Le trouble de stress post-traumatique

Documentation / Le 13 janvier 2016 / Numéro de projet : BG 16.00X

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble psychiatrique qu’on pourrait décrire comme étant une réaction extrême à l’exposition à un traumatisme.

Le TPST peut survenir à la suite d’une exposition directe ou indirecte à la mort, à une menace de mort, à une blessure grave ou à de la violence sexuelle. L’exposition directe survient lorsqu’un individu vit un ou plusieurs événements traumatiques ou qu’il est témoin de tels événements qui sont vécus par d’autres personnes. L’exposition indirecte survient quant à elle lorsqu’un individu apprend qu’un événement traumatique a touché des proches ou lorsqu’il est exposé aux détails d’un tel événement dans le cadre de son travail, comme un policier. Les expériences traumatiques peuvent être vécues lors de catastrophes naturelles, de crimes, d’accidents, de guerres ou de conflits, ou encore lors d’autres événements constituant une menace à la sécurité ou à la vie.

Le trouble se caractérise par une variété de symptômes qu’on peut généralement regrouper en quatre catégories :

  • réviviscence (cauchemars, flashbacks et autres formes de détresse psychologique intense et prolongée);
  • évitement (évitement des souvenirs, pensées et sentiments douloureux et des éléments externes qui rappellent à la personne l’événement traumatisant);
  • cognition et humeur négatives (sentiment de blâme persistent et déformé envers soi-même ou envers les autres, éloignement par rapport aux autres ou baisse d’intérêt marquée envers les activités, et/ou incapacité de se souvenir des éléments clés de l’événement);
  • état d’alerte (hypervigilance, comportement téméraire ou autodestructeur, irritabilité ou accès de colère et troubles du sommeil).

Pour établir un diagnostic de TSPT, il faut qu’une certaine proportion de ces symptômes soient présents pendant plus d’un mois, qu’ils causent une détresse importante et qu’ils nuisent à la capacité du patient de bien fonctionner.

Comme c’est le cas pour la majorité des maladies mentales, les processus biologiques du TSPT ne sont pas totalement compris. On ne peut expliquer pourquoi chez des personnes qui vivent le même événement, certaines développeront le TSPT tandis que d’autres ne ressentiront aucuns symptômes.

Il n’en demeure pas moins que l’on comprend de mieux en mieux les aspects psychologiques et biologiques du TSPT. Les Forces armées canadiennes mènent d’importantes recherches concernant les facteurs de risque et de résilience associés à la maladie. Les Services de santé des Forces canadiennes (SSFC) s’appuient également sur les résultats de recherche et les connaissances actuelles pour procéder à des tests de dépistage du TSPT, et pour offrir de la formation à ce sujet.

Chez les militaires des FAC, le TSPT est d’abord traité par les médecins des cliniques des FAC, plus précisément dans les sept centres de soins pour trauma et stress opérationnels (CSTSO) régionaux. Les médecins des FC ont le souci d’offrir des traitements fondés sur l’expérience clinique qui incluent de la médication et une thérapie d’exposition adaptée à chaque patient. La plupart des patients ayant reçu un diagnostic de TSPT réagissent bien au traitement. Dans les cas où un rétablissement complet n’est pas envisageable, les fournisseurs de soins aident les patients à atteindre la meilleure qualité de vie possible au moyen de stratégies qui contribuent à atténuer leurs symptômes.

Le TSPT dans les FAC

L’enquête de 2013 sur la santé mentale dans les Forces canadiennes fournit la meilleure estimation actuelle quant à la prévalence du TPST chez les militaires actifs. Des employés de Statistique Canada ont interviewé en personne 8200 militaires des FAC, évaluant les symptômes de ceux qui souffraient du TPST au moment de l’entrevue et de ceux qui en ont souffert dans le passé. Parmi les participants à l’enquête, 11,1 % ont répondu aux critères de diagnostic du TPST à un moment dans leur vie, et 5,3 % d’entre eux répondaient à ces critères au moment de l’enquête ou au cours de l’année précédente. Ces estimations sont utiles parce qu’elles englobent ceux qui ont été soignés et ceux qui ne l’ont pas été.

La plupart des militaires des FC qui se déploient dans le cadre d’opérations ne développent pas le TSPT. Selon une étude réalisée en 2001 sur l’incidence cumulative du TSPT et d’autres troubles mentaux, on estime que 8 % des militaires déployés ont reçu un diagnostic de TSPT. Cette étude, qui comprend l’examen des dossiers médicaux d’un échantillon aléatoire stratifié de 2014 militaires, permet d’obtenir une estimation scientifique des plus rigoureuses des militaires des FC ayant reçu un diagnostic de TSPT après avoir été déployés en Afghanistan. La population à l’étude incluait l’ensemble des 30 513 militaires de retour de mission en Afghanistan du 1er octobre 2001 au 31 décembre 2008. Il s’agit de la première étude qui s’appuie sur les diagnostics cliniques établis par des professionnels en santé mentale plutôt que sur un questionnaire d’autoévaluation.

