Les femmes dans les Forces armées canadiennes (FAC)

Documentation / Le 6 mars 2014 / Numéro de projet : BG-14 006

Introduction

La proportion de femmes au sein de son armée et les domaines dans lesquels elles peuvent servir font du Canada un chef mondial dans ce domaine. En effet, nos alliés ont en haute estime les Forces armées canadiennes (FAC), qu’ils considèrent à l’avant-garde en matière d’intégration des femmes dans l’armée.

Les femmes peuvent occuper n’importe quel poste au sein des FAC, y compris dans les métiers opérationnels, et peuvent servir partout. Pour tous les métiers des FAC, les possibilités de carrière et le processus de sélection pour l’instruction, la promotion et l’affectation sont les mêmes pour les hommes et les femmes; la sélection est faite en fonction du grade, des qualifications et du mérite.

Depuis plus de 100 ans, les femmes s’impliquent dans le service militaire au Canada et contribuent à la richesse de son histoire et de son patrimoine militaires. Elles se sont intégrées pleinement à tous les emplois et rôles depuis plus de 20 ans, à l’exception du service à bord de sous-marins, que la Marine royale canadienne a finalement rendu accessible aux femmes le 8 mars 2000.

Nous sommes dans une période d’effervescence pour les femmes, puisqu’il n’y a maintenant plus de limites pour elles sur le plan des possibilités de carrière au sein des FAC.

L’histoire des femmes dans les FC et l’évolution des politiques

Les femmes participent à la vie militaire canadienne depuis plus de 100 ans. Le nombre de femmes en uniforme a fluctué au cours des ans, et c’est pendant la Seconde Guerre mondiale que les FAC ont accueilli le plus grand nombre de femmes, alors que beaucoup d’entre elles accomplissaient des tâches non traditionnelles. Après une réduction importante de l’effectif des FAC à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la Marine royale canadienne (MRC), l’Armée canadienne (AC) et l’Aviation royale du Canada (ARC) ont de nouveau permis aux femmes de s’enrôler au début des années 1950, bien que leur engagement se limitait alors à des rôles traditionnels dans les domaines de la médecine, des communications, de la logistique et de l’administration.

Le rôle des femmes dans les FAC a commencé à gagner en importance en 1971 après l’examen du Ministère des recommandations faites par la Commission royale d’enquête sur la condition féminine au Canada. Le Ministère a relevé à 1 500 le plafond limitant le nombre de femmes et a graduellement accru les possibilités d’emploi dans des secteurs non traditionnels, notamment la conduite et la mécanique automobile, la mécanique d’aéronefs, le contrôle de la circulation aérienne, la police militaire et la lutte contre les incendies.

Le Ministère a de nouveau examiné ses politiques en matière de personnel en 1978 et en 1985, après la promulgation, par le Parlement, de la Loi canadienne sur les droits de la personne et l’établissement de la Charte canadienne des droits et libertés. À la suite de ces examens, le Ministère a modifié ses politiques dans le but de permettre aux femmes de servir à bord des navires de ravitaillement et des embarcations-supports pour plongeurs, dans les bataillons des services de l’Armée de terre, dans les pelotons de la police militaire, dans les unités affectées aux ambulances de campagne et dans la plupart des escadrons aériens.

Au cours du dernier siècle, les femmes qui ont servi dans la Marine, l’Armée de terre et la Force aérienne du Canada ont dû surmonter de rudes épreuves. C’est leur détermination, leur dévouement et leur professionnalisme qui ont ouvert la porte à tant d’autres femmes. Ces femmes courageuses ont dû relever de nombreux défis alors qu’elles faisaient leur entrée dans ce qui avait toujours été un milieu masculin. Elles devaient non seulement prouver qu’elles pouvaient faire le travail et y exceller, mais avant tout prouver que, si on leur en donnait l’occasion, elles ne failliraient pas à la tâche. C’est un gigantesque défi que les femmes ont relevé avec espoir, avec courage et surtout avec succès. Aujourd’hui, les femmes participent à de nombreuses opérations sur la scène internationale, notamment des opérations de maintien de la paix, de la stabilité ou de la sécurité, de même que des opérations d’aide humanitaire et d’imposition de la paix.

