ARCHIVÉE - Essais des herbicides à la BFC Gagetown de 1952 à nos jours

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Paiements versés à titre gracieux en rapport aux essais de l'agent Orange

Le 30 juin 2011 est la nouvelle date limite pour envoyer sa demande. 

Le 22 décembre 2010, l'honorable Jean-Pierre Blackburn, ministre des Anciens Combattants et ministre d'État (Agriculture), a annoncé que le gouvernement du Canada prolongeait le délai de présentation des demandes de paiements forfaitaires exempts d'impôt de 20 000 $ en rapport aux essais d'herbicides non homologués, dont l'agent Orange, utilisés par l'armée américaine à la BFC Gagetown durant les étés 1966 et 1967.

Pour en savoir davantage sur les critères d'admissibilité ou la présentation d'une demande, communiquez avec Anciens Combattants Canada en consultant le site Web www.vac-acc.gc.ca ou en composant le 1-866-522-2022.

Durant trois jours en juin 1966 et quatre jours en juin 1967, l'agent Orange, l'agent pourpre et d'autres herbicides non homologués ont été testés à la base des Forces canadiennes (BFC) Gagetown en collaboration avec les forces armées américaines afin d'évaluer leur efficacité. Il s'agit des seules occasions connues où ces produits chimiques militaires ont fait l'objet d'essais à la BFC Gagetown. Ni l'agent Orange ni l'agent Pourpre ni aucun autre herbicide non homologué ne sont maintenant utilisés à la base. La base n'utilise que des herbicides réglementés par le gouvernement fédéral pour éliminer les broussailles dans le cadre de son programme annuel de gestion de la végétation.

En août 2005, le ministère de la Défense nationale a, avec la collaboration du ministère des Anciens Combattants, de Santé Canada et d'autres ministères et organismes, entrepris une initiative d'établissement des faits afin de recueillir de l'information sur les essais et l'utilisation d'herbicides à la BFC Gagetown de 1952 à ce jour ainsi que sur les risques posés pour la santé humaine et l'environnement. Un travail interministériel de grande envergure a donc été réalisé au cours des deux dernières années afin d'effectuer l'analyse nécessaire pour présenter tous les faits.

Le DrDennis Furlong a été nommé coordonnateur indépendant de l'établissement des faits et de la liaison pour superviser cette initiative. Ses tâches consistaient entre autres à commenter les plans et les rapports de chaque tâche d'établissement des faits ainsi qu'à agir à titre de personne-ressource pour les gens qui cherchaient de l'information sur les essais et l'utilisation d'herbicides à la BFCGagetown. Les tâches d'établissement des faits ont été réalisées par des spécialistes hautement qualifiés de l'extérieur del'administration fédérale, dont les services ont été retenus par contrat.

Les rapports préliminaires de la recherche scientifique ont été examinés par des spécialistes qualifiés et indépendants. Les entreprises ont étudié leurs commentaires, et les rapports finaux ont été fournis directement et simultanément aux ministres de la Défense nationale et des Anciens combattants ainsi qu'au coordonnateur de l'établissement des faits et de la liaison. Des rapports sur les aspects touchant la santé humaine ont également été fournis au ministre de la Santé. Le coordonnateur de l'établissement des faits et de la liaison, accompagné des spécialistes appropriés, a ensuite échangé avec le public sur les résultats de chaque rapport.

Toutes les tâches sont terminées, et l'on comprend et connaît maintenant mieux les essais et l'utilisation des herbicides à la BFCGagetown. Selon l'étude scientifique réalisée sur les fouilles et les échantillons de sol, d'eau et de végétaux, les évaluations des risques pour la santé humaine et l'étude épidémiologique, l'utilisation des herbicides ne pose aucun risque à long terme pour la santé de la plupart des gens qui travaillaient à la BFC Gagetown ou qui demeuraient à proximité. Les données scientifiques indiquent également que la base ne présente aujourd'hui aucun danger.

Résultats des tâches de l'établissement des faits 

Tâche 1

Dans le cadre de son initiative de l'établissement des faits, le ministère de la Défense nationale s'est engagé à dresser la liste exhaustive des personnes et des unités militaires qui étaient présentes à la BFCGagetown durant les essais de l'agent Orange, de l'agent Pourpre et des autres herbicides non homologués en 1966 et en 1967 ainsi que durant les 8 à 12 semaines par année (soit de juin à août) de 1952 à ce jour où des herbicides y ont été appliqués.

L'entreprise retenue pour effectuer cette tâche, Canadian Development Consultants International Inc., a mis sur pied une base de données contenant de l'information sur plus de 115000 personnes. Des renseignements non personnels, comme les noms, grades et unités de certaines personnes ainsi que les dates où elles se trouvaient à Gagetown) ont été rendus publics. Les renseignements personnels, comme les âges, numéros d'employé, adresses de résidence et renseignements sur la famille, ne seront pas rendus publics.

De plus, tous les renseignements que le bureau du coordonnateur indépendant de l'établissement des faits et de la liaison a recueillis auprès des gens sont jugés de nature personnelle et ne seront donc pas rendus publics. Les personnes qui souhaitent faire une demande d'accès à des renseignements personnels peuvent le faire en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels par le biais de la Direction de l'accès à l'information et de la protection des renseignements personnels à la Défense nationale.

Tâche 2A

L'objectif de cette tâche consistait à revoir les antécédents de l'utilisation des herbicides dans le champ de tir et le secteur d'entraînement de la BFC Gagetown de 1952 à ce jour, à mettre sur pied une base de données exhaustive à ce sujet et à fournir de l'information sur les types d'herbicides utilisés ainsi que sur la façon dont ils étaient utilisés.

Le contractant, Jacques Whitford, a déterminé qu'à part les produits militaires utilisés lors des essais d'herbicides en 1966 et en 1967, les herbicides appliqués à la BFC Gagetown au cours des 50 dernières années étaient réglementés et couramment utilisés ailleurs au Canada. Le programme d'utilisation des herbicides à la BFC Gagetown tenait compte des politiques, des connaissances scientifiques et des pratiques exemplaires qui avaient alors cours, conformément à la réglementation fédérale et provinciale. Dans les cas où l'on a trouvé des renseignements précis dans les dossiers, soit que les taux d'utilisation des herbicides à la BFC Gagetown respectaient les taux recommandés par le manufacturier soit qu'ils étaient inférieurs à ces taux, ce qui était souvent le cas.

Tâche 2B

Le but de cette tâche était de réaliser une évaluation environnementale du champ de tir et du secteur d'entraînement de la BFC Gagetown.

Selon les vérifications effectuées en laboratoire, seulement des concentrations de dioxine et d'arsenic relevées dans certains échantillons de sol dépassaient les normes canadiennes en matière de qualité des sols. Les concentrations de dioxine les plus élevées dans les sols ont été relevées dans les parcelles d'essai de 1967. De plus, des concentrations de dioxine légèrement plus élevées que les recommandations canadiennes à cet égard ont été relevées sur le site des bivouacs Clones et Murphy, dans le champ de tir Enniskillen, dans les parcelles d'essai de 1966 ainsi qu'à quatre autres endroits secrets dans le secteur d'entraînement et le champ de tir. À titre de mesure préventive, le ministère de la Défense nationale a alors décidé de restreindre temporairement l'accès aux sites là où les concentrations de dioxine étaient les plus élevées (parcelles d'essai de 1967) ainsi qu'aux endroits où les gens étaient le plus exposés au sol de surface (dans les bivouacs) jusqu'à ce que l'évaluation des risques posés par chaque site soit terminée. Une étude subséquente a révélé que les concentrations de dioxine relevées à ces endroits ne posaient aucun risque pour la santé humaine.

Les concentrations de dioxine relevées dans les échantillons d'eau souterraine et d'eau de surface étaient inférieures à la norme de qualité du ministère de l'Environnement de l'Ontario pour l'eau potable. Cette norme a été utilisée à des fins de comparaison étant donné qu'il n'existe aucune norme fédérale quant à la qualité de l'eau potable.

Tâche 2C

Cette tâche consistait à réaliser un examen des barils ainsi qu'un programme d'excavation et une analyse. Les travaux d'excavation n'ont permis de découvrir aucun baril d'herbicide.

Tâche 2D

Cette tâche visait à élaborer un modèle illustrant le déplacement des herbicides dans l'air à la suite de leur pulvérisation aérienne afin de définir les scénarios probables d'exposition aux fins de l'évaluation des risques pour la santé définie à la tâche 3A-1.

Tâche 2E

Le but de cette tâche consistait à évaluer si les herbicides et les contaminants connexes pourraient s'être mêlés aux eaux souterraines et (ou) aux eaux de surface.

Le contractant, Jacques Whitford, a conclu qu'il serait difficile et très coûteux de faire une estimation de la quantité de produits qui se serait mêlée à l'eau de surface et que cela exigerait beaucoup de temps. Il est par ailleurs impossible d'estimer la quantité de produits qui se serait mêlée à l'eau souterraine en raison de la variabilité des conditions sur la base et du manque de données pertinentes sur les sols et la géologie. Cantox Environmental a utilisé le rapport de délimitation de l'étendue de Jacques Whitford, et l'approche qualitative, pour éliminer la possibilité que l'exposition à l'eau entre en compte à l'avenir relativement à l'évaluation des risques pour la santé.

Tâche 3A-1

L'objectif de cette tâche consistait à évaluer les risques antérieurs posés pour la santé humaine pour déterminer comment les personnes pourraient avoir été exposées aux herbicides et aux produits chimiques militaires lors de leurs essais et utilisations et établir les risques potentiels pour la santé humaine. Cette étude a été réalisée en trois étapes. L'étape 1 portait sur les contaminants relatifs aux essais de produits chimiques militaires non homologués effectués en 1966 et en 1967. Quant aux étapes 2 et 3, elles portaient sur les herbicides homologués utilisés durant toutes les autres années.

L'entreprise qui a réalisé cette tâche, Cantox Environmental, a conclu que les produits chimiques militaires qui ont fait l'objet d'essais à la BFC Gagetown en 1966 et en 1967, les contaminants connus contenus dans les herbicides utilisés à la BFCGagetown dans le cadre du programme annuel de pulvérisation avant la fin des années 60 et les principes actifs contenus dans les herbicides utilisés à la BFC Gagetown dans le cadre du programme annuel de pulvérisation ne posaient aucun risque à long terme pour la santé et la sécurité de la plupart des personnes. Les personnes qui ont été directement touchées lors des utilisations ou qui ont travaillé dans les broussailles immédiatement après pourraient toutefois être exposées à des risques élevés. L'entreprise a également conclu que les contaminants connus contenus dans les herbicides utilisés à la BFC Gagetown dans le cadre du programme annuel de pulvérisation après la fin des années 60 ne posaient aucun risque à long terme pour la santé et la sécurité humaine.

Tâche 3A-2

Cette tâche consistait à évaluer les risques posés pour la santé humaine par un site actuellement contaminé en utilisant des données recueillies lors de la réalisation de la tâche 2B afin de déterminer l'exposition et les risques actuels pour la santé humaine relativement à tous les contaminants préoccupants relevés dans les échantillons d'eau, de sol, de sédiments et de végétaux qui ont été prélevés et analysés à la BFCGagetown.

Les résultats indiquent qu'aucun risque n'est actuellement posé pour la santé humaine (par l'utilisation des herbicides) dans les secteurs de la base auxquels l'accès avait été restreint à la suite des conclusions de l'évaluation environnementale.

