Gardiens de la frontière : des officiers canadiens soutiennent la mission de paix des Nations Unies au Moyen-Orient

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Article / Le 1 décembre 2016

Alors que le soleil se lève au Moyen-Orient, des observateurs militaires des Nations Unies (UNMO) se trouvant à Tibériade, sur les rives de la mer de Galilée, et à Tyr, près de la mer Méditerranée, chargent leurs véhicules d’équipement de protection individuelle et de trousses de premiers soins. Les ondes radio s’animent avec l’heure de pointe matinale alors que les patrouilles quittent, laissant l’arôme unique des vapeurs de diesel et du café derrière elles.

Pendant ce temps, sur le plateau du Golan occupé, d’autres observateurs observent les rituels quotidiens du passage de la nuit au jour en éteignant les caméras thermiques ainsi que les bruyantes génératrices pour remplacer ces dernières par de silencieux panneaux solaires. Plus loin à l’intérieur des terres à partir de Tyr, d’autres UNMO chargent leurs véhicules de patrouille blindés pour passer une autre journée sur la ligne bleue, la frontière entre le Liban et Israël.

C’est le début d’une autre journée pour les quatre officiers des Forces armées canadiennes affectés à l’opération JADE. Ils accomplissent les tâches des UNMO, c’est-à-dire l’observation, la présentation de rapports, les inspections et les enquêtes en soutien à l’Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST), qui représente la plus longue mission de l’ONU et du Canada.

Deux officiers canadiens font partie du groupe d’observateurs du Liban et les deux autres, y compris le major Adrian Fyfe, qui commande la force opérationnelle, font partie du groupe d’observateurs du Golan. Tous les quatre font partie de différentes équipes aux côtés d’officiers provenant de plus de 30 pays.

Les origines de l’ONUST remontent au conflit qui a éclaté en mai 1948 suite à l’abandon par le Royaume-Uni de son mandat relativement à la Palestine et à la proclamation de l’État d’Israël. Les observateurs militaires de l’ONUST ont également répondu aux guerres de 1956, de 1967 et de 1973. Plus récemment, l’ONUST a réagi et s’est adapté au changement de la situation en matière de sécurité au Liban et à la guerre civile en Syrie.

Chaque jour, le major Fyfe et ses collègues UNMO de l’équipe Eagle établissent un poste d’observation temporaire sur le mont Bental surplombant les ruines de la ville syrienne d’al Quanaytirah, qui a été le théâtre de certains des pires combats au cours des derniers mois.

Comme il s’agit du seul poste d’observation de l’ONU au monde auquel les civils ont accès librement, ils reçoivent chaque jour des autobus remplis de touristes qui veulent observer la guerre civile qui se déroule à peine à quelques kilomètres à l’Est. Chaque jour, les UNMO répondent à la même question : « Pourquoi êtes-vous ici? »

« Tout simplement, nous nous trouvons au Golan pour observer l’accord de 1974 sur la séparation signé par la Syrie et par Israël, explique le major Fyfe. En réalité, nous observons fréquemment ce que nous appelons des tirs de débordement : des tirs d’artillerie et de mortier, ainsi que de mitrailleuses, provenant de la guerre civile syrienne, qui arrivent dans des territoires contrôlés par Israël. »

Si des tirs de débordement sont observés, les UNMO signaleront l’infraction avant de commencer une patrouille, qui se rendra souvent jusqu’à la clôture technique qui sépare les territoires contrôlés par les Syriens et les Israéliens, dans le but de mener une enquête sur le lieu d’impact. Il est arrivé que ces enquêtes se déroulent à portée de voix des forces rebelles.

Un capitaine canadien partage son temps entre deux postes d’observation, un à distance visible du mont Bental, l’autre dans les contreforts du mont Hermon, et ce dernier peut recevoir jusqu’à six pieds de neige en hiver. Il travaille avec deux autres UNMO et passe ses journées à s’occuper de la plateforme d’observation pendant jusqu’à huit heures, à effectuer de l’entretien de routine, à former les nouveaux UNMO, à aider à la cuisine et à prendre des pauses de temps en temps.

Les quarts de nuits sont rarement tranquilles, et le capitaine a raconté avoir observé plus de 200 impacts d’artillerie en huit heures dans un village local situé à environ trois kilomètres de son poste d’observation.

Un autre membre de la force opérationnelle, un major, habite dans une ville côtière de la Méditerranée mais travaille fréquemment à partir d’une petite pièce dans une base de patrouille à l’intérieur des terres. Chaque jour, il patrouille dans un véhicule blindé pendant huit heures pour surveiller la frontière entre le Liban et Israël.

« La région compte son lot de tension, mais mes coéquipiers accomplissent leurs tâches avec le calme auquel on s’attend de la part des UNMO canadiens, déclare le major Fyfe. Après tout, nous avons tous suivi un excellent cours au Centre de formation pour le soutien de la paix à Kingston avant notre déploiement. »

Leurs journées sont longues et exigeantes, mais les membres du contingent canadien apportent une contribution importante à l’ONUST.

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