L’intégration des perspectives sur l’égalité entre les sexes rend les opérations militaires plus efficaces : conseiller en matière d’égalité entre les sexes

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Article / Le 8 mars 2017

Rédigé par : Lucy Ellis, Affaires publiques du Commandement des opérations interarmées du Canada

Imaginez être envoyé dans une mission humanitaire. Aideriez-vous un jeune garçon et une dame âgée de la même façon? Tenteriez-vous de répondre à leurs besoins spécifiques? Si les chefs de la ville étaient tous des hommes, parleriez-vous uniquement à eux? Ou parleriez-vous aussi aux femmes locales?

En fin de compte, la mission est une plus grande réussite lorsque vous prenez en considération tout le monde. Voilà pourquoi les perspectives sur l’égalité entre les sexes sont importantes.

« Intégrer les perspectives sur l’égalité entre les sexes c’est plus qu’une simple question de sexe : c’est une question d’éducation, de religion, de culture et d’ethnicité. Ce sont tous des facteurs, » explique le lieutenant-colonel Jody Hanson, la conseillère en matière d’égalité entre les sexes du Commandement des opérations interarmées du Canada.

Le poste du lieutenant-colonel Hanson est relativement récent. Celle-ci, ainsi que deux de ses collègues, conseillent respectivement le chef d’état-major et le commandant du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada à titre de premiers conseillers en matière d’égalité entre les sexes des Forces armées canadiennes (FAC). Ils tracent la voie pour rendre les opérations des FAC plus efficaces en tenant compte des considérations à l’appui de l’approche exhaustive adoptée par le Canada pour ses missions partout dans le monde.

« Si nous comprenons les groupes de personnes dans les régions où nous déployons des membres des FAC, et si nous comprenons leurs besoins, nous pouvons tenter d’y répondre dès le processus de planification, » indique le lieutenant-colonel Hanson. « Si nous planifions en tenant compte de ces éléments, nous assurons notre réussite, car nous donnons aux troupes sur le terrain les outils et les informations dont ils auront besoins. »

Les conseillers en matière d’égalité entre les sexes prennent en considération quatre principaux termes dans leur travail : la participation, la protection, la prévention, ainsi que le secours et le rétablissement.

« La participation souligne l’importance d’inclure les femmes au processus de rétablissement de la paix, » dit le lieutenant-colonel Hanson. « Nous tentons d’établir un sens de sécurité et de stabilité à long terme et la seule façon d’y arriver est de tenir compte de leur engagement, de leurs intérêts et de leur rétroaction. »

Un exemple est la Force opérationnelle suédoise-finnoise en Afghanistan en 2012. Dans un village, la situation était si dangereuse que les enseignantes ont arrêté de travailler dans les écoles, ce qui signifie que les jeunes filles ne pouvaient plus aller à l’école. Les militaires ont installé un point de contrôle de sécurité qui a permis à certaines des enseignantes de retourner au travail. Lorsque les militaires ont décidé d’installer un autre point de contrôle de sécurité, ils ont demandé aux enseignantes à quel endroit le placer pour rendre l’école plus sécuritaire. En fin de compte, la plupart des enseignantes et des jeunes filles sont revenues à l’école et les militaires ont réussi à mieux comprendre la dynamique de sécurité de la région.

La protection et la prévention consistent tous deux à éliminer la violence sexuelle liée aux conflits, mais de différentes façons. La protection consiste à prendre des mesures pour assurer la sécurité de tous, femmes, hommes, filles et garçons. La prévention consiste à créer des politiques et des programmes pour changer la culture concernant la violence sexuelle.

Finalement, le thème de secours et de rétablissement consiste à s’assurer que tous aient accès à l’aide humanitaire et à l’aide au développement.

L’objectif est de sensibiliser tous les membres des FAC aux perspectives sur l’égalité entre les sexes et d’avoir des conseillers en matière d’égalité entre les sexes prêts à être affectés à des opérations. Au fil du temps, ces enjeux devraient être automatiquement pris en considération, et ce, à toutes les étapes du travail.

Lorsque les gens planifieront et effectueront des opérations à venir, ils prendront un moment pour penser : « Notre opération a-t-elle des répercussions négatives sur quelqu’un? Oublions-nous quelqu’un par inadvertance ou cette personne est-elle désavantagée par notre opération? Si oui, pouvons-nous modifier l’opération de façon à éliminer ces répercussions négatives ou à les atténuer, » demande le lieutenant-colonel Hanson.

L’institutionnalisation de cette façon de penser prendra du temps, mais le lieutenant-colonel Hanson est enthousiaste face aux progrès réalisés. Il lui tarde de voir des conseillers canadiens en matière d’égalité entre les sexes déployés pour des opérations.

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