Récit des FAC | Naviguer le vent en poupe pour 14 000 milles

Vidéo / Le 9 février 2018

Transcription

Je me souviens très bien qu’à sept ans, on m’a fait monter à bord d’un dériveur Optimist. On vous pousse depuis le quai, sans que vous sachiez vraiment ce que vous faites. Puis, vous vous trouvez en train de tirer la voile et, tout à coup, vous commencez à avancer et vous vous amusez follement. Et en toute honnêteté, cela ne change vraiment pas, quel que soit votre âge, car vous faites toujours de la voile et vous vous amusez toujours.

Je m’en souviens encore. J’étais assis dans mon bureau quand le téléphone a sonné. C’était mon patron qui m’annonçait : « Nous voulons que tu représentes les Forces armées canadiennes dans le cadre de Canada 150. Tu parcourras à la voile 14 000 miles et tu visiteras des lieux où l’Oriole n’est pas allé depuis 1984. »

Je suis le capitaine de corvette Michael Wills. Je suis le commandant du Navire canadien de Sa Majesté Oriole, le plus ancien des navires de la Marine royale canadienne et celui qui compte le plus d’années de service. L’Oriole n’avait fait auparavant que trois voyages en mer importants. Essentiellement, c’est comme gagner le gros lot, car une telle occasion ne s’offre qu’à très peu de personnes. Si j’avais à choisir mon aspect préféré du navire, c’est le fait qu’il a été très bien conçu et construit. Un navire ne se conserve pas pendant 96 ans sans que l’on ait tiré parti d’un vaste savoir-faire et d’une bonne conception.

À certains moments, il est vrai que l’état du navire me préoccupait un peu lorsque nous le soumettions à des tâches difficiles. J’ai toujours dit que la clé du succès sera de veiller à ce que l’on garde l’embarcation en bon état à long terme.

L’aspect le plus éprouvant du voyage a sans l’ombre d’un doute été lorsque nous étions au large de l’Oregon. Les vents s’élevaient à 50 nœuds, ce qui correspond à environ 95 kilomètres à l’heure. Nous nous sommes rendus à Québec et j’étais convaincu que nous allions parvenir jusqu’ici; il y a toutefois bien des éléments que je ne peux pas contrôler. Je pense que tout capitaine de navire de la Marine est particulièrement fier de son navire, non seulement parce qu’il y consacre beaucoup d’efforts, mais aussi, je crois, parce qu’il reconnaît le travail accompli par son équipage. Le navire que vous voyez aujourd’hui a été peint trois ou quatre fois depuis que nous avons quitté Esquimalt, et ce, afin de veiller à ce que nous représentions comme il faut la Marine royale canadienne lorsque nous allons à l’étranger. Le bois doit être verni et l’acier remis à neuf. J’ai demandé aux gens à bord de travailler avec acharnement dans des conditions très difficiles, et c’est très gratifiant de constater le fruit de ces durs labeurs.

Je dois dire, cependant, que si vous m’aviez dit, lorsque j’avais sept ans, que j’allais être un jour le capitaine d’un voilier à voilure traditionnelle de plus de trente mètres et que j’allais parcourir à la voile 20 000 miles en trois ans, je pense que ce garçon de sept ans aurait été très excité et très impressionné. Nous avons réussi et l’expérience a été extrêmement gratifiante; je m’en souviendrai jusqu’à la fin de mes jours, sans aucun doute.

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