Tâche 3B

L'objectif de cette tâche consistait à analyser toutes les études épidémiologiques portant sur la relation entre les herbicides (soit ceux étendus à la BFCGagetown) et la santé humaine ainsi qu'à mener une étude épidémiologique descriptive dans le but de déterminer si les habitants des communautés situées autour de la BFC Gagetown avaient plus de risques de tomber malades que le reste de la population de la province du Nouveau-Brunswick.

Le contractant responsable de la tâche 3B, une équipe de l'Université Dalhousie dirigée par Mme Judy Guernsey, a conclu que les communautés situées autour de la BFC Gagetown ne risquaient pas davantage de tomber malades que le reste de la population du Nouveau-Brunswick.

Tâche 3

Un rapport d'ensemble qui reprend toutes les étapes de la tâche 3 a été rédigé et il intègre les conclusions de la recherche épidémiologique à celles des évaluations des risques pour la santé humaine.

Tâche 4

La tâche 4 vise à fournir de l'information sur les concentrations tissulaires de dioxine dans les échantillons de poissons et d'anodontes prélevés dans le champ de tir et dans le secteur d'entraînement de la BFC Gagetown. Ces données permettent d'évaluer si la consommation de poisson et d'anodonte à la BFC Gagetown présente ou non des risques pour la santé humaine.

L'entreprise qui a réalisé cette tâche, G.A. Packman and Associates, a conclu que les niveaux de dioxine dans les échantillons de poissons et d'anodontes à la BFC Gagetown étaient inférieurs aux limites et aux valeurs réglementées pour ces mêmes espèces prélevées ailleurs, ou conformes à ces limites et valeurs.

Étude sur l’utilisation d’herbicides à l’échelle du MDN

En 2006, l’entreprise Golder Associates Ltd. (Golder) a été sélectionnée par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada en vue d’une série de contrats pour le compte du ministère de la Défense nationale (MDN) consistant à chercher, organiser et analyser tous les renseignements disponibles à propos des herbicides utilisés sur chaque site des Forces canadiennes à la grandeur du Canada. L’un des objectifs de cette entreprise consistait à déterminer si certains herbicides tactiques comme l’agent orange et l’agent pourpre, qui avaient été mis à l’essai à la BFC Gagetown en 1966 et 1967 avaient également été mis à l’essai dans d’autres bases, stations et escadres anciennes et actuelles des FC.

L’examen des renseignements effectué par Golder n’a révélé aucune preuve de vaporisation d’herbicides tactiques comme l’agent orange et l’agent pourpre à quelque base, station ou escadre des FC autre que la BFC Gagetown. Par contre, les archives indiquent que les herbicides 2,4,5-T et 2,4-D, non tactiques et en vente libre, ont pu être utilisés, entreposés ou détruits à la même époque à la SFC Carp (en Ontario), à la BFC Chatham et à la BFC Gagetown (Nouveau-Brunswick), à la BFC Borden (Ontario) ainsi qu’à un autre endroit non déterminé.

De ce fait, les preuves dont nous disposons à ce jour indiquent que l’agent orange et l’agent pourpre ont uniquement été utilisés à la BFC Gagetown.


Résumé d'information relative à la santé à l'intention des membres des FC

L'information suivante est publiée au nom du Médecin-chef des Services de santé des Forces canadiennes. Elle sert à aider le personnel médical des FC à remettre le risque pour la santé en contexte. De plus, elle peut se révéler utile aux membres des FC qui souhaitent obtenir de l'information détaillée et précise que ne donnent pas les fiches de renseignements sur les herbicides et la dioxine publiées par les différentes autorités en matière de santé.

Ce document est un résumé des conclusions d'études et d'examens scientifiques portant spécifiquement sur l'agent Orange ou ayant un lien quelconque avec les préoccupations soulevées récemment au sujet de l'exposition humaine et des effets sur la santé des herbicides non homologués qui ont été mis à l'essai à la BFC Gagetown du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin 1967. Il est divisé en quatre sections principales. Les trois premières (« INFORMATION GÉNÉRALE », « EFFETS SUR LA SANTÉ » et « DEVENIR DANS L'ENVIRONNEMENT ») présentent des renseignements généraux, dont la plupart sont liés à l'usage d'agent Orange et d'autres herbicides par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam et à des études scientifiques effectuées auprès des anciens combattants de l'armée américaine exposés au Vietnam. Ces renseignements généraux sont nécessaires pour établir un contexte permettant de mieux comprendre l'analyse présentée à la quatrième section (« EFFETS SUR LA SANTÉ DE LA PULVÉRISATION EFFECTUÉE À GAGETOWN ») qui porte sur les risques pour la santé associés aux essais sur l'agent Orange et sur d'autres herbicides non homologués effectués à la BFC Gagetown du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin 1967.

Le ministère de la Défense nationale (MDN) a aussi utilisé d'autres herbicides (homologués) à la BFC Gagetown et ailleurs au Canada depuis les années 50. Cet usage plus élargi d'herbicides homologués fera l'objet d'un examen au cours des prochaines années et l'information pertinente relative à la santé sera communiquée ultérieurement de façon distincte. Bien que ce document porte principalement sur la mise à l'essai d'herbicides non homologués à la BFC Gagetown du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin 1967, certaines parties seraient aussi pertinentes dans le cadre de l'analyse des effets potentiels de l'exposition aux produits chimiques en général sur la santé (voir notamment « Dans quelles circonstances l'agent Orange ou ses composants sont-ils susceptibles d'entraîner des effets sur la santé? »).

 


Information générale

Qu'est-ce que l'agent Orange?

Les militaires américains ont utilisé plusieurs mélanges d'herbicides pendant la guerre du Vietnam. Ces mélanges contenaient des herbicides offerts sur le marché dans les années1960, mais étaient spécialement préparés pour l'armée américaine. Pour permettre l'identification rapide de ces différents mélanges sur le terrain, les barils où l'on conservait ces mélanges au Vietnam étaient peints d'une bande rose, pourpre, bleue, blanche, verte ou orange. L'herbicide contenu dans les barils orange consistait en un mélange de 2,4-D et de 2,4,5-T [acide (2,4-dichlorophénoxy)acétique et acide (2,4,5-trichlorophénoxy)acétique]. On l'a donc baptisé «agent Orange», d'après la couleur des barils où il était stocké. Au Vietnam, pendant la guerre, plus de 45millions de litres d'agent Orange ont été pulvérisés (ce qui en fait la formulation d'herbicides la plus utilisée), tandis que moins de 2millions de litres d'agent Pourpre ont été pulvérisés (Stellman et coll., 2003).

Qu'est-ce que l'agent Pourpre?

L'agent Orange et l'agent Pourpre étaient tous deux des mélanges 50:50 de 2,4-D et de 2,4,5-T. La différence réside dans le type de 2,4,5-T. L'agent Orange constituait un mélange 50:50 d'ester n -butylique de 2,4-D et d'ester n -butylique de 2,4,5-T. L'agent Pourpre, quant à lui, était composé à 50% d'ester n -butylique de 2,4-D, à 30% d'ester n -butylique de 2,4,5-T et à 20% d'ester isobutylique de 2,4,5-T.

Qu'est-ce que la TCDD?

«TCDD» est l'abréviation de la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo- p -dioxine (l'abréviation 2,3,7,8-TCDD peut aussi être utilisée). La TCDD était un contaminant accidentel produit pendant la fabrication du 2,4,5-T. Par conséquent, la TCDD était aussi un composant des mélanges d'herbicides contenant du 2,4,5-T tels que l'agent Orange. Selon l'Institute of Medicine des États-Unis, la TCDD est considérée comme le plus toxique des composants utilisés au Vietnam (Institute of Medicine, 2005).

La TCDD est un type spécifique de produit chimique faisant partie de la famille des dioxines. Certains des produits chimiques de cette famille sont considérés toxiques tandis que d'autres le sont beaucoup moins. On considère la TCDD comme la plus toxique des dioxines. Par conséquent, la toxicité des mélanges de dioxines est habituellement décrite en fonction de la TCDD. On utilise pour cela le terme «équivalent toxique» (ET); la toxicité d'un mélange de dioxines, exprimée sous forme de quantité d'ET, est comparable à la toxicité d'une quantité équivalente de TCDD pure.

Certaines références citées dans d'autres sections de ce document (« L'agent Orange est-il l'unique source de TCDD? » et « Peut-on mesurer la concentration de TCDD dans notre organisme? ») abordent le sujet en parlant de quantités d'EQ et de quantités de TCDD. Pour des raisons de simplicité, seul le terme «TCDD» est utilisé dans ces sections.

À quelle quantité une partie par million (ppm) correspond-elle?

On utilise le terme «partie par million» pour décrire la concentration d'une substance («partie») contenue dans une autre substance («par million»). Par exemple, une contamination de l'agent Orange par la TCDD de l'ordre de 2ppm signifie que un million de parties d'agent Orange contiennent 2 parties de TCDD. Donc, si la contamination par la TCDD est de 2 ppm, alors un baril de 55gallons d'agent Orange contiendrait 4gouttes de TCDD. Si la contamination par la TCDD est de 47 ppm (comme dans un échantillon d'agent Pourpre), alors un baril de 55gallons d'agent Pourpre contiendrait le tiers d'un verre à «shooter» d'une once de TCDD.

À quelle quantité une partie par billion (ppb) correspond-elle?

Une partie par billion est une très petite quantité. Une ppb équivaut à une seconde sur environ 32000 ans, à une goutte d'eau sur le contenu de 40piscines olympiques ou à une distance de 1centimètre (la largeur de l'ongle de votre petit doigt) sur 1200 allers-retours entre Fredericton et Vancouver.

Quelles quantités de TCDD l'agent Orange et l'agent Pourpre contenaient-ils?

On ne connaît pas avec certitude les quantités de TCDD que contenaient l'agent Orange et l'agent Pourpre utilisés par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam. Étant donné que la TCDD était un contaminant accidentel, elle n'était pas dosée systématiquement au moment où ces mélanges d'herbicides étaient préparés. La teneur en TCDD peut toutefois être estimée à partir d'échantillons de ces herbicides. Des analyses sur 15millions de livres (200échantillons) d'agent Orange effectuées par l'U.S. Air Force ont révélé que la teneur moyenne en TCDD dans le mélange était de 1,91ppm (parties par million, soit mg/kg) et que 68% des échantillons contenaient 0,5ppm ou moins de TCDD (Kearney et coll., 1973). Quatre échantillons d'agent Orange laissés sur la base aérienne d'Eglin en Floride après les essais et ayant été conservés renfermaient des concentrations moyennes de TCDD de 2,4ppm (fourchette: 0,04 à 6,4ppm). Par ailleurs, une analyse de 490échantillons d'agent Orange provenant d'inventaires des États-Unis et du Pacifique a révélé une concentration moyenne de 2ppm (Young et coll., 2004b). Récemment, on a avancé que ces valeurs ont été sous-estimées et que, en fait, une teneur moyenne en TCDD de 13ppm serait plus réaliste pour l'agent Orange (Stellman et coll., 2003).

Il y a moins de données sur l'agent Pourpre. Dans le cadre des essais sur les 200échantillons d'agent Orange susmentionnés, les quatre échantillons ayant les teneurs en TCDD les plus élevées (soit 17, 22, 33 et 47ppm) renfermaient en fait de l'agent Pourpre et non de l'agent Orange (Stellman, 2003). Un échantillon d'agent Pourpre préservé à la base aérienne d'Eglin contenait 45ppm de TCDD (Young et coll., 2004b).


