Comparution devant le Comité permanent de la défense nationale au sujet de l’opération IMPACT par le général Jonathan Vance, chef d’état-major de la Défense

Déclaration / Le 6 décembre 2018

Je ferai le point aujourd’hui sur l’opération IMPACT. Même si les activités militaires particulières de cette opération ont évolué au fil du temps, je tiens à vous assurer que le but de l’opération IMPACT demeure clair et inchangé.

Nous sommes l’un des 79 membres de la Coalition déterminés à vaincre Daech et à établir les conditions propices à la sécurité et à la stabilité dans la région.

À ce jour, Daech a perdu plus de 98 p. 100 du territoire qu’il dominait. Ce sont près de 8 millions de personnes qui ont été libérées, et la Coalition a formé et équipé plus de 170 000 membres des forces de sécurité irakiennes.

Tout cela pour dire que les efforts déployés par la Coalition ont été efficaces. Le contrôle territorial exercé par Daech a considérablement diminué. Les gens retournent chez eux et rebâtissent leur vie.

La Coalition entame maintenant une phase de stabilisation. En d’autres mots, on se concentre désormais sur l’apport d’un soutien au gouvernement irakien pour rétablir, maintenir et mettre en place l’ordre civil et la gouvernance.

Cela dit, le combat n’est pas fini. Il reste encore du travail à accomplir.

Daech agit maintenant de façon clandestine. Même s’il est grandement affaibli, on peut présumer que le groupe continuera de perpétrer des attaques à petite échelle. L’idéologie dominante et l’instabilité qui ont permis son ascension n’ont toujours pas été vaincues.

Il ne s’agit pas d’un environnement sans risque, mais je peux vous assurer que les hommes et les femmes sur le terrain sont bien entraînés et choisis avec soin pour leur expertise.

Nous suivons un processus de planification rigoureux afin d’être certains que nos militaires disposent

  • de l’équipement requis,
  • du soutien nécessaire et
  • des structures de commandement et de contrôle appropriées.

Bref, nous veillons à ce qu’ils aient tout ce dont ils ont besoin pour accomplir leurs tâches.

Nos efforts sont passés graduellement de la production d’effets tactiques à la mise en place des conditions favorisant la stabilité et la sécurité dans la région.

Et à mesure que nous progressons, nous continuerons de faire preuve de souplesse afin de répondre aux besoins changeants de la campagne.

Dans les airs, notre ravitailleur CC‑150 Polaris a permis aux partenaires de la Coalition de voler plus longtemps et sur de plus longues distances, améliorant ainsi leur efficacité opérationnelle. Tandis que notre aéronef CC‑130J Hercules a transporté plus de 8 millions de livres de fret.

Dans le nord de l’Irak, notre personnel déployé est appuyé par trois hélicoptères CH‑146 Griffon qui assurent le transport aérien tactique des troupes canadiennes, de l’équipement et des approvisionnements.

Aussi dans le nord de l’Irak, nous dirigeons une installation médicale de rôle 2 depuis octobre 2016, et nous y avons fourni des soins médicaux et dentaires à plus de 2 500 personnes.

Du côté du renseignement, nous avons une équipe chargée de recueillir, de résumer et d’analyser le renseignement à l’appui de la Coalition. Ces données sont utilisées pour protéger nos forces alliées et planifier les opérations.

Sur le plan plus régional, nous avons de nombreuses équipes en place qui s’efforcent de renforcer la résilience et de rétablir la sécurité et la stabilité à long terme.

Le brigadier‑général Delaney dirige l’équipe de liaison ministérielle. Nous avons assumé ce rôle de leadership en 2016, et nous travaillons depuis à l’établissement de relations durables avec le gouvernement irakien.

Au cours de la dernière année et demie, nous avons aussi accordé une priorité accrue à l’instruction. Ainsi, à Besmaya, nos sapeurs de combat offrent de la formation aux forces de sécurité irakiennes sur le dégagement d’itinéraire et la lutte contre les dispositifs explosifs. En septembre dernier, nous avons entamé l’instruction dans l’installation Q‑West.

