous avons élaboré une stratégie en collaboration avec ACC qui met l’accent sur quatre secteurs clés : i) la création de réseaux d’excellence, ii) la tenue de forums de discussion sur les pratiques exemplaires, iii) l’élaboration de programmes d’éducation continue à l’intention des cliniciens et iv) la mise en œuvre de projets de recherche concertée », a expliqué le Col O’Rourke.

Les réseaux d’excellence comprennent les Centres de soins pour trauma et stress opérationnels (CSTSO) situés à Halifax, Valcartier, Ottawa, Edmonton et Esquimalt, de même que le Centre Sainte-Anne d’ACC qui fait partie de l’Hôpital Sainte-Anne à Montréal. Ces réseaux comprennent également un accès prioritaire à un certain nombre de lits dans des cliniques avec lesquelles ACC a conclu des ententes dans ce sens, et incluront plus tard des partenariats ou des contrats avec des établissements publics de soins de santé mentale ou des cabinets de médecins, si cela est jugé nécessaire.

Ces réseaux sont destinés aux militaires encore en service, aux bénéficiaires des services d’ACC et au groupe principal actuellement en transition entre les FC et ACC ou le secteur civil. Ce sont les membres de ce groupe qui, par le passé, sont souvent tombés entre les mailles du filet en tentant de retrouver leur chemin suite à leur libération.

« Il est important pour les membres des FC que nous prenions ces mesures et que nous les mettions en œuvre de façon adéquate », a estimé le Col O’Rourke.  « Nous reconnaissons que la société canadienne et la population militaire entretiennent encore des préjugés envers les maladies mentales. Il est fort probable que des individus sont en train de souffrir en silence parce qu’ils n’ont pas pu accéder facilement à des services ou parce que nous ne les avons pas aidés dès le départ. C’est pourquoi il est important de disposer des ressources nécessaires pour assurer la prévention, l’éducation et, si nécessaire, le traitement et la réadaptation, l’objectif ultime étant de permettre au militaire de se rétablir et de redevenir un membre des FC tout à fait fonctionnel. Nous disposons d’un système de santé militaire justement pour servir cet objectif là : permettre aux membres de reprendre leurs fonctions ou leur rôle militaires. Cependant, si cela s’avère impossible, nous devons nous assurer que des systèmes sont mis en place afin de leur faciliter l’accès au système de soins de santé public ».

« Ces changements feront des FC un chef de file parmi leurs alliées pour ce qui est du traitement des maladies mentales », a encore estimé le Col O’Rourke. « Nous prenons ces problèmes très aux sérieux, parce que le bien-être physique et mental de nos membres est un élément essentiel à notre capacité opérationnelle », a-t-il conclu.

Il est essentiel que les membres des FC sachent que la collectivité médicale déploiera tous les efforts nécessaires pour répondre à leurs besoins en matière de soins de santé physiques et psychologiques.

Les FC doivent disposer des ressources nécessaires pour assurer la prévention, l’éducation, le traitement et la réadaptation, l’objectif ultime étant de permettre au militaire de se rétablir et de redevenir un membre des FC tout à fait fonctionnel.

« Nous tenterons d’avoir un plus grand nombre de fournisseurs de soins de santé mentale, qu’il s’agisse de psychiatres, de psychologues, de travailleurs sociaux ou de personnel en soins infirmiers ».

Colonel Brian O’Rourke, SCEM – Prestation des soins de santé.

Des outils et des services complets pour un soutien en matière de bien-être psychologique

Les Forces canadiennes (FC) ont toujours été proactives en matière de sensibilisation à la santé mentale et de prestations de services dans ce domaine. Elles s’efforcent également de fournir à leurs membres les outils, programmes et services dont ils ont besoin afin d’être en mesure de faire face efficacement à des situations stressantes.

Les militaires peuvent consulter des professionnels en santé mentale au sein de la structure clinique mise en place dans les bases militaires et les escadres. Ils peuvent également accéder à ces services directement ou par l’entremise de recommandations de leurs médecins traitants (voir l’encadré plus loin).