Effets sur la santé

Quels sont les effets associés à l'agent Orange sur la santé ?

En 1991, en raison de l'incertitude quant aux effets à long terme de l'exposition aux herbicides sur la santé des anciens combattants du Vietnam, le Congrès américain a promulgué une loi permettant à l'Institute of Medicine (IOM) de la National Academy of Sciences (NAS) de procéder à une évaluation complète de l'information de nature scientifique et médicale accessible au sujet des effets de l'exposition à l'agent Orange sur la santé.

Pour donner suite à cette loi, l'IOM mène et publie des études approfondies contenant des données scientifiques probantes au sujet des associations entre certains problèmes de santé et l'exposition à la TCDD et à d'autres composés chimiques présents dans les herbicides utilisés au Vietnam. L'IOM est considéré par beaucoup comme la source d'information médicale faisant autorité en ce qui concerne l'agent Orange (Frumkin, H., 2003).

La publication la plus récente de l'IOM s'intitule Veterans and Agent Orange: Update 2004 ( http://www.iom.edu/report.asp?id=25476 ). L'IOM a relevé plusieurs problèmes de santé qui sont statistiquement «associés» à l'agent Orange. En se fondant sur les données scientifiques disponibles, l'IOM n'a toutefois pas conclu que l'exposition est la « cause» réelle de ces problèmes de santé.

En ce qui concerne l'agent Orange, l'IOM a conclu que les preuves qu'il existe une association sont suffisantes dans le cas des cinq problèmes de santé suivants :

  • Leucémie lymphoïde chronique (LLC)
  • Sarcome des tissus mous
  • Lymphome non hodgkinien
  • Maladie de Hodgkin
  • Chloracné

L'IOM a aussi conclu qu'il y a des preuves limitées ou suggestives qu'il existe une association entre l'agent Orange et les sept autres problèmes de santésuivants :

  • Cancer des voies respiratoires (du poumon et des bronches, du larynx et de la trachée)
  • Cancer de la prostate
  • Myélome multiple
  • Neuropathie périphérique transitoire d'apparition précoce
  • Porphyrie cutanée tardive
  • Diabète de type 2
  • Spina-bifida chez les enfants des anciens combattants

Selon l'IOM, l'expression «preuves limitées ou suggestives» signifie que les données scientifiques indiquant une association sont limitées car on ne peut écarter avec certitude la possibilité que le hasard, des biais et des facteurs confusionnels soient en cause.

La grande majorité des associations mentionnées ci-dessus n'ont été observées que dans le cadre d'études effectuées auprès de groupes hautement exposés, comme des travailleurs ayant participé à la fabrication de produits chimiques ou ayant pulvérisé des herbicides pendant de nombreuses années. L'IOM est d'avis que bien des conclusions au sujet des associations entre l'exposition à la TCDD ou aux herbicides et certaines maladies sont fondées sur des études effectuées auprès de personnes exposées dans un contexte professionnel et environnemental plutôt que sur des études auprès d'anciens combattants du Vietnam.

Quelle est la différence entre une «association» et une «cause»?

Comme on l'a mentionné précédemment (voir « Quels sont les effets associés à l'agent Orange sur la santé? »), l'IOM a identifié des maladies qui sont statistiquement associées à l'exposition à des herbicides, mais il n'a pas établi que l'exposition aux herbicides est la cause de quelque maladie. Cette distinction est fondée sur la qualité des preuves scientifiques. Selon l'IOM, des facteurs comme la constance des données, la plausibilité sur le plan biologique, la temporalité, la relation dose-réponse et la force des associations peuvent être pris en compte au moment de déterminer si une association statistique observée est réellement causale. Dans le cas des données tirées d'études scientifiques, lorsque les conclusions entre différentes études diffèrent, que les liens entre l'exposition et les effets ne sont pas très forts, que d'autres causes potentielles de la maladie n'ont pas été prises en compte ou que des problèmes sont relevés en ce qui concerne la méthodologie de l'étude, alors les preuves scientifiques sont trop faibles pour que l'on puisse conclure qu'une exposition est la cause d'un effet sur la santé, même si une association peut exister. 

Qu'entend-on par «hasard», «biais» et «facteurs confusionnels»?

On peut dire que le hasard est «une question de chance». Pour utiliser un exemple concret, prenons le tirage à pile ou face. Chaque fois que la pièce de monnaie est lancée, il y a autant de chances qu'elle tombe sur le côté pile que sur le côté face. Aussi, il pourrait être inhabituel d'obtenir le côté face cinq fois d'affilée, mais cela pourrait simplement être attribuable au hasard (par exemple, si vous lanciez la pièce 1000 fois, vous obtiendriez sans doute plusieurs séries de 5 «faces» d'affilée). Par ailleurs, si vous lanciez la pièce 1000 fois et que vous n'obteniez que des côtésface, il serait très peu probable que cette tendance soit attribuable au hasard et vous pourriez soupçonner qu'il y a une autre façon d'expliquer cette observation (pièce «truquée», qui a peut-être deux côtés face). Et si la pièce tombait sur le côtéface dix fois de suite? Sans savoir avec certitude si la pièce est truquée, pourriez-vous conclure en toute confiance que vos observations ne sont pas attribuables au hasard? Si une association est observée entre une exposition et un effet, les chercheurs doivent déterminer si l'observation est le fruit d'une association «réelle» ou si elle est simplement attribuable au hasard. Les chercheurs utilisent les statistiques afin d'exclure le hasard. Lorsqu'une observation est «statistiquement significative», il est alors peu probable que le hasard en soit responsable.

Les biais sont des erreurs systématiques dans la méthodologie ou la conduite d'une étude. Pour poursuivre avec l'exemple de la pièce de monnaie, imaginez que vous lanciez la pièce et que vous notiez les résultats obtenus. Toutefois, vous notez les résultats uniquement lorsque la pièce tombe sur le côtéface et ne les notez jamais lorsqu'elle tombe du côtépile. Après un certain temps, vous pourriez remarquer que selon les résultats consignés, vous avez obtenu 100 fois de suite le côté face, mais aucune fois le côté pile. Si vous en concluiez que la pièce est «truquée», vous tireriez alors une conclusion erronée car vos observations étaient biaisées. Les études scientifiques doivent respecter une méthodologie rigoureuse et être menées et analysées avec soin pour s'assurer qu'elles ne comportent aucun biais pouvant mener à des conclusions erronées.

Les facteurs confusionnels surviennent lorsque, en plus de l'exposition spécifique et des effets qui sont étudiés, un autre facteur lié à la fois à l'exposition et aux effets est présent. Par exemple, vous pourriez observer qu'après avoir consommé des guimauves grillées, des bosses accompagnées de démangeaisons apparaissent sur votre peau. Ces bosses peuvent persister pendant quelques jours puis disparaître, mais elles réapparaissent lorsque vous mangez de nouveau des guimauves grillées. On pourrait alors conclure que la consommation de guimauves grillées est la cause de ces bosses sur votre peau. Toutefois, vous grillez probablement vos guimauves à l'extérieur, par beau temps, tandis que des moustiques sont présents. Pendant que vous grillez vos guimauves, vous vous faites piquer par des moustiques, ce qui est la cause réelle des vos démangeaisons cutanées. Dans cet exemple, les moustiques seraient un facteur confusionnel.

Dans quelles circonstances l'agent Orange ou ses composants sont-ils susceptibles d'entraîner des effets sur la santé?

 

Pour qu'un effet sur la santé soit potentiellement causé par un produit chimique, plusieurs choses doivent se produire.

Il doit d'abord y avoir eu exposition au produit. Le terme «exposition» signifie que le produit chimique a pénétré dans l'organisme, habituellement par inhalation, par ingestion ou par contact avec la peau. Par exemple, une personne passant à proximité d'un gros baril étanche rempli d'agent Orange ne subirait aucune exposition, et le risque d'effets possibles sur la santé serait donc nul.

En outre, le sujet doit être exposé à une dose suffisante (quantité). Le concept de dose-réponse est un principe central en matière de toxicologie: à des degrés accrus d'exposition à une substance nocive, les effets sur la santé se font plus fréquents et/ou plus graves. Prenons par exemple l'usage d'analgésiques comme la morphine. Si la dose prescrite est consommée, la douleur sera soulagée avec très peu d'effets secondaires. Toutefois, si une dose trop élevée de morphine est consommée, cela peut entraîner des difficultés respiratoires ou le décès. La seule différence entre ces deux scénarios est la dose: c'est la dose qui fait le poison. Il est important de se rappeler que nous sommes tous exposés chaque jour à de petites quantités de TCDD, principalement par les aliments que nous consommons (voir « L'agent Orange est-il l'unique source de TCDD? » et « Peut-on mesurer la concentration de TCDD dans notre organisme? »). À l'heure actuelle, les connaissances scientifiques ne permettent pas de déterminer un degré spécifique d'exposition à la TCDD à laquelle un effet sur la santé se produira . L'étude scientifique de la TCDD permet uniquement de déterminer le niveau de risque d'effets sur la santé associé à une exposition donnée à la TCDD. Les risques de l'exposition à la TCDD pour la santé dépendront de la dose reçue. À des doses très faibles, le risque d'effets sur la santé est très peu élevé et est indétectable, mais il augmente à mesure que la dose de TCDD augmente. Pour plus d'information sur l'exposition «de fond» à la TCDD et le degré d'exposition associé à des risques accrus d'effets sur la santé, veuillez consulter les sections « L'agent Orange est-il l'unique source de TCDD? », « Peut-on mesurer la concentration de TCDD dans notre organisme? » et « Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition élevée à la TCDD? ».

De plus, le problème de santé en question doit être associé à l'exposition au produit chimique. Par exemple, nous savons qu'une exposition excessive au soleil est associée à un risque accru de cancer de la peau. Si une personne qui a été très exposée souffre d'emphysème (une maladie pulmonaire), nous n'attribuerons pas ce problème pulmonaire à son exposition au soleil, et ce, pour la simple raison qu'il n'y a pas d'association entre l'exposition au soleil et les troubles pulmonaires. L'IOM a recueilli des preuves d'une association entre l'agent Orange et plusieurs maladies (voir « Quels sont les effets associés à l'agent Orange sur la santé? »). L'IOM a également relevé que plusieurs études scientifiques n'ont démontré aucune association entre l'agent Orange et certains autres problèmes de santé, comme le cancer du cerveau ou le cancer gastro-intestinal. Autrement dit, si une personne qui a été exposée à l'agent Orange développe un cancer du cerveau, les données scientifiques actuelles indiquent qu'il serait peu probable que la maladie ait été causée par l'agent Orange.

En conclusion, pour que l'on puisse considérer qu'un problème de santé est associé à une substance: 1) il doit y avoir eu exposition à cette substance, c'est-à-dire que la substance doit avoir pénétré dans l'organisme d'une quelconque façon; 2) le sujet doit avoir été exposé à une dose ou à une quantité suffisante pour accroître de façon significative le risque d'effet nocif (voir « Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition élevée à la TCDD? »); 3) le problème de santé en question doit être associé scientifiquement à l'exposition à la substance. À moins que ces trois critères ne soient respectés, il n'y a aucune raison sur le plan médical ou scientifique de soupçonner qu'un problème de santé est attribuable à la substance en question.

Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition élevée à la TCDD?

