Opération Impact – Séance d’information le 26 janvier 2015

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Vidéo / Le 27 janvier 2015

Trascription

Capitaine de vaisseau Paul Forget, Commandement des opérations interarmées du Canada

Bonjour, Mesdames et Messieurs. Je suis le capitaine de vaisseau Paul Forget du Commandement des opérations interarmées du Canada. Je ferai une mise à jour sur l’Opération Impact, le soutien des Forces armées canadiennes à la lutte de la coalition contre le groupe ISIL en Irak.

Comme l’a indiqué, la semaine dernière, le Lieutenant-général Vance, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada, nous avons efficacement arrêté les progrès de l’ISIL vers ses objectifs. Au cours des sept derniers jours, les opérations de l’ISIL ont été restreintes à une attaque sans succès sur Ramadi et des tentatives infructueuses en vue de contenir les attaques offensives des forces de sécurité irakiennes.

L’effort principal de la coalition était d’appuyer les opérations des forces de sécurité irakiennes dans le nord-ouest de Mossoul. Dès le 21 janvier, les forces de sécurité irakiennes ont pris en charge une intersection stratégique entre Mossoul et Tal-Afar, ce qui a perturbé la ligne d’approvisionnement de l’ISIL en provenance de la Syrie. Des opérations de plus petite taille et plus circonscrites ont aussi été menées dans la province de Diyala, au nord-est de Bagdad et dans les districts entourant Haditha dans la province d’Al‑Anbar, dans la région de l’ouest, ce qui a permis aux forces de sécurité irakiennes de maintenir l’initiative.

Jusqu’à ce jour, la coalition a effectué plus de mille frappes aériennes en Irak. Ces frappes ciblaient des armes lourdes, des véhicules, des positions de combat, des unités tactiques et des immeubles utilisés par le groupe ISIL. En endommageant et en détruisant ces ressources, nous avons appuyé les forces de sécurité irakiennes dans leurs efforts continus au sol, affaiblissant ainsi les capacités du groupe ISIL à combattre.

Depuis le début de l’Opération Impact, nos aéronefs ont effectué un total de 398 vols. Nos CF18 ont effectué 258 vols et le Polaris en a fait 68, livrant plus de 3,8 millions de livres de carburant. Enfin, nos Auroras ont effectué 72 vols.

Depuis notre dernière séance d'information technique, les CF18 ont effectué 12 frappes aériennes en appui aux forces de sécurité irakiennes. La carte derrière moi montre les dates et les endroits où ont eu lieu ces frappes aériennes. Nos CF18 ont utilisé des munitions à guidage de précision pour frapper la puissance de combat de l’ennemi, les positions de mortier et les axes de ravitaillement. Ces frappes appuient les efforts de la coalition pour perturber et diminuer la capacité de l’ISIL à maintenir le contrôle de Mossoul.

Comme vous vous en souvenez sans doute, la semaine dernière le Brigadier-général Rouleau, commandant du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada, vous a fourni les plus récentes nouvelles sur les activités de la FOSCAN en Iraq. Il vous a donné certaines informations sur un incident qui s’est produit avec les Forces d’opérations spéciales du Canada. Ces dernières avaient dû se défendre lorsque l’ISIL les avait attaquées.

Deux incidents semblables se sont produits pendant la dernière semaine, et dans les deux cas, les Forces d’opérations spéciales du Canada ont dû se défendre encore une fois; ils ont répliqué par des tirs et ont neutralisé la menace. Il est important de noter que, comme les incidents de la semaine dernière, les Forces d’opérations spéciales du Canada ont seulement répliqué à des tirs dans le but de se défendre. Aucun membre du personnel canadien n’a été blessé lors de ces batailles.

Comme le Brigadier-général Rouleau l’a indiqué la semaine dernière, le risque pour les Forces d’opérations spéciales du Canada demeure faible, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a aucun risque. Ensemble, le personnel des Forces armées canadiennes continue d’exécuter le mandat que lui a assigné le gouvernement du Canada afin de fournir un soutien aux forces de sécurité irakiennes.

Ceci conclut notre séance d'information d’aujourd’hui. Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.


Période de questions et de réponses (pas inclus dans la vidéo)

Question: Bonjour. Capv Forget, pouvez-vous nous donner d’autres détails sur ces deux échanges de tirs, combien de membres des forces d’opérations spéciales (FOS) y ont pris part? Dans quelle région est-ce arrivé? Est-ce dans les mêmes circonstances que le dernier alors qu’ils s’employaient à planifier et qu’ils ont avancé en première ligne? Des détails, s’il vous plaît.

