Séance d’information technique visant à faire le point sur les opérations de combats canadiennes contre EIIS

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Archive de la transcription / Le 12 juin 2015

MODÉRATEUR : Je vous remercie de votre patience. Nous débuterons maintenant. Général Bourgon, à vous la parole.

BGÉN LISE BOURGON : Merci beaucoup. Bonjour mesdames, bonjour messieurs. Comme le modérateur l’a indiqué, je suis le brigadier-général Lise Bourgon et j’ai pris le commandement de la Force opérationnelle interarmées Irak qui m’a été transmis par le brigadier-général Dan Constable le 13 mai. Je m’adresse à vous pour faire le point sur l’opération IMPACT et sur la contribution du Canada à l’action internationale entreprise pour affaiblir et vaincre le groupe armé État islamique en Irak et en Syrie.

Au centre de l’Iraq, les forces iraquiennes concentrent leurs efforts sur le contrôle des infrastructures essentielles et sur les lignes d’approvisionnement afin de pouvoir repousser le groupe armé État islamique du secteur entourant la raffinerie de pétrole de Baiji. Même si la protection de la raffinerie demeure assurée, le gouvernement iraquien, appuyé par les frappes aériennes de la coalition, a été en mesure d’établir une ligne d’approvisionnement dans l’installation pendant que les opérations visant à dégager la ville de Baiji se poursuivaient. Dans l’ouest de la province d’Al-Anbar, après la capture du Ramadi par le groupe armé État islamique, la progression de l’État islamique s’est arrêtée près d’Al-Eraldia (ph.) et le groupe armé a été arrêté dans sa progression vers l’est. Les forces iraquiennes prévoient maintenant contre-attaquer afin de reprendre la ville avec le soutien de la coalition. 

Dans le nord de l’Irak, les forces de sécurité irakiennes avec l’appui des frappes aériennes de la coalition sont en train de bloquer les tentatives de progression de l’État islamique vers Tikrit et à plusieurs endroits le long de la ligne de contact. En Syrie, les frappes aériennes de la coalition forcent l’État islamique à céder de plus en plus de terrain au nord et à maintenir la pression sur l’infrastructure et les zones de rassemblement du groupe. Depuis le dernier compte rendu technique, les chasseurs CF18 ont mené 20 frappes aériennes en Irak et deux en Syrie. Ces frappes qui visent les zones de rassemblement, les positions de combat et une route d’infiltration de l’État islamique ont été effectuées dans le cadre des missions de la coalition prévues pour affaiblir l’État islamique.

Par exemple, le 6 juin, notre CF18 Hornet a réussi à frapper la travée d’un pont de terre (ph.) qui aurait été utilisée par le groupe armé État islamique comme route pour se déplacer entre Baiji et Awaja (ph.). Ensuite, le 7 juin, un CF18 a dirigé les forces de coalition composées de cinq avions afin de dépister une zone de rassemblement du groupe armé État islamique utilisée comme un entrepôt d’armes, de munitions et de véhicules près de Mosul. Des vidéos des deux événements sont accessibles sur le site forcesimages.ca. Elles peuvent être visualisées et téléchargées. Le 9 juin, les CF18 et les avions de la coalition ont frappé un complexe du groupe armé État islamique près d’Al Asaqa (ph.) en Syrie. Enfin, le 10 juin, les CF18 ont réussi à frapper une position de combat près de Baiji et, le 11 juin, une position de combat de l’État islamique a été frappée au nord-ouest de Talafar (ph.) ce qui a compromis davantage la capacité du groupe armé État islamique.

Le 8 juin, les avions canadiens ont atteint quelques autres jalons importants. Ils ont réalisé plus de mille vols de sortie et plus de 100 frappes aériennes. Depuis le début de l’opération IMPACT, les avions canadiens ont effectué un total de 1 035 sorties. Nos chasseurs CF18 ont effectué 673 sorties, l’avion ravitailleur Polaris en a effectué 174 et a pu livrer plus de 10 millions de livres de carburant, et notre avion de surveillance (inaudible) a effectué 188 sorties.

Notre équipe est la deuxième rotation de personnel des Forces armées canadiennes déployées dans la Force opérationnelle interarmées Irak. En tant qu’équipe de militaires professionnels et compétents, nous allons poursuivre le travail du brigadier-général Constable et de son personnel. Dans le cadre de leur contribution à l’action de la coalition, les membres de la Force opérationnelle interarmées Irak s’efforceront de faire preuve de l’excellence et du professionnalisme que l’on s’attend du personnel des Forces armées canadiennes au Canada et à l’étranger.