L'on croit que les effets nocifs associés à l'agent Orange sur la santé sont attribuables à la TCDD, les données scientifiques actuelles indiquant que cette substance est cancérogène. En d'autres mots, on croit qu'une exposition suffisante à la TCDD, dans certaines conditions, mène à un risque accru d'être atteint de certains types de cancer. Les données chez l'humain attestant que la TCDD est cancérogène sont en bonne partie fondées sur des études menées auprès de groupes de travailleurs industriels et agricoles hautement exposés (Pohl et coll., 2002).

Par exemple, un des groupes les plus importants et les plus hautement exposés était formé de 5132 travailleurs industriels de 12usines américaines fabriquant des produits chimiques contaminés par la TCDD (Steenland et coll., 1999). Seuls les travailleurs qui avaient subi l'exposition cumulative la plus élevée à la TCDD couraient un risque accru de mourir du cancer (tous types confondus) comparativement à l'ensemble de la population américaine. Dans cette étude, le degré d'exposition cumulative dépendait du niveau de contamination des produits chimiques manufacturés par la TCDD. Par exemple, pour atteindre le degré d'exposition des travailleurs du groupe ayant subi l'exposition la plus élevée, et pour lesquels le risque accru de cancer a été observé, les travailleurs devraient être exposés à un produit contenant 10ppm de TCDD chaque jour de travail, pendant tout leur quart, et ce pendant environ 8ans. À une contamination plus élevée de 50ppm de TCDD, les travailleurs devraient être exposés chaque jour de travail, pendant tout leur quart, pendant un an et demi pour atteindre le même degré d'exposition. Les chercheurs soulignent que le risque accru de cancer était limité aux travailleurs les plus exposés, lesquels ont probablement subi des expositions de 100 à 1000fois supérieures à celles subies par la population en général (Steenland et coll., 1999).

L'ampleur de cette hausse du risque de décéder du cancer (tous types confondus) était de l'ordre de 1,6 (Steenland et coll., 1999). Cela signifie que comparativement à l'ensemble de la population, ces travailleurs hautement exposés couraient 1,6 fois plus de risques de mourir du cancer («ratio standardisé de mortalité» est le terme scientifique utilisé pour désigner cette forme de comparaison). Les résultats de cette étude concordaient avec ceux d'autres recherches sur les risques de cancer associés à la TCDD. Selon un article scientifique récent: «[traduction] Un certain nombre d'études de cohorte rétrospectives à grande échelle sur la mortalité ont relevé des hausses significatives des décès associés au cancer (tous types confondus). Ces hausses étaient en général constatées chez les travailleurs exposés aux concentrations de dioxine (TCDD) les plus élevées et chez les travailleurs dont les périodes de suivi étaient les plus longues. Dans l'ensemble, les ratios standardisés de mortalité étaient peu élevés (moins de 1,5). Toutefois, la très grande constance entre les différentes études suggère que les hausses de la mortalité n'étaient pas attribuables au hasard » (Pohl et coll., 2002).

Dans le cas des maladies autres que le cancer, un article scientifique récent indique que les données tirées d'études auprès d'humains ne sont pas assez fortes (par exemple, les résultats ne sont pas constants ou la méthodologie des études n'est pas adéquate) pour que l'on puisse estimer le risque spécifique associé à l'exposition à la TCDD. Une analyse plus détaillée est présentée dans cet article, qui conclut que bien que plus d'une dizaine d'effets négatifs différents aient été signalés dans diverses études auprès d'humains au cours des 25dernières années, il semble que l'effet négatif cliniquement important de l'exposition humaine le plus constant soit la chloracné (Greene et coll., 2003). La chloracné est une affection cutanée. Habituellement, on ne l'observe que lorsque la teneur en TCDD dans le sang est plusieurs milliers de fois supérieure à la teneur habituelle pour l'ensemble de la population (Greene et coll., 2003; Hays et coll., 2003).

En général, les anciens combattants du Vietnam ont-ils subi les effets nocifs de l'agent Orange?

Les anciens combattants qui ont pris part à la manipulation et à la pulvérisation des herbicides pendant la guerre du Vietnam ont été exposés à un certain nombre de préparations herbicides différentes (voir « Qu'est-ce que l'agent Orange? »). Par conséquent, les études sur la santé menées auprès de ces anciens combattants portent sur les effets potentiels à long terme de l'exposition aux herbicides en général. Les combattants ont été principalement exposés à l'agent Orange, mais ils ont aussi été exposés à d'autres préparations, l'agent Pourpre par exemple.

Comparativement à des travailleurs industriels hautement exposés, les anciens combattants du Vietnam ont en général été exposés à de faibles concentrations de TCDD. On estime que même les membres de l'U.S. Air Force ayant directement pris part à la pulvérisation (combattants de l'opération «Ranch Hand») ont été exposés à une dose maximale ne se situant environ qu'au dixième de la dose maximale estimée à laquelle ont été exposés les travailleurs industriels (Akhtar et coll., 2004). L'étude la plus récente sur les décès parmi les anciens combattants de l'armée américaine a dans l'ensemble conclu qu'il n'y avait pas de différence entre les combattants du Vietnam et les autres combattants pour ce qui est du taux de décès attribuable à des problèmes de santé chroniques, comme le cancer ou les cardiopathies (Boehmer, 2004).

Les combattants du Vietnam, à moins qu'ils n'aient pris directement part à la manipulation et à la pulvérisation d'agent Orange, auraient été très légèrement exposés (Young et coll., 2004a; Young et coll., 2004c). Une étude sur le taux sérique de TCDD menée auprès d'anciens combattants de l'armée américaine qui ont servi au Vietnam dans les troupes terrestres conclut que la plupart des membres des troupes de combat au sol de l'armée américaine qui n'ont pas manipulé ou pulvérisé d'herbicides n'ont pas été hautement exposés à la TCDD au Vietnam (CDC, 1988). En fait, c'est parmi le personnel du corps de défense chimique et le personnel de la force aérienne de l'opération «Ranch Hand» que l'on trouverait le degré d'exposition à l'agent Orange le plus élevé au Vietnam.

Les anciens combattants du corps de défense chimique ont-ils subi les effets nocifs de l'agent Orange?

Les anciens combattants du corps de défense chimique ont pris part à l'entreposage, à la préparation et à l'épandage d'une multitude d'herbicides au Vietnam. Dans une étude récente, on n'a pas relevé de différence significative entre les anciens combattants du corps de défense chimique et les autres combattants pour ce qui est du taux de mortalité, et ce, pour toutes les causes (y compris les affections circulatoires ou le cancer). On a constaté que les anciens combattants du Vietnam membres de ce corps couraient un risque plus élevé que les autres anciens combattants de décéder d'une maladie du système digestif, principalement d'une cirrhose du foie. Les auteurs mentionnent toutefois qu'ils n'ont pas tenu compte dans leur méthodologie des facteurs liés au mode de vie pouvant aussi causer une cirrhose du foie, comme la consommation d'alcool, et précisent qu'il est possible qu'une consommation d'alcool plus élevée parmi les anciens combattants du corps de défense chimique au Vietnam que parmi leurs homologues n'ayant pas servi au Vietnam soit à l'origine du nombre plus élevé de décès par cirrhose du foie (Dalager et coll., 1997). Les anciens combattants du Vietnam ne couraient pas un risque plus élevé de décéder d'une maladie du système digestif, y compris d'une cirrhose du foie, que l'ensemble de la population américaine (Dalager et coll., 1997).

Les anciens combattants de la force aérienne au Vietnam ayant participé à l'opération «Ranch Hand» ont-ils subi les effets nocifs de l'agent Orange?

La pulvérisation aérienne d'herbicides au Vietnam était effectuée dans le cadre d'une opération baptisée «Ranch Hand», entre 1962 et 1971. Les anciens combattants de l'U.S.AirForce qui ont pris part à cette opération ont manipulé et pulvérisé des herbicides, et sont les combattants du Vietnam ayant subi l'exposition la plus élevée à l'agent Orange. Ces combattants ont fait l'objet d'études très attentives dans le cadre de l'Air Force Health Study, qui visait à déterminer si la santé des anciens combattants qui ont manipulé et pulvérisé des herbicides au Vietnam a été affectée par cette exposition. L'Air Force Health Study a été mise en ouvre en 1980, et le dernier rapport en découlant, que l'on dit être le rapport final, a été publié en juillet 2005 (voir http://www.brooks.af.mil/AFRL/HED/hedb/default.html , cliquer sur «Reports» dans la marge de gauche, puis choisir «2002 Follow-up Examination Results: May 2002 to March 2005» pour accéder au rapport complet).

L'Air Force Health Study a porté sur plus de 300 problèmes de santé dont ont souffert ces anciens combattants, répartis sommairement en 12catégories. Les principales conclusions pour chacune des catégories sont présentées dans le sommaire du rapport de 2005 et sont résumées ci-dessous.

État de santé général : Aucun lien n'a été établi entre les mesures de l'état de santé général et l'exposition aux herbicides. La seule exception étant que de l'indice de masse corporelle (une mesure brute de la graisse corporelle) était plus élevé à mesure que la teneur du sang en TCDD augmentait. On mentionne dans l'étude que cela reflète peut-être la pharmacocinétique de l'élimination de la dioxine (TCDD) (un taux de graisse corporelle élevé ralentit l'élimination de la TCDD dans l'organisme; à mesure que la graisse corporelle augmente, la teneur du sang en TCDD augmente, mais la TCDD n'est pas la cause d'un taux élevé de graisse corporelle).

Cancer : Des profils d'associations mixtes ont été relevés, sans tendances constantes ou significatives suggérant que l'exposition aux herbicides a causé le cancer. Le rapport indique que ces tendances ne suggéraient pas de relation négative entre le cancer et l'exposition aux herbicides. [Les gradés et les hommes de troupes de la force terrestre, soit le sous-groupe qui avait subi l'exposition la plus élevée à la TCDD, couraient un risque moins élevé de cancer, mais cette différence n'était pas statistiquement significative (en d'autres mots, on ne pouvait pas exclure le hasard comme cause possible de cette baisse du risque)].

Neurologie : Parmi les nombreux tests neurologiques qui ont été effectués, seules des différences dans la sensation de piqûre et les réflexes ont été observées chez les combattants ayant subi l'exposition à la TCDD la plus élevée, ce qui appuie jusqu'à un certain point l'existence d'une relation entre l'exposition à la dioxine (TCDD) et la fonction des nerfs périphériques.

Psychologie : Aucune association n'a été établie entre les mesures de la santé psychologique et l'exposition aux herbicides ou à la TCDD.

Appareil gastro-intestinal : Parmi les nombreux tests effectués, on n'a relevé aucune association entre les résultats obtenus pour les tests touchant l'appareil gastro-intestinal et l'exposition aux herbicides ou à la TCDD. La seule exception est une relation entre la TCDD et une teneur plus élevée en triglycérides, un type de gras présent dans le sang. Quoique mesurable, on ne considère pas que cette relation ait une quelconque importance pour ce qui est de la santé.

Peau : Aucun signe de chloracné (une maladie associée à l'exposition à la TCDD) n'a été relevé parmi les anciens combattants ayant participé à l'opération «Ranch Hand».

Appareil cardiovasculaire : Un ensemble de problèmes de santé ont été étudiés, comme les crises cardiaques, les cardiopathies, les affections vasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et l'hypertension. Le rapport de 2005 a conclu qu'en général, la santé cardiovasculaire ne semble pas être associée négativement à l'exposition aux herbicides ou à la dioxine (TCDD).