Capv Paul Forget: Donc, l’information que j’ai relativement à ces deux incidents indique qu’ils étaient de nature très semblable. Les spécialistes des forces d’opérations spéciales du Canada (FOSCAN) examinaient le terrain près des lignes de front avec un – en appui aux forces de sécurité iraquiennes lorsqu’ils ont essuyé des tirs. Ils ont été en mesure de répondre aux tirs et ils ont réussi à neutraliser la menace. Et encore, ils agissaient en autodéfense à ce moment.

Question: Et juste pour être plus clair, c’est la deuxième fois depuis la dernière séance que cela arrive.

Capv Paul Forget: C’est exact.

Question: Puis-je vous demander alors, vous savez, la dernière fois que cela est arrivé, il y a eu beaucoup de questions à savoir s’il s’agissait de combats ou non. Pouvons-nous – est-ce une escalade de notre rôle là-bas? Que répondez-vous à cela? Maintenant, il y en a eu, en fait, trois au cours de la dernière semaine et demie. Est-ce la nouvelle norme?

Capv Paul Forget: Je ne crois pas que je qualifierais cela comme la nouvelle norme, mais plutôt comme une légère évolution de notre rôle de conseil et d’assistance. Quand nous sommes arrivés là-bas et que nous remplissions notre rôle en conseillant et en aidant les forces de sécurité iraquiennes, nous leurs enseignions les fondements de – la conduite de la guerre, si vous voulez. Depuis, la situation a évolué quelque peu au point où nous pouvons maintenant prendre un peu plus part à la gestion de la doctrine tactique liée aux champs de bataille, dans un climat de ce genre. Et, par conséquent, il est certain que nos forces s’engageront à un niveau qui permet aux forces de sécurité iraquiennes de juste continuer à améliorer les compétences qui leur ont déjà été enseignées. 

Question: Justement pour revenir à ceux nouveaux incidents, dans quel contexte ça s’est produit? Et comment – en fait, peut-être cette première réponse donc, dans quel contexte tout ça s’est produit?

Capv Paul Forget: Et donc le contexte est très similaire que la situation que le Bgén Rouleau a expliquée la semaine passée. C’est dans la capacité où est-ce que nos – nos spécialistes ont – effectivement étaient en train d’examiner le terrain de combat avec leurs compatriotes afin de mieux déterminer exactement la meilleure façon d’approcher le terrain. Et en se faisant, ils sont venus sous attaque par le groupe ISIL et donc ils ont pris la bonne réponse et ont agi en défense personnelle à ce stage.

Question: Pourquoi on en arrive à ce genre de situation maintenant et qu’est-ce que vous répondez à ceux, encore une fois, qui vont dire, bien, voilà l’exemple d’une mission de combat?

Capv Paul Forget: Donc je crois que c’est simplement un stage d’évolution du terrain comme tel. Initialement, le rôle de nos spécialistes était de leur montrer les éléments de base, si vous voulez. Maintenant, nous sommes maintenant au point où est-ce qu’on peut les aviser sur une zone de combat et donc leur permettre de faire des avances plus spécialisées. Et donc je crois que c’est justement simplement un processus naturel d’évolution à ce que les croissances des forces de sécurité irakiennes s’améliorent. 

Question: Bonjour, Capv. Ma question porte sur les opérations des forces spéciales. Mis à part l’échange de feux dont vous avez parlé, pouvez-vous préciser si ces forces ont pris part ou non au lancement d’autres frappes aériennes? 

Capv Paul Forget: Je n’ai pas de précisions à savoir si elles ont directement pris part ou non à une telle opération au cours de la dernière semaine. Leur rôle est toujours de conseiller et d’assister conformément au mandat que leur a confié le gouvernement du Canada. Les forces continueront de mener des opérations en conformité avec ce mandat.

Question: Et juste une question complémentaire sur l’échange de feux. Capv, pouvez-vous nous expliquer la différence entre les activités menées par les forces spéciales maintenant et le rôle que jouaient les équipes de liaison et de mentorat opérationnels (ELMO) en Afghanistan pour ce qui est de, vous savez, l’encadrement direct sur la ligne de front? Parce que c’est essentiellement ce que les ELMO sont en train de faire. Et j’aimerais savoir quelle différence il y a selon vous ici.

Capv Paul Forget: Je crois que je suis un peu embêté, parce que je n’ai pas personnellement pris part à la guerre en Afghanistan, il est difficile de faire des analogies entre ces deux événements que vous mentionnez. Ce que je peux dire toutefois, c’est que suivant l’évolution du conflit, si vous voulez, cela arrive dans la région où nos forces d’opérations spéciales exercent leurs activités de conseil et d’assistance, elles mènent ces opérations, conformément au mandat qui leur a été confié, en respectant la portée du mandat qui leur a été confié. 