Au niveau opérationnel, la coalition a arrêté la progression de l’État islamique et réduit de 20 à 25 % la présence du groupe armé dans la région qu’il contrôlait auparavant tout en l’empêchant de gagner du territoire sur une échelle régionale. Bien que les événements à Ramadi et à Palmyra aient retenu l’attention du groupe armé, il est important de noter que pendant une campagne de longue durée, y compris la lutte de la coalition contre l’État islamique, des gains et des pertes peuvent avoir lieu chaque jour ou chaque semaine

L’action de la force opérationnelle aérienne, qui comprend les forces aériennes, le ravitaillement en vols et les vols de surveillance et de reconnaissance, continue de contribuer à la mission de la coalition. Nous demeurons résolus à jouer notre rôle dans la réussite à long terme du combat que la coalition mène contre l’État islamique. Merci. Il me fera plaisir maintenant de répondre à vos questions.

MODÉRATEUR  : Merci madame. Téléphoniste, avons-nous des questions sur la ligne?

TÉLÉPHONISTE  : Merci. Appuyez sur les touches « étoile » et 1 si vous avez une question.

QUESTION  : Oui, bonjour. Brigadier-général, madame Bourgon, j’aimerais savoir à propos des attaques, du bombardement du 9 juin. Or vous nous dites c’est le 9 juin à Al Asaqa en Syrie. Je voudrais savoir si cette opération-là a été coordonnée avec les forces syriennes de Bashar Assad parce que les forces d’Assad sont justement dans cette région-là à ce moment-là. Alors comment est-ce que l’intervention des forces des alliés du haut des airs a pu se faire s’il y a – s’il y a pas eu de coordination avec les Syriens de Assad?

BGÉN BOURGON  : Notre mandat est très clair. On va contre les cibles qui sont fournies de l’État islamique. C’est ça vraiment notre cible. Il y a eu aucune coordination avec le gouvernemnt de la Syrie.

QUESTION  : OK et puis je lis entre autres par – de la Croix-rouge internationale qu’il y a des bombardements aériens dans cette région-là. Est-ce que les forces armées, les forces interarmées, là les alliés, sont les seuls à bombarder ou est-ce qu’il y a aussi des avions de l’armée d’Assad qui sont en train de bombarder cette région-là et s’il y en a, comment est-ce qu’on coordonne tout ça sans que vous soyez en train de tirer sur les avions de l’armée syrienne?

BGÉN BOURGON  : Non, il y a pas de coordination qui se fait avec le gouvernement syrien. Encore une fois, on y va avec – évidemment les cibles sont de l’État Islamique et puis si jamais on était à voir – c’est ça, il y a aucune coordination et je peux pas vraiment entrer dans les détails, s’il y a eu des contacts entre les avions syriens et les avions de la coalition.

QUESTION  : Merci.

MODÉRATEUR  : Prochaine question s’il vous plaît.

QUESTION : Oui, j’ai – général Bourgon, bonjour, félicitations pour votre nomination. Écoutez, est-ce que vous pourriez nous expliquer un petit peu l’importance stratégique comparée des territoires qu’on a repris à l’État islamique et de ceux qui au contraire ont été gagnés par l’État islamique, parce que 25 % de territoire, ça dépend de quel territoire on parle. Par exemple, le territoire qui a – qu’on a gagné sur eux est plus ou moins important stratégiquement alors qu’eux gagnent des territoires, par exemple en Syrie qui sont contigus à la province d’Alambar, bien évidemment c’est pas une question de pourcentage, c’est une question de l’importance stratégique du territoire et ce qu’il permet de faire. Alors est-ce que vous pourriez nous faire cet exercice de comparaison?

BGÉN BOURGON : Oui, un petit peu, mais tout territoire en Irak est important. On supporte la population irakienne et on supporte les forces de sécurité irakiennes. Donc globalement, au niveau de l’ensemble du théâtre opérationnel, la coalition a arrêté l’État islamique. En ce moment, nous empêchons le groupe de gagner plus de territoire sur l’échelle régionale. Nous avons eu de grands succès dans le nord de la Syrie et puis les forces de sécurité irakiennes ont repris Tikrit et Sinja. On se rend compte qu’il y a eu des – des petits revers comme à Ramadi, mais dans l’ensemble, le succès de la coalition sera atteint quand les capacités de l’État islamique seront considérablement dégradées et puis quand les forces irakiennes vont être en mesure d’assurer la sécurité à long terme pour la population de l’Irak.

