1812 : Une guerre, quatre perspectives, une exposition révélatrice

Article / Le 17 octobre 2012

1812 : Une guerre, quatre perspectives est une exposition du Musée canadien de la guerre qui célèbre le 200e anniversaire de la guerre de 1812. Elle présente aux visiteurs quatre points de vue très différents sur cet important conflit.

Il s’agit de l’une des expositions les plus imposantes et les plus ambitieuses présentées par le Musée canadien de la guerre, situé à Ottawa. L’exposition montre de façon convaincante qu’il existe quatre points de vue historiques bien distincts sur la guerre de 1812.

Pour les Canadiens, il s’agissait de défendre leur patrie d’une invasion. Pour les États-Uniens, l’objectif était de défier la Grande-Bretagne et d’être reconnus comme une nation sur la scène internationale. Pour les Britanniques, il ne s’agissait que d’un conflit disputé dans une région éloignée de l’Empire au moment même où la Grande-Bretagne devait mener en Europe une guerre de grande envergure contre Napoléon. Pour les Premières Nations d’Amérique du Nord, la guerre de 1812 était une lutte pour la liberté et l’indépendance; les Autochtones se battaient pour défendre leur mode de vie. 

Pour présenter clairement ces quatre points de vue, le musée de la guerre a préparé quatre expositions distinctes dans une grande pièce où les quatre visions se côtoient. Les visiteurs peuvent ainsi vivre pleinement l’expérience de la guerre de 1812 et admirer plus de 130 objets historiques liés aux quatre perspectives. 

La perspective états-unienne

La figure qui représente la vision états-unienne de la guerre de 1812 et qui en fait la narration est Francis Scott Key, auteur de l’hymne national des États-Unis. Dans ce chant, Key célèbre la victoire des soldats des États-Unis contre les forces britanniques au fort McHenry, près de Baltimore. Les États-Uniens ont remporté cette victoire après que des navires eurent bombardé le fort pendant 25 heures.

Incapables de faire reculer les défenseurs, les Britanniques renoncent à marcher sur Baltimore. Aux premières lueurs du 14 septembre 1814, les cendres et la poussière retombant au sol, Key, qui regarde la scène à bord d’un navire britannique, est si ému de voir la banderole étoilée flotter au‑dessus du fort qu’il compose sur-le-champ son émouvant poème, qui rappelle encore aujourd’hui aux États-Uniens la victoire qu’ils ont remportée à l’occasion de ce qu’ils appellent la seconde guerre d’indépendance.

La perspective canadienne

Laura Secord est la personne qui représente le mieux la perspective canadienne de la guerre de 1812. En juin 1813, des officiers états-uniens occupent sa résidence familiale, près de l’actuelle ville de Queenston, en Ontario. Apprenant que les États-Uniens fomentent une attaque-surprise contre un avant‑poste britannique, Laura Secord parcourt le plus rapidement possible une distance de 32 kilomètres pour avertir les Britanniques du danger imminent. Sur sa route, elle croise des guerriers Mohawk et Anishnaabe, qu’elle informe également de la situation. Ces derniers embusquent et vainquent les États-Uniens lors de la bataille de Beaver Dams, le 24 juin.

La perspective britannique

Jack Tar, marin fictif de la Royal Navy du 19e siècle, est le personnage qui présente la perspective britannique de la guerre de 1812. À bien des égards, la Royal Navy est la force qui a sauvé les colonies canadiennes en raison du rôle primordial qu’elle a joué en transportant hommes et munitions de l’autre côté de l’Atlantique et par-delà les Grands Lacs et en affrontant la marine états-unienne sur le fleuve Saint‑Laurent et dans les eaux du golfe du Mexique.

Il n’en reste pas moins que, pour les Britanniques, le conflit colonial de 1812 était relégué au second plan en raison de la grave menace que posait Napoléon, dont les forces avaient largement fragilisé les positions de l’armée britannique en Europe. Malgré cette importante menace, les Britanniques étaient déterminés à défendre leurs colonies et les marins de la Royal Navy ont été appelés à combattre les visées expansionnistes de la république états-unienne. C’est effectivement la Royal Navy qui a réussi à maintenir un blocus complet sur toute la côte est des États‑Unis, ce qui a entraîné la faillite de l’économie du pays et a précipité la fin de la guerre.

La perspective des Premières Nations

Pour les Premières Nations, la guerre de 1812 était un choc des civilisations. Elles voyaient cette guerre comme l’occasion parfaite de conclure une alliance avec les Britanniques afin de contrer l’incessante expansion vers l’ouest des États-Uniens.

La perspective des Premières Nations est présentée par le grand chef de guerre Tecumseh, dont la bravoure, le courage et l’humanité sont encore admirés de nos jours. La victoire des Britanniques contre les États-Uniens a marqué le dénouement d’une lutte acharnée pour la défense du Canada, mais elle a aussi sonné le glas du statut de nation des Amérindiens. En effet, la guerre de 1812 a mené à l’ultime tentative des Premières Nations de conclure une alliance avec un empire mondial, mais tout espoir à cet égard s’est effacé à la signature du Traité de Gand, qui a mis fin à la guerre en février 1815.

Depuis son ouverture en juin dernier, l’exposition 1812 : Une guerre, quatre perspectives a attiré 75 000 visiteurs, qui ont vécu une expérience leur permettant de voir la guerre de 1812 d’un œil nouveau. L’exposition demeurera au Musée canadien de la guerre jusqu’au 6 janvier 2013, après quoi une édition plus petite de l’exposition sera de passage dans toutes les régions du pays en 2013.

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