Question: Oh, bonjour. Vous dites que la mission a évolué depuis le début. Pouvez-vous, s’il vous plaît, nous dire de quelle façon elle a évolué depuis septembre et octobre?

Capv Paul Forget: Je pense que si nous reculons dans le temps, vous comprendrez sûrement qu’au début, l’été dernier, quand le groupe ISIL a littéralement balayé l’Iraq, les forces de sécurité iraquiennes se sont retrouvées particulièrement sur la défensive et incapables de protéger vraiment leur territoire, vous voyez. C’était le véritable point de départ de ces frappes aériennes lancées au début de l’automne, pour affaiblir l’État islamique, arrêter la vague, si vous voyez, parce que ce groupe prenait le contrôle du territoire. Revenons à aujourd’hui, après avoir déployé toutes ces ressources en matière de conseil et d’assistance et que l’entraînement a été donné pour, en gros, acquérir les compétences et amener les forces de sécurité iraquiennes à mieux comprendre le terrain où elles mènent leurs opérations, à mieux comprendre comment elles dirigent leurs opérations, comment tirer pleinement parti des meilleures méthodes pour vaincre l’État islamique sur leur territoire et, en fait, reprendre la souveraineté de leur pays. Et, donc, nous nous sommes investis dans toute la portée du travail et nous continuerons ainsi en conformité avec le mandat que nous a confié le gouvernement du Canada.

Question: Et est-ce que les règles d’engagement ont changé pour les forces d’opérations spéciales depuis le début de la mission?

Capv Paul Forget: Bien, je pense – et peut-être que vous n’avez pas pu voir la diapositive qui était derrière moi, mais les 12 frappes qui ont été lancées, vous remarquerez qu’elles ont presque toutes eu lieu dans les régions du nord de l’Iraq et qu’il y a, à l’heure actuelle dans le nord de l’Iraq, des opérations offensives d’envergure. Je pense qu’il est raisonnable de croire que tant que ces opérations offensives continueront d’être menées, nous continuerons de conseiller et de prêter assistance en vue d’aider à mener ces opérations qui continueront de manière intensive.

Question: Donc, les règles d’engagement ont-elles alors changé alors? 

Question: Oui, bonjour. Ma question concerne l’échange de feux. À votre connaissance et du point de vue des militaires, est-ce la première fois que des forces occidentales ont en fait tiré – je pense que ce serait la troisième fois à ce jour, mais sommes-nous le seul pays – pays occidental dont les soldats sont – ont, dans un sens, tiré sur des militants de l’État islamique jusqu’à maintenant? Et j’ai une question complémentaire.

Capv Paul Forget: Oui, je comprends. Et vous devez comprendre que je suis ici pour parler de la contribution du Canada à l’effort global de la coalition, et, de fait, il serait probablement préférable de demander de tels détails au réseau de la coalition parce que je ne suis pas en position de commenter toutes les activités que mène la coalition dans la région.

Question: D’accord. J’aimerais enchaîner avec une autre question, et je vais la présenter en deux parties, il s’agit d’une suite à la question de mon collègue. Les règles d’engagement (RE) touchant nos forces spéciales en Iraq ont-elles changé depuis leur affectation là-bas? Et la seconde question, est-ce que le Canada jouera un rôle dans l’offensive annoncée en vue de reprendre la ville de Mosul?

Capv Paul Forget: Donc, pour répondre à votre première question, autant que je sache, il n’y a pas eu de changement apporté aux RE concernant nos forces. Pour ce qui est de la seconde question, le Canada est bien intégré dans la coalition, nous demeurerons ainsi et participerons de notre mieux, comme nous le demandera la coalition, dans toutes les actions offensives qui ont lieu dans la région.

Question: Oui, Capv, merci de prendre le temps de nous parler. Lors de la dernière séance, le Bgén Rouleau a mentionné que les troupes canadiennes des forces d’opérations spéciales étaient en première ligne environ 20 pour cent du temps. Ce pourcentage est-il demeuré plutôt constant au cours de la dernière semaine ou s’il a changé, soit augmenté soit diminué?

Capv Paul Forget: Je m’en remettrais aux commentaires du général Rouleau qui doivent être exacts, et je n’ai aucune information me permettant de dire si le pourcentage a changé d’une quelconque façon, allure ou forme.

Question: Quant aux frappes aériennes, 12 me semble être plutôt un – plutôt une augmentation comparativement aux séances d’information précédentes, les intervalles entre les séances précédentes. Pouvez-vous expliquer pourquoi il y a eu autant de frappes aériennes cette dernière semaine? 

