Opération Impact - Séance d'information 4 novembre 2014

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Vidéo / Le 4 novembre 2014

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Lieutenant-général Jon Vance, commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada

Aujourd’hui, je ferai le point sur l’opération Impact, la contribution des Forces armées canadiennes à la Force de stabilisation au Moyen-Orient. Plus précisément, je parlerai des points suivants : la situation actuelle relativement à la disposition, aux activités et aux capacités du groupe ISIL; les frappes aériennes de la coalition et ses activités jusqu’ici; nos éléments militaires en théâtre; la situation concernant nos opérations aériennes.

Le groupe ISIL demeure une menace pour l’Irak, pour la région et, par le fait même, pour le Canada.

La sphère d’influence de ce groupe comprend des régions en Syrie et s’étend en Irak le long des deux voies de communication provenant de la Syrie qui suivent deux fleuves, le Tigre et l’Euphrate, jusqu’à Bagdad. Son intention de s’emparer de Bagdad demeure un objectif. Nous pouvons nous attendre à ce qu’il continue d’essayer d’occuper du terrain et de mener des attaques suicides et asymétriques le long de ses voies de communication.

Dans le Nord de la Syrie, il maintient la pression sur Kobani, où, récemment, des combattants kurdes se sont joints au combat pour repousser ISIL de la ville et de ses environs. Leurs efforts, soutenus par les vols d’aéronefs de la coalition en Syrie, ont entraînés de lourdes pertes chez le groupe.

Ailleurs, ISIL a étendu ses positions le long de ses voies de communication à partir de la Syrie et doit maintenant faire face à la possibilité qu’il en a trop entrepris pour les moyens à sa disposition. Il court toujours le risque d’être touché par des frappes aériennes de la coalition et est confronté à des actions militaires irakiennes concentrées.

Depuis septembre, la coalition a effectué des centaines de frappes aériennes dans le but de dégrader et de vaincre ISIL. Les forces de sécurité irakiennes et kurdes sur le terrain ont également réalisé certains gains dans des secteurs précis où ces forces mettent de la pression. Dans le Nord et la région centrale de l’Irak, près de Mosul, les forces de sécurité kurdes, avec le soutien de frappes aériennes de la coalition, ont pu reprendre le contrôle de la ville de Zumar et des villages avoisinants. Près de Bagdad, les forces de sécurité irakiennes, de leur côté, avec le soutien de milices chiites, ont repris la ville d’al-Sakhar et les villages avoisinants.

Les forces de sécurité irakiennes ont également empêché le groupe ISIL de faire d’autres gains territoriaux et ont mené des opérations offensives à Baiji et au Sud-Est de Falloujah. Les actions conjointes des forces de sécurité irakiennes soutenues par les efforts de la coalition ont, jusqu’ici, été très efficaces pour appuyer les efforts des forces de sécurité irakiennes.

Nos forces opèrent actuellement au sein d’une force de stabilisation au Moyen-Orient et, conformément aux instructions du gouvernement du Canada, prennent des mesures visant à protéger les populations vulnérables, à permettre la tenue d’actions militaires sous commandement irakien contre ISIL, à établir la capacité régionale en matière de sécurité et à soutenir les efforts de la coalition visant à dégrader, à perturber et, au final, à vaincre ISIL.

Alors que la coalition cible activement ISIL et soutien les forces de sécurité irakiennes, les ressources des pays contributeurs se font également intégrer à la coalition, ce qui comprend les ressources aériennes canadiennes.

Depuis mon dernier briefing, nous avons envoyé notre équipe d’activation du théâtre pour établir la disposition des forces avec tout le soutien nécessaire à l’accueil de notre personnel et au début des opérations. Un pont aérien a été établi et a facilité le déploiement de notre personnel et de nos ressources. À l’heure actuelle, environ 600 membres des Forces armées canadiennes se trouvent dans le théâtre pour soutenir les opérations aériennes, promulguer des conseils sur les opérations et aider au bon déroulement de celles-ci.