Le TSPT lié à l’Afghanistan était plus commun chez ceux qui ont été déployés dans des zones à haut risque, comme Kandahar ou Kaboul, que dans les zones à plus faible risque comme le golfe Persique ou le camp Mirage. On observe chez les militaires de l’Armée de terre et les militaires du rang subalternes une plus grande incidence cumulative du TSPT lié à la mission en Afghanistan.

Bon nombre des militaires des FAC ayant reçu un diagnostic de TSPT sont en mesure de retourner au travail et d’assumer la totalité de leurs fonctions, tandis que d’autres restent dans les FAC mais voient leurs tâches modifiées. Dans les cas où les symptômes persistent, lorsque les exigences relatives au suivi médical du patient l’empêchent de participer à certains déploiements ou lorsqu’il y un risque important de récurrence si le patient est exposé de nouveau aux facteurs de stress liés à la vie militaire, la libération pour raisons médicales est probable.

La transition de la vie militaire à la vie civile peut s’avérer une expérience difficile pour beaucoup de militaires. C’est pourquoi les FAC et Anciens Combattants Canada (ACC) ont conclu un partenariat et ont bâti une solide relation pour veiller à ce que la transition vers les services fournis par ACC se fasse sans heurt. Avant d’être libéré, chaque militaire des FAC se voit assigner un infirmier ou une infirmière gestionnaire de cas, qui s’assure que tous les soins nécessaires fournis par ACC sont en place et qu’ils sont couverts par le régime d’assurance-maladie provincial.

Les membres de la direction à tous les échelons du Ministère de la défense nationale (MDN) et des FAC se sont engagés à fournir les meilleurs soins possibles aux militaires et continuera de trouver des solutions pour améliorer les services et l’accès aux programmes en santé mentale.

Dépistage, surveillance et prévention

Les SSFC offrent de nombreux programmes visant à prévenir ou à atténuer les effets du stress. Ces programmes éducatifs sont offerts aux dirigeants à différents échelons et couvent l’ensemble des cycles de déploiement et de carrière. Les cours de promotion de la santé d’Énergiser les Forces sont ouverts à tous les militaires. Ces cours visent à transmettre des connaissances de base en santé mentale et à faire tomber les préjugés parmi les militaires des FAC. Ils comportent aussi des formations relatives à diverses techniques de gestion du stress pouvant être utilisées avant, pendant ou après un événement stressant comme un combat. Les cours abordent des questions comme la gestion du stress et de la colère, la mise en place d’un mode de vie sain à la maison, l’intervention face au suicide et la sensibilisation aux dépendances.

Les militaires des FAC subissent un test de dépistage en santé mentale dans le cadre de leur évaluation pré-déploiement. Les militaires qui se déploient subissent également un test de dépistage psychosocial, mené par un aumônier ou par un spécialiste de la santé mentale.

Avant d’être déployés, les militaires participent au programme En route vers la préparation mentale (RVPM) des FAC, qui consiste en un programme d’éducation et de formation en résilience psychologique qui combine l’apprentissage en salle de cours et l’apprentissage interactif pour aider les participants à comprendre :

  • la relation entre la santé mentale, la performance et les opérations militaires;
  • les réactions physiologiques au stress et l’acquisition de compétences pour gérer ces réactions;
  • certaines des difficultés extrêmes pouvant survenir en cours d’opérations;
  • l’impact des valeurs, des croyances et des motivations profondes sur l’état de préparation mentale;
  • le rôle du soutien social dans la santé et le bien-être;
  • diverses stratégies pour gérer les demandes stressantes et atténuer les effets du stress à court et à long terme;
  • les défis familiaux associés au déploiement (des séances similaires sont ouvertes aux familles dans les centres de ressources pour les familles de militaires).

Le site Web du programme RVPM offre aux militaires et à leur famille un accès facile à divers renseignements sur les défis associés au déploiement et aux ressources qui leur sont offertes. Il ne s’agit pas seulement d’un outil servant à obtenir des renseignements plus concrets en ce qui a trait aux familles, il offre un aperçu général de la formation que reçoivent les militaires des FAC. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site Web du programme RVPM.

Par ailleurs, les militaires qui reviennent d’une opération internationale d’au moins 60 jours, ou certains militaires ayant été déployés moins longtemps, mais dans un milieu plus traumatisant, passent par un processus amélioré de dépistage postdéploiement. Ce processus a lieu de trois à six mois après leur retour au Canada. Le dépistage postdéploiement vise à mieux identifier les personnes qui ont des problèmes liés au déploiement, particulièrement des problèmes psychologiques. Les militaires des FAC remplissent un questionnaire détaillé sur la santé et passent une entrevue avec un professionnel de la santé mentale. Si nécessaire, un suivi est recommandé et mis en place.

En outre, la santé mentale des militaires des FAC est évaluée au moyen d’examens médicaux périodiques. On leur pose régulièrement des questions de dépistage portant sur le TSPT, la dépression, la dépendance, le suicide et sur d’autres problèmes de santé mentale, et on consigne leurs réponses, qui sont ajoutées à leur dossier dans le cadre d’un examen régulier.

