Récit des FAC | Ceinture Noire

Vidéo / Le 6 avril 2018

Transcription

Je suis ceinture noire en karaté, en judo et en jiu-jitsu brésilien. J’ai fait mes preuves dans l’arène. Si quelqu’un pense qu’il est meilleur ou plus fort que moi, c’est correct et peut-être que c’est vrai. Il peut toujours me le prouver. Je suis le lieutenant-colonel Steve Burgess et je suis logisticien dans l’Armée canadienne.

Oh mon Dieu, je dois vraiment arrêter l’expresso… J’avais douze ans lorsque j’ai commencé le karaté. En fait, mon premier contact avec les arts martiaux était un film de Chuck Norris. En étudiant l’histoire des forces armées, on constate que plus les armes évoluent, plus elles influencent ce qu’on appelle la distance de combat. Plus la distance de combat devient importante, moins l’aspect « combatif » est important. Quand il est question de distance de combat rapproché, qui est généralement de 25 mètres ou moins, cela implique des tirs tactiques, des armes contondantes ou des armes blanches et, bien sûr, des combats au corps à corps.

On remarque que 80 % de la population mondiale habite des zones urbaines, ce qui oblige les soldats à combattre de façon rapprochée. Les combats rapprochés se résument en quelques mots : s’approcher, dominer et en finir. Plusieurs de mes élèves, qui travaillent dans le domaine des armes de combat ou dans les forces d’opérations spéciales, ont dû se battre au corps à corps. Dans certains cas, cela fait la différence entre la vie et la mort.

J’ai toujours peur, que ce soit pendant un combat ou un déploiement lors d’une opération. Il ne s’agit pas de ne pas avoir peur. Il faut plutôt apprendre à gérer sa peur et à être calme même dans un milieu chaotique. Un de mes élèves, qui venait d’obtenir une nouvelle ceinture en jiu-jitsu, est venu me voir et m’a dit : « Vous ne comprenez pas, je souffre de TSPT. Je voulais que vous sachiez que le jiu-jitsu est la seule chose qui m’a permis de tenir le coup. J’ai l’impression de faire à nouveau partie d’une équipe et d’être en contrôle. » Cela démontre qu’il n’y a aucune situation qu’on ne peut surmonter.

Je crois qu’il faut prêcher par l’exemple. Cela fait dix-sept ans que j’ai arrêté, mais j’ai décidé de recommencer activement la compétition. Je vais aller à Las Vegas pour participer à l’édition 2018 du World Masters Brazilian Jiu-Jitsu. Les samurais ont un principe qu’ils appellent la voie du guerrier, ou bushido. Ils disent que lorsqu’on pense avoir compris le bushido, on n’a absolument rien compris. La voie, ou notre cheminement, n’a jamais de fin. C’est ce à quoi je crois.

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