Les femmes au combat

En 1987, les postes et les unités dont le rôle principal était la préparation à une participation directe à des combats sur terre ou en mer, soit l’infanterie, les corps blindés, l’artillerie de campagne, l’artillerie antiaérienne, les transmissions, le génie et les opérations navales, étaient toujours interdits aux femmes. Le 5 février 1987, le ministre de la Défense nationale procédait à la création d’un bureau chargé d’étudier les répercussions de la présence d’hommes et de femmes dans les unités de combat. Ces essais ont eu lieu dans le cadre du Programme d’emploi des femmes dans des postes liés au combat.

L’accès à tous les postes militaires a été ouvert aux femmes en 1989, à l’exception du service à bord d’un sous-marin, qui ne leur a été accessible qu’en 2001. L’intégration des femmes dans les unités de combat a permis de doubler, dans les années 1990, le bassin de recrutement. Elle a également offert la possibilité à tous les citoyens canadiens de servir leur pays en fonction de leurs capacités.

De nos jours, les tenues et l’équipement opérationnels doivent convenir à une force mixte. Les tenues et bottes de combat, les casques, les sacs à dos et les vestes pare-éclats sont toutes conçus selon le même modèle, mais sont disponibles en différentes tailles, ce qui permet de fournir aux militaires le maximum de protection et de confort. Les tenues de cérémonie des FC sont offertes en versions féminine et masculine. Les deux uniformes sont conçus selon le même modèle, mais l’uniforme féminin est taillé pour s’ajuster à la silhouette féminine. Par ailleurs, les femmes reçoivent une compensation financière annuelle pour l’achat de soutien-gorge.

Statistiques

En janvier 2014, le pourcentage des femmes qui faisaient partie de la Force régulière et de la Première réserve des FAC s’établissait à 14,8 pour cent, alors que plus de 9 400 femmes étaient engagées dans la Force régulière, et plus de 4 800, dans la Première réserve. 

L’Aviation royale canadienne compte le plus haut pourcentage de femmes, à savoir 18,7 pour cent de ses effectifs. La Marine royale canadienne n’est pas loin derrière, avec 18,4 pour cent de femmes; pour l’Armée de terre, c’est 12,4 pour cent. De nos jours, les femmes qui se joignent aux FAC se voient offrir l’éventail complet des options en matière de postes et de perspectives de carrière.

Moins de 500 soldats, marins et pilotes, hommes et femmes, sont actuellement en service au sein de forces opérationnelles déployées dans le cadre d’opérations expéditionnaires sous le commandement des opérations interarmées canadiennes. Bien que les FAC ne recensent pas le sexe des militaires déployés, on peut affirmer sans se tromper qu’il y a de bonnes chances pour que des femmes participent à la majorité de nos missions.

 

Marine royal canadienneArmée canadienneAviation royal canadienne
  • Commis de soutien à la gestion des ressources
  • Communicateur naval
  • Logistique maritime
  • Officier des opérations maritimes de surface et sous-marines
  • Technicien en approvisionnement
  • Commis de soutien à la gestion des ressources
  • Technicien en approvisionnement
  • Technicien médical
  • Logistique terrestre
  • Commis de soutien à la gestion des ressources
  • Technicien en approvisionnement
  • Logistique aérienne
  • Génie aérospatial
  • Technicien des mouvements

Analyse des tendances

En analysant les données démographiques et les processus des FAC, le Ministère pourra repérer tous les obstacles qui nuisent à la carrière militaire des femmes. Les recherches se poursuivent entre autres sur les barrières systémiques, la libération des Forces, l’enrôlement, les offres d’engagement pour une période indéterminée, les résultats comparatifs des examens du rendement et les attributions de prix.

