Opération Impact – Séance d’information

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Vidéo / Le 19 janvier 2015

Transcription

Lieutenant-général Jon Vance, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada

Bonjour Mesdames et Messieurs. Je suis heureux de revenir ici pour faire le point avec vous. Je suis le Lgén Jonathan Vance, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada. Aujourd’hui, je vais vous donner une vue d’ensemble de la situation militaire et de l’état actuel des opérations de la coalition en Iraq.

Je laisserai ensuite la parole au Bgén Mike Rouleau, commandant du Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada, qui vous expliquera la façon dont ses troupes conseillent et assistent les forces de sécurité iraquiennes qui combattent dans le nord du pays.

Le but ultime de la coalition consiste à affaiblir et à vaincre l’ISIL dans cette région. Pour y parvenir, il y a plusieurs étapes à franchir. D’abord, nous avons répondu à l’appel à l’aide de l’Iraq. Nous avons ensuite stoppé et contenu l’ISIL, qui s’est retrouvé en position défensive. Maintenant, nous l’affaiblissons. Au cours des étapes simultanées et à venir il sera question d’entraîner, de conseiller et d’assister les forces de sécurité iraquiennes afin qu’elles puissent rétablir leurs forces, combattre l’ISIL et, en fin de compte, assurer leur propre sécurité.

La première carte derrière moi illustre la position de l’ISIL au début de nos opérations en Iraq. Depuis notre déploiement, la progression de l’ISIL en Iraq a été stoppée. À certains endroits, l’ISIL a même dû reculer quelque peu. La deuxième carte montre, en blanc, les secteurs que l’ISIL occupait.

Comme vous pouvez le voir, nous avons effectivement contré leur progression vers leurs objectifs. À ce jour, la coalition a mené plus de 900 frappes aériennes en Iraq, et elle a atteint des cibles comme des véhicules de transport d’équipement et d’autres ressources, notamment des positions de combat ennemies, des armes ennemies ainsi que des bâtiments d’entreposage d’armes et d’engins explosifs improvisés (EEI).

Bien qu’il faille s’attendre de temps à autre à des renversements tactiques locaux, comme c’est le cas dans le secteur de combat entourant la ville de Bayji, les frappes aériennes menées de concert avec les opérations terrestres des forces de sécurité iraquiennes ont produit l’effet souhaité à l’égard de la progression de l’ISIL. Sans ces efforts, la situation actuelle serait très différente en Iraq.

Nous avons perturbé leur liberté d’action, leur commandement et leur contrôle, et nous avons limité leur capacité à mener des opérations d’envergure. L’ISIL a été stoppé, et il tente maintenant de consolider ses positions, de défendre le territoire qu’il occupe toujours et d’appliquer sa puissance de combat en vue d’obtenir des victoires tactiques locales.

Nous savons que l’ISIL demeure déterminé, mais nous avons clairement commencé à les affaiblir en Iraq. Nous les avons stoppés et contenus rapidement, mais l’affaiblissement et la défaite complète de l’ISIL nécessiteront probablement des années. Nous en sommes au début de la campagne. Il reste encore beaucoup plus à faire. Les opérations d’instruction, de conseil et d’assistance se poursuivent et continueront de s’accroître.

Les effets de ces opérations se feront sentir au cours des mois à venir. Certains membres de la coalition, y compris le Canada par le truchement des forces d’opérations spéciales, ont déjà commencé la prestation d’une instruction, de conseils et d’une aide aux forces de sécurité iraquiennes. Plusieurs unités iraquiennes sont à l’entraînement dans des centres, et les forces iraquiennes comptent accroître le rythme des opérations et leurs capacités avec le temps, au moment où les partenaires de la coalition arrivent pour entreprendre leur instruction.

Les forces de sécurité iraquiennes mènent aussi des opérations offensives et ont réussi à protéger les civils. Des régions auparavant menacées par l’ISIL, comme Erbil et Kirkuk, sont plus sécuritaires. Elles ont également réussi à repousser l’ISIL de deux villes de la province de Diyala. En novembre, elles ont implanté une ligne de communication essentielle entre Bagdad et Samara.

Plus récemment, plus de 8 000 membres des forces de sécurité iraquiennes ont brisé le siège de l’ISIL aux monts Sinjar et ont pu se rendre jusqu’aux Yézidis et aux autres Iraquiens déplacés qui y étaient pris au piège depuis août. En décembre, ils ont assuré la sécurité de plus de 17 millions de pèlerins, qui s’étaient rendus à Kerbala dans le cadre de l’Arbaeen, une célébration religieuse importante.

Les forces de sécurité iraquiennes ont réussi à contrer les attaques menées contre les pèlerins, en dépit des efforts de l’ISIL. Ces exemples illustrent des réussites limitées, mais importantes. L’ISIL continuera de combattre. Il ne s’agira pas d’un combat facile et il reste beaucoup à faire dans les domaines de l’instruction et de l’aide avant qu’un niveau de réussite important soit atteint.

La réussite à long terme dépend du gouvernement et des citoyens iraquiens. Elle nécessitera également de la coalition qu’elle supporte tous les instruments du pouvoir de même que les effets militaires.

Aujourd’hui le Canada compte 625 membres déployés dans le cadre de l’opération Impact, dont environ dix pour cent sont des membres des forces d’opérations spéciales.

Nos aéronefs ont effectué un total de 358 sorties. Nos CF18 ont réalisé 28 frappes aériennes qui ont affaibli les capacités de combat de l’ISIL. Nous suivons des procédures de ciblage rigoureuses afin de réduire le risque de dommages collatéraux et nous avons recours à des munitions guidées avec précision pour mener les frappes sur des cibles ennemies approuvées.

Le Polaris a livré plus de trois millions de livres de carburant aux aéronefs de la coalition pour veiller à ce qu’ils puissent être en service pour de plus longues périodes et pour maintenir la pression sur les forces de l’ISIL. L’Aurora a effectué 67 missions de reconnaissance et de surveillance à des fins de renseignement, ainsi que des évaluations des dommages causés par les combats afin de confirmer l’efficacité des frappes aériennes de la coalition.