QUESTION : Ma sous-question, brigadier-général, est-ce que je peux comprendre par votre réponse que nos succès stratégiquement parlant sont surtout dans le nord et que dans le reste de la Syrie, on les a surtout contenus, mais qu’on est pas nécessairement stratégiquement plus avancés dans d’autres parties de l’Irak qu’on était au début de la mission? 

BGÉN BOURGON : Bien ici notre mandat, c’est de vraiment de supporter les forces irakiennes. Donc c’est leur rôle de reprendre le territoire irakien. On est là vraiment pour les supporter de manière dans les airs, de manière avec les frappes aériennes. Donc on va à leur vitesse et on les supporte. Pour l’instant, on se prépare contre la contre-attaque vers Ramadi mais à Baiji, ça a été surtout du support du statut quo pour l’instant.

MODÉRATEUR : Merci madame. Prochaine question s’il vous plaît.

QUESTION : Oui, bonjour général. Écoutez, ma question, on a vu au cours des derniers jours, des dernières semaines, je vois que la plupart des généraux américains et même le chef d’État major américain qui s’entendent pour dire que les bombardements ne sont pas la solution ultime face aux problèmes du groupe armé État islamique, que justement comme vous dites, que nous appuyons les forces armées irakiennes mais que les forces armées irakiennes en ce moment ne sont pas prêtes, elles n’arrivent pas – elles fuient même la plupart du temps certaines – certaines opérations. Où c’est qu’on en est de l’autre côté de la part de nos conseillers canadiens dans la formation, dans le mentorat, dans le nord de l’Irak?

BGÉN BOURGON : D’accord. En tant que commandant de la force opérationnelle interarmée en Irak, mon travail ici est très clair. C’est de supporter les forces de sécurité irakiennes dans leur lutte contre l’État islamique en fournissant un soutien aérien. Donc ce n’est pas à moi de commenter sur les capacités ou bien l’efficacité du personnel des forces irakiennes. C’est sûr qu’on a vu avec certains revers tactiques qu’il y avait des leçons, des leçons à apprendre et puis les forces de la coalition travaillent très fort en Irak pour faire la formation du personnel irakien et puis c’est là – vraiment l’impact qu’on voit de nos forces spéciales qui font –  qui font du conseil et de l’aide aux forces et puis ça continue et à tous les jours, les forces irakiennes s’améliorent.

QUESTION : Et sur un autre point, sur le théâtre syrien cette fois, vous l’avez mentionné, donc depuis le dernier tech. brief, il y a eu deux nouvelles frappes en Syrie qui ont été menées, en tout donc ça en fait trois depuis la prolongation et l’extension de la mission. Trois frappes en deux mois, c’est peu. Brigadier-général Constable que j’avais interviewé mettait en avant le fait que justement l’impact syrien est extrêmement complexe du fait que justement nous n’avons de JTAC au sol, qu’on peut pas s’appuyer sur les forces armées syriennes à ce moment-là. Comment est-ce qu’on fait justement maintenant, la coalition, le Canada, pour arriver à frapper correctement ces cibles, que ce soit à Rakka (ph.) ou dans les autres zones?

BGÉN BOURGON : Bon bien trouver puis développer les bonnes cibles, ça prend beaucoup d’efforts en particulier sur la demande de ressources d’intelligence, de surveillance et de reconnaissance. On doit veiller à la sélection et à la priorisation des objectifs militaires tout en faisant compte des exigences opérationnelles et puis du nombre et des capacités de chaque avion qu’on a dans la coalition. Comme les ressources de surveillance en théâtre sont toujours limitées, la demande comme dans toutes les opérations, il y a toujours une plus grande demande que qu’est-ce qu’on a. Donc compte tenu des conditions actuelles au sol sur le terrain en Irak, en ce moment, la priorité de nos aéronefs est envoyée pour soutenir les forces irakiennes sur le terrain.

C’est certain que notre objectif éventuellement, ce serait de cibler un plus gros nombre d’objectifs en Syrie, surtout on est intéressés à mettre l’accent sur les bases d’opérations de l’État islamique et puis sur les lignes de ravitaillement mais en ce moment, on doit maximiser nos forces aériennes et jongler un peu les priorités de frappes en profondeur en Syrie avec le support aux opérations et puis aux forces irakiennes au sol en Irak qui sont en combat à chaque jour pour compléter la mission.