« L’équipe de la Protection de la santé des Forces (PSF) joue un rôle de chef de file dans deux domaines principaux lorsqu’il est question de gestion du stress », explique le Lieutenant-colonel Jean-Robert Bernier, sous-chef d’état-major intérimaire – PSF qui participe à l’initiative de la PSF. « En évaluant de façon approfondie les risques pour la santé auxquels peuvent être confrontées les forces en déploiement, nous espérons apaiser les inquiétudes qu’éprouvent inutilement nos membres en ce qui concerne les expositions susceptibles d’être dangereuses. Dans le cadre de notre campagne Énergiser les Forces, nous avons également élaboré un programme national complet de gestion du stress », a-t-il ajouté.

Les équipes déployables d’évaluation des risques pour la santé formées d’hygiénistes industriels et de techniciens en médecine préventive, et qui bénéficient du soutien de divers autres experts scientifiques et en médecine participant à l’initiative PSF, mènent des évaluations approfondies des risques possibles pour la santé dans les zones d’opérations des FC avant le déploiement, et procèdent également au prélèvement d’échantillons d’air, d’eau et de sol afin de détecter la présence d’éventuels risques chimiques, biologiques ou d’origine radiologique.

Si un danger quelconque est cerné, des mesures de protection de la santé sont mises en œuvre avant que la force principale ne soit déployée. Ces évaluations permettent également au personnel médical de mieux renseigner les membres des FC sur les risques possibles pour la santé et de dissiper les inquiétudes en ce qui concerne les expositions susceptibles d’être dangereuses qui causent un stress et sont injustifiées. Les techniciens en médecine préventive sont également régulièrement déployés afin d’effectuer une surveillance continue des dangers pour la santé dans le cadre de missions et si, pour une raison quelconque, ils soupçonnent la présence d’expositions dangereuses, ils procèdent alors au prélèvement d’échantillons supplémentaires.

Dans le cadre de la campagne Énergiser les Forces, tous les membres des FC sont encouragés à participer à un nouveau programme de gestion du stress que des officiers de la promotion de la santé ont mis à l’essai dans quatre régions, puis mis en œuvre à l’échelle nationale dans les bases militaires et les escadres situées un peu partout au Canada. Le stress : ça se combat! vise à aider les membres des FC à accroître leur résistance au stress et à leur fournir des outils afin qu’ils composent mieux avec des situations stressantes. « Il s’agit d’un programme axé sur l’acquisition de compétences et qui propose une approche efficace de la gestion du stress », explique Nancy Snowball, gestionnaire nationale de la campagne Énergiser les Forces.

Le stress : ça se combat! est également une approche autodidacte de gestion du stress qui vise à prendre conscience de ses comportements, à les modifier et à acquérir des compétences. Ce programme offrira un soutien aux participants afin qu’ils puissent dresser une liste des stratégies qu’ils utilisent déjà et de celles qu’ils mettront en œuvre en vue d’accroître leur résistance au stress.

Le programme est composé de huit modules et est offert dans diverses bases et escadres par des équipes de promotion de la santé. Ce cours peut être adapté en fonction des besoins opérationnels de la population locale. Il s’agit également d’un programme unique en ce sens qu’il est conçu pour amener les membres des FC à comprendre la réaction au stress dans le contexte militaire et ses liens avec la résistance au stress.

Des améliorations ont été apportées aux processus de dépistage médical pré et post déploiement, qui s’avèrent très utiles pour détecter rapidement d’éventuels troubles médicaux, psychologiques ou physiques, et ce, en vue d’inciter les membres des FC à obtenir l’aide et le soutien dont ils ont besoin le plus tôt possible. Il est bien connu que les chances de guérison sont meilleures si l’on détecte le problème et que l’on suit un traitement le plus rapidement possible.

Depuis maintenant plusieurs années, les FC affectent un infirmier en santé mentale ainsi qu’un travailleur social à l’équipe de soutien médical dans le cadre des déploiements majeurs. Par exemple, durant l’opération Athena, le déploiement majeur qui a lieu actuellement en Afghanistan, les FC assureront la présence d’un infirmier en santé mentale et d’un travailleur social, qui offriront un soutien aux militaires déployés.

