Modèle du continuum de la santé mentale

Transcription

[Début de la vidéo]

[Nous voyons le sgt Shawn Clarke qui parle au caméra]

[Sgt Shawn Clarke : ] Mon attitude ici, je veux dire, c’était, vous savez, la mission avant soi-même. Vous faites ce qui doit être fait, vous faites votre devoir et c’est tout. Pas de questions. Rien de rien. Ferme-la. Faites votre travail. Vous savez, je veux dire, penser comme cela durant plusieurs années et faire ce qui doit être fait, je veux dire, je reviens d’un déploiement où j’ai fait tout ce qu’il fallait faire et c’est le temps de reprendre le travail. Il y a un travail à faire. Ferme-la, continue, toujours devant, quoique tu veuille dire et je ne peux pas.

[L'image change et nous voyons le lcol Stéphane Grenier qui parle au caméra]

[Lcol Stéphane Grenier, Conseiller spécial - blessures de stress opérationnel (BSO) : ] Dans le passé on voyait les situations de santé mentale comme étant blanc ou noir donc si vous étiez en santé, la chaîne de commandement vous a employé au sein de l’unité et si vous n’étiez pas en santé ben vous alliez à la clinique de santé mentale.

[L'image change et nous voyons le modèle « anciennes conceptions de la santé »]

Anciennes conceptions de la santé
EN SANTÉ (vert)MALADE (rouge)
Soldat peut accomplir son travail Soldat ne peut accomplir son travail
Chaîne de commandement Responsabilité médicale

 

[Lcol Stéphane Grenier (voix) : ] Aujourd’hui, on essaie de changer les choses et le modèle qui suit donne un peu un aperçu similaire, le vert vous êtes en santé, le rouge vous n’êtes pas en santé et donc vous devez aller à la clinique. Ça c’est l’ancien modèle.

[L'image change et nous voyons le sgt Rob Dolson qui parle au caméra]

[Sgt Robert Dolson : ] De par mon expérience avant la tournée de santé mentale, je savais comment les gens étaient soignés, vous savez, j’étais sergent dans l’infanterie, vous savez. J’étais du côté de comment les gens sont traités. J’étais un de ceux qui se disent « Mmm… ouais », vous savez, ou « Fait-il semblant? » Vous savez. C’est toujours la grande inquiétude et je m’inquiétais au cas où quelqu’un penserait que… je faisais semblant.

[L'image change et nous voyons le sgt Shawn Clarke qui parle au caméra]

[Sgt Shawn Clarke : ] Il y a donc la honte, la gène, un sentiment d’échec, vous savez, et ce sont ces sentiments qui m’ont empêché d’aller voir un médecin pour m’aider.

[L'image change et nous voyons le capt Brian MacPherson qui parle au caméra]

[Capt Brian MacPherson : ] J’avais la vague impression que quelque chose n’allait pas mais je continuais à travailler, je faisais toujours mon travail et j’avais l’impression que je faisais toujours un bon travail. Puisque je n’avais aucun point de comparaison, je ne savais pas ce que pouvait avoir l’air une personne souffrant de SSPT. J’en avais jamais rencontrée. Je ne savais pas ce que ça avait l’air et j’avais donc une image négative d’une personne avec des problèmes de santé mentale.

[L'image change et nous voyons le capc (ret.) Owen Parkhouse qui parle au caméra]

[Capc (ret.) Owen Parkhouse : ] Et je n’avais jamais le temps de vraiment m’asseoir pour penser à toutes les expériences que j’avais connues au cours de ma carrière et tout ça s’est mis à s’accumuler et c’était comme un bureau où tout traînait dans ma tête, rien n’était rangé, puis cela a explosé.

[L'image change et nous voyons le sgt Shawn Clarke qui parle au caméra]

[Sgt Shawn Clarke : ] Je réalise aujourd’hui que c’est une réalité, vous savez, et que ça frappe toutes sortes de gens.

[L'image change et nous voyons le lcol Stéphane Grenier qui parle au caméra]

[Lcol Stéphane Grenier : ] Ce nouveau modèle a été développé par les Forces Canadiennes en collaboration avec le U.S. Marine Corp.