MODÉRATEUR : Merci. Prochaine question s’il vous plaît.

QUESTION : Général, merci de répondre à nos questions. Je sais que vous avez en quelque sorte abordé ce point plus tôt, mais j’aimerais y revenir si vous le permettez. Quels changements doit‑il y avoir et que faut‑il faire pour freiner la progression de l’EIIS et l’empêcher de prendre Ramadi ou d’autres villes de la région? De toute évidence, la majorité de nos frappes aériennes n’ont pas lieu près de ces villes, de ces zones de conflit et de ces régions où l’EIIS progresse le plus. Alors, que doit‑il arriver pour que cela change et cela peut‑il arriver à court terme?

BGÉN BOURGON : Vous savez, ces derniers temps, les forces irakiennes ont connu quelques revers dans leur lutte contre l’EIIS, mais je peux vous assurer que le Canada, la Force de stabilisation au Moyen‑Orient et la coalition mettent tout en œuvre pour empêcher l’EIIS de se déplacer et d’agir librement. Nous modifions nos procédures opérationnelles, c’est‑à‑dire nos façons de faire. Nous nous déplaçons désormais la nuit en de plus petits groupes. Nous faisons des progrès. Ce sont là des progrès à court terme dans un conflit qui devrait durer longtemps. Ce qui compte, c’est que nous obtenons des résultats en ce moment.

QUESTION : Plus précisément, y a-t-il des choses que nous pouvons faire différemment sur le plan des opérations aériennes – ou dans une mesure plus limitée, des opérations terrestres – pour être encore plus polyvalents dans nos attaques?

BGÉN BOURGON : Je crois que nous faisons tout ce que nous pouvons. Nous sommes là pour appuyer les forces irakiennes. Nous formons, avec nos partenaires de la coalition, la prochaine génération de combattants irakiens; une fois que ce sera fait, nous serons en mesure, ou du moins l’Irak sera en mesure, de reprendre son territoire et, de notre côté, nos forces et nos ressources aériennes seront là pour l’appuyer. 

MODÉRATEUR : Merci madame. Téléphoniste, prochaine question s’il vous plaît.

QUESTION : Bonjour Général. Merci beaucoup de répondre à nos questions aujourd’hui. Je voudrais revenir sur la question de monsieur Justin Ling. Vous avez dit que vous obtenez des résultats en ce moment. J’aimerais que vous précisiez un peu ce point, car j’ai de la difficulté à voir ce qu’il y a de positif dans ces frappes aériennes et les victimes qu’elles font inévitablement, peu importe de quel côté ces victimes sont. Puisque cela ne contribue pas à l’accomplissement de l’objectif global, c’est‑à‑dire vaincre l’EIIS, quel en est le motif? Je comprends que lorsque l’on frappe une cible, c’est pour éliminer les ennemis situés à cet endroit ou pour empêcher l’EIIS d’en prendre possession, et c’est très bien, mais dans une perspective plus générale, l’impression que nous avons est que l’EIIS n’est pas en voie d’être vaincu en Irak et en Syrie. On peut même douter du fait que l’EIIS soit affaibli, puisqu’il semble toujours capable de vaincre nos alliés et gagner de plus en plus de terrain. Ma question est : à quoi toutes ces frappes aériennes servent-elles si nous ne sommes pas en voie de gagner?

BGÉN BOURGON : Vous savez, gagner prend du temps. En ce moment, il ne s’agit pas de notre combat. Notre travail est d’appuyer les forces irakiennes. Notre rôle est simplement de combler leurs lacunes. Nous les formons pour qu’elles puissent ensuite contrattaquer et regagner leurs territoires. Vu de l’extérieur, il se peut que nos efforts ne semblent pas porter des fruits, mais il n’en reste pas moins que nous avons réalisé des gains sur le terrain. De plus, comme je le disais plus tôt, pour bien évaluer le travail de la coalition, il ne faut pas s’attarder aux sorties et aux frappes individuelles, mais plutôt considérer leur apport général dans la lutte contre l’EIIS. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de frappes que nous réalisons. Nous freinons l’ennemi, qui lui est incapable de faire de même. La situation sur le terrain ne s’est pas empirée. Nous ne faisons que gagner du temps en attendant que les forces irakiennes soient prêtes à passer à l’attaque.

