Opération Impact – Séance d’information

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Vidéo / Le 15 janvier 2015

Transcription

Capitaine de vaisseau Paul Forget, Commandement des opérations interarmées du Canada

Bon après-midi, Mesdames et Messieurs. Je suis le capitaine de vaisseau Paul Forget du Commandement des opérations interarmées du Canada. Je suis ici aujourd’hui pour faire le point sur l’Opération Impact, soit le soutien des Forces armées canadiennes à la coalition contre l’ISIL.

Tout d’abord, je voudrais vous décrire brièvement les récentes activités de l’ISIL et les opérations de la coalition. L’ISIL continue d’être une menace pour l’Irak, la région et le Canada. Dans une vidéo diffusée la fin de semaine dernière, il a encore formulé des menaces à l’endroit du Canada et a invité ses partisans à attaquer les pays occidentaux, particulièrement leur personnel de sécurité et leurs militaires.

Cette semaine en Irak, l’ISIL a mené des opérations dans les provinces d’Anbar, de Ninewa et de Salahaddin. L’ISIL tentait de regagner l’initiative à la suite des pertes de territoire subies lors des dernières semaines. Grâce aux pressions continues déployées par les forces de sécurité irakiennes appuyées par les frappes aériennes de la coalition, la tentative de relance de l’ISIL a échoué.

Des opérations interarmées des forces de sécurité irakiennes et de la coalition dans les régions du nord, de l’ouest et du centre de l’Irak se sont poursuivies au cours de la dernière semaine et ont réussi à endommager ou à détruire un nombre de cibles ennemi. De plus les forces de sécurité irakiennes continuent d’effectuer des opérations militaires à Bagdad et dans les environs afin de sécuriser les approches de la ville et de la ville elle-même.

À ce jour, la coalition a effectué plus de 900 sorties en Irak. Les cibles choisies ont été notamment de l'artillerie lourde, des véhicules, des positions militaires, des unités tactiques et des immeubles utilisés par l’ISIL. En endommageant ou détruisant ce matériel militaire nous affaiblissons leur capacité de combattre et appuyons les forces de sécurité irakiennes dans leurs efforts constants sur le terrain.

Depuis le début de l’Opération Impact nos aéronefs ont effectué un total de 335 sorties. Nos chasseurs CF18 ont mené 214 sorties, l’appareil de ravitaillement en vol Polaris a mené 57 sorties et a livré plus de 3,1 millions de livres de carburants aux aéronefs de la coalition. Nos aéronefs de reconnaissance Aurora ont effectué 64 sorties.

Depuis notre dernière séance d’information les aéronefs CF18 ont effectué six frappes aériennes en appui aux forces de sécurité irakiennes dans l’ensemble de l’Irak. La carte derrière moi indique les dates et les emplacements de ces frappes.

Par exemple, nos avions CF18 ont mené des frappes aériennes en appui aux opérations irakiennes aux environs de Haditha et ont entravé la liberté de mouvement de l’ISIL le long de la principale voie de communication qui traverse la vallée de l’Euphrate.

Des frappes aériennes ont également eu lieu dans le nord de l’Irak afin d’appuyer les forces de sécurité irakiennes. Elles ont réduit et affaibli la capacité de l’ISIL d’approvisionner ses troupes et de maintenir le contrôle de Mossoul.

Les 11 et 12 janvier, les frappes ont ciblé les environs de Bayji afin de maintenir la pression sur les forces de l’ISIL qui opèrent dans cette ville.

Nos chasseurs CF18 ont utilisé des munitions à guidage de précision pour détruire des positions de combat ennemies et un camion qui tirait un véhicule blindé de transport de troupes, ainsi qu’une forteresse de l’ISIL qui comprenait des installations de rassemblement et des dépôts d’armes.

Les Forces armées canadiennes continueront d’exécuter le mandat que leur a confié le gouvernement du Canada et de mener des frappes aériennes contre les positions de l’ISIL en Irak. Nos efforts contribuent à atteindre l’objectif de la coalition qui consiste à affaiblir l’ISIL en maintenant une pression constante sur eux et à aider les forces de sécurité irakiennes dans leur lutte contre cet ennemi. Merci. Je peux maintenant répondre à vos questions.


Période de questions et de réponses (pas inclus dans la vidéo)

Question : Une petite question, par rapport à ce qui est arrivé en France est-ce que ça a changé les opérations mêmes de l’armée canadienne sur le terrain là-bas avec la coalition par exemple?

Capv Forget : Les évènements regrettables qui ont eu lieu à Paris la semaine passée n’ont eu aucun effet au niveau des opérations que nous faisons présentement en Irak. J’irais jusqu’à dire de plus que cela a renforcé exactement l’objectif ultime de s’appuyer en tant que coalition. La France est un membre clé de la coalition et donc cette fraternité si vous voulez coalition continue les efforts contre cet ennemi.