Le commandant de la Force opérationnelle interarmées canadienne en Irak, le colonel Dan Constable, est en place, de même que son quartier général. En date du 28 octobre, toutes nos ressources aériennes sont arrivées en théâtre, c’est-à-dire six chasseurs CF188 Hornet, un ravitailleur CC150 et deux aéronefs de surveillance CP140 Aurora. L’acclimatation et l’intégration aux forces de la coalition sont terminées, et nous avons commencé les opérations.

Nous sommes impliqués activement dans la structure de commandement et contrôle de la coalition, nous participons pleinement au processus de prise de décisions et notre force opérationnelle demeure sous commandement national complet.

Nos membres font un travail extraordinaire et nous avons mis en place tous les mécanismes de soutien nécessaires pour maintenir nos opérations en puissance. Nous avons donc commencé nos opérations aériennes.

En date d’aujourd’hui, nous avons effectué 27 sorties aériennes. Nos chasseurs en ont effectué 18. Notre aéronef de ravitaillement a été utilisé dans ce rôle à quatre reprises en soutien à nos chasseurs et à d’autres aéronefs de la coalition, ce qui représente un total de 208 000 livres de carburant. Nos aéronefs de surveillance, quant à eux, ont mené cinq missions de reconnaissance dans la zone d’opérations, et nos C17 ont soutenu la mise en place et le ravitaillement du théâtre.

Jeudi dernier, le 30 octobre 2014, deux CF188 Hornet ont volé pendant six heures à l’ouest de Baghdad. Un CP140 Aurora a effectué une mission de cueillette de renseignement de six heures dans le Nord-Ouest d’Irak qui a aidé la coalition à mieux comprendre l’espace de bataille. Le CC150 Polaris a mené une mission de ravitaillement d’environ six heures. Cette première mission de ravitaillement a permis de livrer près de cinquante milles (50 000) livres de carburant aux aéronefs de la coalition.

Le 31 octobre, un Aurora a mené des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance en soutien direct à plusieurs frappes effectuées par des chasseurs de la coalition contre des cibles d’ISIL dans les environs d’al-Qa’im. Cette frappe a entraîné la destruction d’une base importante d’ISIL qui était utilisée pour préparer des opérations de la région frontalière dans la voie de communication de l’Euphrate. L’Aurora était le principal appareil utilisé pour cette opération et a fourni d’importantes évaluations des dégâts permettant de déterminer le succès des frappes.

Le dimanche 2 novembre, des CF18 Hornet ont mené la première frappe aérienne du Canada contre des cibles d’ISIL. Les quatre cibles se trouvaient près d’un barrage à l’Ouest de Falloujah et consistaient en des véhicules et du matériel lourds de génie. Ils étaient utilisés pour dévier l’eau du fleuve Euphrate et créer des inondations pour déplacer les populations de la province Anbar tout en interdisant un accès à l’eau aux populations en aval. En inondant certains secteurs, ISIL a forcé des civils et des membres des forces de sécurité irakiennes à utiliser des routes précises où étaient placés des engins explosifs improvisés, ou IED.

De plus, les véhicules lourds de génie étaient utilisés pour créer et améliorer des positions défensives qui auraient rendu plus difficiles les opérations ultérieures de dégagement des forces de sécurité irakiennes.

Comme vous pouvez le constater dans les images derrière moi, ISIL se servait du matériel lourd de génie pour perturber le flot de l’eau dans le barrage. Nos forces ont travaillé avec le Centre multinational d’opérations aériennes, le CAOC, ainsi qu’avec des ressources de ciblage de la coalition, pendant ce vol d’une durée approximative de quatre heures.

Des bombes de 500 livres à guidage laser ont détruit et endommagé le matériel et les véhicules lourds de génie désignés et ont fait en sorte qu’ils ne puissent plus être utilisés. La destruction de l’équipement d’ISIL, dans ce cas précis, signifie qu’il ne pourra pas utiliser le fleuve Euphrate contre la population de la province d’Anbar. Les attaques ont également assuré l’élimination de l’équipement lourd nécessaire pour la création des positions défensives dont je vous ai déjà parlé.

Si vous voulez bien regarder les moniteurs, nous avons une brève vidéo montrant une cible alors qu’elle se fait frapper par nos aéronefs CF18.