En outre, des officiers d’état-major canadiens sont entièrement intégrés au quartier général de la coalition et ils participent avec nos partenaires aux processus de prise de décision et de planification. Le Canada participe à toute la gamme des opérations aériennes, et les Forces d’opérations spéciales assurent la prestation de l’instruction et de l’aide.

Les Forces d’opérations spéciales du Canada ont commencé à conseiller et à assister les forces de sécurité iraquiennes dans le nord du pays, et elles aident les Iraquiens à développer leurs capacités militaires en vue de combattre l’ISIL. Comme vous le constaterez sous peu, notre mission a été un succès jusqu’à maintenant, et je suis fier de ce que nos forces aériennes et les Forces d’opérations spéciales ont accompli à ce jour. Le Bgén Rouleau vous fournira plus de renseignements sur l’instruction assurée par les Forces d’opérations spéciales.

Brigadier-général Michael Rouleau, commandant des Forces d’opérations spéciales du Canada

Bonjour Mesdames et Messieurs. Mon but, aujourd’hui, est d’informer les Canadiens sur ce que font les forces spéciales relativement à la situation de l’ISIL en Iraq. La force opérationnelle des FOS en Iraq est conduite en vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés par le gouvernement, et je peux vous assurer que ces pouvoirs demeurent inchangés depuis le premier jour où nous nous sommes rendus en Iraq.

Ces pouvoirs consistent à conseiller et assister les forces de sécurité iraquiennes. J’étais personnellement en Iraq la semaine dernière pour visiter mes troupes, des membres des forces de sécurité iraquiennes, des responsables du gouvernement iraquien et des généraux de la coalition. Là-bas, je me suis rendu aux positions de combat les plus avancées et à certains des sites d’entraînement que les FOSCAN utilisent pour accomplir notre mandat.

Permettez-moi maintenant de vous expliquer ce que nous faisons en Iraq. Pour ce faire, je vais avoir recours à un certain nombre de graphiques, d’illustrations et de vidéos pour vous aider à comprendre. D’abord, nous conseillons les forces de sécurité iraquiennes et nous les aidons à planifier leurs opérations. Ensuite, nous leur fournissons une assistance par le truchement d’un programme d’instruction qui vise à accroître leurs capacités militaires.

Enfin, nous les aidons à défendre leurs positions et à lancer leurs opérations offensives en orchestrant des frappes aériennes à partir du sol. Je commencerai en parlant de la planification et de l’instruction. Les membres des Forces d’opérations spéciales du Canada ont fourni des conseils et de l’assistance aux commandants supérieurs des forces iraquiennes dans la défense de leurs lignes contre l’ISIL et dans la planification de leurs opérations offensives.

Grâce au centre de coordination multinational que nous avons établi, la coordination, la planification et la synchronisation des opérations iraquiennes se sont améliorées. Le tout est suivi d’opérations de reconnaissance sur le terrain afin de visualiser les opérations des lignes de front. L’opération récente aux monts Sinjar dont nous faisions partie a été une grande réussite. Cette opération a permis de sécuriser l’environnement pour les Yézidis et ainsi d’éviter une catastrophe humanitaire.

Regardons maintenant le deuxième aspect, soit l’entraînement ou l’amélioration des capacités militaires des Iraquiens. L’achat et le don d’équipement aux forces iraquiennes proviennent du ministère canadien des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement. L’instruction qu’offrent les Forces spéciales sur des sujets tels que la navigation terrestre, l’informatique ou les systèmes de position globale, GPS, assurent l’utilité de l’équipement acheté par le ministère des Affaires étrangères.

Une grande partie de cet équipement ainsi que les connaissances acquises ont été utilisés lors des opérations récentes des forces iraquiennes. Ce type d’instruction se conduit bien en arrière des lignes de front. Nous avons également contribué à la formation médicale des forces de sécurité iraquiennes, aux compétences tactiques sur les champs de bataille et à la façon de garder un soldat gravement blessé en vie sur le champ de bataille assez longtemps pour le transporter à l’hôpital.

Dans le coin supérieur gauche de cette diapositive, vous voyez un membre du personnel infirmier des FOSCAN donner une formation en salle de classe sur l’insertion d’une intraveineuse. Dans le coin inférieur gauche, un membre des forces de sécurité iraquiennes se montre particulièrement doué pour ce type d’entraînement. Dans le coin supérieur droit, deux infirmiers traitent un membre des forces de sécurité iraquiennes blessé par balle lors des affrontements récents aux monts Sinjar; dans le coin inférieur droit, le même soldat est transporté dans une ambulance iraquienne en direction d’un hôpital iraquien.

La diapositive suivante vous présente l’équipe de chirurgie médicale et de réanimation canadienne déployée afin de limiter les risques que courent les forces terrestres. Ici, des chirurgiens, des anesthésistes et des infirmiers en traumatologie traitent un soldat allié qui a été blessé, non par l’ISIL, mais dans un accident de la route.

Cette diapositive illustre le programme d’instruction que nous appelons mobilité. Vous pouvez observer que les véhicules sont délibérément enlisés sur lesquelles les opérateurs canadiens démontrent comment installer des cordes de remorquage tout en gardant une posture tactique sécuritaire. Ainsi, ce programme d’instruction couvre des tactiques et des procédures telles que la conduite, l’entretien et le chargement d’équipement.

Cela est particulièrement utile dans les conditions topographiques très difficiles du nord de l’Iraq. Cette photo montre un opérateur des FOSCAN supervisant une salve de mortiers réels dans un champ de tir derrière les lignes de front. Les tubes de 60 mm lancent les petites bombes que le soldat iraquien tient dans sa main, en retrait, créant une explosion à l’autre bout du champ.

