Dépistage postdéploiement amélioré

Le dépistage vise principalement à repérer et à traiter rapidement ceux qui éprouvent des problèmes de santé liés au déploiement, mais il a aussi d’autres objectifs :

  • Fournir une rétroaction, des conseils et des enseignements sur le processus de réintégration (ou sur des questions/problèmes personnels dégagés au cours de l’entrevue). Cela comprend la diffusion de l’information sur les symptômes possibles de difficultés qui pourraient survenir après le dépistage ainsi que sur les ressources qu'offrent les FAC et les milieux communautaires.
  • Dépister des problèmes de santé mentale ou physique qui peuvent être totalement indépendants du déploiement.
  • Démystifier et déstigmatiser la maladie mentale et les soins de santé mentale

Marche à suivre

Il s’agit d'un processus de dépistage et non pas de diagnostic ni de traitement. Il faut repérer ceux qui ont besoin d’une évaluation plus poussée ou de soins, tout en améliorant de façon systématique la qualité des soins offerts à l'ensemble des militaires revenant d’un déploiement. Dans le cas de ceux qui ont nettement besoin d’une évaluation poussée, l’accent devrait porter sur la participation du militaire au processus. À ceux qui n'ont pas besoin d'évaluation poussée, il convient d'offrir une rétroaction positive sur leur participation au processus et sur leurs capacités personnelles de faire face aux difficultés.

Le processus comprend, en gros, les étapes suivantes :

  1. Le militaire a droit à une séance d'information au moment où il reçoit la brochure du sondage, pour le guider quant au processus, à l'identité de l’intervieweur, à la politique sur la confidentialité et au suivi du processus.
  2. Le militaire remplit un questionnaire d’une vingtaine de minutes qui contient des instruments standardisés d’évaluation de la santé mentale et physique.
  3. Les réponses sont entrées dans un fichier Excel qui permet de compiler et de résumer les résultats.
  4. L’intervieweur examine le rapport d’enquête.
  5. L’intervieweur réalise une entrevue semi-structurée avec le militaire; le militaire peut venir à l’entrevue accompagné de son (sa) conjoint(e). Les entrevues durent de 20 à 45 minutes.
  6. L’intervieweur peut recommander une évaluation ou un traitement de suivi.
  7. Six ou huit semaines après l’entrevue, le registre des rendez-vous est examiné pour vérifier si ceux à qui un suivi a été recommandé s’y sont prêtés. Si des militaires souffrant de problèmes sérieux n’ont pas été suivis, on communique avec eux pour déterminer s’ils ont encore besoin de soins.

En règle générale, tous les militaires (Force régulière et Réserve) déployés devraient se soumettre à une entrevue de suivi trois ou quatre mois après être rentrés du théâtre. Les militaires déployés pour de courtes périodes (moins de 60 jours) n’ont pas besoin d’entrevue. Les militaires déployés en Europe et aux États-Unis n’ont pas non plus besoin d’entrevue. Les militaires qui ont déjà reçu des soins de santé mentale devraient aussi se soumettre au processus, mais cela peut se faire lors d’une visite régulière chez leur fournisseur de services de santé mentale. Le dépistage des personnes qui suivent déjà un traitement a plusieurs objectifs :

  • Parfois, une comorbidité physique ou psychosociale est décelée. Il est particulièrement important de s'intéresser aux questions de santé physique car les examens médicaux réglementaires à la suite d'un déploiement ont été abolis.
  • Parfois, un symptôme résiduel est découvert.
  • L’exclusion des militaires en traitement fausserait systématiquement les données de surveillance recueillies.

Le rapport d’enquête contient une foule d’information résumée. Cette approche vise à systématiser le traitement de l’information et l’interprétation de sa signification clinique. Il est bon que le travailleur social consulte l’information démographique contenue dans le rapport pour se préparer à l'entrevue. Le résumé de chaque instrument psychométrique devrait ensuite être examiné afin de déterminer les secteurs à explorer au cours de l’entrevue. Le guide d’entrevue permet d’interpréter certaines des réponses dans les divers domaines pertinents. Le rapport applique des algorithmes standard aux réponses validées; la corrélation avec les diagnostics cliniques dans les études de validation est excellente. Néanmoins, il peut y avoir de faux positifs et de faux négatifs. Les intervieweurs devraient tenir compte de l’ensemble de l’évaluation (résultats du questionnaire et entrevue) lorsqu'ils déterminent les besoins en matière de soins.

Au cours de l’entrevue semi-structurée, l’intervieweur discute avec le militaire de toute préoccupation dégagée dans le rapport informatique basé sur le questionnaire détaillé; ensemble, ils évaluent l'incidence possible du problème sur l'emploi du militaire. L'intervieweur décide ensuite si le militaire a besoin d'autres services médicaux en remplissant la fiche de renvoi du programme de dépistage amélioré. Le militaire sera informé de toute recommandation de suivi ainsi que du but d’un tel suivi. Il faut aussi l'avertir qu’il pourrait être relancé (en toute confidentialité) s’il ne suit pas la recommandation, pour faire en sorte que ceux qui ont le plus besoin d’aide en reçoivent.

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