Faire d’un peloton deux coups – La collaboration militaire du Canada avec le Brésil aide à renforcer Haïti

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Article / Le 22 août 2013

Par Michelle Ferguson

Le 21 juin, un peloton de 34 membres de l’Armée canadienne a quitté le pays à destination d’Haïti dans le cadre de l’opération Hamlet, la contribution militaire du Canada à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

Mais il a d’abord fait un léger détour par le Brésil, un des plus importants participants à la mission et un allié de taille pour le Canada et pour Haïti. Les membres du peloton ont pu profiter d’un entraînement offert par les Forces armées brésiliennes et ont été intégrés à un bataillon brésilien (BRABAT).

Les Canadiens font partie de la MINUSTAH depuis ses débuts en mai 2004, et cette participation a généralement pris la forme de cinq officiers supérieurs d’état-major fournissant de l’aide au quartier général relativement à la planification et à la coordination des opérations. L’arrivée du peloton du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, qui arrive de Valcartier, au Québec, signifie que le Canada est maintenant également en mesure de contribuer sur le plan tactique.

Dans le cadre de ce nouveau rôle, les membres des FAC affectés au bataillon brésilien aideront à assurer la sécurité et la stabilité dans un des secteurs les plus pauvres de l’hémisphère occidental.

Leur tâche principale est d’effectuer des patrouilles dans leur zone de responsabilité, mais ils se chargent également de monter la garde à leur camp et à d’autres points d’intérêt, ainsi que de mener des projets de coopération civilo-militaire (COCIM), comme la distribution d’eau potable dans des secteurs vulnérables au choléra.

« En bref, ils jouent les mêmes rôles que le peloton brésilien en soutenant le mandat de la composante militaire de la MINUSTAH d’assurer la sécurité en Haïti, ce qui permet aux autres organismes de l’ONU de favoriser la primauté du droit et de soutenir les habitants du pays », explique le colonel Stephen Cadden, commandant de la Force opérationnelle à Port-au-Prince.

Leur but est de tisser des liens plus solides avec la population haïtienne et de contribuer à l’effet positif global de la MINUSTAH, qui a été essentielle pour stabiliser la situation en Haïti en matière de sécurité.

« Le simple fait que nous parlions français est un énorme avantage », déclare le caporal David Fitzpatrick, un carabinier et chauffeur affecté à l’Op Hamlet. « Les habitants locaux nous font confiance et sont prêts à nous dire ce dont ils ont besoin et quels problèmes doivent être résolus. Je crois que, pendant notre bref séjour, nous pourrons réaliser de grands progrès et être d’une grande aide aux Haïtiens. »

Comme le Canada n’a jamais effectué de déploiement en Haïti dans ce contexte auparavant, les FAC ont accepté avec plaisir l’invitation des Forces armées brésiliennes d’assurer l’instruction du peloton au centre de formation au maintien de la paix de leur pays.

Les Brésiliens se trouvent ici depuis des années et comprennent parfaitement les exigences propres à ce théâtre particulier, explique le Col Cadden. Nos militaires sont bien entraînés, mais chaque mission est différente et l’instruction à laquelle ils ont assisté leur a permis d’être bien préparés pour les défis qu’ils devront relever en Haïti. »

Pendant trois semaines, les Canadiens ont participé à des exercices d’instruction tactique exhaustifs avec l’armée brésilienne à Cuiabá, au Brésil. Cette période d’instruction n’a pas seulement aidé à préparer les FAC à assumer leur nouveau rôle en Haïti, elle a également été vitale pour l’installation d’un climat de confiance entre le BRABAT et le peloton intégré.

Selon le soldat Demers-Dufour, carabinier au sein du 2e Bataillon du Royal 22e Régiment, l’instruction a été efficace à de multiples points de vue. « Elle nous a préparé à faire face à la plupart des situations auxquelles nous pourrions être confrontés en Haïti », explique-t-il.

Pendant cette période, les dirigeants du peloton ont également suivi des cours de langue afin d’être en mesure de travailler dans le contexte d’un bataillon dont la langue de travail est le portugais.

« Les approximations, les charades et les autres raccourcis nous permettent de communiquer dans le cadre d’une rencontre occasionnelle, mais en cas d’urgence, nous devons pouvoir transmettre des idées et de l’information clairement, » explique le Col Cadden. « Il est essentiel, pour la sécurité et l’efficacité de notre force, de veiller à ce que nos membres essentiels puissent parler couramment la langue de travail du bataillon. »

Ce n’est pas la première fois que le Canada et le Brésil collaborent en Haïti. En effet, nous avons également participé à deux initiatives de collaboration avec le Brésil en vue de soutenir le programme de vaccination en Haïti et de vaincre la violence urbaine dans ce pays pauvre.

L’affectation de membres des FAC au sein du BRABAT illustre bien l’engagement du Canada envers la paix et la sécurité dans la région et soutient « l’engagement dans les Amériques » du gouvernement du Canada, qui vise à la mise en place d’une approche collaborative pour la création d’un hémisphère plus prospère, plus sûr et plus démocratique.

La collaboration entre forces armées leur permet également de tirer profit de leurs spécialisations et de leur expérience respectives.

Les deux buts semblent peut-être de nature différente, mais ils sont en réalité très similaires en pratique.

« En général, il faut faire preuve de patience, de compassion et de sensibilité culturelle pour assurer la collaboration entre forces armées et la mise en place d’une sécurité et d’une stabilité durables en Haïti », explique le Col Cadden.

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