L’aide à l’entraînement que nous fournissons a relevé le niveau des forces de sécurité iraquiennes, qui sont passées du mortier de base au mortier avancé. Bref, leur précision s’est améliorée depuis que nous avons entrepris le programme d’instruction. Les forces de sécurité iraquiennes qui terminent cette instruction sont responsables des mortiers aux lignes de front.

La diapositive suivante montre un opérateur des FOSCAN qui manie une mitrailleuse lourde des forces de sécurité iraquiennes installée dans la benne d’un camion. Il est accompagné de trois soldats iraquiens. On leur enseigne la façon d’interpréter une image du site, des indications de cible, la portée et la vitesse du tir afin de pouvoir manier une pièce montée de façon plus efficace.

Voyez ici une image semblable, mais avec une grenade propulsée par fusée typiquement appelée en anglais un RPG. Cette arme est particulièrement efficace pour les forces iraquiennes contre les véhicules blindés de l’ISIL. La photo présente un soldat des forces iraquiennes qui lance un RPG sur un chantier de nuit derrière les lignes de front.

Cette diapositive montre des tireurs d’élite à l’entraînement. Un opérateur des FOSCAN est agenouillé avec un soldat des forces de sécurité iraquiennes. Le fusil de précision de l’Iraquien est à son genou. Un autre opérateur des FOSCAN tourne le dos à la caméra. À droite, un chevalet contient des éléments fondamentaux apportés de la salle de classe au champ de tir plusieurs kilomètres derrière les lignes de front. Tous les diplômés de ce cours seront employés comme tireurs d’élite.

Sans entrer dans le détail, je peux vous assurer qu’après avoir suivi l’entraînement, les tireurs d’élite des forces de sécurité iraquiennes peuvent tirer de façon efficace quatre fois plus loin qu’auparavant. En réalité, nous donnons aux meilleurs tireurs d’élite des directives et des instructions supplémentaires. Ce groupe a fait ses preuves : les tireurs peuvent tirer efficacement certaines cibles dix fois mieux qu’ils le faisaient avant l’entraînement.

Je crois que vous conviendrez qu’il y a là une nette amélioration. Dans le cadre de notre mandat d’aide, les FOSCAN ont apporté à treize reprises une assistance précise aux forces de sécurité iraquiennes permettant aux avions de la coalition de faire feu dans notre secteur d’opérations. En d’autres mots, ceci représente des compétences militaires très solides.

L’ISIL n’a ni les outils ni l’entraînement pour obtenir les mêmes résultats. Nous les avons. Nous permettons ces frappes en collaborant avec les appareils aériens de la coalition et avec les forces de sécurité iraquiennes. Le Lgén Vance a souligné que les activités sont gérées par les chaînes de commandement du théâtre des opérations de la coalition ainsi que par les officiers canadiens afin d’assurer la légitimité des cibles et de limiter les risques de dommages collatéraux.

Vous voyez dans le coin supérieur gauche de cette diapositive une succession d’abris fortifiés, la position des abris de l’ISIL et une mitrailleuse qui tirait sur les positions avancées des forces de sécurité iraquiennes et les menaçait constamment. Dans le coin inférieur gauche, des images prises par les opérateurs des FOSCAN montrent deux combattants de l’ISIL, leur abri et leur mitrailleuse.

Ne vous méprenez pas sur la proximité de la personne qui a pris cette photo : nous avons de très bons objectifs. Dans le coin supérieur droit, notez le point d’impact de plusieurs bombes aériennes sur les abris et dans le coin inférieur droit, l’indication d’une évaluation des dommages de bombardement.

Maintenant, je vais vous montrer la vidéo d’une frappe. Dans cet extrait, vous verrez deux bâtisses à travers une lunette thermique. L’ISIL utilisait les deux bâtisses comme installation de commandement et de contrôle ainsi que comme position de combat. Dans la vidéo, vous verrez les deux bâtisses, tout d’abord la gauche puis la droite, se faire frapper par des munitions à guidage de précision qui ont été lancées depuis des avions de la coalition et armées par des opérateurs des FOS sur le terrain.

(Visionnement de la vidéo)

La réussite de cette frappe a rendu les positions défensives des forces de sécurité iraquiennes de notre secteur plus sûres; de toute évidence, de telles frappes rongent l’infrastructure, la force et le moral des troupes de l’ISIL. Abordons maintenant la question des engins explosifs improvisés (EEI).

Depuis son arrivée en Iraq, le COMFOSCAN n’a pas vu un seul EEI. Nous devons cette situation à nos conseils et à notre mandat d’aide. Nous n’avançons pas avec les éléments avancés des forces de sécurité iraquiennes qui rencontrent de temps à autre des EEI. Nous échangeons des pratiques exemplaires avec elles, loin derrière les lignes, en termes d’aptitude à faire face aux menaces.

Dans le haut de cette diapositive, on voit un véhicule qui a été capturé par les forces de sécurité iraquiennes lors de la récente opération dans les monts Sinjar avant qu’il soit utilisé comme véhicule piégé transportant un engin explosif improvisé. En fait, c’est un camion d’approvisionnement en eau converti, genre Mad Max, en une bombe mobile lourde.

Au bas de la diapositive, on voit un pont, toujours à proximité des monts Sinjar, qui a été capturé par les forces de sécurité iraquiennes avant d’être détruit par les charges explosives de l’ISIL. Les barils bleus que vous voyez au pied des piliers sont les charges explosives en question. Le fait de garder le pont intact a fait en sorte que cette route puisse être utilisée par les Iraquiens, ce qui est encore le cas à ce jour.

Permettez-moi de faire la lumière sur notre mandat de consultation et d’aide relativement à l’entraînement. Nous prodiguons des conseils et facilitons la formation plusieurs kilomètres derrière les lignes de front : ceci représente environ 80 pour cent de nos efforts. Le reste de nos activités se déroulent dans les positions avancées, essentiellement près des lignes de front, mais parfois au front même – s’il s’agit du seul endroit d’où nous pouvons les exercer.

