Récit des FAC | Cacher ma véritable identité

Vidéo / Le 1 juin 2018

Transcription

Ma situation est différente de celle de la plupart de gens. Eux, quand ils se regardent dans le miroir le matin, ils voient qui ils sont. Ce n’était pas mon cas. J’ai toujours su que j’étais un peu différente des autres, même quand j’étais jeune, mais je ne savais pas pourquoi. Ce n’est qu’à 21 ans que j’ai lu un article qui m’a fourni, je crois, la pièce maîtresse du casse-tête de ma vie. Cet article expliquait ce qu’est le transgenrisme. C’était la pièce manquante. Quand j’ai su ce que j’étais, j’ai su qui j’étais.

Au cours de ma vie, mon principal problème était l’anxiété due au fait que je devais cacher qui j’étais véritablement. Je devais aussi me souvenir de tous les « mensonges » qui avaient été dits et des choses à éviter. J’ai commencé à avoir des problèmes de mémoires et de la difficulté à me concentrer pendant des discussions. Il m’arrivait de chercher mes mots au milieu d’une phrase. Je ne m’étais jamais rendu compte que, après toutes ces années, la vie que je menais avait des conséquences néfastes sur moi.

Le jour où j’ai choisi d’annoncer à ma famille que j’étais transgenre a été assez difficile, mais, en même temps, j’ai aussi découvert qu’elle était là pour moi. Deux mois plus tard, j’ai décidé de le révéler dans mon milieu de travail. Comme j’ai un esprit scientifique typique, j’ai fait une présentation PowerPoint aux membres de ma direction. Je suis sortie de là la tête haute, après m’être débarrassée d’un des plus gros fardeaux que je portais. Le poids du monde a été enlevé de mes épaules. Tous ces gens avec qui j’ai travaillé pendant des années ont pris une partie de ce fardeau sur leurs épaules. Ils ont porté le monde pour moi, et ce, depuis que je leur ai raconté mon histoire. Chaque fois que j’en parle, je deviens de plus en plus à l’aise avec qui je suis.

J’ai récemment eu la chance de rencontrer le général Vance. J’en ai profité pour lui dire que, lorsque quelqu’un comme moi a la possibilité d’être soi-même, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, jour après jour, c’est un avantage pour les Forces canadiennes. Je me suis tournée vers le bénévolat pour aider ceux qui, par exemple, n’ont pas la chance d’être qui ils sont vraiment ou qui éprouvent encore des difficultés. Personnellement, j’ai du mal à accepter que tout ce que j’ai fait soit courageux ou brave. Je ne fais que vivre et être moi-même. Un soldat est un soldat, et ce, peu importe son genre.

Le principe d’universalité du service des Forces canadiennes ne considère pas le genre comme un facteur influençant la capacité d’une personne à accomplir son travail. Si vous pouvez vous servir d’un fusil, vous pouvez défiler ou transporter un camarade blessé hors de la zone de combat. Votre sexe biologique, votre expression de genre et votre identité de genre n’ont pas d’importance. En tant que soldats, marins et aviateurs, nous sommes tous courageux au plus profond de nous. Toutefois, l’un des plus grands défis de notre vie est de faire remonter ce courage à la surface.

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