Traitement

Les FAC ont mis en place un solide programme en matière de santé mentale qui permet de fournir des soins spécialisés aux militaires des FAC malades ou blessés et de mettre l’accent sur l’élimination des obstacles en matière de santé mentale. Quelques 454 spécialistes de la santé mentale travaillent dans nos cliniques. En outre, une part importante des soins de santé mentale est donnée par des fournisseurs de soins de première ligne.

La prestation des soins de santé mentale dans les FAC est guidée par des pratiques fondées sur l’expérience clinique. Les soins sont fournis par des équipes multidisciplinaires formées de cliniciens en soins primaires, de psychiatres, de psychologues, de travailleurs sociaux, d’infirmiers en santé mentale, de conseillers en dépendance et d’aumôniers spécialisés en santé mentale.

Les SSFC offrent des soins complets et individualisés aux militaires, notamment la psychothérapie (individuelle, en groupe, en couple) et l’accès aux médicaments au besoin. Dans les cas où une hospitalisation s’avèrerait nécessaire, les FAC entretiennent des relations de longue date avec divers établissements de soins civils pour s’assurer que les militaires obtiennent les soins dont ils ont besoin.

Les FAC offrent aux militaires une vaste gamme de services en matière de santé mentale. La prestation de ces services s’effectue par l’entremise de 37 cliniques de soins primaires, dont 31 offrent des services spécialisés en santé mentale, ainsi que par les sept CSTSO installés dans nos plus grandes cliniques.

Les CSTSO sont les centres d’excellence des FAC dans le traitement des blessures de stress opérationnel, notamment le TSPT. Les centres, qui sont situés à Edmonton, Esquimalt, Gagetown, Halifax, Ottawa, Petawawa et Valcartier, ont quatre mandats : évaluation, soins, sensibilisation (éducation) et recherche.

En plus de fournir des soins directs aux militaires des FAC, les centres jouent un rôle de leader au sein de la communauté dans le domaine de la santé mentale. Ainsi, ils ont établi des partenariats avec divers institutions civiles et établissements d’enseignement. Les spécialistes des FAC participent à divers projets d’avant-garde en matière de recherche, et se tournent continuellement vers leurs collègues du secteur civil et d’autres pays pour saisir toutes les occasions d’approfondir et d’enrichir les soins fournis.

ACC détient aussi des cliniques de traitement des blessures de stress opérationnel, où les militaires des FAC peuvent être dirigés vers des fournisseurs de soin dans le secteur civil.

En plus de déterminer l’incidence du TSPT parmi les militaires des FAC qui ont été déployés dans le cadre de la mission en Afghanistan de 2001 à 2008, le Rapport d'incidence cumulative du trouble de stress post-traumatique et d'autres troubles mentaux de 2011 s’est aussi intéressée à la proportion de ces militaires qui ont fait appel aux services spécialisés en santé mentale à leur retour de mission. L’étude démontre que près du tiers de tous les militaires ayant été déployés ont reçu des soins spécialisés en santé mentale après leur retour de mission. Ce chiffre est rassurant, puisqu’il indique que les militaires des FAC ont la volonté d’aller consulter pour recevoir des soins en santé mentale.

Soutien

Au-delà des différents traitements énumérés ci-dessus, il existe un certain nombre de programmes visant à soutenir les militaires des FAC souffrant du SSPT et d’autres affections. En voici quelques-uns :

Le Programme d’aide aux membres des FAC (1-800-268-7708) : Ce programme offre aux militaires des FAC et à leur famille des conseils et un service d’orientation. Il offre également, en toute confidentialité, un service de consultation externe (civil) à court terme (maximum de neuf séances) pour ceux qui en ont besoin.

Le programme de soutien social aux victimes de stress opérationnel (SSVSO) : consiste à offrir du soutien par les pairs et des consultations familiales aux militaires des FC souffrant du SSPT ou d’autres blessures de stress opérationnel.

  • Les centres de ressources pour les familles des militaires (CRFM) – dans toutes les grandes bases des FAC : Les 40 CRFM sont situés à proximité des installations des FAC à l’échelle du pays, aux États-Unis, et en Europe. Ces centres peuvent fournir des renseignements sur un large éventail de sujets qui intéressent les familles de militaires, notamment la santé mentale. Le personnel de ces centres est en mesure de diriger les membres des familles de militaires qui en ont le plus besoin vers les fournisseurs de services appropriés. Les CRFM peuvent fournir des services urgents d’hébergement, de financement et d’aide à l’enfance, ainsi que du soutien psychologique par l’entremise de services de consultation et d’aiguillage vers des programmes complémentaires offerts au grand public.
  • Un service d’intervention en cas de crise supplémentaire offert par un réseau composé de policiers militaires, de personnel médical, de travailleurs sociaux et d’aumôniers interconfessionnels.
  • Les militaires des FAC et leurs personnes à charge ont accès à l’ensemble des programmes, organismes et maisons d’hébergements de la communauté civile.

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