Le 17 octobre dernier, soit la dernière fois que je me suis adressé à vous, j’ai mentionné que mon évaluation des risques au chef d’état-major de la défense indiquait un taux faible. Après plusieurs mois, et après avoir moi-même visité les lieux, la situation est toujours la même. Le risque que courent les forces terrestres des FOSCAN qui participent au mandat de consultation et d’assistance est faible grâce aux mesures atténuantes en place, mais faible ne signifie jamais nul.

Il existe toujours un risque de blessure, que l’on s’entraîne ici, au Canada, ou ailleurs dans le monde. Laissez-moi vous montrer un exemple des risques en expliquant ce qui est arrivé aux FOSCAN en Iraq pour la première fois dans les sept derniers jours. Mes troupes avaient terminé la séance de planification avec des hauts dirigeants iraquiens plusieurs kilomètres derrière les lignes de front.

Quand elles ont avancé pour confirmer la planification aux lignes de front et visualiser ce qu’elles avaient discuté en consultant une carte, elles se sont immédiatement trouvés sous un feu de mortiers et de mitrailleuses efficace. Les opérateurs des FOSCAN ont répondu avec l’appui des forces de sécurité iraquiennes qui ont placé de façon stratégique des tireurs d’élite en direction des positions ennemies, neutralisant ainsi les postes de mortier et de mitrailleuse ennemis.

C’était la première fois qu’une telle chose se produisait depuis notre arrivée et notre réaction a été entièrement conforme au droit naturel de légitime défense. Je suis en mesure de rapporter aux Canadiens que les forces d’opérations spéciales des Forces armées canadiennes aident les Iraquiens du nord de l’Iraq de façon appréciable dans ce combat dangereux contre l’ISIL.

Nous avons formé, conseillé et aidé les forces de sécurité iraquiennes au point de les voir progresser. Nous ne les avons pas vues reculer dans notre secteur d’opérations. Nous avons vu des forces de sécurité iraquiennes gagner du terrain, acquérir de la confiance et devenir de meilleurs guerriers qu’ils étaient.

J’espère que ces informations clarifieront quelque peu la situation et permettront aux Canadiens de mieux comprendre ce que font les Forces d’opérations spéciales en Iraq. Je serai disposé à répondre à vos questions au cours de la séance de questions. Merci. Général.

Lieutenant-général Jon Vance, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada

En somme, la mission progresse comme prévu. Le gouvernement du Canada nous a donné un travail à faire et nous le faisons. Le déploiement des forces aériennes et des Forces d’opérations spéciales du Canada a contribué à toutes les activités de la coalition.

Nous constaterons d’autres gains au fur et à mesure que les autres membres de la coalition arriveront, que les effets de la puissance aérienne se feront ressentir et que la facette pangouvernementale de la mission se développera. Nous avons stoppé la progression de l’ISIL. Nous constatons des progrès. Les succès futurs prendront du temps. Merci.


Période de questions et de réponses (pas inclus dans la vidéo)

Animateur: Merci au Gén Vance et au Gén Rouleau. Nous allons maintenant prendre les questions des gens sur le parterre. Il y a un micro de chaque côté de la salle, et nous allons alterner entre les deux. Veuillez-vous identifier et indiquer l’agence de presse que vous représentez. Merci de vous limiter à une question principale et une question complémentaire.

Question: Merci d’avoir organisé cette séance d’information. J’aurais une question sur la première diapositive que vous avez montrée, celle qui montre que la zone contrôlée par l’ISIL rétrécit. Ce sont peut-être mes yeux qui font défaut, mais je n’ai pas vraiment vu de rétrécissement, et votre diapositive est loin d’aller dans le même sens que quelques autres qui ont été publiées ces derniers jours. Je pense entre autres au Wall Street Journal qui affirmait hier, en citant diverses sources militaires alliées, que la zone contrôlée par l’ISIL prenait au contraire de l’expansion. Comme c’est impossible pour nous d’aller voir par nous-mêmes, pourriez-vous nous dire ce qu’il en est exactement? Pourriez-vous revenir là-dessus et nous dire exactement ce qui vous permet d’affirmer que la zone en question rétrécit ou pas?

Lgén Vance: Merci de votre question. Vos yeux ne font pas défaut. On parle en fait de petits reculs. Nous attendons encore un véritable recul de l’ISIL en Iraq, personne ne dira le contraire. La diapositive montre plutôt certains reculs de modeste ampleur dans de zones où le vent est en train de tourner et dont les forces de sécurité iraquiennes ont repris le contrôle.

L’information en question vient de nos services du renseignement et de ceux des pays membres de la coalition. Je vous confirme qu’elle est véridique. Cela dit, c’est tout à fait possible que, d’une journée ou d’une semaine à l’autre, l’interprétation que l’on fait de ces légers reculs tactiques varie. Je disais tout à l’heure que, d’une semaine à l’autre, au fur et à mesure que nous vous transmettons de l’information, il y a toujours de nouveaux reculs tactiques locaux qui s’ajoutent. C’est indéniable.

Il serait imprudent de déclarer que l’un des deux côtés a le dessus sur l’autre en se contentant d’une simple analyse hebdomadaire. Selon ce que me disait ce matin le commandant du théâtre des opérations, le Gén Terry, on peut dire que, sur le plan opérationnel, la coalition a réussi à stopper l’ISIL.

On peut s’attendre à ce que l’ISIL – tout comme les forces de sécurité iraquiennes – cherche à cumuler les succès tactiques et locaux. Tant que les forces iraquiennes n’auront pas les capacités militaires pour véritablement changer la donne… lorsque les troupes seront bien entraînées, et avec l’appui aérien de la coalition, c’est à ce moment-là que l’on constatera des changements notables.

Pour le moment, je peux affirmer que l’ISIL a été stoppé et qu’il est désormais incapable de monter d’autres opérations offensives d’assez grande envergure pour que la situation change du tout au tout.