[Bande vidéo]

L’utilisation de la puissance aérienne contribue à la destruction de l’infrastructure et du matériel d’ISIL, ce qui les empêche de disposer des moyens militaires qui leur permettraient d’attaquer. Elle provoque des pertes au sein du groupe et perturbe ses opérations. Elle diminue leur capacité de manœuvrer et contribue directement aux efforts des forces de sécurité irakiennes sur le terrain.

Laissez-moi vous rappeler que le but ultime de la coalition est de soutenir les forces de sécurité irakiennes dans leur tâche de rétablir la sécurité nationale. Within the coalition, we are supporting efforts to degrade and destroy ISIL.

Au sein de la coalition, nous soutenons les efforts en vue de dégrader et de détruire ISIL. Les frappes aériennes ne suffiront pas à elles seules pour vaincre ce groupe. Nous le savons fort bien. Elles contribuent à une capacité offensive militaire qui, en combinaison avec des manœuvres terrestres, entraîneront la défaite d’ISIL en Irak. Le combat contre le groupe en Irak sera dirigé par les Irakiens eux-mêmes, et c’est pour cela que nous les soutenons activement.

Merci.


Période de questions et de réponses (pas inclus dans la vidéo)

Modératrice: [Traduction] On va maintenant passer aux questions de la salle. Merci, mon général. [Fin de la traduction]

Question: (Inaudible) de TVA. Est-ce que c’est possible pour vous de nous expliquer – de nous dire combien de bombes précisément ont été larguées par les CF-18 canadiens, nous expliquer également en français exactement quel était le but et qu’est-ce qui a été fait durant cette opération à 4h00 dimanche.

Lgén Jonathan Vance: Dans la dernière attaque?

Question: L’attaque de dimanche que vous avez résumée en anglais, si vous pouvez nous résumer ce qui a été fait et combien de bombes précisément ont été larguées par les CF-18.

Lgén Vance: Bon, je n’ai décrit exactement combien de bombes, mais je peux vous donner des effets qu’on a eus sur le terrain. Les effets c’est la destruction de l’équipement de génie dans la place là.

[Traduction] En anglais, je ne vais pas vous décrire le nombre de bombes lancées pour quelques cibles. Je vais simplement vous détruire (sic) les effets sur ces cibles. [Fin de la traduction]

Question: (Inaudible) pourquoi vous ne voulez pas dire le nombre précis de bombes qui ont été larguées. Et on entend dire également qu’il y a eu des – que ISIL ont des weapons, excusez l’expression, des antiaircraft weaponry. Est-ce que vous pouvez nous dire que c’est le cas et quel danger représente, si c’est le cas, ces —

Lgén Vance: Bien, ils ont des weapons, des – je sais pas le mot en français.

Question: Des armements.

Lgén Vance: Des armements antiaériens mais maintenant ils n’ont pas l’utilisé jusqu’ici. Et on a la capacité dans nos avions de protéger nos avions puis nos pilotes contre attaques avec les armements comme ça. Merci.

Modératrice: Madame.

Question: [Traduction] Les renseignements sur les cibles, les cibles de ISIL, est-ce que ça vient du personnel de CF, des Forces armées ou est-ce que ça vient du personnel sur le sol, sur le terrain?

Lgén Vance: Ça vient d’une combinaison de sources. On tient compte des renseignements obtenus par les moyens électro optiques, par toutes sortes de renseignements, différents types de renseignements. On peut confirmer les cibles, comme vous l’avez vu avec le CP-140. On a pu confirmer le lieu de – et la nature de la cible simplement à cause des images visuelles et de la recherche que l’on fait pour nous assurer que autant que possible on évite les blessures – le dommage collatéral aux civils.

Question: J’ai vu qu’il n’y avait pas d’observateurs internationaux, qu’il y a pas d’observateurs du gouvernement irakien. Est-ce qu’il y a d’autres observateurs en Irak?