[Image du US Marine Corps a côté de lcol Stéphane Grenier]

[Lcol Stéphane Grenier : ] Il démontre très clairement que ce n’est plus une situation où s’est vert ou rouge, en santé ou malade, mais on a plusieurs segments.

[L'image suivante : le modèle du continuum de la santé mentale]

 

 

 

 

 

Modèle du continuum de la santé mentale (militaires)
SANTÉ (vert)RÉACTION (jaune)BLESSÉ (orange)MALADE (rouge)
Chaîne de commandement Chaîne de commandement Chaîne de commandement Chaîne de commandement
Services de santé Services de santé Services de santé Services de santé

[Lcol Stéphane Grenier (voix) : ] On a deux segments entre les deux extrêmes pour démontre qu’il y a une transition. Le modèle indique clairement aussi la relation entre les services de santé et la chaîne de commandement. Garder ce modèle en tête tout au long de cette vidéo.

[Lcol Stéphane Grenier (voix) : ] La façon dont la chaîne de commandement et nos collègues nous supportent dans tout ça va faire une grosse différence. Le plus tôt on s’occupe d’une entorse, le mieux, ben le plus tôt on s’occupe d’une blessure de stress opérationnel le mieux.

[L'image change et nous voyons le maj Suzanne Bailey qui parle au caméra]

[ Maj Suzanne Bailey, Travailleuse sociale : ] Nous avons développé ce modèle en utilisant des comportements plutôt que des symptômes.

[L'image suivante : Le Modèle du continuum de la santé mentale]

[Maj Suzanne Bailey (voix)] Dans la phase verte, vous devez connaître vos gens et reconnaître ce qu’ils sont réellement afin d’établir une base de comparaison lorsqu’il fonctionne normalement. La phase jaune c’est la souffrance psychologique légère et facilement réversible. Orange représente la perturbation fonctionnelle grave et persistante. Et puis la phase rouge représente des troubles cliniques et une perturbation fonctionnelle grave. Ces comportements se transforment graduellement de gauche à droite s’ils ne sont pas reconnus ou s’il n’y a aucune intervention.

[Fin de la vidéo]

De récentes expériences nous ont enseigné que de nombreux membres des FAC ont des problèmes de santé physique et mentale qui, s’ils sont dépistés et traités à un stade précoce, peuvent être temporaires et réversibles. Ce modèle reconnaît le spectre des problèmes de santé, d’ordre mental ou physique, qui peuvent avoir des répercussions pour les militaires pendant leur carrière. Le modèle passe graduellement de la santé et de l’adaptation (vert) aux maladies et troubles cliniques nécessitant des soins médicaux plus concentrés (rouge), en passant par une détresse ou des difficultés de fonctionnement légères et réversibles (jaune) et une blessure ou un dysfonctionnement plus graves et persistants (orange). 

Le Modèle du continuum de la santé mentale (militaire). Déscription ci-dessous.

Directorat de la Santé mentale - Adapté du US Marine Corps

Le Modèle du continuum de la santé mentale (militaires)

Modèle du continuum de la santé mentale (militaires) : Textual

Le Modèle du continuum de la santé mentale (militaires) consiste au quatre blocs de coleur. À gauche à droit : 1. En santé (vert), 2. En réaction (jaune), 3. Blessé (orange), 4. Malade (rouge).

Il y a mouvement le long du continuum dans les deux directions. Dans chaque bloc est la chaîne de commandement et les Services de santé.

Adapté du US Marine Corps.

Les flèches sous les quatre blocs de couleur montrent qu’il s’agit d’un continuum, et leur mouvement le long du continuum dans les deux directions indique qu’il est toujours possible de revenir à la santé totale et à un niveau de fonctionnement complet. De cette façon, personne n’est « rejeté » simplement à cause de symptômes d’une maladie ou de traitements d’un trouble ou d’une maladie. On reconnaît également que plus une intervention, quelle qu’elle soit, se produit à un stade précoce, plus il est facile de revenir à la santé et à un niveau de fonctionnement intégraux (vert).