Appareil circulatoire : Plusieurs facteurs ont été mesurés dans le sang des anciens combattants de l'opération «Ranch Hand». Dans l'ensemble, on n'a relevé aucun signe de relation négative entre l'exposition aux herbicides ou à la dioxine (TCDD) et un quelconque diagnostic d'hémopathie (maladie du sang).

Reins : Il n'y a aucun signe de relation négative entre la fonction rénale et l'exposition aux herbicides ou à la dioxine (TCDD).

Hormones (système endocrinien) : On a relevé un risque légèrement accru de diabète de type2 (diabète de l'adulte) chez les anciens combattants de l'opération «Ranch Hand» ayant subi l'exposition la plus élevée. Aucun lien pertinent du point de vue de la santé n'a toutefois été relevé pour ce qui des hormones thyroïdiennes ou sexuelles.

Système immunitaire : On n'a pas relevé d'association pertinente ayant une importance pour la santé entre les mesures de la fonction immunitaire et l'exposition aux herbicides ou à la TCDD.

Poumons : On n'a pas relevé d'association entre la santé des poumons et l'exposition aux herbicides ou à la TCDD.

Le rapport de 2005 découlant de l'Air Force Health Study conclut que dans l'ensemble, seul le diabète de type2 était associé à l'exposition à la TCDD chez les anciens combattants qui ont subi l'exposition la plus élevée aux herbicides. Les anciens combattants de l'opération «Ranch Hand» n'étaient pas plus susceptibles de se voir diagnostiquer un diabète de type 2 que les anciens combattants du groupe témoin n'ayant pas subi une exposition importante aux herbicides, mais leur risque de diabète de type 2 augmentait avec la teneur du sang en TCDD. L'étude a confirmé l'existence d'associations entre le diabète et d'autres facteurs de risque connus; le diabète était plus répandu parmi les anciens combattants les plus âgés, qui étaient obèses, qui fumaient et qui avaient des antécédents familiaux de diabète. Selon le rapport de 2005, les études épidémiologiques suggèrent que toute hausse du risque de diabète de type2 attribuable à une exposition aux herbicides ou à la dioxine (TCDD) est faible lorsqu'on la compare à la hausse attribuable aux facteurs prédisposants connus du diabète, soit les antécédents familiaux, l'obésité et l'inactivité physique. L'IOM a aussi découvert des données limitées ou suggestives attestant d'un lien entre le diabète de l'adulte (type2) et les herbicides utilisés au Vietnam, dont l'agent Orange, mais a conclu que d'autres facteurs de risque habituels pour le diabète surpassaient de loin les risques liés à l'agent Orange.

L'étude la plus récente sur les causes de décès parmi les anciens combattants de l'opération «Ranch Hand» au Vietnam a été publiée en mai 2005. Comparativement aux anciens combattants du Vietnam n'ayant pas pulvérisé d'herbicides, les combattants de l'opération «Ranch Hand» ne couraient pas un risque accru de décéder du cancer. Lorsque tous les anciens combattants de cette opération ont été examinés, le risque de décès était légèrement accru et ce pour toutes les causes, y compris les affections circulatoires, mais cette hausse n'était pas statistiquement significative (en d'autres mots, on ne pouvait exclure qu'elle soit attribuable au hasard). Lorsque seuls les gradés et les hommes de troupes de la force terrestre étaient examinés, ils couraient un risque légèrement accru de décéder d'affections circulatoires comparativement aux anciens combattants du groupe témoin. Toutefois, lorsque les anciens combattants pour lesquels des mesures du taux sérique de TCDD étaient disponibles ont été examinés, les risques de décès n'étaient pas significativement accrus et ce pour toutes les causes, y compris le cancer ou les affections circulatoires. En d'autres mots, les anciens combattants dont l'exposition à la TCDD était mesurable n'étaient pas plus à risque de décéder, et ce pour toutes les causes, que les anciens combattants du Vietnam n'ayant pas subi une exposition élevée aux herbicides (Ketchum et coll., 2005).

De plus amples renseignements sont offerts sur le site Web de l'Air Force Health Study ( http://www.brooks.af.mil/AFRL/HED/hedb/default.html - cliquer sur «Articles» dans la marge de gauche pour obtenir un résumé de toutes les études scientifiques publiées au sujet des anciens combattants de l'opération «Ranch Hand»).

Pourquoi des pensions d'invalidité ont-elles été versées aux États-Unis et au Canada pour des maladies associées à l'agent Orange?

À la suite de décisions politiques et stratégiques, la Veterans Administration aux États-Unis a automatiquement présumé que les anciens combattants ayant servi au Vietnam ont été exposés à l'agent Orange (http://va.gov/pressrel/aoiss400.htm). La loi l'oblige également à présumer que, lorsqu'un ancien combattant est atteint d'une des maladies associées à l'agent Orange, cette maladie est liée au service militaire (article 2 de la US Agent Orange Act de 1991, Public Law No. 102-4). L'IOM mentionne qu'elle n'a pas établi que l'agent Orange est la cause d'une quelconque maladie, que les associations qu'elle a relevées étaient largement fondées sur des études menées auprès de travailleurs des industries chimique et agricole hautement exposés et que ses conclusions n'ont pas pour but de suggérer des décisions stratégiques.

Anciens combattants Canada accorde des pensions pour des incapacités liées au service militaire, et le processus qu'il utilise est conçu pour donner aux demandeurs toutes les chances de démontrer que leur incapacité est liée au service militaire. Anciens combattants Canada exige des preuves d'exposition et un diagnostic médical de la maladie (ou de la blessure) que le demandeur croit être liée à l'exposition. Les personnes qui accordent les pensions tiennent compte des toutes dernières données scientifiques disponibles pour établir une association entre la maladie et l'exposition à l'agent Orange pendant le service. Elles disposent de la latitude nécessaire pour analyser l'information présentée dans les cas individuels, et en l'absence de données crédibles indiquant le contraire, tout doute survenant dans l'analyse des données au sujet d'une maladie liée au service et associée à l'exposition est résolu à la faveur du demandeur. En fait, le Ministère est tenu, en vertu de la Loi sur les pensions , d'accorder «le bénéfice du doute» à l'ancien combattant.


Devenir dans l'environnement

Que devient l'agent Orange après sa pulvérisation?

Le devenir de l'agent Orange dans l'environnement a été décrit dans un article récent (Young et coll., 2004a). Pour que l'agent Orange soit aussi efficace que possible, une quantité maximale de gouttelettes devait atteindre la végétation le plus rapidement possible. Pour obtenir ce résultat, les avions devaient voler très près du couvert forestier par temps calme pour réduire au minimum la quantité de produit pulvérisée à l'extérieur de la zone visée. Il était également important que les gouttelettes pulvérisées se déposent rapidement. Le système de pulvérisation utilisé pendant la guerre du Vietnam était muni de lances à jet conçues pour produire des gouttelettes mesurant entre 320 et 350 m m (plus de 98% des gouttelettes produites mesuraient plus de 100 m m). En général, les gouttelettes de cette taille tombent rapidement. Les essais effectués sur la base aérienne d'Eglin, en Floride, ont révélé que 87% des herbicides pulvérisés atteignaient la végétation dans la minute qui suivait leur pulvérisation (les 13% restants prenaient plus de temps à cause de la présence de tourbillons (vortex) à l'extrémité des ailes des avions, de l'entraînement des gouttelettes par le vent ou de l'évaporation). Des études américaines ont démontré que même les gouttelettes de moins de 100 m m auraient atteint la végétation en moins de 3minutes (Young et coll., 2004a).

Pour que des gouttelettes soient entraînées à l'extérieur de la zone visée, les herbicides doivent rester dans l'air pendant une période prolongée, période pendant laquelle ils sont rapidement décomposés par les rayons du soleil. Des photographies aériennes de zones pulvérisées d'herbicides au Vietnam montrent des lignes très nettes et distinctes entre les arbres traités (morts) et les arbres non traités (en santé). S'il y avait eu un entraînement important des gouttelettes par le vent de quelque côté que ce soit du couloir de pulvérisation, des traces de dommages, par exemple des traînées de feuilles décolorées, auraient été visibles (Young et coll., 2004a).

Les études ont démontré qu'une petite quantité d'agent Orange pulvérisé a atteint le sol forestier sous forme de gouttelettes liquides. Dans des forêts denses relativement peu perturbées, le couvert forestier interceptait entre 87 et97% des herbicides pulvérisés. La végétation sous le couvert forestier absorbait elle aussi une certaine quantité: le sous-bois et le sol forestier recevaient 1 à 6% de la pulvérisation aérienne totale. La portion de l'agent Orange qui atteint les surfaces végétales est absorbée dans la cuticule (membrane de cutine) des plantes en quelques minutes seulement et ne peut donc être physiquement délogée (Young et coll., 2004a). L'agent Orange qui reste sur les surfaces végétales est décomposé par les rayons du soleil en quelques heures (Crosby et coll., 1977). On estime qu'une très petite quantité d'agent Orange peut être délogée des surfaces végétales 24heures après la pulvérisation (Young et coll., 2004a) . Il est probable que, en raison de la dégradation de la TCDD à la surface des feuilles par le soleil, peu de matière ne persisterait avant que les feuilles ne tombent sur le sol.

Que devient l'agent Orange après qu'il a atteint le sol?

Le principal contaminant de l'agent Orange qui suscite des préoccupations est la TCDD. La TCDD n'est pas particulièrement soluble dans l'eau et se lie fermement aux particules du sol. Les estimations quant à la demi-vie de la TCDD (le temps nécessaire pour que la concentration de TCDD soit réduite de moitié) sur la surface du sol vont de 9 à 15 ans, tandis que la demi-vie dans les couches inférieures du sol vont de 25 à 100 ans (ATSDR, 1998). Il est peut probable que la TCDD s'écoule vers les eaux souterraines compte tenu qu'elle se fixe solidement aux particules du sol. Toutefois, la TCDD peut pénétrer dans l'eau de surface par l'érosion du sol et le ruissellement. Bien qu'une certaine partie de la TCDD qui se rend jusqu'aux eaux de surface sera décomposée par le soleil ou s'évaporera, la plus grosse partie se fixera solidement aux petites particules de sol ou de matière organique et finira par se poser au fond. La TCDD fixée à la matière organique peut entrer dans la chaîne alimentaire aquatique. De petits organismes aquatiques absorbent la TCDD fixée aux sédiments et à la matière organique des plans d'eau. Les gros poissons consomment ensuite ces petits organismes et accumulent la TCDD dans leurs tissus adipeux. La consommation de poissons contaminés par l'humain est donc une voie d'exposition potentielle (ATSDR, 1998).

L'assimilation par les racines et la translocation vers les parties supérieures de la plante sont vraiment minimes. L'ATSDR décrit une étude de laboratoire où des plantes ont été cultivées dans des sols hautement contaminés par la TCDD: «[traduction] les quantités de 2,3,7,8-TCDD appliquées sur ces sols étaient plusieurs milliers de fois supérieures à celles que l'on trouverait dans des sols où l'on a appliqué des herbicides contenant quelques ppm de 2,3,7,8-TCDD à titre d'impureté. Même après une exposition à ces concentrations élevées dans le sol, on n'a pas pu mesurer des quantités importantes de 2,3,7,8-TCDD dans les plantes .» (ATSDR, 1998) La grande majorité de la TCDD décelée dans les plantes était attribuable à l'absorption de TCDD transportée par voie aérienne et fixée à la surface de la plante. Cela a été démontré dans des études sur des fruits et des légumes dont les concentrations de TCDD étaient jusqu'à dix fois plus élevées dans la pelure que dans la pulpe (ATSDR, 1998).