Pour ce qui est des membres qui souffrent de traumatismes liés au stress opérationnel, les FC ont mis sur pied cinq Centres de soins pour trauma et stress opérationnels (CSTSO) à différents endroits du pays afin de leur offrir une gamme de services, incluant diverses options de traitement et des programmes de soutien par les pairs. Ces centres de traitements, mis en place en supplément au réseau actuel des services en santé mentale, visent à fournir aux militaires qui souffrent de traumatismes liés au stress opérationnel des évaluations personnalisées, des programmes éducatifs et un traitement initial. Ces centres s’adressent principalement aux membres qui souffrent de troubles psychologiques, émotifs, spirituels et sociaux après avoir participé à une opération militaire. Lorsqu’un militaire communique avec l’un des CSTSO, on le met en contact avec une équipe multidisciplinaire. Les membres de cette équipe comprennent des psychiatres, des psychologues, des infirmiers en santé mentale, un travailleur social et un aumônier. En communiquant ainsi avec l’un des membres de cette équipe, il est plus facile d’accéder à d’autres professionnels qui peuvent proposer un traitement ou dont les connaissances peuvent aider à résoudre un problème.

« Les travailleurs sociaux affectés aux cliniques des bases et des escadres à travers le Canada sont à la disposition des militaires et des membres de leurs familles qui, quelquefois, peuvent avoir besoin d’un soutien », explique le lieutenant-colonel Henry Matheson, SCEM – Politique de santé, Politiques et normes de travail social. « Les travailleurs sociaux, qui font partie intégrante de l’équipe de soins de santé au service des militaires, connaissent très bien les divers programmes et services de soutien aux militaires en fonction de leur situation personnelle et des obstacles qu’ils ont à surmonter et ils sont disponibles pour les aider ainsi que leurs familles. »

Les membres des FC peuvent communiquer directement avec les travailleurs sociaux ou faire appel à leurs services sur recommandation.

Pour ce qui est des membres des FC et de leurs familles qui font face à une crise ou à une situation difficile, mais qui peuvent ne pas être prêts à accéder au système militaire, deux solutions leur permettent d’obtenir un service rapide qui garantit l’anonymat :

Le Programme d’aide aux membres des FC (PAMFC) est un service facultatif et confidentiel mis sur pied par les FC pour venir en aide aux membres et à leurs familles qui, s’ils souhaitent s’entretenir avec un conseiller professionnel ou prendre rendez-vous, peuvent simplement communiquer avec les responsables du PAMFC 24 heures par jour, 365 jours par année.

Le PAMFC n’est pas une thérapie, mais un service de résolution des problèmes à court terme et, très souvent, seules quelques brèves séances suffisent. Si une aide à long terme ou un service plus spécialisé s’avèrent nécessaires, on peut alors diriger le militaire concerné vers une ressource professionnelle appropriée. On peut communiquer avec les responsables du PAMFC en composant le 1-800 268-7708 qui répondront aux appels en personne.

Les Centres de ressources pour les familles des militaires situés un peu partout au pays dans les bases militaires et les escadres ou à proximité de celles-ci ont à leur service des coordinateurs et du personnel d’intervention d’urgence qui peuvent aider les militaires et les membres de leurs familles à obtenir divers services de soutien dont ils peuvent avoir besoin en situation de stress et de crise.

Des améliorations ont été apportées aux processus de dépistage médical pré et post déploiement, qui s’avèrent très utiles pour détecter rapidement d’éventuels troubles médicaux, psychologiques ou physiques et pour inciter les membres à obtenir l’aide et soutien dont ils ont besoin.

Depuis maintenant plusieurs années, les FC affectent un infirmier en santé mentale ainsi qu’un travailleur social à l’équipe de soutien médical dans le cadre des déploiements majeurs.

Un accès facile et direct

Diverses possibilités s’offrent aux membres des Forces canadiennes (FC) qui souhaitent consulter des professionnels en santé mentale.

« Il n’est pas nécessaire de se rendre à la clinique de la base et de demander à ce que l’on nous aiguillonne, bien qu’il s’agisse d’une option possible, » explique le lieutenant-colonel Henry Matheson, SCEM – Politique de santé, Politiques et normes de travail social. « Les militaires peuvent communiquer directement avec divers fournisseurs de service et prendre rendez-vous ».

