Opération Impact – Séance d’information 4 décembre 2014

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Vidéo / Le 4 décembre 2014

Transcription

Capitaine de vaisseau Paul Forget, Commandement des opérations interarmées du Canada

Bonjour Mesdames et Messieurs. Je suis le capitaine de vaisseau Paul Forget du Commandement des opérations interarmées du Canada. Aujourd’hui, je ferai le point sur l’opération Impact, qui constitue le soutien apporté par les Forces armées canadiennes au combat que mène la coalition contre le groupe armé ISIL en Irak.

D’abord, j’aborderai brièvement les progrès réalisés par les forces de sécurité irakiennes au cours de la dernière semaine et les récentes activités de l’ISIL. 

Après avoir subi d’importantes pertes au cours des dernières semaines, ISIL n’a pas encore réussi à reprendre son élan dans le théâtre des opérations. Par exemple, il ne menace plus Kirkouk et Erbil et ont perdu leur présence à Bayji.  Nous avons remarqué une réduction de leurs activités, mais ils continuent de mener des opérations dans les provinces d’Anbar et de Neynewa. À Anbar, ils tentent d’isoler les forces de sécurité irakiennes et les tribus qui défendent Ramadi, tout en tentant de prendre du terrain entre l’Ouest de l’Irak et sa base en Syrie.

Les forces de sécurité irakiennes, appuyées par les frappes aériennes de la coalition, continuent de mener des opérations contre l’ISIL sur de multiples fronts, dans le nord, l’ouest et le centre de l’Irak. Les forces de sécurité irakiennes et les milices chiites ont capitalisé sur leurs gains récents à Jalula et à Sadiya, dans les provinces de Diyala et de Saladin, respectivement. Ils poursuivent leurs opérations de nettoyage dans les montagnes Hamrin au sud-ouest de Kirkouk pour s’assurer que l’ISIL n’est pas en mesure de mener des opérations dans la région.

Les forces de sécurité irakiennes s’emploient également à sécuriser leurs voies de communications terrestres entre Balad et le nord de Bagdad, le long du corridor Bakuba-Samara.

Les milices sunnites, soutenues par les forces de sécurité irakiennes à Anbar se sont déplacées pour appuyer les forces à Ramadi qui sont mis sous pression par l’ISIL. Les membres de la coalition ont collaboré étroitement à tous les niveaux pour mieux soutenir les forces de sécurité irakiennes, ainsi que pour élaborer et perfectionner une campagne militaire globale visant à dégrader et à vaincre l’ISIL.

Par exemple, nous avons vu hier que les diplomates de 60 pays se sont rencontrés pour discuter de la manière dont nous pouvons soutenir le nouveau gouvernement à Bagdad et empêcher les combattants étrangers d’atteindre les champs de bataille en Irak et en Syrie. 

Récemment, le commandement central des États-Unis, le CENTCOM, a invités les membres de la coalition à participer à une conférence de planification opérationnelle pendant 10 jours à la base aérienne MacDill à Tampa, en Floride. Là-bas, 200 planificateurs militaires en provenance de plus de 30 pays, représentant la vaste coalition, ont synchronisé et perfectionné les plans de campagne de la coalition et ont discuté de stratégies pour vaincre l’ISIL. Les participants ont aussi élaboré des plans de coalition pour aider à entraîner, conseiller et assister les forces de sécurité irakiennes afin qu’elles puissent régénérer leur propre puissance de combat, contrer l’ISIL et ultimement assurer leur propre sécurité. Ces efforts de planification permettent de mieux synchroniser les activités de la coalition et de consolider encore davantage les relations entre les membres de cette coalition.

En théâtre, nos aéronefs ont effectué un total de 149 sorties jusqu’ici aux côtés de nos partenaires de la coalition.  Nos chasseurs CF-18 ont mené 94 sorties.  L’appareil de ravitaillement en vol Polaris a mené 26 sorties et a livré plus d’un million de livres de carburant aux aéronefs de la coalition.  Finalement, nos aéronefs de reconnaissance Aurora ont effectué 29 sorties. 

Le 28 et 30 novembre nos CF-18 ont mené des frappes aériennes.  Dans les deux cas, nos aéronefs ont pris part à des missions plus vastes de la coalition en soutien aux opérations terrestres (ph) irakiennes en vue d’entraîner des frappes aériennes contre les positions de combat d’ISIL. 