Question: Vous avez dit, vous l’avez répété le progrès est minime. Vous avez insisté à plusieurs reprises pour dire que ça va prendre des années avant d’arriver au but ultime. Est-ce qu’il faut tenir pour acquis ou se faire à l’idée que l’Opération Impact devra ou durera encore des années ?

Lgén Vance: C’est une bonne question. C’est certain que les grands plans de coalition va prendre des années pour assurer des changements tactiques que je viens de discuter puis aussi pour améliorer la situation dans les institutions iraquiennes, les institutions sécuritaires puis gouvernementales.

Opération Impact, notre opération canadienne, va durer jusqu’à la fin de notre mandat de six mois et on va trouver avec d’autres décisions gouvernementales si on continue. Maintenant le mandat est clair. On va finir après six mois. Il y a une différence entre Opération Impact puis le plan de coalition.

Question: Est-ce que vous pourriez nous donner la garantie, je sais que c’est une question qui revient continuellement mais est-ce que vous pourriez nous donner la garantie maintenant qu’à ce jour il n’y a pas eu de victimes, en fait de morts chez les civils depuis le début de l’Opération Impact ?

Lgén Vance: Bonne question. Une garantie 100% c’est impossible dans une situation de guerre. Mais quant à moi notre mission canadienne n’a pas fait de tout de blessés civils, quant à moi avec toute l’information que j’ai.

Question: Ma question s’adresse autant au Gén Vance qu’au Gén Rouleau. Pour être bien certain, j’aimerais que vous nous confirmiez que vous contribuez à faciliter les frappes aériennes. Je parle des frappes aériennes menées par la coalition en collaboration avec les Forces spéciales. Pourriez-vous nous en dire plus? Pourriez-vous en même temps nous dire quand les forces iraquiennes pourront se débrouiller seules?

Lgén Vance: Mike, je vous laisse répondre à la première partie, après quoi je pourrai parler de…

Bgén Rouleau: Absolument. Dans notre zone d’opération, nous aidons la coalition à exécuter des frappes aériennes. Autrement dit, à certaines occasions, nous avons carrément désigné les secteurs que les chasseurs doivent attaquer; nous avons marqué le secteur en question avec un laser afin que la bombe tombe exactement là où on veut qu’elle tombe. Dans d’autres cas, nous avons mis à profit les renseignements que nous avions recueillis.

Nous décrivons la situation sur le terrain aux commandants chargés de décider si on doit frapper ou pas. Les effectifs de la FOSCAN sur le terrain permettent d’accélérer le processus. C’est plus efficace, parce que les commandants de la coalition savent qu’il y a des gens sur le terrain qui voient ce qui se passe, au lieu d’avoir à se contenter des images captées à partir d’un appareil de RSR. C’est beaucoup plus sécuritaire.

Nous avions la garantie que, chaque fois que nous menions une frappe, il n’y avait personne des forces de sécurité iraquiennes à proximité de la cible. C’est une valeur ajoutée, et les forces de sécurité iraquiennes en sont extrêmement reconnaissantes.

Lgén Vance: Je ne connais pas les détails des investissements sectoriels en Iraq, sauf en ce qui touche l’entraînement des troupes de telle sorte qu’elles puissent elles-mêmes vaincre l’ISIL, mais j’imagine qu’au bout du compte, on s’attend à ce que les forces aériennes et terrestres iraquiennes puissent mener et guider elles-mêmes les frappes aériennes.

Question: Dans la même veine, doit-on alors considérer que nous jouons un rôle plus important que prévu? Depuis quand jouons-nous ce rôle?

Bgén Rouleau: Non, je ne crois pas qu’on doive voir les choses ainsi. Nous avons toujours clairement dit que les conseils et l’aide que nous apportons visent à maximiser les répercussions que peut avoir l’engagement du Canada. Ce n’en est qu’un exemple. Cela correspond tout à fait à notre mission d’origine : conseiller et aider. Je peux vous dire que cela aide énormément les forces de sécurité iraquiennes à contenir la menace que l’ISIL brandit sous leur nez.

Question: Ma question s’adresse au Gén Rouleau. J’aimerais que vous nous en disiez davantage sur l’incident qui est survenu au cours des sept derniers jours : qu’est-ce qui l’a causé, pourquoi les Forces spéciales étaient-elles impliquées et quels ont été les résultats? J’aimerais avoir un peu plus de détails.

Bgén Rouleau: Je ne pourrai pas vous donner beaucoup plus de détails tactiques, parce que nous ne voulons évidemment pas divulguer quoi que ce soit qui pourrait avantager l’ISIL. Essentiellement, nous avons utilisé le poste de commande que nous avons contribué à bâtir, comme je vous le disais, pour faire de la planification avec les hauts commandants iraquiens.

Or, la planification, c’est génial autour d’une carte, mais il faut aller sur le terrain pour vraiment voir le déplacement des troupes. C’est ce que ces gens faisaient, et ils étaient très près des lignes de front. En fait, ils étaient sur les lignes de front. Dès qu’ils sont arrivés, ils ont été très directement pris pour cibles par des tirs très efficaces de mortier et de mitrailleuse.

Personne des FOSCAN n’a été blessé, mais nos hommes ont dû répliquer sur-le-champ, et c’est ce qu’ils ont fait. Ils ont fait appel à des tireurs d’élite pour neutraliser les deux menaces à distance. Comme je le disais, c’est le genre de chose qui peut se produire. Ça nous est arrivé, au Gén Vance et à moi, à l’époque où nous étions en Bosnie avec les Casques bleus.

Nous pouvons tous être la cible de tirs directs ou indirects, mais c’est la première fois que ça arrive depuis le début de la mission, en septembre. C’est la première fois que nous avons essuyé des tirs et que nous avons dû répliquer. Les autres fois, c’était toujours les forces de sécurité iraquiennes qui luttaient de leur côté.