Question : Est-ce que vous pouvez dire si la France en tant que pays de la coalition a changé, modifié certains aspects de son travail sur le terrain là-bas?

Capv Forget : Je n’ai pas de détails concrets à cet effet, mais j’ai lu un article dans la presse tout récemment qu’ils ont considéré à envoyer un porte-avions dans la région à soutenir ces évènements, mais outre que ça je n’ai aucun détail.

Question : Justement on a vu au cours de ces derniers jours ces frappes huit, neuf, dix, onze, douze janvier avec certains jours qu’il y avait plus de frappes. Comment ça se fait qu’il y avait un certain tempo des opérations qui était ralenti auparavant puis là dans quelques jours on n’a pas arrêté de sortir finalement? Qu’est-ce qui a changé? Pourquoi est-ce qu’on a davantage bougé?

Capv Forget : Tout simplement le tempo des opérations n’a pas vraiment changé. Nous faisons des sorties de façon régulière, journalière dans la République d’Irak afin d’appuyer les forces irakiennes. Comme j’ai mentionné dans mon texte, évidemment le groupe ISIL a fait des initiatives offensives tout dernièrement.

Lorsqu’ils font ces opérations offensives, ils se mettent en risque de frappe et cela nous permet de justement avoir plus de frappes contre eux. Ils se sont exposés et nous avons pu dégrader leurs forces où ce que nous pouvons faire ces frappes.

Question : Est-ce que dans le même temps justement les Aurora sont davantage sortis? Vous avez parlé justement vous nous avez mis à jour sur l’une des sorties, mais est-ce qu’ils sont plus sortis dernièrement les Aurora pour faire des missions de renseignement, aller chercher justement où sont ISIL?

Capv Forget : Pour répondre directement à la question, la réponse est non. Le tempo est continu. Le nombre de sorties que nous effectuons c’est un rythme quand même assez régulier. Il y a un jour par semaine où nous avons une pause pour faire l’entretien des aéronefs.

Évidemment ils sont en grosse demande et ils font des vols de façon journalière. Donc le tempo n’a pas changé. On n’a pas augmenté rien comme tel. C’est juste que les cibles se présentent plus dernièrement ce qui nous permet d’avoir plus de frappes.

Question : Bonjour Capitaine, comment allez-vous aujourd’hui? Je voulais vous poser une question à propos des rapports d’agences de presse qui signalent les offensives lancées par ISIL dans deux provinces ou régions de l’Irak, et plus particulièrement à Ninawa qui est située au nord-est de Erbil. Je me demande si ces opérations menacent ou non le contingent de forces spéciales déployées pour l’Opération Impact.

Capv Forget : Comme je l’ai mentionné dans ma déclaration, oui. C’est tout à fait exact. ISIL a augmenté le nombre de ses opérations offensives. À savoir si celles-ci menacent directement nos forces spéciales, je n'ai malheureusement aucune information à ce sujet. Leur mission consiste toujours à conseiller et à aider; je n’ai donc aucune information précise à cet égard.

Toutefois, ce que je peux vous dire est que lundi il y a aura une rencontre de suivi à la présente séance d’information technique, à laquelle participeront les généraux Vance et Rouleau qui feront le point sur la campagne de façon plus détaillée.

Question : Une question complémentaire en quelque sorte... A-t-on envisagé de changer le statut de forces spéciales de nos troupes et de leur permettre d’appuyer directement certaines frappes aériennes?

Capv Forget : Tant que le mandat qui a été confié à nos forces spéciales ne sera pas changé, il continue d’être celui donné par le gouvernement du Canada, à savoir conseiller et aider.

Question : Bon après-midi, Capitaine. Seulement pour faire suite à d’autres questions sur le rythme des opérations. Il me semble comprendre que les avions effectuent toujours le même nombre de missions, mais que les pilotes ont eu l'occasion de larguer leurs munitions plus souvent ces derniers jours. Pouvez-vous nous dire s’il s’agit d’une quelconque réponse directe aux récentes opérations offensives de l’ISIL?

J’ai également constaté que bon nombre de ces frappes aériennes avaient lieu en appui aux forces terrestres. Je ne suis pas sûr si vous attaquez l’ISIL dès qu’ils sont exposés ou si vous appuyez simplement les manœuvres offensives des forces de sécurité irakiennes.

Capv Forget : Au fond, vous venez de répondre à votre propre question de plusieurs manières, parce qu’en fait les deux éléments constituent la réponse. Nous sommes liés aux forces de sécurité irakiennes à titre de membre de la coalition, ce qui fait que nous couvrons toute opération offensive ou défensive qu’elles peuvent mener.

