« Pour sauver des vies » : Un technicien SAR raconte le sauvetage d’un homme perdu au Nunavut

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Article / Le 24 février 2017

Rédigé par : Ashley Black, Commandement des opérations interarmées du Canada

Imaginez la situation suivante : un homme est disparu depuis quatre jours dans une région rurale du Nunavut, faisant face à l’hiver rigoureux seul. Pendant les 17 prochaines heures, il vous revient de le trouver, de le stabiliser et de l’évacuer. C’est un travail difficile, mais un travail auquel s’est consacré le sergent Dennis Van Sickle au cours de sa carrière dans les Forces armées canadiennes (FAC).

Le sergent Van Sickle est un technicien en recherche et sauvetage (SAR) à bord des aéronefs CC130 H Hercules et CH146 Griffon au 424e Escadron de transport et de sauvetage, situé à la 8e Escadre Trenton, en Ontario. Au cours des missions, le sergent Van Sickle est le chef d’une équipe de techniciens SAR responsables des soins primaires de la personne disparue.

À environ deux heures du matin le lundi 21 novembre 2016, le sergent Van Sickle et son équipe ont été chargés d’une mission SAR pour un homme porté disparu depuis le vendredi 18 novembre. La GRC, les Rangers canadiens et la population locale avaient effectué une recherche au sol pour l’homme près du lac Baker, au Nunavut, pendant toute la fin de semaine. Comme ils ne l’avaient pas aperçu, ils ont demandé l’aide des FAC.

Pendant les 17 prochaines heures, le sergent Van Sickle et son équipe, qui se trouvaient à bord d’un CC130 H Hercules, ont fait une recherche des endroits où il pouvait possiblement se trouver et ont suivi les circuits de recherche transmis par le centre de contrôle régional. La GRC et les Rangers canadiens ont continué la fouille au sol dans une zone forestière.

La recherche s’est déroulée pendant toute la journée car, du ciel, il était difficile d’identifier les objets au sol de façon définitive. « Au‑delà de la limite des arbres, nous pouvions voir une tonne de neige ainsi que des roches et des blocs de glace qui en ressortaient. De l’altitude à laquelle nous étions, ils ressemblaient plutôt à des points noirs », a expliqué le sergent Van Sickle. « Il y avait une grande ressemblance entre l’objet de notre fouille et ce que nous pouvions voir au sol, et il y avait aussi beaucoup de poudrerie en raison des vents forts qui soufflaient. Il était donc difficile de faire la différence entre les objets aperçus au sol. »

Le soir tombé, il n’y avait toujours pas de trace de la personne disparue. L’équipe à bord du Hercules n’avait qu’environ cinq minutes pour terminer son dernier circuit de recherche avant de devoir atterrir pour la période de récupération obligatoire.

À ce moment‑là, l’équipe au sol a communiqué avec le Hercules. Les membres de l’équipe avaient trouvé des empreintes et voulaient que l’équipe du Hercules vienne enquêter.

L’appareil Hercules a terminé les cinq dernières minutes de sa recherche pour ensuite se diriger vers l’endroit où la GRC avait trouvé les empreintes. Cependant, l’équipe au sol avait déjà trouvé la personne disparue. Le Hercules a suivi l’équipe au sol qui se dirigeait vers une cabine médicale à proximité. Une fois que les membres de l’équipe au sol étaient arrivés, le Hercules leur a lancé une radio pour savoir si l’équipe du sergent Van Sickle avait besoin d’aide médicale.

« Ils ont utilisé la radio pour nous dire que l’homme était en vie et qu’il marchait quand l’équipe l’a trouvé », a expliqué le sergent Van Sickle.

Comme l’équipe au sol a demandé de l’aide médicale pour le patient, le Hercules a survolé la cabine pendant que le sergent Van Sickle et l’un des techniciens SAR, le caporal‑chef Matthew Zukowski, parachutaient jusqu’au sol. Le sergent Van Sickle s’est concentré sur l’élaboration d’un plan d’évacuation pour le patient, alors que le caporal‑chef Zukowski effectuait l’évaluation médicale du patient avant de le déplacer vers une station médicale à proximité, où se trouvait une équipe médicale professionnelle.

Un groupe de citoyens inquiets ont accueilli le patient et l’équipe SAR à la station médicale. Le sergent Van Sickle avait déjà fait le transfert d’un patient auparavant, mais c’était la première fois qu’il voyait toute une communauté se mettre en rang pour accueillir le patient chez lui. « C’était vraiment incroyable », a-t-il affirmé.

Le sergent Van Sickle reconnaît que le travail acharné de l’équipe au sol a permis de trouver les empreintes de la personne disparue et donc à assurer la réussite globale de la mission. « Pour cette mission, je crois que les félicitations reviennent à l’équipe SAR locale au sol. Les membres de l’équipe ont passé quatre jours à la recherche de cet homme. En réalité, ce sont eux qui ont vu les empreintes et qui l’ont trouvé. Un gros bravo à l’équipe », a-t-il affirmé.

Les journées de travail de 17 heures ne sont pas faciles et les missions ne sont pas toujours un succès. Toutefois, le sergent Van Sickle a une raison simple pour expliquer la raison pour laquelle lui-même et les autres techniciens SAR sont si dévoués à leur travail. Il explique que les techniciens SAR ont la chance unique d’influer directement sur la vie des Canadiens.

« Nous sommes ceux qui se dépêchent d’aider une personne qui vit la pire journée de sa vie, dit‑il. Je crois que c’est la raison pour laquelle les techniciens SAR sont si fiers d’incarner la devise de leur métier : Pour sauver des vies. »

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