Lgén Vance: L’armée irakienne est présente en Irak, comme leurs forces de sécurité les Irakiens sont là dans leur pays. Il y a membres de la coalition des différentes nations sont sur le terrain. Et en tant qu’observateurs, si vous voulez dire qu’on observait les résultats de ces frappes sur les cibles, est-ce que c’est ce que vous voulez dire? Bien, c’est une évaluation des dommages. Ça peut-être obtenu de différentes façons, donc l’utilisation de Aurora qui peut déterminer exactement ce qui s’est produit. La population irakienne est tout à fait présente, comme l’armée de – irakienne.

Question: De Ottawa Citizen. Merci de nous adresser la parole aujourd’hui. Pouvez-vous me dire le total de ce que ça nous a coûté jusqu’à maintenant? Est-ce que vous pouvez nous donner une idée de ce que ça coûtera pour les six mois pour lesquels nous nous sommes engagés?

Lgén Vance: Merci pour cette question. Nous allons offrir le coût total de cette mission – nous allons vous le communiquer lorsqu’on le saura par les moyens appropriés. Donc nous avons – je ne suis pas du tout prêt à vous en parler maintenant.

Question: Alors pouvez-vous nous expliquer le nombre d’heures que chaque appareil, chaque aéronef a pu voler pendant cette opération, Opération Impact?

Lgén Vance: Je n’ai pas le nombre d’heures pour chaque type d’appareil. J’y travaille et pour voir les conséquences de cette campagne. Je pense qu’on pourrait peut-être trouver ces renseignements, mais je ne les ai pas pour le moment.

Question: Oui, vous avez donné des renseignements pour certaines de sorties.

Lgén Vance: Oui, mais le nombre exact d’heures, y compris la période de transition et le vol vers le lieu de la mission et les heures que ça a pris pour s’y rendre, bien, je n’ai pas les chiffres exacts pour vous aujourd’hui.

Question: Global News. Y a-t-il des problèmes avec la performance de cet équipement canadien, des ces aéronefs canadiens?

Lgén Vance: Non, pas de problème du tout. Le CF-18 a été mis à jour récemment. C’est un appareil magnifique qui fait exactement ce pour quoi il a été créé. Nous avons les bombes – les armes nécessaires. Donc on a le GPS. On a également les bombes guidées par laser. Nous avons les appareils, les véhicules ravitailleurs donc le Bloc 3 a été mis à jour. Donc il y a les moyens optiques tout à fait extraordinaires. Les C-17 font également un excellent travail sur le terrain comme prévu. Donc d’une façon générale, nous sommes très contents.

Question: Vous avez parlé du dommage collatéral mais dans les frappes qui se sont produits dimanche est-ce qu’il y a eu des dommages collatéraux? Est-ce qu’il y a eu des décès de —

Lgén Vance: Non, il y a pas eu de dommage collatéral.

Question: Justin Ling. Pouvez-vous me dire s’il y a des renseignements qui vous aide à vous – à prendre une décision — par exemple, CSEC ou d’autres?

Lgén Vance: Non, je ne peux pas entrer dans les détails parce que c’est assez délicat. Nous avons toutes sortes de formes de renseignements à notre disposition pour essayer de comprendre l’espace de combat et les cibles que nous voulons frapper.

Question: Donc les cinq missions de l’Aurora, jusque une était sur l’Euphrate. Pouvez-vous nous dire où étaient les quatre autres ou est-ce que ça fait partie de la même mission?

Lgén Vance: Donc l’aéronef va dans une région qui est déterminée tous les jours. C’est un effort pondéré et donc ça peut dépendre de l’endroit où se trouve les forces de sécurité irakiennes. Et donc c’est pour ça que ces appareils vont se déplacer dans cet espace de combat. Mais l’Aurora a travaillé partout dans le territoire aérien de l’Irak.

Question: Bruce Campion, Toronto Star. Quel est le rythme de – pour ces appareils qui sont impliqués. Vous avez les CF-18. Est-ce qu’ils volent tous les jours ou si ça dépend?

Lgén Vance: En ce moment, on vole à peu près tous les jours avec tous les types d’aéronefs. Donc il y a bien sûr certains moments où on devrait s’arrêter pour l’entretien. Nous pouvons faire voler deux appareils deux fois – tous les jours. Il y a une pause naturelle qui a été intégrée dans le programme pour faire l’entretien.