Initiatives

Étant donné que la diversité en milieu de travail devient un objectif de plus en plus important, les politiques en matière de parité hommes-femmes bénéficient d’une plus grande attention. Des initiatives sont en cours pour uniformiser les règles dans les FAC. Ces initiatives visent à éliminer les pratiques et les attitudes discriminatoires plutôt qu’à accorder des privilèges ou des conditions spéciales. Voici quelques-unes de ces initiatives :

a) Recrutement et maintien de l’effectif

Le Ministère a l’intention de lancer une campagne de recrutement actif qui montre les femmes dans tous les rôles des FAC. Le but de la campagne est d’attirer davantage de femmes dans les FC, en particulier dans les opérations de combat. Les FAC recrutent activement les femmes pour des possibilités de carrière intéressantes, qui offrent une excellente formation ainsi qu’un salaire gratifiant et des avantages sociaux concurrentiels. Pour promouvoir la diversité et l’inclusivité, les FAC ont établi des cibles de représentation féminine, et elles surveillent les progrès relativement à l’atteinte de ces objectifs.  

Le Groupe du recrutement des Forces canadiennes tient régulièrement des activités de liaison avec les associations professionnelles de femmes, les éducatrices et les étudiantes, afin de les sensibiliser à l’égard de ces possibilités de carrière. Le Groupe du recrutement des Forces canadiennes participe également à des salons des carrières orientés vers une clientèle féminine. Les FC ont recours à des mesures proactives spéciales relativement au recrutement, au perfectionnement professionnel et au maintien en poste de leur effectif féminin, en vue d’assurer le caractère diversifié et inclusif des FAC de demain.

b) Groupes consultatifs

Les FAC appuient les activités de chacun des quatre groupes consultatifs de la Défense sur l’Equité en matière d’emploi désignés par la Loi sur l’équité en matière d’emploi, y compris l’Organisation consultative des femmes de la Défense. L’objectif des groupes consultatifs de la Défense, tant au niveau national que local, est de consulter les membres de certains groupes ainsi que de fournir des conseils et des renseignements à la direction de ces groupes sur des enjeux qui les concernent et sur la mise en œuvre de l’équité en matière d’emploi.  

Les groupes consultatifs aident la direction à mettre en œuvre les plans d’action de l’équité en matière d’emploi, fournissent une orientation aux centres de ressources, harmonisent les relations entre les membres des quatre groupes désignés, accroissent les taux de maintien des effectifs et mettent en place des équipes évolutives et viables ainsi que des environnements de travail productifs. Ces groupes ont le mandat de discuter de l’amélioration des politiques relatives à l’équité en matière d’emploi, d’encourager l’élaboration de nouvelles stratégies liées au recrutement et au maintien de l’effectif de même que de favoriser des environnements de travail positifs.

En mars de chaque année, les Canadiens célèbrent la Semaine internationale de la femme, dont le point saillant est la Journée internationale de la femme. La Journée internationale de la femme marque la célébration des réalisations économiques, sociales, culturelles et politiques des femmes partout dans le monde. La première Journée internationale de la femme a eu lieu le 19 mars 1911, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et dans d’autres pays d’Europe. En 1977, les Nations Unies ont désigné le 8 mars comme étant la Journée internationale de la femme. Cette journée spéciale offre l’occasion de célébrer les progrès vers l’égalité des femmes et de réfléchir à des mesures menant à l’égalité des femmes dans toute leur diversité.  

Dans l’histoire militaire canadienne, nous pouvons revenir plus d’un siècle en arrière pour constater la grande contribution des femmes au développement du Canada. Pour en savoir davantage sur la Journée internationale de la femme, visitez le site Web de Condition féminine Canada, à http://www.swc-cfc.gc.ca.

c) Liaison avec d’autres organisations et d’autres pays

Le Canada participe au Comité de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) sur la dimension de genre, qui s’appelait auparavant le Comité du personnel féminin dans les forces de l’OTAN. Le Comité de l’Organisation sur la dimension de genre fait porter le gros de ses efforts sur la mise en application de certaines résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui concernent des enjeux comme l’intégration des femmes et des filles dans le processus de paix, la protection des femmes pendant et après les conflits, la prévention des sévices sexuels contre les femmes et les enfants pendant les conflits, ainsi que la formation préalable au déploiement du personnel militaire et policier sur la protection, les droits et les besoins particuliers des femmes.