QUESTION : Est-ce éthique de procéder de cette façon? Vous disposez de six avions, alors que le Canada en possède évidemment bien plus. S’il s’agit du combat le plus déterminant de notre époque, ne devrions‑nous pas envoyer une escadre aérienne plus imposante qui contribuerait réellement à combattre cet ennemi, plutôt que d’y aller de petites attaques ici et là dans le cadre d’un effort qui semble en voie de s’étendre sur plusieurs années?

BGÉN BOURGON : Vous posez une question à laquelle il est difficile de répondre. Il s’agit de bien plus qu’une simple opération militaire. Comme je l’ai dit plus tôt, les activités militaires dans le théâtre d’opérations ne constituent qu’une partie de nombreuses lignes d’opération. La coalition mondiale, qui se compose de plus de 60 pays et dont l’objectif est de contrer l’EIIL, se concentre sur beaucoup d’autres aspects : elle empêche les droitistes de pays étrangers de se joindre aux terroristes, elle cherche à couper les sources de financement de l’EIIS, elle fournit de l’aide humanitaire, elle combat l’idéologie de l’EIIS et elle contribue aux efforts de stabilisation. Pour ma part, je ne peux que parler des activités militaires sur le terrain, et je peux vous assurer que nous aidons les forces irakiennes à combattre l’EIIS grâce à notre appui aérien.

QUESTION : Ce ne semble pourtant pas être le cas, puisqu’elles perdent du terrain à Ramadi, en Syrie et à d’autres endroits, et l’EIIS est aux portes d’Hassaké.

MODÉRATEUR : Merci.

BGÉN BOURGON : Bien, vous savez...

MODÉRATEUR : Désolé, allez‑y Général.

BGÉN BOURGON : Non, ça va.

MODÉRATEUR : Madame, allez‑y.

BGÉN BOURGON : D’accord, merci. Encore une fois, comme vous le savez, il y a eu certains contretemps, mais dans l’ensemble, il y a aussi eu des progrès et – encore une fois, nous ne pouvons par regarder en arrière. Nous devons nous tourner vers l’avenir et songer au succès qui nous attend. C’est tout simplement trop facile de s’arrêter aux contretemps mais, vous savez, nous avons gagné un peu de terrain dans le Nord. Baiji va très bien. Là, nous soutenons et aidons la coalition et les forces de sécurité de l’Irak pour établir les contre-offensives à Ramadi. Donc, vous savez, là encore il y a un peu – on connaît des petits succès quotidiens et nous continuons à aller de l’avant.

QUESTION : Merci.

MODÉRATEUR : Merci madame. Téléphoniste, prochaine question s’il vous plaît.

QUESTION : Oui, bonjour. Je reviens juste pour donner un coup de main à mon collègue anglophone qui n’a pas pu se joindre à l’appel conférence. Alors je voudrais vous demander, général, de me répondre en anglais sur la question que je vous demandée tout à l’heure qui était donc à propos de la coordination. Alors si des avions canadiens font des frappes en Syrie, comment – et qu’il y a des frappes contre Al Asaqa où la – la moitié de l’armée d’Assad est impliquée, comment pouvons-nous agir sans coordination avec les Syriens?

BGÉN BOURGON : Là encore, et comme je l’ai dit en français, vous savez, nous allons contre les cibles de l’EIIL en Syrie, et ce sont là nos cibles, compte tenu de notre mandat et il n’y a actuellement aucune coordination avec le gouvernement de la Syrie.

QUESTION : Alors, encore une fois, ma question de suivi était : Comment – comment faites‑vous pour identifier les cibles si vous ne parlez pas à l’armée syrienne? Où prenez-vous l’information pour identifier les cibles et avez-vous eu des échanges quelconques avec les Syriens – les avions de l’armée syrienne qui peuvent aussi faire des frappes dans la région?

BGÉN BOURGON : Non, je veux dire, nous identifions nos cibles de la même façon que nous identifiions nos – nous identifions nos cibles en Irak. Nous avons des aéronefs de renseignement, de surveillance et de reconnaissance qui effectuent des vols, et l’établissement des cibles, encore une fois, se fait de façon vigoureuse, avec la participation d’un certain nombre de spécialistes, comme du personnel du renseignement, des services juridiques et des opérations. Alors nous voyons les cibles d’en haut, et nous nous assurons d’avoir les bons renseignements pour éviter les victimes civiles ou tout autre dommage collatéral et puis, quand le temps est venu, nous établissons les cibles, mais il n’y a aucun contact avec le gouvernement syrien ou les forces syriennes sur le terrain.