Question: À ce propos, est-ce pour cette raison que vous nous parlez de ce côté-là de la mission et que vous nous expliquez ainsi ce que font les Forces spéciales? Parce que c’est la première fois qu’une telle chose se produit depuis le début de la mission?

Bgén Rouleau: Pas du tout. J’ai dit au chef d’état-major de la Défense après l’engagement du 17 octobre qu’à mon avis, il serait sage de faire un bilan après quelques mois sur le théâtre des opérations et d’expliquer aux Canadiens ce que nous y faisons. La séance d’aujourd’hui est prévue depuis la fin décembre.

Lgén Vance: Nous avons toujours eu l’intention de faire le point sur la campagne après Noël. Je crois que c’était clairement su. Il n’y a pas d’autres intentions.

Question: Bonjour. J’aimerais revenir sur ce que mon collègue disait à propos des frappes aériennes. Si les Canadiens guident activement les frappes aériennes, la ligne de démarcation avec le rôle de combat actif ne commence-t-elle pas à devenir floue?

Bgén Rouleau: Non. Ce rôle correspond à notre mission, qui consiste à fournir des conseils et de l'aide. Nous avons les capacités nécessaires pour que le processus de frappes de la coalition soit plus efficace, plus sécuritaire et plus rapide. Nous avons les capacités nécessaires sur le terrain, alors nous prêtons main-forte aux forces de sécurité iraquiennes, à qui il revient de combattre l’ISIL.

C’est la responsabilité des forces de sécurité iraquiennes. Nous les aidons en leur permettant de profiter des excellentes capacités militaires dont nous disposons et en rendant le processus plus efficace.

Question: On a entendu dire qu’une équipe médicale s’était rendue sur place. Ses membres sont-ils comptés dans les 69? Pouvez-vous nous dire combien de personnes, exactement, sont sur le terrain?

Bgén Rouleau: Effectivement, les membres de l’équipe de soutien médical étaient comptés dans les 69.

Question: On peut donc dire sans se tromper qu’il y a 69 personnes sur le terrain?

Bgén Rouleau: Je crois, que le chiffre exact peut parfois varier d’une personne ou deux, mais grosso modo, l’effectif sur place n’a pas grossi, et il est encore composé de 69 personnes. C’est le bon chiffre.

Question: Ma question s’adresse à celui qui voudra y répondre. À votre avis, quelle est la chose la plus pressante à faire pour éradiquer l’ISIL? Vous disiez que ça pourrait prendre plusieurs années. Quel est le principal obstacle à l’heure actuelle?

Lgén Vance: Comme nous l’avons toujours dit, cette campagne doit se faire par étapes : d’abord se rendre sur place, ensuite stopper l’ISIL. C’est ce qui est arrivé, et maintenant l’Iraq a le temps d’entraîner ses troupes, d’acquérir les capacités nécessaires pour regarnir ses forces de sécurité de telle sorte qu’elles puissent avoir les moyens tactiques de refouler l’ISIL en dehors du pays.

Suivront ensuite les réformes sectorielles, parallèlement à tout ça. Il faudra également mieux soutenir les institutions iraquiennes afin qu’elles puissent conserver leurs acquis. Pour le moment, le gouvernement iraquien cherche à rétablir sa légitimité auprès de la population et fait de son mieux pour répondre à toutes les questions auxquelles doivent répondre les gouvernements qui sont aux prises avec un problème massif de sécurité à l’intérieur de ses frontières.

Lorsqu’on dit qu’il faudra du temps, on fait allusion à l’ensemble de la mission. Au cours de cette période, on observera des reculs tactiques où l’ISIL sera affaibli, vaincu et expulsé du pays en fin de compte en raison de ses capacités de combat. Toutefois, pour veiller à ce que la population soit affranchie de l’idéologie de l’ISIL, pour ce qui est entre autres d’avoir un processus politique légitime, il faudra plus de temps.

Nous parlons de la durée de la mission. Nous parlons tant de stopper l’ISIL que de maintenir intactes les institutions et les frontières de l’Iraq.

Question: J’espérais, brigadier‑général, que vous puissiez nous dire brièvement si oui ou non les Forces armées canadiennes ont dû affronter des combattants étrangers de l’ISIL. Vous avez mentionné que vous avez neutralisé les menaces. Les soldats canadiens ont‑ils vu des Occidentaux qu’ils ont neutralisés, ou avez‑vous vu des forces iraquiennes arrêter et emprisonner des membres des forces occidentales? Je vous demanderais de nous décrire ce que vous voyez sur le terrain.

Bgén Rouleau: Absolument. C’est facile. La réponse aux deux questions est non.

Question: Je vous prie de m’excuser de vous lancer cette question comme une bombe.

Bgén Rouleau: Ce que les gens ne savent pas, c’est que le nord de l’Iraq est une région relativement statique à l’heure actuelle. C’est un peu comme la Première Guerre mondiale, car il y a une ligne de tranchées des forces de sécurité iraquiennes dans le nord et le groupe ISIL gagne du terrain. C’est relativement statique, mais dans le cas des missions offensives.

Il y a une certaine distance entre les forces peshmergas, les forces de sécurité iraquiennes et l’ISIL. Dans certains cas, nous sommes assez près pour voir si la personne est d’origine asiatique, mais je ne dispose d’aucune information pour confirmer que nous avons affronté des combattants étrangers dans notre secteur du Nord de l’Iraq.

Question: Pouvez‑vous nous donner une meilleure idée de la composition de l’équipe de 69 personnes, de notre équipe des Forces canadiennes? Nous avons entendu parler d’une équipe médicale. La FOI 2 a‑t‑elle un rôle consultatif à jouer, en plus de son rôle de combat?

Bgén Rouleau: Je ne peux pas… Nous ne pouvons pas discuter de la composition exacte de notre force opérationnelle d’opérations spéciales. Le Commandement des Forces d’opérations spéciales se compose de cinq unités. Pour une mission de ce genre, nous faisons généralement appel aux membres de diverses unités. C’est ce que nous appelons une force opérationnelle d’opérations spéciales.