Des pays qui doivent encore résoudre des problèmes liés à la participation des femmes dans les combats, notamment l’Australie, le Chili, l’Allemagne, le Pérou, le Royaume-Uni et les États-Unis, s’adressent souvent au Ministère pour obtenir des renseignements sur l’intégration des hommes et des femmes. Le Canada a contribué d’un point de vue national aux discussions de l’OTAN sur l’intégration de la dimension de genre et les « meilleures pratiques » dans les opérations menées par l’OTAN.

d) Formation et sensibilisation sur la diversité

Tous les militaires des FC doivent bien comprendre l’équité en matière d’emploi et la diversité ainsi que les avantages de ces objectifs dans l’organisation. Ils bénéficient tous d’une formation et de séances d’information tout au long de leur carrière, et ils ont un accès direct, par l’intermédiaire de leur chaîne de commandement, aux dernières informations sur l’équité en matière d’emploi et la diversité. Le Ministère procède également à une analyse des besoins, afin de déterminer la meilleure façon, pour le personnel, d’assurer la prestation de la formation sur la diversité à tous les militaires des FAC.

Une formation de base sur la diversité est donnée aux officiers et aux militaires du rang, et une formation plus avancée est fournie dans les cours avancés de qualification en leadership. Le programme de formation comprend des séances d’information sur les politiques des FAC relatives à la conduite du personnel, notamment la prévention et la résolution des cas de harcèlement, la conduite et les relations entre les membres du personnel de même que l’inconduite et le harcèlement sexuels. Tous les militaires des FAC apprennent que l’inconduite et le harcèlement sexuels ne sont pas tolérés, et qu’un militaire des FAC qui est trouvé coupable d’inconduite sexuelle peut faire l’objet de mesures disciplinaires et administratives pouvant mener au licenciement.

Avant un déploiement opérationnel ou humanitaire, le personnel des FAC reçoit une formation particulière sur le Code de conduite militaire, les droits de la personne, l’éthique et le comportement, les différences entre la dimension de genre et la culture. Cette formation comprend des instructions sur la protection des femmes, des enfants et des populations vulnérables durant les conflits.

e) Soutien familial

Les êtres chers des militaires des FAC jouent un rôle de premier plan dans la réussite de ces derniers, hommes et femmes. Les FAC ont l’obligation morale de fournir un soutien aux militaires et à leur famille ainsi que d’atténuer les tensions entre la carrière et la vie familiale. Des facteurs comme la garde des enfants, l’emploi du conjoint, le manque de stabilité géographique, les congés de maternité et la monoparentalité contribuent tous au départ des femmes des FAC. Les FAC révisent en permanence et modifient les politiques relatives au personnel de façon à ce que les militaires des FAC, hommes et femmes, puissent établir un meilleur équilibre entre le service militaire et les responsabilités familiales.

Les FAC s’engagent à veiller à ce que les familles des militaires reçoivent les renseignements et les services dont elles ont besoin à l’égard de leur mode de vie particulier et souvent exigeant. Le Programme des services aux familles des militaires, créé en 1991, répond aux besoins toujours changeants des familles. En 2011, deux nouveaux services ont été lancés, soit le site Web FamilyForce.ca (www.familyforce.ca/splash.aspx) et la ligne d’information pour les familles (www.familyforce.ca/sites/FIL/EN/Pages/default.aspx), afin que les familles soient mieux informées, tissent des liens et se sentent plus concernées. Ces nouvelles initiatives permettront aux familles d’avoir accès à une manne de ressources et de programmes existants de même qu’elles les rendront plus sensibles aux services disponibles. Les déménagements fréquents étant le lot de nombreuses familles de militaires, il s’avère plus important encore que celles‑ci apprennent à connaître leur nouvelle collectivité et découvrent les ressources, les programmes et les services disponibles.

L’avenir

L’histoire des femmes dans le service militaire canadien fait partie intégrante de notre patrimoine militaire national et les réalisations des femmes contribuent à l’intégration complète et équitable des femmes dans notre société et nos institutions nationales.

