Opération PALACI : Contrôler l’imprévisible dans le col Rogers

Galerie d'images

Liens connexes

Article / Le 15 février 2017

Par Kaitlin Buttrum, Affaires publiques du Commandement des opérations interarmées du Canada

Avec ses montagnes abruptes et près de 40 pieds de neige chaque année, le col Rogers s’y connaît en avalanche. Pour faire face à cette menace, les FAC envoient des troupes chaque année pour procéder à des tirs d’artillerie dans les montagnes. Le but est de déclencher des avalanches contrôlées avant qu’elles ne deviennent un risque pour les routes et les chemins de fer qui passent par le col. Les FAC effectuent cette mission, l’Opération PALACI, à l’appui de Parcs Canada.

En gardant le col ouvert, les FAC continuent une tradition qui remonte à près de 150 ans. En 1881, le major Albert Bowman Rogers a découvert ce col, qui allait devenir une des routes viables empruntée par le Chemin de fer Canadien Pacifique. Peu après, la construction de la voie ferrée a commencé.

La construction et l’entretien du chemin de fer dans l’environnement rocheux et enneigé du col Rogers a été difficile pour les constructeurs canadiens. Il aura fallu une ingénierie novatrice et des milliers de travailleurs pour terminer la construction de la voie ferrée canadienne, le 7 novembre 1885. En 1886, des trains empruntaient régulièrement cette voie reliant l’océan Pacifique au reste du Canada.

L’entretien du col tout au long de l’année s’est avéré un défi en soi. Le 4 mars 1910, alors que les travailleurs dégageaient une avalanche, une autre avalanche s’est produite, frappant le col Rogers de plein fouet et enlevant la vie de 58 cheminots. Le problème des avalanches a continué pendant des décennies. Par exemple, en janvier 2009, l’autoroute a été fermée pendant plus de  24 heures, causant d’importants retards.

En raison des chutes de neige abondantes dans le col Rogers, le risque d’avalanche est le plus élevé de toutes les autoroutes publiques du Canada. Il y a environ 2 000 avalanches par année et 134 couloirs d’avalanches potentiels pouvant affecter l’autoroute.

En hiver, près de 4 000 véhicules et jusqu’à 40 trains passent par le col Rogers chaque jour. Cela signifie des milliards de dollars en échanges commerciaux. L’Opération PALACI agit à titre de de mission « qui ne peut échouer », puisque lorsqu’une avalanche bloque le col Rogers, les répercussions économiques sont importantes.

Chaque année, des troupes d’artillerie sont déployées dans le col Rogers avec des armes C3 Howitzer de 105 mm pour créer des avalanches. Les membres des FAC sont déployés à la fin novembre pour effectuer un tir d’étalonnage afin d’assurer la portée et la précision du Howitzer. Cette année, durant la première partie de l’opération, plus de 700 cm de neige sont tombés à la station météorologique près de Mount Fidelity. Les tireurs ont également tiré près de 140 coups.

« Les tirs effectués dans le but de créer des avalanches engendrent de haut niveaux de stress, » explique le lieutenant Nathan Romkey, commandant de la force opérationnelle de l’Opération PALACI. « Nous devons maintenir le plus haut niveau d’efficacité. »

Les spécialistes en avalanches de Parcs Canada sont les directeurs de la mission. Ils donnent des directives aux FAC pour tirer sur différentes cibles préétablies, au besoin. Parcs Canada travaille également en collaboration avec le Chemin de fer Canadien Pacifique pour immobiliser les trains en dehors des zones d’avalanche lorsque les FAC procèdent aux tirs.

L’Opération PALACI est une opération unique qui comporte des défis et des récompenses pour ceux qui y participent.

« Il est très satisfaisant de travailler dans la beauté naturelle des montagnes et de fournir un service unique aux personnes qui utilisent ces autoroutes, » explique le bombardier-chef Wesley Hudson, qui participe à l’Opération PALACI.

Pour l’agent principal des avalanches de Parcs Canada Jeff Goodrich, les défis sont ce qui rend ce travail si intéressant. « Il existe un équilibre intéressant entre la façon dont nous traitons la nature dynamique des systèmes de tempête, l’accumulation de neige au sol et les répercussions sur le trafic et les mouvements le long de l’autoroute, » explique-t-il.

Collaborer avec les FAC constitue un autre avantage pour M. Goodrich. « Le partenariat que nous avons établi avec l’équipe de la Défense nationale en vue de protéger l’autoroute contre les avalanches est crucial, » dit-il.

Les FAC et Parcs Canada continueront de travailler dans le cadre de l’Opération PALACI jusqu’à la fin de la saison hivernale.

Date de modification :