Des essais sur les herbicides ont été réalisés entre 1962 et 1970 sur la base aérienne d'Eglin, en Floride. Dans le cadre de ces essais, près de 75000kg de 2,4-D et de 76000kg de 2,4,5-T (les ingrédients de l'agent Orange) ont été pulvérisés par avion sur une zone de moins de trois kilomètres carrés. On estime que 3,1kg de contaminants à base de TCDD ont été épandus sur cette zone. En raison de l'étendue des essais, chaque hectare des parcelles d'essai d'Eglin a reçu au moins 1300fois plus de TCDD qu'un hectare pulvérisé d'agent Orange au Vietnam. La grande partie de la végétation sur le site d'essai a été enlevée, ce qui a permis d'étudier les résidus dans le sol qui n'auraient pas été affectés par l'interception, par le couvert forestier, des herbicides pulvérisés (Young et coll., 2004b).

Des teneurs en TCDD, petites mais détectables (dans les parties par billion), ont été observées dans des échantillons de sol 20ans après le dernier épandage d'herbicides. Toutefois, il a été estimé que la vaste majorité de la TCDD qui a atteint le sol s'était décomposée sous les rayons du soleil dans les 24heures suivant la pulvérisation et qu'elle n'avait pas persisté dans l'environnement. En ce qui concerne les petites quantités de TCDD détectées, la majorité était confinée dans la couche supérieure de 15cm du sol, ce qui indique que la TCDD s'est peu déplacée vers les couches plus profondes. Durant les années qui ont suivi les essais sur les herbicides, la croissance de la végétation est graduellement revenue à la normale; les herbicides n'avaient donc pas d'effet persistant. Une étude sur les espèces animales qui vivaient à proximité immédiate du sol n'a révélé aucun effet important sur la santé (Young et coll., 2004b).

En résumé, de très grandes quantités d'herbicides ont été pulvérisées sur le site d'essai de la base aérienne d'Eglin, soit des quantités beaucoup plus grandes que celles épandues dans le cadre de pulvérisations aériennes normales, et beaucoup plus grandes que celles utilisées lors des essais sur les herbicides effectués à la BFC Gagetown du 14 au 16juin 1966 et du 21 au 24juin 1967 (voir « Quelles quantités d'agent Orange ont été pulvérisées à la BFC Gagetown ?»). Les herbicides étaient pulvérisés sur des zones où la végétation avait été enlevée, ce qui maximisait la quantité qui atteignait le sol. On n'a observé aucun effet nocif à long terme sur la faune et la flore. Même si la TCDD pouvait être détectée dans le sol des années après les essais, les quantités présentes étaient extrêmement faibles et ne semblaient pas avoir eu un effet négatif important sur l'environnement (Young et coll., 2004b).

L'agent Orange est-il l'unique source de TCDD ?

L'agent Orange n'est pas une source importante de TCDD dans l'environnement. La TCDD rejetée dans l'environnement provient principalement des sources de combustion telles que l'incinération des déchets municipaux et médicaux, la combustion des déchets domestiques (comme les plastiques) dans la cour, les fours à ciment, les feux de forêts et de broussailles, et les combustibles utilisés en agriculture et pour le chauffage domestique. La TCDD peut se former pendant les opérations métallurgiques, par exemple la fusion de l'aluminium, la production de l'acier et la récupération de la ferraille. La TCDD peut aussi être un sous-produit de la fabrication de pâtes de bois blanchies au chlore et de produits chimiques chlorés (ATSDR, 1998; Hays et coll., 2003; Sullivan et coll., 2001; Travis et coll., 1991).

À cause de la production et du rejet passés et actuels de TCDD, cette dernière est présente en très petites quantités partout dans notre environnement. Nous sommes tous exposés à de petites quantités de TCDD tous les jours, principalement par le biais des aliments (Birmingham et coll., 1989; Gilman et coll., 1991; Travis et coll., 1991; Huwe, 2002). La fumée du tabac est aussi une source d'exposition importante (Muto et coll., 1989). On estime que l'adulte canadien ou américain moyen absorbe environ entre 40 et 150picogrammes de TCDD chaque jour (ATSDR, 1998; Santé Canada, 1994; Gilman et coll., 1991). Un gramme représente une quantité relativement petite: une cuillérée à thé d'eau pèse environ 5 grammes et il y a 450 grammes dans une livre. Un picogramme est un billionième de gramme. Pour présenter les choses autrement, un picogramme représente une partie d'un gramme que l'on aurait divisé en un billion de parties (voir « À quelle quantité une partie par billion (ppb) correspond-elle? »). Par conséquent, 40 à 150 picogrammes de TCDD est une très petite quantité, mais cela équivaut à environ 100milliards de molécules de TCDD (voir « Calcul »). L'adulte moyen est exposé chaque jour à environ 100milliards de molécules de TCDD.

Dans une étude auprès de travailleurs industriels chez qui un risque élevé de cancer a été observé (voir « Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition élevée à la TCDD? »), les auteurs soulignent que la hausse des cas de cancer se limitait aux travailleurs ayant subi l'exposition la plus élevée, celle-ci ayant probablement été de 100 à 1000 fois supérieure à celle subie par la population en général (Steenland et coll., 1999).

Récemment, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi une dose journalière tolérable de dioxine équivalente à 1 à 4 picogrammes de TCDD par kilogramme de poids corporel par jour ( http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs225/fr/print.html ), ce qui est similaire à d'autres évaluations sanitaires internationales (Pohl et coll., 2002). La dose journalière tolérable établie par SantéCanada fait actuellement l'objet d'un examen, mais sera probablement équivalente à la valeur établie par l'OMS. Selon l'évaluation des autorités sanitaires, la dose journalière tolérable correspond à la quantité de TCDD à laquelle une personne peut être exposée chaque jour de sa vie sans subir d'effet nocif. La dose journalière tolérable est exprimée d'une manière qui tient compte des différences de poids corporel entre différentes personnes. Par exemple, la dose journalière tolérable de TCDD pour un adulte pesant 70 kilogramme est de 280 picogrammes (4picogrammes de TCDD par kilogramme, multiplié par 70 kilogrammes) par jour. Pour un adulte de 80 kilogramme, la dose journalière tolérable serait de 320picogrammes (4picogrammes de TCDD par kilogramme, multiplié par by 80 kilogrammes) par jour.

Peut-on mesurer la concentration de TCDD dans notre organisme ?

Étant donné que nous sommes continuellement exposés dans une faible mesure à la TCDD, nous avons tous dans notre organisme une concentration mesurable de cette substance, que l'on désigne sous le nom de concentration «de fond» de TCDD. On estime qu'en Amérique du Nord, la charge corporelle moyenne de TCDD (la quantité de TCDD présente dans notre organisme) est de 3 à 7parties par billion (ppb); elle est mesurée soit dans les tissus adipeux, soit dans les lipides sanguins (Hays et coll., 2003; Travis et coll., 1991; ATSDR, 1998).

En comparaison, la concentration sérique moyenne de TCDD chez un échantillon d' anciens combattants de l'opération «Ranch Hand» (qui avaient manipulé et pulvérisé des herbicides au Vietnam) était de 49ppb en 1987, soit de nombreuses années après l'exposition. Étant donné que la moitié de la TCDD dans notre organisme est éliminée naturellement tous les 7 à 12ans (demi-vie de la TCDD), on a estimé qu'entre 2 et 4 demi-vies s'étaient écoulées depuis leur exposition, et que leurs concentrations sériques de TCDD au moment de l'exposition étaient probablement de l'ordre de plusieurs centaines de parties par billion (MMWR, 1988). Les charges corporelles de TCDD enregistrées chez d'autres anciens combattants du Vietnam qui n'avaient pas directement pulvérisé ou manipulé des herbicides au Vietnam ne différaient pas des concentrations naturelles normales, soit de 2 à 4ppb (Young et coll., 2005). Une étude des concentrations sériques de TCDD chez les militaires de l'armée américaine qui ont combattu au Vietnam au sein des troupes terrestres a abouti à la conclusion quela plupart des troupes de combat terrestre de l'armée américaine qui n'ont pas manipulé ou pulvérisé d'herbicides n'ont pas été fortement exposées à la TCDD au Vietnam (CDC, 1988).

On estime que la dose maximale de TCDD à laquelle les anciens combattants de l'opération «Ranch Hand» ont été exposés n'était que d'environ le dixième de la dose maximale anticipée des travailleurs industriels (Akhtar et coll., 2004). Dans une étude auprès de travailleurs industriels hautement exposés (pour lesquels des preuves d'associations entre la TCDD et le cancer ont été observées), le taux sérique moyen estimé de TCDD à la fin de l'exposition était de 1589 ppb, avec une valeur maximale de 210054ppb (Steenland et coll., 2001). Les personnes dont le taux sérique de TCDD est supérieur à 12000ppb développent un problème cutané appelé chloracné (Greene et coll., 2003).

Nous sommes tous exposés à la TCDD, dont on peut mesurer la concentration dans l'organisme. Le risque d'un effet associé à la TCDD sur la santé dépend entièrement du degré d'exposition, ou de la dose (voir « Dans quelles circonstances l'agent Orange ou ses composants sont­-ils susceptibles d'entraîner des effets sur la santé? »).


Effets sur la santé de la pulvérisation effectuée à Gagetown

Quelles quantités d'agent Orange ont été pulvérisées à la BFC Gagetown?

L'agent Orange faisait partie d'un certain nombre de mélanges d'herbicides sur lesquels on a effectué des essais à la BFC Gagetown du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin en 1967. Plusieurs de ces mélanges, dont l'agent Orange, contenaient l'herbicide 2,4,5-T, qui était potentiellement contaminé par quelques parties par million de TCDD (voir « Quelles quantités de TCDD l'agent Orange et l'agent Pourpre contenaient-ils? »). Dans le cadre des essais , des hélicoptères ont pulvérisé les herbicides sur une zone isolée et non utilisée, éloignée de tout secteur résidentiel et de tout secteur d'activité, et ce, dans des conditions rigoureusement contrôlées, sans vent ou presque. La zone qui a fait l'objet des pulvérisations de divers herbicides contenant du 2,4,5-T (agent Orange, agent Pourpre et autres) mesurait 126,5acres en 1966 et 12,0acres en1967, ce qui totalise 138,5acres, soit environ 0,6kilomètre carré. La quantité totale de tous les herbicides renfermant du 2,4,5-T pulvérisés durant les essais de 1966 et de 1967 était de 883kg, dont 338kg était de l'agent Orange et 267kg, de l'agent Pourpre (AD 843989 Technical Memo 141, 1968; AD 842825 Technical Memo 145, 1968). En moyenne, 1,6 gramme d'herbicides contenant du 2,4,5-T a été pulvérisé par mètre carré.

Quel risque pour leur santé courent les membres des FC exposés à l'agent Orange et à l'agent Pourpre à la BFC Gagetown?