Le recrutement et le maintien des effectifs militaires constituent des priorités pour les FAC et le gouvernement du Canada. Les FAC se sont engagées à offrir un environnement de travail chaleureux, juste et positif à tous les militaires, tout en mettant en œuvre de nouvelles stratégies de recrutement, notamment l’établissement de possibilités d’emploi flexibles qui attireront davantage les femmes et leur permettront d’exceller dans leurs fonctions.

Pour promouvoir la diversité et l’inclusivité, les FAC établissent des cibles de représentation féminine et surveillent les progrès réalisés. Il est reconnu que l’atteinte des cibles liées à la représentation constitue un objectif à long terme. Le but immédiat est la constatation de progrès, sous la forme d’une conformité à la Loi sur l’équité en matière d’emploiet d’un accroissement de la représentation féminine. Le plan révisé des FAC sur l’équité en matière d’emploi (novembre 2010) établit l’objectif à long terme d’équité en matière d’emploi pour les femmes à 25,1 %.

Quel que soit leur genre, leur groupe ethnique, leur religion ou leur culture, les militaires des FAC partagent les mêmes objectifs : protéger le Canada, ses intérêts et ses valeurs et contribuer à la paix et à la sécurité dans le monde.

Foire aux questions – Intégration des femmes

Q1. Combien y a-t-il de femmes en service qui occupent des rôles « de première ligne »?

R1. En ce qui concerne les femmes en service ayant des rôles « de première ligne », on peut affirmer sans se tromper que des femmes participent actuellement à la majorité des missions des FAC. Par exemple, les femmes représentaient 10 pour cent des effectifs des FAC lors de l’opération Athena, une mission de combat de 10 ans en Afghanistan; elles occupaient divers postes avec des rôles « de première ligne », y compris dans le domaine des armes de combat.

Q2. Après l’intégration des femmes, les FAC ont-elles mené des recherches sur les problèmes survenus au cours du processus d’intégration?

R2. Puisqu’il n’y a plus aucune restriction quant à l’emploi de femmes au sein des FAC, leur intégration est désormais considérée comme un fait accompli. Il n’y a donc pas de recherche prévue sur les femmes en service au combat ou occupant des rôles « de première ligne ». À notre connaissance, il n’y a pas eu de problèmes d’intégration liés à l’emploi de femmes dans le domaine des armes de combat. Cela étant dit, les FAC travaillent activement à l’accroissement de la représentation des femmes. Les FAC sont constamment à l’affût des tendances actuelles quant à la représentation, au recrutement et à l’attrition des femmes. Pour ce faire, elles procèdent à des sondages, ont recours à des groupes consultatifs pour identifier les problèmes et les défis éventuels, et appliquent les recommandations formulées dans le plan d’équité en matière d’emploi des FAC.

Q3. Les FAC ont rapidement intégré les femmes. Ont-elles demandé conseil à d’autres pays qui avaient déjà procédé à une telle intégration?

R3. Oui. Dans les années 1980, le Canada a consulté des alliés qui avaient intégré des femmes à leurs armes de combat, comme le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège; les résultats ne furent pas concluants, puisqu’à l’époque, ces pays comptaient très peu de femmes aux armes de combat.

Pendant plus de 10 ans, les FAC ont donc fait leurs propres recherches et essais, en confiant des postes de combat à des femmes au sein de quelques unités et à l’occasion de quelques déploiements. Les essais ont démontré qu’il n’y avait aucune raison d’exclure les femmes de certains rôles et, grâce à une bonne politique et à des pratiques de direction positives visant l’intégration des femmes au sein des FAC, l’intégration fut couronnée de succès.

De nos jours, la proportion de femmes au sein de son armée et les domaines dans lesquels elles peuvent servir font du Canada un chef mondial. En effet, nos alliés ont en haute estime les FAC, qu’ils considèrent à l’avant-garde en matière d’intégration des femmes dans l’armée.

Armée de terre

Q4. Combien y a-t-il de femmes au sein de l’Armée canadienne?

R4. Le pourcentage de femmes au sein de l’Armée canadienne, qui comprend la Force régulière et la Première réserve, est de 14.8 pour cent.

Q5. En quoi consistent les armes de combat?