Enfin, en Jordanie et au Liban, nos équipes d’instruction et d’aide s’affairent à renforcer les capacités militaires de nos partenaires.

J’aimerais maintenant prendre un moment pour clarifier quelques points au sujet de notre mission d’instruction, de conseil et d’aide exécutée par nos Forces d’opérations spéciales.

Dans les premiers temps de l’opération IMPACT, les membres de nos Forces d’opérations spéciales ont conclu un partenariat avec les peshmergas kurdes, qui faisaient face à une menace immédiate alors que Daech déferlait sur le nord de l’Irak. En coordination avec nos partenaires de la Coalition, nous avons déterminé qu’une collaboration avec eux nous permettrait d’obtenir de meilleurs résultats.

Ainsi, nos efforts en matière d’instruction, de conseil et d’aide ont permis aux forces de sécurité kurdes de perfectionner leurs compétences, de renforcer leurs capacités à se défendre et de créer les conditions idéales en vue de leur participation aux opérations à Mossoul en octobre 2016.

L’été dernier, les forces de sécurité irakiennes ont renversé la situation en reprenant Mossoul. Le Canada a grandement contribué à ce succès, agissant comme conseiller sur le plan tactique.

Au fil de l’évolution de la campagne — de l’affaiblissement de Daech à la perturbation de leurs efforts, en passant par la contre-attaque — nos partenariats ont également évolué.

À l’appui des efforts dirigés par l’Irak à Mossoul, nous avons établi un partenariat avec des unités sélectionnées des forces de sécurité irakiennes, qui ont toutes fait l’objet d’une enquête approfondie.

Ces décisions étaient fondées sur les exigences relatives à la campagne de la Coalition, en fonction des secteurs où les membres de nos Forces d’opérations spéciales pouvaient contribuer le plus efficacement possible.

Nous poursuivons cette approche, en travaillant avec des unités irakiennes spécifiques afin d’obtenir les meilleurs résultats possible en matière de maintien de la sécurité.

Maintenant, parlons des prochaines étapes.

En plus des autres activités se déroulant dans le cadre de l’opération IMPACT, le Canada dirigera la mission de formation de l’OTAN en Irak.

Notre contribution à la mission de l’OTAN comprend jusqu’à 250 militaires.  Bon nombre de Canadiens sont arrivés sur place et sont en train de s’installer, et le début de la mission est prévu pour le début de la nouvelle année.

Cette mission est dirigée par le major‑général Dany Fortin, et j’ai une grande confiance en son leadership.

La mission de l’OTAN contribuera à la formation des forces de sécurité irakiennes et aidera l’Irak à bâtir une structure de sécurité nationale plus efficace. Nous utilisons une approche de « formation des formateurs » afin de créer un changement durable.

Nous aiderons nos partenaires irakiens à développer leurs compétences dans des domaines clés comme la neutralisation des bombes, la médecine de combat militaire et la logistique, et nous mettrons l’accent sur le droit des conflits armés.

En conclusion, les Forces armées canadiennes continueront de contribuer aux efforts de l’OTAN et de la Coalition dans la région dans le cadre de l’opération IMPACT. Ces efforts sont bien coordonnés et se complètent.

Il s’agit d’un problème complexe qui ne peut pas être réglé uniquement au moyen de la force militaire.

Nos efforts s’inscrivent dans le cadre d’une plus vaste stratégie du gouvernement du Canada qui comprend une aide humanitaire, une aide au développement ainsi qu’une réforme du secteur politique et de la sécurité.

Au fur et à mesure que les conditions en Irak et dans la région évoluent, je continuerai de collaborer avec le ministre, le sous‑ministre ainsi qu’avec nos alliés et nos partenaires afin d’élaborer, d’exécuter et d’évaluer nos plans. Et pendant ce temps, nos militaires en déploiement, hommes et femmes, font ce qu’ils font le mieux : ils font preuve de professionnalisme, de leadership et d’excellence opérationnelle dans les zones d’opération difficiles.

Jonathan H. Vance
Général
Chef d’état-major de la défense

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