Les personnes qui ont été exposées à la plus grande quantité d'herbicides au cours des essais menés du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 1967 sont probablement celles qui ont directement manipulé les herbicides ou qui ont été en contact avec des nuages de pulvérisation d'herbicides. Lorsqu'on étudie les risques pour la santé auxquels ces personnes ont été exposées , il importe de prendre en considération le concept de dose-réponse (voir « Dans quelles circonstances l'agent Orange ou ses composants sont­-ils susceptibles d'entraîner des effets sur la santé? » et « Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition élevée à la TCDD? »). La plupart des associations entre l'exposition à la TCDD et les effets sur la santé ont été observées chez des travailleurs industriels fortement exposés. Les anciens combattants du Vietnam les plus exposés aux herbicides (combattants de l'opération «Ranch Hand» ) ont subi une exposition globale à la TCDD inférieure à celle des travailleurs industriels fortement exposés. Les effets à long terme sur leur santé sont décrits plus haut (voir « Les anciens combattants de la force aérienne au Vietnam ayant participé à l'opération «Ranch Hand» ont-ils subi les effets nocifs de l'agent Orange? »). Le personnel exposé aux herbicides pendant les essais effectués à la BFC Gagetown du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin 1967 aurait en général subi une exposition inférieure à celle des anciens combattants de l'opération «Ranch Hand», qui ont en moyenne passé plus d'un an au Vietnam (Akhtar et coll., 2004).

En l'absence de détails précis quant à la façon dont les herbicides ont été manipulés pendant les essais effectués du 14 au 16juin 1966 et du 21 au 24juin 1967, aux activités subséquentes ayant pu entraîner une exposition et aux concentrations précises en TCDD des herbicides utilisés, il est impossible de se prononcer de façon définitive sur le degré d'exposition potentielle de certaines personnes concernées ou sur les risques pour leur santé. Compte tenu des quantités relativement faibles d'herbicides appliquées, de la durée relativement courte de l'exposition et des conclusions des études sur la santé menées auprès de groupes davantage exposés, les données scientifiques probantes examinées ci-dessus suggèrent que les risques pour la santé seraient en général inférieurs à ceux des anciens combattants du Vietnam hautement exposés et encore plus bas que ceux des travailleurs industriels et agricoles davantage exposés sur lesquels la plupart des associations relevées par l'Institute of Medicine sont fondées.

Pour ce qui des membres des FC qui se sont promenés dans la zone cible après la pulvérisation ou qui ont pratiqué des activités ailleurs dans la zone d'entraînement, les données résumées ci-dessus suggèrent que, en l'absence d'un incident inhabituel, il est peu probable qu'ils aient subi un degré d'exposition suffisant pour être nocif pour la santé humaine (Young et coll., 2004a; CDC, 1988) (voir « Que devient l'agent Orange après sa pulvérisation? » et « Que devient l'agent Orange après qu'il a atteint le sol? »).

La santé des membres des FC vivant dans des logements familiaux ou dans les collectivités à proximité de la BFC Gagetown a-t-elle été affectée par l'agent Orange?

La seule étude sur les effets sur la santé des personnes vivant près de la BFC Gagetown a été menée en 1981 par Santé et Bien-être social, et les données et l'information relative à la santé étudiées étaient limitées. Afin d'évaluer si l'utilisation d'agent Orange et d'autres herbicides a eu des effets détectables sur la santé des collectivités entourant la BFC Gagetown, on a choisi de mener une étude sur le comté de Sunbury (situé aux abords de la zone de la BFC Gagetown où les essais d'herbicides ont été effectués du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin 1967) . Le taux de mortalité pour toutes les causes, y compris les affections circulatoires et le cancer, était inférieur ou semblable au taux prévu (Wigle et coll., 1981). On a évalué les effets potentiels sur la santé génésique en examinant des bébés nés pendant la période où l'on a effectué les pulvérisations et pendant les mois qui ont suivi. L'étude a conclu que les herbicides mis à l'essai à la BFC Gagetown n'ont entraîné aucune hausse significative des issues défavorables de la grossesse parmi la population vivant près du camp de Gagetown (Wigle et coll., 1981). Les auteurs mentionnent aussi que, selon les conditions climatiques, la méthode d'épandage, les connaissances au sujet des produits chimiques utilisés et les résultats d'autres études, il est peu probable que les personnes vivant à l'extérieur des limites du camp de Gagetown aient subi une exposition importante à l'un ou l'autre des défoliants mis à l'essai (Wigle et coll., 1981). Le MDN évalue actuellement les autres études sur la santé qui pourraient devoir être menées.

Les données résumées ci-dessus et les connaissances actuelles au sujet des épandages suggèrent qu'il est peu probable que les herbicides pulvérisés à la BFC Gagetown du 14 au 16 juin 1966 et du 21 au 24 juin 1967 se soient répandus sur une distance importante à l'extérieur de la zone cible ou aient entraîné une contamination de l'environnement suffisante pour nuire à la santé humaine (voir « Que devient l'agent Orange après sa pulvérisation? » et « Que devient l'agent Orange après qu'il a atteint le sol? »).

Je connais des personnes dans les collectivités avoisinantes de la BFC Gagetown qui sont malades ou qui décèdent - cela n'est-il pas attribuable à l'agent Orange?

Une exposition suffisamment élevée à des herbicides contenant de la TCDD peut potentiellement accroître le risque de maladies associées à l'agent Orange (voir « Dans quelles circonstances l'agent Orange ou ses composants sont-ils susceptibles d'entraîner des effets sur la santé? » et « Quels sont les risques pour la santé associés à une exposition élevée à la TCDD? »).

Malheureusement, il est rare qu'une personne passe toute sa vie sans être affectée à un moment ou un autre par un quelconque problème de santé. Le site Web de l'Agence de santé publique du Canada offre une foule d'information sur le fardeau de la maladie au Canada ( http://www.phac-aspc.gc.ca ). Par exemple, à la moitié de l'année 2005, plus de 35000 Canadiens étaient décédés de maladies cardiovasculaires et plus de 30000 étaient décédés du cancer ( http://www.phac-aspc.gc.ca/ccdpc-cpcmc/index_f.html ). Selon Le diabète au Canada: deuxième édition (2002), on estime que 30000 Canadiens meurent chaque année du diabète et des complications associées au diabète ( http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/dic-dac2/francais/01cover_f.html ). Selon Les anomalies congénitales au Canada (2002), environ 2 à 3% des bébés au Canada sont nés avec de graves anomalies congénitales, habituellement en l'absence d'antécédents familiaux ou de facteurs de risque connus ( http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/cac-acc02/index_f.html ).

. Selon Statistiques canadiennes sur le cancer 2005 ( http://www.cancer.ca/ccs/internet/standard/0,,3172_14291__langId-fr,00.html ), la probabilité de développer un cancer au cours de la vie est de 44% pour un homme et de 38% pour une femme. En d'autres mots, le Canadien et la Canadienne moyens ont respectivement une chance sur 2,3 et une chance sur 2,6 d'être atteint du cancer au cours de leur vie. Les hommes ont 29% de chances de mourir du cancer, et les femmes 24%; soit près d'une chance sur quatre pour les deux sexes confondus. On estime qu'au Canada en 2005, 448 hommes sur 100000 et 355 femmes sur 100 000 développeront un cancer. Environ 149 000 Canadiens se verront diagnostiquer un cancer et 69500 Canadiens mourront de cette maladie en 2005.

On estime qu'au Nouveau-Brunswick, 3900 personnes se verront diagnostiquer un cancer et que 1800 personnes en mourront en 2005. Pour comparer ces données relatives au Nouveau-Brunswick avec le reste du Canada, il faut s'en remettre aux taux normalisés de cancer, lesquels tiennent compte des différences entre les provinces pour ce qui est de l'âge et de la taille de la population. Au Nouveau-Brunswick, les taux de nouveaux diagnostics de cancer et de décès associés au cancer sont supérieurs à la moyenne canadienne, mais sont en général les plus bas de toutes les provinces Maritimes (Statistiques canadiennes sur le cancer, 2005).

Il existe de nombreuses causes potentielles et de nombreux facteurs de risque pour les maladies qui touchent la population canadienne. Parmi toutes les personnes qui souffrent ou qui souffriront de ces maladies, peu ont été exposées à l'agent Orange ou à l'agent Pourpre.

Qu'en est-il des autres herbicides utilisés à la BFC Gagetown qui contenaient certains des composants de l'agent Orange?

Au total, 251 produits contenant du 2,4,5-T, un acide qui était contaminé par la TCDD, ont été homologués au Canada entre 1948 et 1981. Le dernier produit a été homologué en 1981, mais l'homologation de tous ces produits a par la suite été suspendue. Pour obtenir de l'information sur le 2,4-D, lequel est toujours homologué au Canada, consulter le site Web de SantéCanada à l'adresse suivante: http://www.pmra-arla.gc.ca/francais/consum/2,4-DFAQ-f.html .

L'usage des herbicides par le MDN fera l'objet d'un examen au cours des prochaines années. Certains des renseignements présentés ci-dessus pourraient aussi s'appliquer en général à d'autres produits chimiques, car le risque d'effets nocifs sur la santé dépendrait alors aussi de la dose et de la durée de l'exposition (voir notamment « Dans quelles circonstances l'agent Orange ou ses composants sont-ils susceptibles d'entraîner des effets sur la santé? »).

Comment puis-je en savoir plus?

Parlez à votre médecin militaire (MM) et consultez par vous-même les références fournies dans ce document ou autres. Si vous ne trouvez pas l'adresse d'un site Web que vous aimeriez visiter, demandez un exemplaire à votre MM; ce dernier pourra aussi vous expliquer les termes techniques ou les concepts qui ne sont pas clairs pour vous. Bien qu'il existe de nombreuses autres sources d'information, les références consultées sont jugées fiables par le chef du Service de santé. On croit aussi qu'elles sont fondées sur des données et une analyse scientifiques solides et qu'elles font état de ce qui est généralement admis au sujet de l'agent Orange dans le milieu médical et scientifique. N'hésitez pas à consulter votre MM si vous avez des questions à ce sujet ou pour toute autre préoccupation relative à la santé.


Ressources et références

Calcul

(voir « L'agent Orange est-il l'unique source de TCDD? »)

  • estimations de l'absorption quotidienne moyenne de TCDD: 47 pg/jour (ATSDR, 1998); entre 39 et 147 pg/jour (Santé Canada, 1994; Gilman et coll., 1991): en supposant une absorption quotidienne de 50 pg/jour
  • 1 pg = 10 -12 g
  • poids moléculaire de la TCDD = 321,96 g/mol
  • Nombre d'Avagadro = 6,022 x 10 23

(50 pg/jour) x (10 -12 g/pg) x (1 mol/321,96 g) x (6,022 x 10 23 molécules/mol)

= 9,35 x 10 10 molécules/jour (93 500 000 000 molécules par jour)

Ressources sur l'agent Orange, la TCDD (dioxine) et les herbicides 

Institute of Medicine des États-Unis

  • Veterans and Agent Orange 2004 Update: http://www.iom.edu/report.asp?id=25476

U.S. Air Force Health Study

  • http://www.brooks.af.mil/AFRL/HED/hedb/default.html (cliquer sur «Articles» dans la marge de gauche pour obtenir un résumé de toutes les études scientifiques publiées au sujet des anciens combattants de l'opération «Ranch Hand»; cliquer sur «Reports» dans la marge de gauche, puis choisir « 2002 Follow-up Examination Results: May 2002 to March 2005» pour accéder au dernier rapport.)