R5. Le terme « armes de combat » regroupe les quatre groupes professionnels axés sur le combat au sein de l’Armée canadienne : l’arme blindée, l’artillerie, l’infanterie et le génie de combat.

Q6. Quelle est la représentation des femmes dans le domaine des armes de combat?

R6. Actuellement, la section des armes de combat de la Force régulière compte environ 2,4 pour cent de femmes, alors que celle de la Première réserve en compte autour de 5,6 pour cent.

Q7. Quels groupes professionnels liés aux armes de combat comptent la plus grande proportion de femmes?

R7. Actuellement, les groupes professionnels d’officiers liés aux armes de combat qui comptent la plus grande proportion de femmes sont l’artillerie et le génie de combat. Parmi les groupes professionnels de militaires de rang liés aux armes de combat, l’artillerie et l’arme blindée sont ceux qui comptent la plus grande proportion de femmes.

Q8. Pourquoi certains groupes de professionnels liés aux armes de combat comptent plus de femmes que d’autres?

R8. Rien dans la structure même des FAC ne permet d’expliquer pourquoi les effectifs féminins des différents groupes professionnels liés aux armes de combat diffèrent. En ce qui concerne l’emploi des femmes, les armes de combat sont considérées comme l’un des groupes professionnels les moins traditionnels des FAC. Il y a ce que nous appelons le « facteur englobe les conditions et exigences particulières au service militaire et qui distinguent les FAC des autres emplois au Canada. Parmi les défis associés à la carrière de militaire, on retrouve le déploiement, le fait d’être séparé de sa famille, la réinstallation et la rigueur en général de la vie militaire. Il est possible que ces réalités découragent certaines femmes et certains hommes d’envisager une carrière au sein des FAC, en particulier dans le domaine des armes de combat. Les taux de représentation des femmes pour les armes de combat des FAC concordent avec les statistiques des groupes professionnels analogues au sein d’autres armées occidentales. Bien que le nombre de femmes qui choisissent de servir dans le domaine des armes de combat des Forces armées canadiennes semble peu élevé, aucun obstacle structurel n’empêche les femmes de le faire. Puisque les FAC sont constituées uniquement de volontaires, ultimement, le choix leur revient.

Q9. La représentation des femmes dans les groupes professionnels liés aux armes de combat est-elle en croissance?

R9. Oui. La représentation des femmes dans le domaine des armes de combat a connu une légère croissance depuis 1989, soit d’environ 2.2 p. 100 (moyenne en combinant les femmes servant comme officiers et comme membres du rang).

Q10. En quoi les performances des femmes et des hommes du domaine des armes de combat diffèrent-elles sur le champ de bataille?

R10. Les FAC n’ont pas commandé d’étude sur les différences entre les performances des femmes et celles des hommes sur le champ de bataille. L’Armée canadienne opère toutefois dans un environnement mixte depuis une génération, avec succès. Les femmes sont aussi capables que les hommes d’agir sur le champ de bataille, puisqu’à l’instar des soldats masculins, elles doivent répondre aux normes d’exigences et de compétences professionnelles de leur groupe professionnel. En outre, les femmes et les hommes doivent compléter l’instruction préalable au déploiement requise pour être déployés lors d’opérations et être en mesure d’accomplir ce que l’on attend d’eux, comme ce fut le cas pour la mission de combat des FAC à Kandahar, en Afghanistan.

Q11. Combien de femmes officiers des armes de combat réussissent à occuper des postes de commandement au sein de leurs groupes professionnels respectifs?

R11. Un certain nombre de femmes officiers des armes de combat pour les FAC ont commandé leur groupe professionnel à titre d’officier supérieur. De nombreuses femmes de la Marine, de la Force aérienne ou d’autres groupes professionnels de l’armée ont également occupé des postes de direction et de commandement. De plus, de nombreuses femmes au sein des FAC ont commandé à titre d’officier subalterne et ont occupé des postes de commandement en tant que militaires du rang.

Aviation royale canadienne

Q12. À quand remontent les premières femmes pilotes de l’ARC?