Question: Lorsqu’on était là pour votre dernière présentation, il y avait comme les étapes suivantes que vous avez mentionnées. Donc est-ce qu’il y a des gens qui vont aider à former les forces terrestres irakiennes? Est-ce qu’il y a eu des progrès conclus là-dessus?

Lgén Vance: Vous savez que nous avons nos propres formateurs sur le terrain pour le Commandement des forces armées canadiennes qui fonctionnent fort bien, font un excellent travail avec nos partenaires de la coalition, fonctionnent également très dur à préparer avec les différentes nations leur capacité de faire la formation nécessaire avec l’équipement des forces de sécurité irakiennes pour les opérations futures, également pour voir le soutien dont ils auront besoin. Et cela se poursuit.

Question: Merci beaucoup. Bon après-midi. Kim Mackrael du Globe and Mail. Ma question est celle-ci. Au sujet des questions précédentes sur les dommages collatéraux, je voudrais – lorsque vous dites il y a pas eu de dommage collatéral, est-ce que vous vous référez spécifiquement aux civils ou aux membres de l’État islamique qui auront été tués dans ces frappes.

Lgén Vance: Les membres de ISIL qui ont été frappés ne sont pas considérés comme du dommage collatéral parce que c’est une cible de combat. Donc ça serait des civils qui n’auraient pas été les cibles qui auraient pu être considérés comme dommage collatéral ou toute infrastructure qui n’était pas visée. Donc nous faisons de notre mieux pour nous assurer que les périmètres de ces attaques, les armes utilisées, l’angle de l’attaque contribuent à la destruction sur le terrain. Nous faisons tout en notre pouvoir pour limiter et notre objectif est vraiment de limiter tout dommage collatéral, y compris pour des blessures aux civils.

Question: Est-ce qu’il y a des combattants ISIL qui ont été tués dans ces attaques?

Lgén Vance: Et bien la règle du jeu que je vais utiliser pour les blessures aux combattants c’est que je vais pas vous dire que tel appareil, telle frappe, tel nombre de blessés. Nous – mais lorsque on le peut, on mense les effets généraux que ça a obtenus mais pour les frappes individuelles, non, je ne peux pas vous dire le nombre de blessés ou de morts à cause de ces frappes, pas de chaque frappe individuellement.

Question: Merci, général. CBC. Une question qui revient au bombardement de dimanche. Tout d’abord, j’aimerais que vous nous donniez un peu plus de détails si possible sur ce qu’ils essaient de faire. Rapidement, en voyant ce vidéo, ça semble être une très grande rivière. Est-ce que c’était une chose pratique de suggérer qu’ils pouvaient interrompre le flot d’eau en aval, en voyant cette image? Bon, peut-être qu’on peut faire dévier une partie de la rivière, mais peut-être pas suffisamment pour que personne n’ait d’eau en aval.

Et deuxièmement, si c’est ce qu’ils font, et que la coalition a des missions contre eux depuis le mois de septembre, ça me semble un petit peu fou de leur part de faire ça. Ils vont se faire frapper, c’est sûr. Et d’après la liste donnée aujourd’hui par le Pentagone, ils frappent à peu près tout ce qui bouge. Est-ce que ça ne semble pas un peu fou d’après vous?

Lgén Vance: Voulez-vous reformuler votre question? Ça semble un peu technique. Non, ils ont la capacité avec le barrage et les barrages terrestres, donc ils vont fermer le barrage et fermer l’évacuateur, ce qui va accumuler l’eau en amont et ça va se inonder les territoires en amont, ce qui va causer des problèmes pour la population qui devra se déplacer. Donc c’est l’autre de ces attaques qu’ils utilisent contre les populations. Bon, la rivière n’a pas été complètement déviée, mais ils ont essayé.

Et chose importante aussi, ils utilisent cet équipement pour organiser leurs positions de défense.

