« Quelle différence avec mon travail : L’expérience d’un ingénieur de la Force de réserve pendant l’opération CARIBBE

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Article / Le 27 mars 2017

Rédigé par l’enseigne de vaisseau de 1re classe Susannah Anderson, officier des affaires publiques, opération CARIBBE

Malgré la chaleur et les mouvements du navire qui le force à prendre des pauses régulières dans ses efforts, le superviseur de la propulsion ne pourrait être plus heureux. Un élément essentiel de la tuyauterie dans un des alternateurs du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Saskatoon a besoin de réparation et le superviseur principal de la propulsion se trouve sur le pont de dragage, à des centaines de milles des côtes de l’Amérique centrale, en train de se préparer à faire les réparations.

« Ce travail est tellement différent de mon travail à la maison » explique-t-il. « Mon père était ingénieur naval dans la Réserve - c’est une tradition familiale. Mon employeur m’a appuyé dans cette démarche et je suis enfin ici, à faire une différence, à garder ce navire en marche. »

Le NCSM Saskatoon participe à l’opération CARIBBE, la contribution du Canada à l’effort multinational pour lutter contre les opérations de trafic de stupéfiants dans la mer des Caraïbes et dans l’Est de l’océan Pacifique. Le navire est muni de capteurs et de matériel de communication qui lui permet de suivre et d’intercepter les petits navires rapides remplis de stupéfiants en haute mer. Toutefois, c’est le ronronnement continu des moteurs sous les ordinateurs de la salle des opérations peu éclairée qui indique que le navire est en marche et en mesure d’effectuer sa tâche, qui consiste à endiguer le flot des stupéfiants en Amérique du Nord.

Le superviseur de la propulsion servant à bord du NCSM Saskatoon, qui ne peut être identifié pour des raisons de sécurité opérationnelle, travaille à temps plein dans le domaine des ventes de logiciels et à temps partiel comme réserviste naval. Il parle avec beaucoup de fierté de son travail à bord des endroits chauds et bruyants du navire.

« Être ingénieur est un travail qui requiert de la créativité, de la souplesse et de l’endurance physique pour veiller à ce que le navire ait de la propulsion en tout temps, peu importe la situation qui se présente », explique-t-il. « Il n’y a pas de quincaillerie où nous pouvons trouver des pièces de rechange; il nous faut sortir des sentiers battus pour régler tout problème qui survient. »

Au cours de son quart de jour, le superviseur de la propulsion encadre de un à quatre ingénieurs. Leur but est d’assurer le fonctionnement des systèmes de propulsion principaux et de veiller à ce que les officiers de quart sur le pont du NCSM Saskatoon aient suffisamment de puissance pour la mission.

Le NCSM Saskatoon est un navire de classe Kingston, un des 12 navires de défense côtière de la Marine royale canadienne. À bord, quatre alternateurs diesel produisent de l’électricité qui alimente deux moteurs qui, à leur tour, font fonctionner les arbres de deux Azipod, que l’on appelle couramment « propulseurs en Z ». Comme ils peuvent tourner sur 360 degrés, les propulseurs en Z rendent le NCSM Saskatoon très manœuvrable.

« Ce navire est plus manœuvrable que la plupart des autres navires, et même plus manœuvrable qu’une frégate de classe Halifax », affirme le lieutenant de vaisseau Christopher Shook, commandant en second du NCSM Saskatoon. « Nous pouvons pivoter de 180 degrés en 11 verges latérales et passer de pleine vitesse à l’arrêt en moins d’une longueur de navire. Nous pouvons le faire naviguer vers l’arrière, à pleine vitesse, au besoin. Au lieu de se fier à la vitesse, le NCSM Saskatoon dépend de son agilité. »

En plus des difficultés que représentent le soin des alternateurs, des moteurs et des propulseurs à des milliers de milles de la maison, les espaces liés aux travaux d’ingénierie sont aussi un défi. Les espaces confinés sont incroyablement bruyants et il fait souvent plus de 40 degrés Celsius. Les ingénieurs doivent collaborer pour veiller à ce qu’aucun membre de l’équipe ne devienne épuisé en raison de la chaleur et de l’humidité. L’équipage de huit ingénieurs des systèmes marins travaillent des quarts de deux dans la salle de contrôle des machines, où un panneau est muni de lumières clignotantes indiquant l’état de centaines de capteurs dans les espaces machine, vingt‑quatre heures par jour. Des inspections régulières permettent de détecter et de régler tout problème rapidement, afin que le navire soit prêt à utiliser sa pleine puissance si une cible se présente. Des exercices de simulation quotidiens comme des pannes de gouvernail ou la perte imminente de propulsion mettent à l’essai les compétences des ingénieurs, veillant ainsi à ce qu’une urgence en temps réel puisse être rapidement résolue.

Cela faisait des années que le superviseur principal de la propulsion désirait participer à l’opération CARIBBE.

« Je suis réserviste naval depuis vingt-deux ans », dit-il. « Je suis l’administrateur principal de mon unité et je supervise l’instruction des ingénieurs subalternes. L’opération CARIBBE me donne une précieuse expérience que je peux apporter à mon tour à mon unité de réserve et transmettre aux ingénieurs en formation. L’opération CARIBBE est différente. Nous faisons partie d’une opération multinationale ayant un important mandat, soit de bloquer le flot de drogues dans l’Est du Pacifique. L’opération CARIBBE ne représente pas seulement le travail que nous effectuons ici; les stupéfiants que nous interceptons ici ne se rendront jamais dans les rues de l’Amérique du Nord. »

Peu après que les tuyaux aient été réparés et que l’alternateur diesel soit remis en service, le navire reçoit un message. Un vaisseau suspect a été vu dans les environs. Les ingénieurs informent le pont que « quatre alternateurs diesel en service, puissance maximale disponible », et le NCSM Saskatoon accélère dans la nuit.

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