R12. En 1979, le capitaine Deanna Brasseur, le capitaine Leah Mosher et le capitaine Nora Bottomley ont été les premières femmes à être choisies pour suivre l’instruction de pilote des FAC. La première femme à devenir pilote des FAC modernes est le major Wendy Clay, un médecin militaire qui a obtenu son brevet de pilote en 1974, soit six ans avant que ce groupe professionnel ne soit ouvert à toutes les femmes.

En 1981, le sous-lieutenant Inge Plug est devenue la première femme pilote d’hélicoptère, la même année où le lieutenant Karen McCrimmon est devenue la première navigatrice aérienne.

Q13. Les femmes peuvent-elles servir comme pilotes de chasseurs CF18?

R13. Oui. Le major Dee Brasseur et le capitaine Jane Foster, par exemple, ont obtenu leur brevet de pilote de chasseurs CF18 en 1989. Depuis lors, le major Brasseur a accumulé plus de 2 500 heures de vol en tant que pilote de chasseur, volant à la fois en Amérique du Nord et en Europe. Le 17 février 2007, elle a été intronisée au Temple de la renommée des pionnières de l’organisation Women in Aviation International.

Q14. Y a-t-il des métiers de la Force aérienne dont les femmes sont exclues?

R14. Non. En effet, les femmes peuvent occuper n’importe quel poste, y compris des postes opérationnels comme ceux de pilote, d’officier de systèmes de combat aérien, de technicienne en aéronautique et d’opératrice – contrôle aérospatial. Pour tous ces métiers, les possibilités de carrière et le processus de sélection pour l’instruction, la promotion et l’affectation des aviateurs et des aviatrices sont les mêmes; la sélection est faite en fonction du grade, des qualifications et du mérite.

Q15. Quelle est la représentation des femmes dans l’Aviation royale canadienne?

R15. Avec 19 pour cent de femmes dans ses rangs, l’Aviation royale canadienne jouit de la plus haute représentation féminine des trois armées. Ce chiffre comprend les femmes en service dans la Force régulière et la Première réserve de l’Aviation royale canadienne.

Q16. Des aviatrices ont-elles déjà occupé des postes comme celui de commandant d’escadre?

R16. Oui. En 2006, le lieutenant-colonel Tammy Harris est devenue la première femme à occuper le poste de commandant d’escadre lorsqu’elle a assumé le commandement de la 9e Escadre Gander, à Terre-Neuve. Il faut également noter que l’adjudant-chef Linda Smith est devenue, en 2005, la première femme des FAC à être nommée adjudant-chef d’escadre. C’était au sein de la 17e Escadre, à Winnipeg.

Plusieurs femmes ont aussi été affectées au commandement d’escadrons : en 1998, le lieutenant‑colonel Karen McCrimmon a été nommée commandant du 429e Escadron de transport, à Trenton, en Ontario, et, en 2010, le lieutenant-colonel Maryse Carmichael est devenue la première femme à occuper le poste de commandant du 431e Escadron de démonstration aérienne, dont les membres sont mieux connus sous le nom de Snowbirds des Forces canadiennes.

Q17. Y a-t-il des femmes qui servent à titre de général au sein de l’Aviation royale canadienne?

R17. Oui. Le major-général Christine Whitecross, une ingénieure de la Force aérienne, a obtenu ce grade le 30 juin 2011, avant d’être affectée aux postes de chef d’état-major du groupe du Sous ministre adjoint (Infrastructure et environnement) et d’ingénieure militaire en chef des FAC au Quartier général de la Défense nationale. Avant cela, en 2006, le brigadier‑général Whitecross a été la première femme à être nommée commandant de la Force opérationnelle interarmées (Nord).

Bien que « médecin militaire » ne soit pas un groupe professionnel de la Force aérienne, le major Wendy Clay a été la première femme à devenir médecin de l’air de l’Armée canadienne, et ce en 1974, la même année où elle a obtenu son brevet de pilote. En 1989, elle a été promue au grade de brigadier-général, puis, en 1992, a été nommée médecin-chef adjoint au Quartier général de la Défense nationale. Deux ans plus tard, elle était la première femme des FAC à être promue au grade de major-général et à servir en tant que médecin-chef du Canada.

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