Pour venir à deuxième point – on va voir ça dans le temps d’une façon plus générale. Donc les appareils de la coalition ne sont pas partout tout le temps. Donc les cibles sont faites – sont déterminées de façon délibérée. C’est très précis. Le général de U.S. Central Command très souvent – a décidé – l’intention c’est que tous les jours, toutes les semaines, tous les mois ça a des effets cumulatifs quand on frappe ces cibles et cela va contribuer. Donc les attaques aériennes, entre autres, vont ultimement permettre aux forces terrestres de venir offensives. D’amener l’affaiblissement d’ISIL, que ce soit en leur visant l’équipement – lorsqu’on a l’équipement d’ingénierie qui n’est plus là, c’est très, très difficile de fonctionner. Donc on leur refuse la possibilité de faire ce qu’ils veulent pour nuire à la population, porter des armes. Et donc ça cause des blessures.

Question: Donc en suivi, vous voulez pas dire que ils vont inonder Fallujah, mais tout ce qui est autour. Quelle serait la population dont on parle?

Lgén Vance: Je n’ai pas les chiffres à ma disposition.

Modératrice: Donc nous allons passer au téléphone. Y a-t-il des questions au téléphone.

Téléphoniste: Alors vous pressez l’étoile pour une question. Martin Bégin. [Fin de la traduction]

Question: Bonjour. Merci de faire ça. J’aimerais savoir qu’est-ce que vous avez détruit au juste et comment pouvez-vous être certain qu’il y avait pas – qu’il y pas eu de dommages collatéraux?

Lgén Vance: Bien, simplement, on a détruit un groupe d’équipement de génie, d’équipement lourd que ISIL ont utilisé pour faire des défensifs, des positions défensifs.

Question: Et sur les dommages collatéraux?

Modératrice: Sur les dommages collatéraux?

Lgén Vance: Pardon, j’ai pas —

Modératrice: Pouvez-vous répéter votre question?

Lgén Vance: Répétez —

Question: Bien, c’était – non, c’était la deuxième partie de la question. Je vous demandais – deuxième partie de la première question. Je vous demandais comment pouvez-vous être certain qu’il y avait pas de dommages collatéraux?

Lgén Vance: Il n’y a pas de dommages collatéraux. On a fait un – comme – peut-être tu as vu on a fait un battle damage assessment, une enquête après avec – après l’attaque avec le ISR qui peut déterminer si un civil ou personne ou l’infrastructure a été attaquée par hasard.

Question: Et la deuxième chose que j’aimerais savoir c’est vous dites que le but ultime c’est de soutenir les forces irakiennes pour rétablir la sécurité nationale. Selon vous, il faudra combien de temps encore pour faire ça, pour y arriver?

Lgén Vance: Pour ré-établir la sécurité globale?

Question: La – oui —

Lgén Vance: Ou le – national.

Question: — rétablir la sécurité nationale.

Lgén Vance: J’ai pas – honnêtement, j’ai pas une bonne réponse pour ça. Maintenant, nous sommes en train de réagir contre une situation d’urgence. La planification en détail pour le campaign est en train. Maintenant, les estimés consistent des actions pour réhabiliter l’armée irakienne ça va prendre six mois, peut-être un an. Mais c’est absolument certain que les forces irakiennes veut commencer les opérations offensifs aussitôt que possible.

Modératrice: Merci. Avons-nous une autre question? Do we have another question?

Téléphoniste: [Traduction] Jim Cudmore, CBC.

Question: Comment allez-vous?

Lgén Vance: Ça va très bien. Merci, James.

Question: Alors je me posais la question sur les véhicules qui ont été frappés. Est-ce qu’ils étaient utilisés? Étaient-ils opérationnels? Je sais que vous voulez pas parlez de blessures ou – est-ce que les personnes qui utilisaient ces véhicules qui ont été frappées c’était tout le temps des gens de ISIL plutôt que des gens qui sont forcés par ISIL de faire le travail à leur place? C’est pour ça que je soulève la question.

Lgén Vance: Oui, lorsqu’ils ont été frappés, nous sommes certains que ça avait été utilisé de façon répétée par ISIL.

Question: Bon, ça m’amène à ma deuxième question. Au sujet de ces cibles, donc vous avez une force qui porte pas souvent d’uniforme donc est-ce que ça devient beaucoup plus compliqué de les cibler, tenant compte que nous ne sommes pas sur le terrain nous-mêmes les Canadiens, au sol à Fallujah. Comment est-ce qu’on peut être triplement certain qu’il n’y a pas de civils parmi les victimes?