MODÉRATEUR : Merci Madame. Il semble que nous ayons fait le tour. Nous allons passer à notre dernière question. Téléphoniste?

QUESTION : J’essaie encore, mais pourriez-vous nous expliquer ce qui peut changer sur le terrain? Alors, évidemment, comme il a été mentionné, nous n’avons que six avions, soit une fraction de ce que les Américains ont. Est-ce qu’on pourrait ajouter d’autres avions là‑bas et faire plus de frappes? D’un autre côté, serait-il possible d’envisager de changer nos pratiques d’établissement des cibles pour augmenter le nombre de frappes que nous voulons faire? Je veux dire, est-ce que les choses peuvent changer pour que nous puissions augmenter le cycle de nos frappes contre l’EIIL?

BGÉN BOURGON : Bien là encore, vous savez, je reviens à notre mandat. Cela a toujours été d’aider le gouvernement de l’Irak à se défendre contre l’EIIL et, encore une fois, nous faisons cela en apportant du soutien aux forces de sécurité irakiennes. Nous ciblons ce que nous pouvons et – dans le cadre du contrat juridique sur ce que nous devons éviter – nous visons les cibles légales et c’est ce que nous faisons. Je ne suis pas certain que le fait d’avoir plus d’avions changerait quelque chose. En ce moment, la responsabilité et la prochaine partie de l’opération consistent à laisser les forces irakiennes combattre au sol. Nous les appuyons. Nous allons à leur rythme et lorsque la contre-offensive pour Ramadi commencera, nous serons là, prêts à intervenir et à les aider.

QUESTION : Et alors, pensez-vous, quand ces – quand certaines de ces mesures contre‑offensive seront réellement lancées, lorsque les forces irakiennes seront capable de lancer certaines des missions proprement dites ou les Kurdes ou quiconque, les – je me dis que le nombre de ces frappes va augmenter et que la taille et l’importance des frappes va augmenter, non?

BGÉN BOURGON : Pouvez-vous répéter cela, Monsieur? Nous avons perdu le son ici.

QUESTION : Désolé. Alors une fois que les mesures contre‑offensives sont lancées, vous savez, les combats proprement dits au sol s’intensifient, ça s’est déjà vu, pensez-vous que, lorsque les mesures contre-offensives commenceront, nous allons voir davantage de frappes et que nous allons voir le nombre de frappes augmenter, quand ça sera réellement lancé et, de l’autre côté, pourquoi est-ce que nous n’avons pas vu plus de frappes lorsque les forces irakiennes perdent ces villes? Pourquoi est-ce qu’on ne voit pas les Forces canadiennes – ou des avions canadiens frapper des cibles lorsque les Irakiens se font repousser?

BGÉN BOURGON : Bien, vous savez, nous appuyons les forces irakiennes dans leur défense. La position actuelle, c’est que les mesures contre‑offensives devraient commencer. Entre-temps, nous regardons ce qui se passe autour de Ramadi pour essayer de faciliter les choses un petit peu lorsque l’assaut et la contre‑offensive commenceront. Alors nous sommes là-bas mais, encore une fois, les RSR, l’établissement des cibles dépend tellement des RSR, soit le renseignement, la surveillance et la reconnaissance, que c’est difficile. Je veux dire, vous pouvez compter des centaines d’heures de vol d’une plateforme pour obtenir l’information parce que nos frappes doivent être super précises et nous devons éviter les victimes civiles et aussi les dommages collatéraux. Alors, il faut beaucoup de temps pour établir une cible qui réponde aux normes du Canada et de la coalition.

MODÉRATEUR : Excellent. Merci Madame de votre participation aujourd’hui. À titre de rappel à tous : vous pouvez avoir accès aux produits visuels qui se trouvent sur forcesimages.ca. Merci encore pour votre collaboration et passez une belle fin de semaine. Merci.

BGÉN BOURGON : Merci.

OPERATEUR : Thank you, merci. This concludes today’s conference call at this time. Please disconnect your lines at this time and thank you for your participation. La conférence est maintenant terminée. Veuillez s’il vous plaît raccrocher votre ligne et merci à tous pour votre participation.

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