Je le répète : oui, les offensives des membres de l’ISIL ont augmenté récemment et c’est pour cette raison qu’ils s’exposent davantage. Cela a pour effet de créer un environnement riche en cibles, ce qui permet à nos chasseurs de lancer des frappes aériennes contre eux.  

Question : Le premier ministre de l’Irak a demandé que l’on intensifie les missions de bombardement des pays de la coalition. Je me demandais si le Canada répondrait à cette demande en accélérant le rythme.

Capv Forget : Je suis au courant de la demande du gouvernement irakien. Elle a été transmise à la coalition. Bien entendu, nous ne sommes que l’un des nombreux membres de la coalition à appuyer les forces irakiennes dans ce conflit. Depuis le début du conflit, nous avons continuellement réévalué notre contribution, le type d’aide que nous pouvons apporter, la nature des besoins de la coalition et notre capacité à les satisfaire.

Cette évaluation est en cours. Elle est permanente, de sorte qu’indépendamment de la demande irakienne, nous continuons d’évaluer la contribution du Canada compte tenu des besoins de la coalition.

Question : C’est une question de suivi : vous avez mentionné que l’ISIL a lancé une offensive dans plusieurs secteurs, pour essayer de reprendre le contrôle d’une partie de son territoire. La semaine dernière, nous avons été informés que le groupe était sur la défensive, comme on dit. Je me demande seulement ce qui se passe au juste sur le terrain. Est-ce le retour de l’ISIL?

Capv Forget : Ce que nous avons dit la semaine dernière pour indiquer que le groupe ISIL était fragilisé. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a une présence aérienne très très persistante au-dessus de la région iraquienne. C’est ce qui a rendu le groupe vulnérable.

Nous n’avons jamais cessé d’expliquer que le groupe ISIL a été contraint de redéfinir son action, de repenser la manière dont il exploite ses tactiques parce que ce qu’il a fait avant ne marchait pas. En ce sens, il est exact de dire que nous avons perturbé son fonctionnement normal avec toutes ces frappes aériennes.

Tout type de conflit comprend des opérations défensives et des opérations offensives. Pour l’instant, le groupe de l’ISIL a, de toute évidence, eu l’impression qu’il était position de mener plus efficacement certaines opérations offensives. Ses membres ont cru qu’ils étaient probablement prêts à cela. Nous avons été en mesure d’intensifier les efforts et de les en empêcher.

Question : Vous venez de dire à l’instant que certains secteurs de l’Irak sont de plus en plus, constituent un environnement riche en cibles, alors qu’il a semblé dès le départ, au moins du côté canadien des opérations, qu’il a été très difficile de localiser les cibles.

Qu’est-ce qui a changé? Pourriez-vous décrire plus précisément cet environnement riche en cibles dont vous venez de parler?

Capv Forget : Je faisais allusion au fait que les membres de l’ISIL se sont exposés davantage parce qu’ils sont passés à des opérations offensives. Le fait qu’ils soient passés à l’offensive au cours des dix derniers jours environ les a amenés à prendre plus de risques, ce qui a permis à nos forces de pouvoir réellement localiser les secteurs où ils se trouvent, de les détecter au sol dans les secteurs qui ont été assignés à nos forces et de les poursuivre.

Question : D’accord. Je sais que vous venez d’en parler, mais j’ai encore besoin d’une précision pour comprendre. La semaine dernière, l’information que l’on nous a transmise nous a donné l’impression que les membres de l’ISIL avaient essuyé de sérieux revers, qu’ils avaient subi de très lourdes pertes et qu’ils ne participaient plus autant à des opérations offensives. Maintenant, il semble qu’ils se soient enhardis. Que s’est-il passé la semaine dernière pour qu’ils s’enhardissent?

Capv Forget : C’est une question qu’il faudrait plutôt leur poser parce que je ne sais pas vraiment pourquoi l’ISIL a jugé que c’était le bon moment de conduire ses opérations offensives.

Cela dit, ce que vous devez comprendre, c’est que l’ISIL a pour objectif de s’emparer de tout le territoire Irakien. Le fait est que nous n’en sommes ici qu’à la phase critique qui consiste à gérer cet influx de combattants de l’ISIL en Irak. Nous avons pu bloquer leur progression. C’est ce que nous avons dit et que nous continuons à dire… nous devons les empêcher de gagner du terrain en territoire Irakien.

Et nous avons parfaitement réussi. Cela ne change rien au fait que l’objectif stratégique ultime de l’ISIL est de s’emparer de la totalité du territoire irakien. Même si nous sommes parvenus à stopper cette progression initiale, cela ne les empêchera pas de vouloir, si vous voulez, se regrouper et lancer des opérations offensives. C’est une chose qui se produit couramment à n’importe moment de n’importe quel conflit.

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