Lgén Vance: Comme je l’ai décrit à la première conférence de presse, on a un processus élaboré, très spécifique pour déterminer ces cibles et lorsqu’on détermine une cible, on fait enquête par différents moyens de renseignement pour nous assurer que c’est bien ce qu’on pense, que c’est une cible légale, si vous voulez. Et la coalition a des yeux pour déterminer que ça demeure une cible qui sera libre de victimes et de dommage collatéral. Donc c’est un excellent processus qui est en place pour s’assurer qu’on comprend bien la cible et qu’on la surveille suffisamment avant de l’attaquer et c’est – la dernière chose c’est que le ou la pilote va attaquer cette cible.

Modératrice: Est-ce qu’on a une autre question au téléphone?

Téléphoniste: David Pugliese du Ottawa Citizen.

Question: Oui. Bonjour, général. Je me demande si vous pouvez expliquer votre raisonnement pourquoi vous ne nous donner pas le coût de cette mission jusqu’à maintenant? C’est-à-dire que les Américains, votre homologue américain a été très ouvert là-dessus pour renseigner les contribuables américains.

Lgén Vance: Bien, on est certain que nous pour déterminer le coût de la mission, pour que le divulguer nous avons donné par les canaux appropriés ces estimés du coût de cette mission au gouvernement et à la fin de la mission on pourrait déterminer – présenter tous les coûts. À ce moment-là ça vous aura donné.

Question: Oui, bien, je sais c’est ça qu’on vous a demandé de réciter et de nous dire mais quel est le raisonnement derrière tout ça?

Lgén Vance: C’est pas mon travail de vous dire quel est le raisonnement. Je vous dis simplement qu’on va le faire.

Question: Donc les contribuables seront gardés dans le noir.

Lgén Vance: Les contribuables seront infermés (sic) lorsqu’on connaîtra le coût de la mission et tel que déterminé par le gouvernement lorsqu’ils voudront divulguer ces renseignements au public canadien. C’est ce que nous ferons. Nous contribuerons à expliquer quels sont ces coûts.

Question: Est-ce que c’est être imputable?

Lgén Vance: Oui.

Question: Merci.

Question: Saša – oui, cette question – je me demande, la cible de dimanche, est-ce que c’était une cible fixe ou dynamique? Autrement dit, si c’était – est-ce qu’il y avait l’aide et le soutien des forces irakiennes sur le – oui, est-ce que c’était en soutient de ces forces?

Lgén Vance: Non. Ils n’étaient pas dans cette situation. D’une façon générale, oui, c’est en soutien des forces irakiennes pour les opérations subséquentes. Est-ce que j’ai répondu à votre question?

Question: Ou est-ce que c’était une cible fixe ou est-ce que c’est considéré comme une cible dynamique?

Lgén Vance: C’était une cible statique qui était en processus de devenir dynamique.

Question: Donc ma deuxième question, je sais que le mandat est à l’intérieur de l’Irak, mais il y a certaines choses assez importantes qui se passent de la part de ISIL et ce qui se passe en Syrie. Est-ce qu’il y a eu discussion ou possibilité ou demande que le Canada étende sa mission pour inclure quelque chose de l’autre côté de la frontière de l’Euphrate, autre?

Lgén Vance: Merci. Non, il n’y a pas eu de telles demandes au Canada de participer dans les opérations en Syrie. La coalition fonctionne partout où se trouve ISIL, mais on n’a pas demandé quelque chose de spécifique au Canada.

Question: Merci.

Modératrice: Merci. Je reviens à la salle.

Question: iPolitics. Une question – un suivi à la question sur la Syrie, c’est ce que j’allais vous demander moi-même. Vous avez dit qu’il y a pas eu de demande, mais vous surveillez sûrement ce qui se passe à – en Syrie, à Kobani et ailleurs. Quelle est votre réaction à l’implication de l’ISIL dans ce pays, c’est-à-dire la Syrie?