Le 28 novembre, deux CF-18 ont mené une frappe aérienne qui a détruit une position de combat d’ISIL le long d’une voie d’approvisionnement principale qui perturbait la liberté de mouvement de la population locale et des forces de sécurité irakiennes. 

Le 30 novembre, deux CF-18 ont détruit un véhicule armé et une position de mortiers dans une zone contrôlée par l’ISIL au sud-sud-ouest de Mossoul. Ces armes étaient utilisées pour cibler directement les forces de sécurité irakiennes dans le secteur. Le fait d’avoir frappé ces systèmes d’armes les élimine du champ de bataille, ce qui dégrade les capacités de combat de l’ISIL et maintient sur eux une pression constante de la part de la coalition. Cela nuit également à la capacité de l’ISIL de mener une campagne de terreur contre les civils irakiens sur place et des opérations de combat contre les forces de sécurité irakiennes dans la région. 

Pendant l’Opération Impact, les CF-18 ont mené plusieurs missions de soutien aérien rapproché comme celles que je viens de décrire.  Ces missions permettent à nos aéronefs de prendre des mesures contre les cibles ennemies à proximité des forces amies.  Elles peuvent être planifiées délibérément avant que l’aéronef quitte la base ou adaptées en vol à la situation dynamique sur le terrain dans le but de soutenir les opérations irakiennes.

Comme l’a expliqué le colonel Constable la semaine dernière, les CF-18 ont également servi de couverture aux avions de transport de la coalition afin d’assurer la livraison sécuritaire de l’aide humanitaire. J’aimerais souligner que quand le colonel Constable a décrit cette mission la semaine dernière, nous n’étions pas en mesure de divulguer quel membre de la coalition participait à cette opération. Les membres de la coalition de divulguent pas la nationalité de ceux qui participent à une mission en particulier à moins d’en avoir reçu l’autorisation explicite de la part de ce pays. Ce principe s’applique à toutes les missions menées en Irak.  

J’ai maintenant la liberté de vous fournir de plus amples détails sur cette mission d’aide humanitaire. Le 20 novembre, nos CF-18 ont servi de couverture pour un avion de transport Hercules de la Royal Australian Air Force qui ont effectué des largages d’aide humanitaire pour venir en aide aux civils déplacés sur le mont Sinjar dans le nord de l’Irak. Dans des cas comme celui-ci, le chasseur demeure très près de l’avion de transport et peut détecter et cibler toute menace aérienne ou terrestre. 

En conclusion, la versatilité de nos appareils CF-18 en plus des capacités uniques qu’offrent les aéronefs de reconnaissance Aurora et les ravitailleurs on vol Polaris avec le soutien de tous les membres du personnel affecté à la force opérationnelle interarmées en Irak permettent au Canada de jouer un rôle actif dans la mission courant de la coalition visant à dégrader les capacités d’ISIL. 

Merci.


Période de questions et de réponses (pas inclus dans la vidéo)

Question: Bonjour. Il y a des rapports qui nous arrivent, entre autres, du – de Reuters qui nous disaient on n’était pas capable de stopper les avancées de l’ISIL sur le terrain à certains endroits, peut-être, mais c’est des rapports de nouvelles qui sont plutôt décourageantes sur le terrain. Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire?

Capv Paul Forget: J’avais mentionné dans un de – dans mon premier tech brief que les enjeux sur le terrain, c’est un – c’est des jeux de give and take un peu, okay? Donc certains jours t’accomplis certaines tâches, mais il y a d’autres jours où est-ce que tu reperds un peu de terrain. Donc, oui, c’est vrai qu’on a fait des avances, mais comme j’ai décrit dans mon texte, il y a d’autres avances par le groupe ISIL qui se font dans différentes régions. Qu’est-ce qui est important ici à noter c’est que le but ultime était de halter les avances d’ISIL dans le territoire irakien et l’objectif à date a été atteint.

Question: Par rapport aux opérations de frappe sur le terrain, est-ce que ça porte donc à six le nombre de frappes de nos CF-18 sur le terrain, si je fais un décompte depuis le début des frappes?

Capv Paul Forget: Mais si je fais le même décompte, je crois que votre chiffre est juste, mais je dois admettre que j’ai pas le chiffre comme tel en tête parce que vraiment dans le fond c’est peu importe le nombre de frappes que nous avons exécutées, c’est les effets que nous cherchons sur le terrain qui sont importants et les effets de nos frappes à date ont été très effectifs à aider aux forces de sécurité irakiennes à reprendre du terrain perdu et à recommencer à reprendre la souveraineté et sécurité de leur pays.

