Que lisez-vous? La vie à bord du NCSM Saskatoon dans le cadre de l’Opération CARIBBE

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Article / Le 26 avril 2017

Rédigé par : Enseigne de vaisseau de 1re classe Susannah Anderson, officier des Affaires publiques de l’Opération CARIBBE

La chaleur tropicale s’est installée telle une couverture de laine mouillée sur le navire et un technicien en génie des armes trouve refuge dans un petit coin d’ombre sur le pont de dragage, lisant avec intérêt un livre pendant sa pause. « Avez-vous lu Ready Player One? Un des manœuvriers m’a donné le livre. Je ne peux pas m’arrêter de lire. »

Après 47 jours de déploiement dans l’océan Pacifique Est dans le cadre de l’Opération CARIBBE, le livre intitulé « Ready Player One » d’Ernest Cline passe de main en main à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Saskatoon.

Dans un monde de connexion instantanée, le fait de partager un vieux livre à couverture souple avec des amis peut sembler dépassé. La perte de cette même connexion instantanée peut être choquante pour les nouveaux marins; la vitesse de connexion Internet en mer varie selon la position du mât du navire ou les besoins en matière de sécurité opérationnelle. Même avec les fonctions de téléchargement désactivées, l’accès à des téléphones cellulaire est rigoureusement contrôlé et la messagerie instantanée est remplacée par des courriels réfléchis ou une lettre envoyée à partir d’un port loin de la maison. En raison du manque de communications avec la maison, les membres de l’équipage se tournent vers leurs confrères et consœurs à bord du navire; ils prennent leurs repas ensemble, dorment dans des couchettes doubles ou triples et collaborent lors des missions de surveillance.

Les expériences communes et les livres comme Ready Player One sont les maillons d’une chaîne qui rapproche les membres d’équipage, explique le capitaine de corvette Todd Bacon, commandant du NCSM Saskatoon. « Le Saskatoon a quitté Esquimalt en février 2017 avec un nouvel équipage provenant des quatre coins du Canada, de la Force régulière et de la Réserve, » dit le capitaine de corvette Bacon. « Grâce à leur travail acharné et à l’excellence de leur entraînement, ils ont su évoluer ensemble et effectuer leurs tâches sans heurt dans le théâtre. Après deux mois à partager un sentiment d’excitation à la réussite d’interceptions et de longues journées en mer, les membres de l’équipage sont plus que de simples marins; ils sont une famille. »

La vie dans le carré des officiers en chêne lambrissé est axée autour de la table à manger. « Avez-vous lu Ready Player One? » demande un officier en mangeant des crêpes et des fruits au mess des officiers. Le roman est un sujet de conversation d’intérêt pour les membres de l’équipage de tous les grades et de tous les groupes professionnels. La conversation semble forcée dans la file d’attente pour le déjeuner, alors que les membres d’équipage fatigués reviennent de leur veille de nuit, mais lorsqu’ils sentent l’arôme riche du café envahir le navire, ils se réveillent. La fiabilité de la télévision par satellite diminue après quelques jours en mer et est remplacée par les pochettes DVD. Les membres d’équipage regardent les films ensemble dans les mess et le choix des films revient à ceux qui ont eu la présence d’esprit d’ajouter des DVD dans leur sac à fourni avant le départ en mer. Les films figurant la camaraderie et la détermination dont font preuve les marins au quotidien sont souvent préférés aux films sentimentaux.

Chaque cabine héberge de trois à quatre membres d’équipage. Il est important de savoir qui préfère un peu de silence le matin et qui saute hors du lit dès les premiers rayons du soleil pour maintenir la paix. Comprendre lorsqu’un compagnon de cabine a besoin d’espace ou lorsqu’il a besoin d’être écouté signifie que les amitiés s’intensifient rapidement. Les longues veilles de nuit sont le théâtre de conversations enrichissantes.

« Les conversations des quarts de nuit (de minuit à 4 h) sont mes préférées, » explique l’officier des opérations du Saskatoon, qui ne peut pas être nommé pour des raisons de sécurité opérationnelle. « Nous assurons la sécurité du navire et maintenons le cap durant la nuit. Pendant que nous surveillons pour signaler des écueils, nous discutons, racontons des histoires et échangeons des idées. Les marins du Saskatoon proviennent de divers milieux, partout au Canada. Tout le monde à une histoire intéressante à raconter et les longues veilles de nuit sont le moment parfait pour le faire. Il y a un livre qui circule sur le bateau en ce moment et qui a entraîné d’intéressantes conversations. »

Le NCSM Saskatoon est en train de retourner à Esquimalt, en Colombie-Britannique, et ses marins seront une fois de plus connectés au reste du monde. Les communications instantanées de la terre ferme ne peuvent toutefois pas remplacer la profonde connexion que partagent les membres de l’équipage après avoir vécu ensemble en mer. Au cours des deux derniers mois, les membres de l’équipage ont navigué du Canada à Panama, aidant à saisir  plus de 1 100 kilos de cocaïne et à intercepter environ 1500 kilos de cette drogue durant le voyage. Depuis 11 ans, l’Opération CARIBBE continue d’interrompre avec succès le mouvement des drogues vers l’Amérique du Nord. La vie à bord du NCSM Saskatoon ne se résume pas en une simple mission : elle est plutôt définie par les marins eux-mêmes et les liens qu’ils tissent durant leur séjour en mer. Il y a un livre dont tout le monde parle intitulé Ready Player One. Voudriez-vous l’emprunter?

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