Lgén Vance: La Syrie est là où ISIL a commencé et où ils ont obtenu beaucoup de leur force et de leur capacité opérationnelle et donc je pense qu’il est fort sage que la coalition fasse ces opérations aériennes pour aider les défenseurs de Kobani et d’ailleurs et frappe les cibles de ISIL. Je pense que l’approche de la coalition est de traiter de façon appropriée à l’intérieur pour la protection de l’Irak et faire ce qu’il est nécessaire de faire pour nuire et diminuer la menace de l’ISIL en Syrie.

Question: Hier, le Premier ministre Harper a dit que ces frappes aériennes ne seraient peut-être pas suffisantes. Et a-t-il indiqué ce que le gouvernement canadien pense faire, s’il pense faire autre chose et quelle est votre réaction à ces commentaires montrant que ces frappes ne seraient peut-être pas suffisantes pour repousser ISIL?

Lgén Vance: Je pense qu’on a été très clair depuis le début. Tout commandant militaire ou des gens comme le Premier ministre le savent, comprennent fort bien que ce conflit ne sera pas réglé par le pouvoir aérien, si vous voulez, ou par le pouvoir militaire seul non plus. Je pense que nous l’avons bien compris. Nous avons été très clairs là-dessus depuis le début.

Le fait est que du point de vue militaire, l’opération aérienne c’est en soutien des forces de sécurités irakiennes qui, eux, veulent réétablir leurs frontières et se débarrasser de ISIL. On utilise de façon appropriée les opérations aériennes en soutien à ça. Nous voulons faire – nous voulons affaiblir ISIL. Et c’est pour ça que ça a été utilisé très souvent, à de nombreuses reprises pour montrer que le pouvoir aérien peut faire – peut nuire considérablement au personnel et à l’équipement de ISIL. Donc c’est pour aider à la défense d’Irakiens.

Modératrice: Nous avons le temps pour une dernière question.

Question: Pouvez-vous nous expliquer quelle est votre mission du 31 octobre? Quelle était la cible? Je sais que c’était à la frontière de la Syrie. Est-ce que Aurora est entré dans l’espace aérien syrien à un moment ou à un autre?

Lgén Vance: Non, non, l’Aurora n’a jamais pénétré le territoire aérien, l’espace aérien de Syrie. Nous n’avons pas cette intention de fonctionner en Syrie. Au sujet des installations à l’intérieur de la frontière avec la Syrie, ce sont les dépôts d’équipement. C’est là où nos forces peuvent se réunir ou ISIL peut le faire également. Et donc éventuellement par la ligne de communication continuer de le faire. Donc c’est l’emplacement d’étapes, si vous voulez. Donc l’Aurora a été essentiel pour bien comprendre la nature de la cible et ensuite les dommages causés.

Question: Pour revenir aux coûts, la décision de ne pas divulguer ces chiffres, est-ce que c’est une décision politique ou militaire de le ministère de la Défense nationale?

Lgén Vance: Bon, la décision n’est pas la mienne. Cette conférence de presse aujourd’hui est pour vous expliquer les effets de cette campagne, ce que nous faisons et pour vous montrer ce que nous avons fait et d’une façon générale pour expliquer notre contribution jusque là dans cette campagne. Je pense que la question des coûts est une chose qui sera déterminée lorsque le gouvernement déterminera qu’il a les renseignements et qu’il décide de les partager. Donc c’est une décision politique. Mais vous savez fort bien que c’est une question pas très juste. C’est pas une décision politique en autant que je sache. Une décision de gestion. Il faut savoir ce que sont ces coûts avant de vous les expliquer. Vous voyez ce que je veux dire? On n’est là que depuis peu de temps et au fur et à mesure qu’on découvrira ce que sont nos coûts, je vous les divulguerai. [Fin de la traduction]

Modératrice: Merci, mon général.

Lgén Vance: Merci beaucoup.

Modératrice: [Traduction] Cela conclut notre séance. Pour accès aux images et à la vidéo que nous vous avons montrée, veuillez voir combatcamera.gc.ca et forces images.ca.

Merci à tout le monde. [Fin de la traduction]

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