ARCHIVÉE - Exercice Royal Flush

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Documentation / Le 14 janvier 1999

L’exercice Royal Flush est un exercice théorique qui a été utilisé par le Collège de commandement et d’état-major de la Force terrestre canadienne (CCEFTC) situé à Kingston (Ont.). Le but de l’exercice était de mettre en pratique les procédures de commandement et d’état-major dans le cadre d’une opération offensive, y compris franchir une rivière pour repousser un ennemi. Il s’agissait d’un exercice tactique ne comportant aucun déploiement d’équipement ni de personnel, sauf les stagiaires du CCEFTC qui se sont rendus dans un lieu situé à environ une heure de route au nord de Kingston. Cet exercice de quatre jours portait principalement sur l’application théorique de la matière enseignée en classe. Un problème hypothétique avait été soumis aux stagiaires et ils devaient y trouver une solution.

Chaque exercice débute par la présentation d’une situation fictive pour permettre aux participants de percevoir le «jeu» de la même façon. Les scénarios s’appuient habituellement sur un ennemi fictif commun pour simplifier les choses.

L’exercice Royal Flush a été conçu au début des années 70 et a fait partie du programme du CCEFTC jusqu’en 1996. Le programme du CCEFTC à l’intention des officiers de la Force régulière a fait l’objet d’un examen et d’une révision systématiques en 1996. On a examiné tous les exercices pour déterminer leur applicabilité et pour y intégrer les dernières améliorations sur le plan de la simulation et de la numérisation des cartes.

Par suite de l’examen et de la révision de 1996, on a jugé que l’exercice Royal Flush n’était plus nécessaire et on l’a supprimé du programme. Depuis lors, le CCEFTC n’a pas utilisé l’exercice Royal Flush aux fins de l’instruction des officiers de la Force régulière.

Le CCEFTC procède actuellement à l’examen et à la révision de l’ensemble du programme d’instruction des officiers de la Réserve, et l’exercice Royal Flush a été retiré de ce programme, tout comme de celui des officiers de la Force régulière.

Le secteur étudié par les stagiaires s’étendait à environ 5 km à l’ouest de Napanee (Ont.) et à 10 km à l’est de Kingston. C’est en examinant les rivières situées uniquement dans ce secteur que les stagiaires se familiarisaient avec les manœuvres visant à franchir des rivières pour lancer une attaque contre un ennemi.

Dans le cadre de l’exercice Royal Flush, on faisait référence de façon générale à une force ennemie qui se mobilisait dans la région de Montréal. Il faut préciser qu’il s’agissait d’un scénario de la période de la guerre froide et que la force ennemie fictive était constituées de FANTASIENS et qu’elle s’appuyait sur une structure et de l’équipement semblables à ceux du Pacte de Varsovie. Ce scénario a été élaboré de façon a évoquer avec réalisme la guerre froide et n’a rien à voir avec la situation politique au Canada.

Les cartes remises aux étudiants lors de cet exercice étaient celles de l’Ontario et n’allaient pas plus loin que Cornwall vers l’est. Toutefois, les stagiaires n’avaient aucune raison d’examiner le terrain situé plus à l’est que Gananoque sur la carte, vu que toutes les rivières pertinentes étaient situées à l’ouest de cet endroit. C’est uniquement aux fins du scénario qu’on faisait référence à une armée de Fantasiens dans la région de Montréal. En d’autres termes, un scénario fictif était superposé à des cartes réelles.

Dans les exercices d’entraînement, il arrive souvent que certaines parties du Canada jouent le rôle de pays fictifs. Ce fut le cas récemment lors d’une série d’exercices visant à préparer les soldats au service outremer; à cette occasion, la topographie de la Bosnie avait été superposée sur la carte de l’Est ontarien. En outre, dans un autre exercice mené dans les provinces de l’Atlantique (MARCOT), Terre-Neuve a été séparée en deux pays fictifs. Nous devons procéder ainsi pour donner aux soldats un entraînement réaliste. Utiliser des lieux semblables à ceux où peuvent se dérouler des opérations militaires, et qui se trouvent à proximité de nos maisons d’enseignement, permet aux stagiaires de parcourir le terrain et d’analyser les problèmes du point de vue des alliés et de celui de l’ennemi.

Il est tout à fait nécessaire de mener des exercices de jeux de guerre, puisqu’il s’agit de l’un des piliers sur lesquels se construit une armée composée de professionnels. Ce genre d’outil d’instruction est essentiel à la formation de soldats capables d’effectuer des opérations en temps de paix et en temps de guerre. Cela dit, le responsable de l’instruction de l’Armée de terre a été chargé d’examiner tous les scénarios d’exercices pour en déceler les aspects controversés, afin de faire comprendre à tous les observateurs que ces exercices ont pour objet d’enseigner des concepts militaires et non de s’exercer à mettre en pratique des options militaires éventuelles.

Les documents employés dans le cadre de cet exercice ne sont pas classifiés; ils ne portent pas la cote Secret ou Très Secret, contrairement à ce qu’ont laissé entendre certains journalistes. Les rubriques EX SECRET ou EX TRÈS SECRET figurent dans le haut et le bas des pages des documents de l’exercice. Ces cotes de sécurité fictives ajoutent au réalisme de l’exercice et forcent les stagiaires à traiter les documents comme s’ils étaient classifiés pendant l’exercice.

Au sein des Forces canadiennes, il n’existe aucun plan d’urgence ayant trait à des scénarios pouvant éventuellement se produire au Québec.

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