La santé et le bien-être des membres des FAC sont la responsabilité commune des militaires, de la chaîne de commandement et de chacun. Les leaders sont responsables de leur personnel et ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention et la gestion de la détresse. Lorsque la gravité de la maladie augmente, cela peut donner lieu à une intervention plus robuste des Services de santé, mais la chaîne de commandement n’abandonne jamais sa responsabilité à l’égard du militaire. Les dirigeants ont toujours le rôle et la responsabilité de garder le contact et de soutenir les militaires tout au long du continuum de la santé mentale.

Les interventions de la chaîne de commandement influent également sur le mouvement du membre des FAC le long du continuum. Les événements importants de la vie ont certainement des répercussions sur la santé mentale – cependant, l’incidence des petits tracas quotidiens susceptibles de causer la détresse au fil du temps est encore plus grande. Le dirigeant a un rôle à jouer en influant sur les petites choses de la vie quotidienne au travail qui peuvent causer la détresse parmi ses troupes.

Reconnaître les signes de détresse

Transcription

[Début de la vidéo]

[Nous voyons le sgt Andrea Coté qui parle au caméra]

[Sgt Andrea Côté :] Il y a eu plusieurs signes, mais j'ai choisi de les ignorer. Par exemple, quand je conduisais, chaque fois que j'étais dans le trafic, je commençais à devenir très nerveuse et je ne pensais qu'à m'en éloigner. Une fois, alors que je revenais de chez Home Depot, qui est à l'autre bout de la ville, j'ai du stationner la voiture à mi chemin, m'arrêter dans un terrain de stationnement, sortir de l'auto, entrer dans une centre d'achats et m'assoir dans la salle de toilette pour retrouver mon calme. Je suis alors retournée dans la voiture et j'ai continué mon trajet. J'étais tellement nerveuse que j'ai pensé être malade. À l'époque, je n'avais aucune idée de ce que ça signifiait. J'ai juste pensé que c'était parce que je venais de revenir de mission. Chaque fois que je me retrouvais en présence d'une foule, comme si j'allais au club avec des amis et que je me retrouvais au milieu d'une foule, je devenais très nerveuse et je devais sortir. Je devais partir et demeurer quelques minutes à l'extérieur. Parfois, je ne pouvais même pas retourner. Attendre en ligne, je ne pouvais pas faire la file; je ne le pouvais simplement pas. Je me fâchais, je devenais frustrée et je devais m'éloigner. Plusieurs choses différentes, comme ça - des cauchemars, ne pas pouvoir dormir toute une nuit - mais je mettais tout ça sur le compte de mon retour de mission. Je l'ignorais sans m'en préoccuper.

[L'image change et nous voyons le sgt Rob Dolson qui parle au caméra]

[Sgt Rob Dolson :] Je ne peux pas... Je ne pouvais pas aller dans un centre d'achats. Beaucoup trop de gens, vous savez... Et l'anxiété d'être super vigilant; y'a tellement de monde que vous tournez constamment la tête, pour essayer de surveiller tous ces gens-là. Parce que c'est ce qu'on fait là-bas. Vous savez, quand vous roulez dans Kandahar, vous surveillez constamment les gens. Alors vous savez, aller dans un centre d'achats, ça me paniquait. Et puis, j'avais ma petite fille avec moi, alors je me sentais comme un protecteur. C'était vraiment difficile de faire ça. Conduire dans les rues, être toujours dans un convoi et, vous savez, en Afghanistan il faut toujours demeurer hyper vigilant en conduisant. Les automobiles s'approchent de vous; vous devez les prévenir, et tirer pour les faire fuir. On ne peut pas quand même pas faire ça dans le monde civil. Vous savez, c'était vraiment difficile pour moi de conduire dans des endroits fermés sans éprouver de colère. Les gens s'écartaient de ma route parce qu'outre-mer, les gens s'enlèvent de votre chemin. Vous savez, c'est pas le cas ici, comprenez-vous ce que je veux dire; dans le monde civilisé - c'est la meilleure façon que je puisse le décrire. Et vous savez, ça m'a rappelé beaucoup de colère, beaucoup de situations frustrantes, des choses comme ça. Et ma femme était assise là, me regardait agir et se demandait ce qui n'allait pas avec moi... Vous savez, c'est comme... on n'allait plus au restaurant; c'était vraiment difficile pour moi de me trouver dans des endroits peu familiers. Par exemple, si on allait dans un restaurant avec des amis, un nouveau restaurant où je n'étais jamais allé, ça me tracassait vraiment beaucoup. Parce que je ne savais pas comment... je cherchais toujours la porte. Vous savez, pour m'assurer de pouvoir sortir en sécurité, m'assurer de savoir quoi faire en cas de besoin, des choses comme ça.