En raison des responsabilités nationales dont nous devons également nous acquitter, nous ne discutons jamais en détail de la composition exacte de cette force opérationnelle.

Question: A‑t‑on discuté de prolonger la mission au‑delà de la période de six mois prévue?

Lgén Vance: Je vais répondre à cette question. Les Forces armées sont prêtes à prolonger la mission si c’est ce qu’on leur ordonne de faire. Nous sommes prêts à rentrer au pays et à procéder à un redéploiement si c’est ce qu’on nous dit de faire. Pour l’instant, nous nous concentrons sur le mandat de six mois.

Question: Général Vance, justement par rapport à cette mission certains disent du haut des airs tout est beau.  En tout cas en Iraq on semble pouvoir stopper la menace davantage qu’en Syrie.  Sur le terrain c’est autre chose.  Il n’y a pas de processus politique.  C’est beaucoup plus complexe.  Est-ce que vous êtes prêt à ce que la mission change mais pour vous aider dans votre travail à stopper l’ennemi est-ce que vous avez besoin que ce mandat change rapidement?

Lgén Vance: Je pense que non.  L’ennemi est vraiment arrêté maintenant.  C’est bien stoppé mais pour avoir un niveau de certaineté (sic) pour rétablir une situation normale en Iraq, pour garantir tous les secteurs importants des institutions ça va prendre un effort énorme de la part des Iraquiens et le gouvernement iraquien.

Nous, nous donnons vraiment maintenant un peu d’espace, un peu de temps pour laisser libre, laisser agir les processus internes en Iraq pour garantir cette situation dans le futur.

Question: Pour le Général Rouleau, sur le terrain en conseillant, en aidant, en entrainant les forces iraquiennes, est-ce que vous avez participé à quelques moments les équipes spéciales à des combats?

Bgén Rouleau: Non.  À part l’incident que j’ai parlé toute à l’heure, c’est le seul incident si vous voulez où nous on a échangé le feu avec ISIL.  C’est la seule fois que c’est arrivé.

Question: Sur cet événement-là des derniers jours où il y a eu un échange est-ce que si ce n’est pas un combat est-ce que ce n’est pas une participation à un combat?

Bgén Rouleau: Non, mais écoutez, les forces qu’on prépare ici au Canada pour aller en Iraq de mon commandement se ne préparent pas pour une mission de combat du type qu’on a faite en Afghanistan.  Une mission de combat c’est quand nous on quitte nos positions pour aller physiquement s’approcher envers l’ennemi pour le capturer ou le tuer.  On ne fait pas ça ici.

On se prépare pour une mission de conseil et d’assistance.  On porte une grande attention au niveau culturel.  Non, par le fait qu’on a eu un échange de feu avec ISIL ne veut pas dire que c’est devenu une mission de combat.  C’est beaucoup plus nuancé que ça.

Question: Sur la durée de la mission, vous le répétez, la mission de la coalition va durer des années.  L’Opération Impact durera six mois.  Quel serait l’impact … qu’est-ce que ça voudrait dire pour l’ensemble de la coalition si l’Opération Impact se terminait au bout de six mois?  Est-ce que ce serait sécuritaire si les Canadiens partent au bout de six mois et qu’il n’y a personne pour les remplacer?

Lgén Vance: C’est certain que notre mission maintenant est bien acceptée et évaluée par les Iraquiens puis la coalition.  Ils ont la capacité de réagir si un partenaire dans la coalition quitte la mission. C’est possible pour établir les priorités mais maintenant nous sommes très importants dans la mission, très importants dans la coalition mais ils peuvent changer leur méthode, leur targeting et la priorité de ciblage si un partenaire ou un autre quitte la mission.

Question: Ma question s’adresse au Gén Rouleau. J’aimerais savoir, général, quand est survenue la première des 13 frappes aériennes dirigées. Quand a‑t‑elle eu lieu?

Bgén Rouleau: Je n’ai pas la date exacte, mais je dirais que c’était vers la fin de novembre ou le début de décembre.

Question: J’ai une question complémentaire. Pensez‑vous que vous allez trop loin en disant que le lancement de bombes de 500 livres sur les combattants armés de l’ISIL et le recours à des tireurs d’élite pour les neutraliser ne sont pas synonymes de combat?

Bgén Rouleau: Vous savez, nous sommes entrés en contact avec les forces ennemies, comme je l’ai mentionné tout à l’heure, lorsque nous étions là‑bas en tant que Casques bleus, et personne ne considère qu’il s’agissait d’opérations de combat. C’étaient des missions complexes de maintien de la paix.

Je pense que la situation est beaucoup plus complexe et que nous ne pouvons pas seulement dire que si nous échangeons des tirs avec une force belligérante, nous sommes tout à coup dans une mission de combat. C’est une mission visant à conseiller et à aider. Puisque nous sommes en mesure d’offrir une force aérienne, c’est l’une des contributions que nous pouvons apporter aux forces iraquiennes. De plus, nous avons toujours le droit inhérent à la légitime défense lorsque nous procédons à un déploiement. Nous avons le droit de nous défendre si nous sommes la cible de tirs.

Lgén Vance: J’aimerais ajouter quelque chose. C’est le Gén Vance qui parle. N’oubliez pas que nous sommes dans un conflit armé. Le lancement de bombes de 500 livres, comme vous les appelez, est effectué dans le cadre d’un processus de ciblage. Ce que nous disons, c’est qu’il y a de nombreuses façons de choisir des cibles éventuelles.

Les FOSCAN ont ajouté l’une d’elles avec nos alliés. Ces cibles auraient pu être choisies par l’entremise d’un processus de RSR ou par d’autres moyens. C’est une autre façon de choisir une cible. Par conséquent, je ne pense pas que nous allons essayer de trouver des portes de sortie. Je pense que nous vous disons ce qui se passe vraiment sur le terrain.