Question: Je peux peut-être me risquer une autre question, je suis la seule – oh, non, il y a Cormac. 

Question: Pas de problème. Je me demandais seulement si vous pouvez nous dire si, lors de l’attaque du 30 novembre dont vous avez parlé, des combattants de l’ISIL ont été tués ou s’il est probable que certains aient été tués lors de la frappe aérienne, et pensez-vous qu’il y a eu des pertes civiles ou des dommages collatéraux?

Capv Paul Forget: Comme j’en ai fait mention dans la réponse précédente, l’importance ici n’est pas de savoir si des combattants de l’ISIL ont été tués ou non, mais plutôt si on a obtenu les effets désirés sur le terrain. Et ce que je peux vous dire, c’est que, vous savez, nous prenons des positions de mortiers et des véhicules de combat de l’ISIL et cet effet tactique important sur le terrain, c’est ce qui aide les forces de sécurité iraquiennes à revendiquer la sécurité et la souveraineté de leur pays.

Question: Donc, essentiellement, vous ne direz pas si des combattants de l’ISIL ont été tués ou non?

Capv Paul Forget: Comme nous l’avons mentionné lors de breffages techniques précédents, nous ne divulguerons pas de chiffre ici ou à savoir s’il y a eu ou non des pertes chez l’ISIL.

Question: Pouvez-vous dire qu’il n’y a pas eu de dommage collatéral lors du dernier?

Capv Paul Forget: Et donc, dans l’ensemble jusqu’à nos dernières frappes, je peux dire qu’il n’y a pas d’indication qu’il y a eu des dommages collatéraux.

Question: Bonjour. Je me questionne, le nombre de sorties semble avoir augmenté. Pouvez-vous nous dire à quoi vous attribuez cette hausse? 

Capv Paul Forget: Donc, le nombre de sorties, bien sûr, continuera de grimper au fur et à mesure que la mission se déroulera. Nous avons connu une semaine très occupée dans le théâtre. Nous exécutons les missions aériennes qui nous sont confiées par l’entremise des ordres d’attribution de missions aériennes, lesquels sont préparés par les membres de la coalition qui sont mandatés en ce sens.

Question: Est-ce que cela signifie que le groupe ISIL est davantage actif ou que plus de tâches nous sont confiées?

Capv Paul Forget: Les tâches qui nous sont confiées par l’entremise d’ordres d’attribution de missions aériennes constituent notre autorisation à survoler, fondamentalement, le théâtre et à exécuter ces missions.

Question: Recevons-nous donc plus de ces attributions de mission – ou est-ce simplement parce que le groupe ISIL devient plus actif et que cela explique pourquoi nous sommes plus occupés?

Capv Paul Forget: Rien n’indique que le rythme opérationnel ait augmenté. 

Question: Bonjour Capv. Vous avez mentionné qu’il y avait eu une réunion dans la base aérienne MacDill, en Floride, et qu’on avait travaillé à planifier et à préparer un plan de campagne global. Pouvez-vous nous dire quelle sorte de – de quelle façon le Canada y était représenté? Qui était là? Et pouvez-vous aussi nous informer quant à notre contribution en lien avec une possible mission d’entraînement? 

Capv Paul Forget: Il est difficile pour moi de supposer avec exactitude ce qui s’est passé durant une réunion à laquelle je n’ai pas assisté. Je peux vous assurer qu’il y avait une représentation canadienne à la réunion et que les intérêts du Canada sont pleinement représentés au sein de l’effort de la coalition.

Question: Juste en guise de complément, donc, vous ne pouvez pas décrire la position du Canada en ce qui a trait à l’entraînement des forces iraquiennes?

Capv Paul Forget: Ce n’est pas à moi de décider si l’entraînement a ou non – je veux dire si l’entraînement des forces iraquiennes a été discuté, c’est le sujet de débats depuis un certain temps maintenant. Ce n’est pas à moi de supposer si le Canada s’engage ou non dans une telle – une telle capacité. 

Question: Oui, bonjour. Le parallèle qui sépare la frontière canado-américaine. Capv Forget, est-ce que je dois comprendre, pour être sûr que j’ai bien entendu, que depuis le dernier technical briefing tout ce qu’il y a eu c’était des frappes à Hit et des frappes à Mosul. Donc le Canada n’aurait participé qu’à deux frappes au total sur les 11 qu’il y a eus en Irak depuis le dernier technical briefing.