[L'image change et nous voyons le sgt Shawn Clarke qui parle au caméra]

[Sgt Shawn Clarke :] Ma mission en Afghanistan était ma quatrième, alors j'avais déjà traversé ça, les trucs du post déploiement, une couple de fois auparavant. Vous savez, quand je suis revenu à la maison la première fois, j'avais vingt ans. Vous revenez à la maison, vous voyez tout cet argent en banque, et vous êtes tellement heureux d'être chez vous que vous ne pensez qu'à boire et à faire la fête avec des amis. Vous le faites pour un bout de temps et puis, vous savez, c'est le retour à la routine. De retour au travail, vous reprenez votre emploi quotidien. Même chose, '94, un peu plus vieux. Je pense que j'avais vingt-deux ans quand je suis revenu cette fois là. Encore la même chose; vous revenez, un paquet d'argent en banque, la fête un petit bout de temps et le retour au boulot. Quand je suis revenu en 2003, j'étais un peu plus sage, alors cette fois il était moins question de flamber mon argent sur de l'alcool mais vous avez, c'était bon de revenir à la maison; c'était bien d'être chez soi. Puis, quand je suis revenu de Kandahar, j'avais besoin de faire une pause... Quand je suis revenu à la maison, c'était pas comme les fois d'avant; j'étais heureux d'être à la maison, de visiter des amis, juste d'apprécier l'existence. Mais quand je suis revenu de cette mission, je ne voulais plus voir personne. Je ne voulais plus rien faire; je voulais simplement rester chez moi, sans bouger, dans le noir.

[Fin de la vidéo]

Voici certains indicateurs de comportement que vous remarquerez peut-être dans chaque phase du modèle du continuum de la santé mentale. 

Modèle du continuum de la santé mentale
 

En santé

(vert)

En réaction

(jaune)

Blessé

(orange)

Malade

(rouge)

L’humeur Humeur normale; Calme, prend les choses sans effort Irritable / Impatient; Nerveux; Triste / Ébranlé Colère; Anxiété; Tristesse envahissante / désespoir Crises de colère, agressivité; Anxiété excessive / paniques; Dépression / idées suicidaires
L’attitude et rendement Bon sens de l’humour; Bon rendement; En contrôle mental Sarcasme déplacé; Temporisation; Tendance à l’oubli Attitude négative; Piètre rendement / Bourreau de travail; Piètre concentration /  mauvaises décisions Insubordination grave; Ne peut s’acquitter de sa fonction, contrôler son comportement ou se concentrer
Le sommeil Profils de sommeil normaux; Peu de difficulté à dormir Troubles du sommeil; Pensées intrusives; Cauchemars Sommeil agité, dérangé; Images récurrentes ou cauchemars Ne peut s’endormir ou demeurer endormi(e); Trop ou trop peu de sommeil
Symptômes physiques Bonne condition physique; Bon niveau d’énergie Muscles tendus / céphalées; Faible énergie Accroissement des douleurs et de la fatigue Maladies physiques; Fatigue chronique
Comportement social Actif socialement et physiquement Diminution des activités ou de socialisation Évitement; Retrait Ne pas sortir ou répondre au téléphone
Alcoolisme et dépendance au jeu Pas/peu de jeu ou de consommation d’alcool Consommation régulière mais contrôlée d’alcool/de jeu Consommation accrue d’alcool/de jeu – difficilement contrôlable et occasionnant des conséquences négatives Dépendance au jeu ou à l’alcool – hors de contrôle et occasionnant de graves conséquences

 

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