Question: Ma question est pour Général Rouleau.  Général, une question toute simple.  Pourquoi vous ?  Pourquoi les forces spéciales entrainent les forces de sécurité iraquiennes.  On ne le faisait pas en Afghanistan.  Les forces spéciales canadiennes formaient les forces spéciales afghanes et l’armée canadien format l’armée afghan.  Pourquoi les forces spéciales en Iraq ?

Bgén Rouleau: Ce n’est pas vrai qu’on n’avait pas une mission à former des troupes afghans vers la fin de la guerre on a été impliqué à former des troupes afghans.  Pourquoi nous en Iraq cette fois ?  Moi je pense que par le fait même de choisir d’employer des forces spéciales on mitige les risques jusqu’à un certain point.

Mes sergents, mes capitaines sont très, très habitués à opérer de très longues distances du quartier général dans des conditions très dispersées.  Alors je pense que leur entrainement, la manière qu’ils peuvent prendre soin d’eux-mêmes à des distances très importantes de support quoi que ce soit fait en sorte que les risques sont mitigés en choisissant les forces spéciales.

Lgén Vance: Cette mission est absolument impossible de faire par notre armé conventionnel, notre armée de terre.  Je n’ai aucun problème mais cette région d’Iraq au début du conflit était une région gouvernée un peu par des forces spéciales dans la coalition.  C’était aussi un bon fit.  Mais c’est absolument dans la capacité de notre armée de terre de faire les missions complexes d’entrainement.

Question: Juste pour conclure, Général, concernant les zones d’attaque, les zones de contrôle de l’État Islamique on parle des zones de soutien, des zones de support qui elles grandissent versus les zones de contrôle des États-Unis qui diminuent.  Est-ce que cela vous inquiète qu’on a ces zones de soutien d’autres villages qui soutiennent l’État Islamique ou en tout cas qui les laisse passer ?

Lgén Vance: Le soutien idéologique?  Maintenant c’est vraiment une guerre des idées un peu et l’État ISIL est en train maintenant d’essayer de captiver l’imagination des populations d’un côté.  De l’autre côté ils sont brutaux. C’est une menace très, très dure.

Ils ne suivent vraiment pas une bonne route pour garantir le changement des idées d’une population.  La situation en général m’inquiète.  Ce n’est pas une bonne situation pour l’état d’Iraq.  Nous sommes là pour aider, assister et mettre en place les étapes pour aider le changement dans le futur.

Question: Pour donner suite à ma question précédente, j’aimerais savoir pourquoi c’est si long. Le citoyen ordinaire pourrait penser que nous avons une force écrasante, une puissance aérienne moderne et très technologique, les militaires les plus redoutables au monde qui font face à un groupe improvisé sur le terrain.

La mission est en cours depuis des mois. Nous constatons des reculs mineurs. Vous les stoppez. Vous n’avez pas vaincu les forces ennemies. Pourquoi est‑ce si long? Pourquoi une force aussi puissante n’est‑elle pas en mesure de les écraser?

Lgén Vance: Il n’est pas difficile de répondre à cette question. Tout d’abord, nous n’avons pas une force écrasante. Nous pouvons créer une force puissante pour nous attaquer à une cible précise. Nous pouvons avoir recours aux aéronefs les plus modernes et aux armes les plus modernes du monde pour nous attaquer à une cible précise.

Une force puissante peut être localisée, mais comme vous pouvez le voir sur la carte, l’ISIL occupe un territoire assez vaste en Iraq. Nous n’avons pas les forces nécessaires en place pour neutraliser ses combattants. En fait, nous n’avons jamais déclaré que nous le ferions. Ce que nous avons dit, c’est que nous allions les stopper.

Nous savons parfaitement que pour répondre à votre question plus précisément, il faudra une force terrestre assez imposante et compétente pour corriger la situation et faire disparaître l’ISIL. Il y a des limites à ce l’on peut faire avec une puissance aérienne. C’est beaucoup. On peut stopper l’ISIL. Il ne mène plus d’opérations de grande envergure.

Il ne peut pas se livrer à de vastes offensives. S’il essaie de gagner du terrain de cette façon, nous pouvons faire appel à notre puissance aérienne et le stopper. Toutefois, ses membres peuvent continuer d’orchestrer des opérations de petite envergure, car même si nous pouvons les arrêter, ils peuvent le faire par l’entremise de leurs voies de communication. Il a un refuge dans certaines régions de la Syrie, même si le pays est la cible d’attaques menées par d’autres sections de la coalition.

Toutefois, ils sont sur le terrain, où ils ont une certaine puissance. Pour remédier à la situation, il faudra une force de sécurité iraquienne recyclée et rééquipée, et c’est la raison pour laquelle une mission axée sur la formation, les conseils et l’aide est si importante. Pourquoi est‑ce si long? Nous les avons stoppés. 

Nous continuerons à nous assurer qu’il en soit ainsi. La puissance aérienne ne fera rien jusqu’à ce que les forces de sécurité iraquiennes soient en mesure de travailler avec elle pour changer fondamentalement la situation sur le terrain. C’est pourquoi il faudra autant de temps. Cela prendra un certain temps.

Je terminerai en disant que je n’ai jamais fait d’estimations quant au moment ou au lieu exacts. Il a été question d’une période de trois ans ou plus pour que le processus entier soit terminé, y compris la réforme sectorielle, mais nous sommes confrontés à un ennemi motivé. Il va essayer. Il y aura des reculs et des déceptions.

Nous devons collaborer avec les forces de sécurité iraquiennes en leur offrant du soutien aérien et de la formation, mais elles devront le mériter. Il faudra du temps, et je ne peux rien ajouter d’autre à ce sujet. Cela prendra du temps.

Animateur: Mesdames et messieurs, voilà qui conclut notre rencontre. Pour avoir accès aux images qui ont été présentées aujourd’hui durant cette séance d’information technique, veuillez visiter le www.forcesimages.ca. Merci à tous de votre coopération.

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