Capv Paul Forget: Certainement. Comme je l’ai mentionné plus tôt, il y a des opérations offensives dans le nord de l’Iraq actuellement et, en appui à ces opérations offensives, nous pouvons prêter assistance et lancer des frappes aériennes supplémentaires en appui direct à ces opérations offensives, en gros, nous aidons les forces de sécurité iraquiennes qui tentent ici de reprendre le territoire qui a été perdu et, en dernier ressort, de regagner la souveraineté de leur pays. 

Question: Oui, bonjour. Vous avez parlé que – vous avez mentionné l’évolution en fait d’une stature de défense plutôt en il y a quelques mois, un engagement de plus en plus offensif. Est-ce que ça – dans le futur on doit s’attendre justement à un rôle plus fort des troupes irakiennes et donc des Canadiens qui les soutiennent dans les opérations offensives et donc vraisemblablement de plus en plus d’incidents comme celui qu’on vient – ceux qu’on vient de voir ces deux dernières – ces dernières semaines?

Capv Paul Forget: Ultimement, le sommaire que vous avez fait est très juste. À la transition d’une position défensive à maintenant une position offensive permet à nos spécialistes de mieux aviser sur le terrain les effets recherchés par les forces irakiennes et donc je dois dire que je suis certain que les forces d’opérations spéciales, sachant qu’ils prennent toutes les mesures nécessaires — ils sont des spécialistes après tout — afin de minimaliser de se mettre dans les situations et les enjeux tels que décrits, mais cela va arriver de temps en autre, oui.

Question: D’accord. Donc logiquement, on peut dire que les troupes canadiennes vont se retrouver – on risque de, comment, d’assister à d’autres – d’autres échanges de tirs comme ceux qu’on vient de voir.

Capv Paul Forget: C’est possible. Ce n’est pas l’objectif, et je dois stresser le point que ce n’est pas l’objectif de se mettre dans des situations de ce genre. Mais est-ce que c’est possible que cela arrive encore dans le futur? La réponse est ultimement oui. Nous allons continuer dans le rôle qui a été donné par le gouvernement du Canada d’aviser et d’assister les forces irakiennes. Et en ce fait, cela les met en proximité des fois des lignes de contact, si vous voulez, de combat et donc le risque est là que cette situation se développe encore.

Question: Allô. Je veux juste avoir des précisions quant à la proportion 80/20 mentionnée par le général Rouleau la semaine dernière. Compte tenu de ce que nous avons appris, vous savez, durant la présente séance et lors de la dernière, ces trois différents incidents, n’allons-nous pas intervenir comme cela plus souvent – les forces spéciales passent plus de temps en première ligne et, en conséquence, le risque pour eux ne s’en trouve-t-il pas accru?

Capv Paul Forget: Je ne vais pas échafauder d’hypothèses à ce sujet. Je ne suis pas un spécialiste des forces d’opérations spéciales, et les détails exacts quant au calcul précis ayant mené à cette proportion, je pense que la déclaration du général Rouleau est sa position publique à ce sujet. Je n’ai pas d’information laissant suggérer que cela a changé de quelque façon, allure ou forme que ce soit. Et, de toute évidence, il est la bonne personne – il revient tout juste du théâtre, il a visité ses troupes, il est bien placé pour comprendre le risque mieux que n’importe qui d’entre nous et s’il dit que le risque est faible, eh bien le risque est faible. Mais comme il l’a déclaré, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risque. 

Question: Oui. Mon collègue faisait référence tout à l’heure à des règles d’engagement. Est-ce que ces règles d’engagement là ont changé depuis le début de la mission Impact pour les farces – les Forces canadiennes? 

Capv Paul Forget: Et donc l’information que j’ai passée lors de ma réponse en anglais est la même que je vais passer en français. Il n’y a eu aucun changement aux règles d’engagement que je suis conscient là, du moins, au niveau des Forces canadiennes, soit sur le terrain ou pour les forces aériennes qui exécutent leurs frappes.

Question: Une petite précision. Je sais bien que vous ne pouvez pas tout nous dire, mais lors de ces deux incidents, les deux plus récents, combien de Canadiens étaient présents sur le terrain?

Capv Paul Forget: Autant que j’aimerais vous donner exactement ce chiffre, je n’ai pas ce chiffre, je n’ai pas cette information. Regrettable comme que c’est, mais ces niveaux de détails là à ce que combien, je peux vous dire que nous avons 69 individus qui sont dans le rôle d’aviser et d’assister dans la région. Combien d’individus Canadiens exactement étaient impliqués dans ces situations-là, je n’ai pas ces informations.

Question: À quel genre de tirs ils ont fait face?

Capv Paul Forget: Encore, j’ai peu très de détails autres que c’était semblable à la frappe qui était décrite par le Gén Rouleau la semaine passée. 

Modérateur: Très bien. Merci beaucoup. Ceci conclut notre séance d’aujourd’hui. Merci.

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