La plupart des bases militaires et des escadres situées un peu partout au pays mettent à la disposition de leurs membres les services de professionnels en santé mentale qu’ils peuvent consulter sur place et tous ont accès à de tels services. Ils peuvent également communiquer avec des travailleurs sociaux, des aumôniers, des infirmiers en santé mentale, des gestionnaires de cas, des médecins et des équipes de promotion de la santé pour obtenir un soutien.

En règle générale, un militaire qui souhaite bénéficier des services d’un psychologue ou d’un psychiatre doit être dirigé vers de tels services par un médecin militaire.

Les militaires qui souffrent de traumatismes liés au stress opérationnel peuvent communiquer directement avec les équipes formées de professionnels de la santé à l’un des cinq Centres de soins pour trauma et stress opérationnels (CSTSO) situés un peu partout au pays et qui offrent une gamme de services en matière de traitement oude programmes de soutien par les pairs.

Le Programme d’aide aux membres des FC offre un soutien à court terme en dehors du système militaire et est destiné aux membres et à leurs familles. On peut communiquer avec les responsables du PAMFC vingt-quatre heures par jour, sept jours par semaine en composant le 1-800 268-7708.

« Le militaire est entièrement libre de décider s’il souhaite obtenir des conseils et un soutien », explique le Lcol Matheson. « Plusieurs bases militaires ont créé des comités sur la santé et le bien-être de manière à ce que les professionnels de la santé soient bien informés des divers services et ressources en place et qu’ils puissent ainsi diriger le militaire vers les services qui répondront le mieux à ses besoins ».

Adresses web utiles

Si vous êtes intéressés d’en savoir plus sur les troubles mentaux les plus fréquents, vous pouvez visiter l’un des sites suivants :

  • L’Association canadienne pour la santé mentale
  • Réseau canadien de la santé
  • Institut canadien d’information de la santé
  • Instituts de recherche en santé du Canada – Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies
  • Association Médicale Canadienne
  • Association des psychiatres du Canada
  • Canadian Psychiatric Research Foundation
  • Société canadienne de psychologie
  • Centre de toxicomanie et de santé mentale
  • Santé Canada, Santé Mentale
  • The Mood Disorders Society of Canada
  • Réseau national pour la santé mentale
  • The National Eating Disorder Information Centre
  • Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments

Brisez le silence

Les membres qui souffrent de stress ou de troubles mentaux sont encouragés à faire appel aux réseaux de soutien mis à leur disposition. Les FC déploient des efforts considérables pour éliminer les préjugés associés aux maladies mentales et encouragent leurs membres et leurs familles à ne plus souffrir en silence et à entreprendre des démarches en vue d’obtenir de l’aide auprès de professionnels, le plus rapidement possible, dès qu’ils ont reconnu l’existence d’un problème. Les chances de guérison sont meilleures si l’on intervient rapidement.

Si vous avez des questions ou des inquiétudes de cet ordre, nous vous encourageons fortement à entrer en contact avec votre médecin militaire à l’un des numéros

  • Goose Bay : (709) 896-6900 x 7357
  • Halifax : (902) 427-0550 x 8777
  • Greenwood : (902) 765-1494 x 5046
  • Gagetown : (506) 422-2000 x 4257
  • Valcartier : (418) 844-5000 x 7815
  • Bagotville : (418) 677-4000 x 8307
  • Montreal : (514) 252-2777 x 4916
  • Ottawa : (613) 945-6800
  • Petawawa : (613) 687-5511 x 5392
  • Kingston : (613) 541-5010 x 5070
  • Trenton : (613) 392-2811 x 3480
  • Toronto : (416) 633-6200 x 3900
  • Borden : (705) 424-1200 x 2409
  • Winnipeg : (204) 833-2500 x 5595
  • Shilo : (204) 765-3000 x 3153
  • Moose Jaw : (306) 694-2222 x 2280
  • Edmonton : (780) 973-4011 x 6262
  • Cold Lake : (780) 840-8000 x 8707
  • Comox : (250) 339-826
  • Esquimalt : (250) 363-2000 x 4122

Production et coordination : Bureau des Affaires publiques du GMFC

Direction artistique : Direction artistique SMA (AP) DMCS 03-0270

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