Collection spéciale sur l'agent Orange de la National Agricultural Library des États-Unis :

  • http://www.nal.usda.gov/speccoll/findaids/agentorange/index.htm

Santé Canada

  • Votre santé et vous : http://www.hc-sc.gc.ca/iyh-vsv/environ/dioxin_f.html

Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada

  • Information sur le 2,4-D et sur d'autres herbicides : http://www.pmra-arla.gc.ca/

Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR)

  • Avis de santé publique : http://www.atsdr.cdc.gov/toxprofiles/phs104.html

Organisation mondiale de la santé

  • Aide-mémoire : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs225/fr/print.html

Environmental Protection Agency (US EPA) des États-Unis

  • Questions et réponses : http://www.cfsan.fda.gov/~lrd/dioxinqa.html

Union européenne

  • Exposition à la dioxine et santé : http://europa.eu.int/comm/environment/dioxin/

Références

AD 843989 Technical Memorandum 141: Defoliation Tests in 1966 at Base Gagetown, NB, Canada" authored by Kenneth D. Demaree and Richard A Creagar, October 1968. Department of the Army, Fort Detrick, Frederick, Maryland.

AD 842825 Technical Memorandum 145: "Chemical Defoliation of Northern Tree Species" authored by Kenneth D. Demaree and Richard A Creagar, October 1968. Department of the Army, Fort Detrick, Frederick, Maryland.

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Qui puis-je joindre? / Demandes d'information

Avez-vous des renseignements sur l'utilisation d'herbicides à la BFC Gagetown?

Dans l'affirmative, le gouvernement du Canada vous encourage à partager ces renseignements et à parler de votre expérience en participant à son initiative d'établissement des faits.

Le gouvernement du Canada estime qu'aucun renseignement sur l'utilisation d'herbicides (y compris l'agent Orange) à la BFCGagetown ne doit rester secret. La divulgation de ces renseignements ne sera pas considérée comme une infraction à la Loi sur la protection de l'information (anciennement connue sous le nom de Loi sur les secrets officiels) ni comme un manquement à toute autre obligation de confidentialité.

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Les renseignements que vous fournissez ne compromettront pas vos droits à ce qui suit:

  • le Régime de pensions du Canada;
  • la prestation d'invalidité d'ACC;
  • le Régime de retraite des Forces canadiennes.

Les anciens membres des Forces canadiennes, les anciens employés du MDN et les anciens employés d'un entrepreneur civil ayant travaillé pour le MDN doivent suivre les étapes ci dessous s'ils estiment qu'ils ont éprouvé des problèmes de santé découlant d'une exposition à l'agent orange :

Anciens membres et membres actuels des FC

Le ministère des Anciens Combattants a comme mandat de verser une pension d'invalidité et d'assurer les services de santé aux anciens membres des Forces canadiennes souffrant d'une maladie ou atteints d'une invalidité liée au service.

Nous encourageons les anciens membres et les membres actuels des Forces canadiennes qui estiment souffrir d'une maladie liée au service, de communiquer avec le ministère des Anciens Combattants.

Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec le ministère des Anciens Combattants, au 1866522-2022 (français) ou au 1866522-2122 (anglais). Par ailleurs, vous pouvez visiter le site Web du ministère, à l'adresse http://www.vac-acc.gc.ca/.

Vous pouvez également communiquer avec le Centre pour le soutien des militaires blessés ou retraités et de leurs familles, au 1800883-6094, ou visitez son site Web, à l'adresse http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/cen/.

Anciens employés et employés actuels du Ministère de la Défense nationale 

Les anciens employés et les employés actuels du ministère de la Défense nationale qui estiment souffrir d'une maladie professionnelle découlant d'une exposition à l'agent orange survenue dans le cadre de leur emploi peuvent présenter leur demande d'indemnisation au Bureau des ressources humaines civiles du MDN, à Gagetown. Les employés actuels doivent présenter leur demande aux personnes-ressources de leur direction locale, pour qu'elle soit traitée de la façon la plus efficace qui soit. Les anciens employés doivent faire parvenir leur demande à l'adresse suivante :

Bureau des ressources humaines civiles Centre de services des ressources humaines civiles (Atlantique) Administrateur des indemnités BFC/USS Gagetown BP 17 000 Station Forces Oromocto (Nouveau-Brunswick) E2V 4J5

Pour connaître la façon de préparer la demande et de remplir les formulaires, veuillez consulter le site Web http://www.whscc.nb.ca/forms_f.asp#frmwrk.

Anciens employés et employés actuels du gouvernement fédéral

La Loi sur l'indemnisation des agents de l'État (LIAE) prévoit le versement d'indemnités aux employés des ministères et des agences du gouvernement fédéral et des sociétés d'État qui ont subi des blessures ou qui ont contracté une maladie dans le cadre de leur emploi. La Loi vise quelque 400 000 employés un peu partout au Canada. On peut obtenir des renseignements sur la Loi sur l'indemnisation des agents de l'État en consultant le site Web du Service fédéral d'indemnisation, à l'adresse http://www.rhdcc.gc.ca/asp/passerelle.asp?hr=fr/pt/ot/sfiat/loi.shtml&hs=fxf.

Le ministre du Travail et du Logement a conclu, avec les dix commissions d'indemnisation des accidentés du travail, des ententes selon lesquelles des indemnités seront versées en vertu de la LIAE. Les employés du gouvernement fédéral sont indemnisés selon les taux et les conditions s'appliquant dans la province où se trouve leur lieu d'emploi habituel.

Les personnes qui travaillent au Nouveau-Brunswick doivent faire parvenir leur demande d'indemnisation au bureau régional d'indemnisation du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences, à Moncton (Nouveau-Brunswick), qui, lui, l'enverra à la Commission de la santé, de la sécurité et de l'indemnisation des accidents au travail du Nouveau-Brunswick.

Adresse postale de la Commission :

1045, rue Main Moncton (Nouveau-Brunswick) E1C 9G8

Anciens employés et employés actuels d'un entrepreneur civil

La Commission de la santé, de la sécurité et de l'indemnisation des accidents au travail du Nouveau-Brunswick offre des services de prévention des accidents, une assistance en matière de santé et de sécurité au travail, ainsi qu'une protection sous forme d'assurance-invalidité et d'assurance-responsabilité à tous les travailleurs et employeurs au Nouveau-Brunswick. Elle administre également les prestations de retraite versées par suite d'accidents et de maladies survenus au travail.

Les anciens employés et les employés actuels d'un entrepreneur civil qui estiment avoir été exposés à l'agent orange ou à l'agent pourpre au cours des essais menés en 1966 et 1967 à la BFC Gagetown peuvent présenter une demande d'indemnisation auprès de la Commission de la santé, de la sécurité et de l'indemnisation des accidents au travail du Nouveau-Brunswick.

Veuillez adresser toute demande de renseignements à M. Omer Robichaud, au (506) 738-4150.

On peut aussi obtenir de l'information en consultant le site de la Commission de la santé, de la sécurité et de l'indemnisation des accidents au travail du Nouveau-Brunswick à l'adresse http://www.whscc.nb.ca.

Nos voisins

Selon l'information dont nous disposons, il est peu probable que des civils se trouvant à l'extérieur de la base aient été exposés à l'agent orange ou à l'agent pourpre en raison de ces essais. Toutefois, nous comprenons les préoccupations qu'ont exprimées certaines personnes et nous en tenons compte. Nous prenons très au sérieux ces inquiétudes. Le MDN continuera à étudier la question avec des ministères clés et communiquera les renseignements pertinents aux personnes concernées en temps opportun.

S'il s'avère que des civils ont été exposés à l'agent orange ou à l'agent pourpre au cours des essais menés en 1966 et 1967, le gouvernement du Canada prendra les mesures qui s'imposent.

Le gouvernement du Canada a aussi prévu un numéro sans frais à l'intention des personnes désirant obtenir des renseignements d'ordre général sur cette question. Pour obtenir des renseignements, veuillez composer le 1866558-2945 entre 8 h et 16 h 30 (HNE), du lundi au vendredi.


 

http://www.cancer.ca/ccs/internet/standard/0,,3172_14291__langId-en,00.html

Carte du champ de tir et centre d'instruction militaire de Gagetown

Il est également possible de télécharger la carte.


Foire aux questions

Qu'est-ce que les dioxines?

On trouve des dioxines dans environ 200 produits chimiques. Certains types de dioxines (2,3,7,8-TCDD) sont jugés beaucoup plus toxiques que d'autres et sont classés comme « dioxines préoccupantes ».

Par le passé, certains herbicides ont été contaminés par des dioxines. Grâce aux connaissances nouvelles sur le sujet, des améliorations ont été apportées aux procédés de fabrication des herbicides afin de réduire ou d'éliminer cette contamination. Ainsi, les procédés de fabrication du 2,4-D ont été modifiés au début des années 1980 essentiellement afin d'éliminer la contamination par les dioxines préoccupantes.

L'agent Orange correspond-il à n'importe quel autre mélange 50:50 de 2,4-D et 2,4,5-T?

Non. L'agent Orange et les autres produits chimiques appelés « agents » n'ont jamais été homologués au Canada ni aux États-Unis. On a produit ces « agents » chimiques pour l'armée des États-Unis précisément. Le procédé de fabrication de certains de ces produits chimiques appelés « agents » et utilisés par les militaires différait de celui des herbicides homologués. La production a été accélérée en vue de fournir à l'armée américaine les grandes quantités dont elle avait besoin au Vietnam. Selon certains rapports, les procédés de fabrication accélérés auraient parfois eu pour effet de donner aux agents Orange et Pourpre une concentration de dioxines supérieure à celle de certains herbicides homologués dont la formule est semblable.

Pourquoi les concentrations de dioxines dans les échantillons de sol du chemin Ripon et des bivouacs Clones et Murphy ne causent-elles pas d'inquiétudes si elles sont largement supérieures aux recommandations du Conseil canadien des ministres de l'environnement (CCME)?

La recommandation pour la qualité des sols du Conseil canadien des ministres de l'environnement (CCME) en ce qui concerne les dioxines (4 parties par billion) repose sur la concentration moyenne ou la concentration de fond des dioxines que l'on retrouve généralement dans les sols canadiens. Les risques liés aux concentrations de fond de dioxines dans le sol sont considérés comme minimes.

Dans l'ensemble du pays, il n'est pas rare de trouver des concentrations supérieures aux concentrations de fond. Le phénomène peut avoir plusieurs sources, dont des feux de forêts et des anomalies géologiques naturelles. Mais il ne signifie par nécessairement qu'il y a risque d'effets néfastes sur la santé. Pour déterminer s'il y a risque, il faut étudier à la fois la concentration de dioxines dans le sol, le mode d'exposition possible et la durée de l'exposition.

Dans le cas de la BFC Gagetown, une évaluation des risques propres au site a été menée en vue d'estimer les expositions susceptibles de découler des concentrations de dioxines mesurées dans le sol. L'entrepreneur indépendant a conclu que le fait de vivre ou de travailler à la BFC Gagetown aujourd'hui n'augmentait pas le risque de souffrir d'une maladie liée aux dioxines.

Le rapport de la tâche 3A-2 confirme que des dioxines ont été détectées dans tous les échantillons de sol prélevés. Est-ce à dire que toute la base est contaminée par les dioxines?

Comme on l'a expliqué plus haut, les dioxines sont présentes naturellement dans l'environnement et proviennent de nombreuses sources, dont les feux de forêts. On retrouve souvent des dioxines dans les sols de l'ensemble du Canada.

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