Capv Paul Forget: Et donc j’ai pas les détails complets de toutes les frappes de la coalition en main et donc oui, je peux vous dire que les deux frappes que j’ai décrites dans mon brief sont les frappes qui ont eu lieu depuis la dernière – depuis le dernier tech brief la semaine passée, oui. 

Question: Excellent. Merci beaucoup. C’était ma seule question.

Question: Bonjour. Bon après-midi, Capv. Merci de votre collaboration. Je me demande simplement si vous avez fait le point. Nous n’avons pas beaucoup entendu parler de quelconques conseillers militaires sur le terrain en Iraq. Je me demandais seulement si vous pouviez faire le point sur leurs nombres, sur le genre de travail qu’ils ont réalisé ces dernières semaines, des progrès qu’ils font et si vous envisagez une augmentation de ces conseillers, vous savez, au cours des prochains mois.

Capv Paul Forget: Conformément au mandat confié par le gouvernement du Canada, 69 personnes sont en déploiement avancé dans des rôles de consultation et d’assistance. Elles continuent de remplir ces fonctions dans la région d’Erbil et elles continueront en ce sens pour toute la durée de leur mandat. 

Question: Et avez-vous eu connaissance si oui ou non – vous savez, si certains des partenaires de la coalition ont de quelque façon que ce soit accru leurs équipes de conseillers sur le terrain. Croyez-vous que ce pourrait être le cas pour ce qui est du scénario pour le Canada ou pensez-vous que le nombre restera à 49 – ou désolé, 69?

Capv Paul Forget: Si le mandat de cette partie de la mission change, ce sera annoncé par le gouvernement du Canada. Actuellement, cette partie de la mission se déroule en conformité avec le mandat tel qu’il a été déterminé par le gouvernement. 

Question: Une dernière. Par rapport à ces efforts d’aide là, quand on envoie les CF18, par exemple, pour accompagner les avions australiens qui font de l’aide humanitaire, comme on fait peut-être de frappes et qu’au cours des dernières semaines on a vraiment fait que six frappes, est-ce qu’on va mettre davantage l’accent sur ce genre d’aide? On accompagne d’autres membres de la coalition qui font du travail humanitaire?

Capv Paul Forget: Tel que mentionné pendant mon brief, j’ai mentionné que le CF-18 a un rôle de support aérien et donc les missions qui nous sont données, ils vont être donnés une région. Ils vont faire une patrouille dans une certaine région. Et donc ça donne lieu à un rythme très dynamique. Et donc s’il y a une opportunité pour une frappe, le processus s’engage à ce point-là en support des forces irakiennes. Et donc il y a une persistance aérienne en Irak qui fait en juste que des engagements ils arrivent pas trop souvent, mais ça c’est une bonne chose. Ça, ça veut dire que justement ce que je vous dis que l’ISIL est – sont rendus sur leurs talons et ils peuvent plus faire des avances, c’est parce que la persistance aérienne qui est en théâtre maintenant ne le permet pas. Et donc d’autres missions aériennes, tout cela dépend de qu’est-ce qui est décidé par le groupe. Comme j’ai dit, toutes nos missions nous sont données par le tasking order, comme ça ça s’appelle. Et donc la coalition décide les missions qui sont prises et la priorité des missions.

Question: Pouvez-vous me dire si l’Aviation royale canadienne a annulé des attaques aériennes, des attaques aériennes planifiées par crainte qu’il y ait des dommages collatéraux ou des pertes civiles?

Capv Paul Forget: Encore une fois, je m’appuie sur la nature multifonctionnelle des avions. Et comme je viens juste de l’expliquer en français, la façon dont les avions sont utilisés dans un rôle d’appui aérien rapproché, ils sont – ils sont principalement affectés à une zone de patrouille au-dessus de l’Iraq afin de soutenir les forces de sécurité iraquiennes et les manœuvres au sol. Cela peut se traduire ou non par une certaine frappe dynamique. Ce que je peux dire toutefois, c’est que les frappes délibérées qui nous ont été confiées — et on nous en a confié certaines — ont toutes été exécutées avec succès.

Question: D’accord, donc vous ne direz pas si vous en avez annulé.

Capv Paul Forget: Jusqu’à maintenant, les frappes délibérées qui nous ont été confiées ont été exécutées.

Question: D’accord. 

Modérateur: Merci. Mesdames et Messieurs, c’est la fin. Merci. Cela met fin à la séance.

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