Séance d’information technique visant à faire le point sur les opérations de combats canadiennes contre EIIL

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Archive de la transcription / Le 9 juillet 2015

Transcription

CAPT DENNIS NOËL : Bonjour Mesdames et Messieurs. Bienvenue à la séance d'information technique du jeudi 9 juillet 2015 au centre multimédia du Quartier général de la Défense nationale. Nous commencerons par les commentaires du capitaine de vaisseau Paul Forget, du Commandement des opérations interarmées du Canada. Il fera le point sur la participation du Canada à l'aide multinationale aux forces de sécurité dans la République d'Iraq. 

CAPT (N) PAUL FORGET: Bonjour, mesdames et messieurs.  Je suis le capitaine de vaisseau Paul Forget du Commandement des opérations interarmées du Canada.  Je vais faire le point sur l’Opération Impact, la contribution militaire du Canada à la coalition internationale contre le groupe ISIS.

Les forces iraquiennes concentrent leurs efforts, au centre de l'Iraq, sur le contrôle d'infrastructures et de conduites d'alimentation essentielles afin de chasser l'EIIS de la région près de la raffinerie de pétrole de Baiji. Bien que la raffinerie et la ville fassent toujours l'objet de disputes, les forces iraquiennes mènent des opérations offensives aux deux endroits. 

Dans la province de l’Ouest de l’Anbar, on a interrompu la progression du groupe ISIS vers l’Est de Ramadi et les forces iraqiennes préparent des opérations dans le but de reprendre le contrôle de cette ville. 

Dans le nord de l'Iraq, les forces iraquiennes, appuyées des frappes aériennes de la coalition, ont repoussé l'EIIS à plusieurs endroits, plus particulièrement à Kirkuk et près de Kisik. 

En Syrie, les frappes aériennes de la coalition ont permis aux forces kurdes d’avancer sur plusieurs fronts, empêchant le groupe ISIS d’avoir accès à la majorité de son soutien externe.  Le groupe ISIS a maintenant surtout recours à des tactiques de raid pour détourner les forces kurdes. 

Des chasseurs CF18 ont mené 18 frappes aériennes depuis la dernière séance d'information technique. Ces frappes effectuées dans les secteurs de transit, les positions de combat et les bâtiments de l'EIIS ont été exécutées dans le cadre de missions de la coalition planifiées pour nuire à l'EIIS. Comme le montre la vidéo, un CF18 des FAC a frappé, le 5 juillet, une des positions de combat de l'EIIS au sud-est de Fallujah, compromettant davantage les capacités de l'EIIS.

Depuis le début de l’Opération Impact, les aéronefs canadiens ont effectué 1 164 sorties de vols.  Nos avions de chasse CF-18 ont effectué 747 sorties.  Le ravitailleur Polaris en a effectué 197, livrant plus de 12 millions de livres de carburant.  Et notre aéronef de surveillance Aurora a effectué 220 sorties. 

Les efforts de la force opérationnelle aérienne, soit les frappes aériennes, le ravitaillement air-air ainsi que la surveillance et la reconnaissance, continuent de contribuer aux efforts de la coalition. Nous demeurons engagés à jouer notre rôle dans la réussite à long terme de la lutte de la coalition contre l'EIIS. 

Merci.  Il me fait plaisir maintenant de répondre à vos questions. 

CAPT NOËL : Merci capv Paul Forget. Nous allons maintenant répondre à vos questions. Vous trouverez deux micros de chaque côté de la salle. Nous répondrons à tour de rôle. Veuillez- vous présenter et indiquer l'agence de presse que vous représentez. Veuillez-vous limiter à une question et une question complémentaire. 

Veuillez-vous identifier ainsi que votre agence.  Veuillez-vous limiter à une seule question et une question complémentaire.  Nous allons débuter à la droite. 

QUESTION : Bonjour. Depuis l’hiver dernier, est-ce qu’il y a eu d’autres échanges entre des militaires canadiens et des forces de l’ISIL, l’État islamique?

CAPT (N) FORGET : Donc depuis le dernier rapport à ce sujet, les Forces d’opérations spéciales ont eu aucun engagement de ce genre. Et également, comme nous avons mentionné précédemment, c’est pas la norme que cela arrive, mais ultimement nos opérateurs de Forces spéciales ont le droit légitime de défense personnelle et donc lorsque c’est requis, ils ont le droit d’exercer ce droit.

QUESTION : Il y a beaucoup de rapports ces derniers mois voulant que les forces de l’État islamique gagnent du terrain ou que la coalition ait des difficultés, que les Irakiens aient des difficultés. Est-ce que l’État islamique, ses positions régressent ou prennent de l’ampleur? 

CAPT (N) FORGET : Dans toute situation, c’est une situation un peu volatile, si vous voulez. Il y a un va-et-vient à chaque écart et donc il y a des gains et des pertes tactiques à tous les niveaux. Je peux vous dire que, oui, il y a quelques semaines Ramadi c’était une grande perte pour les forces irakiennes, il y a aucun doute là-dessus. Depuis ce stage, nous supportons de plus en plus les efforts irakiens à cet égard de regagner ce terrain. Mais au nord de l’Irak, on gagne du terrain de façon quasiment quotidienne. Et donc il y a un va-et-vient. C’est fluide. C’est une atmosphère très dynamique.

CAPT DENNIS NOËL : Merci. À ma gauche, maintenant.

QUESTION : Bonjour. Compte tenu du peu de représentants des médias ici, je vais poser trois questions, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Autrement, je peux donner la parole à quelqu’un d’autre. Ma question fait suite à celle qu’a posée mon collègue, plus précisément, sa première question. Il n’y a pas eu d’autres échanges de tirs entre les forces spéciales – nos soldats des forces spéciales canadiennes et les combattants du groupe ISIL, à part les trois dont vous nous avez parlé, survenus plus tôt cette année, est-ce exact?

CAPT (N) FORGET : La réponse est – est affirmative. Ce sont certainement les trois seuls qui ont été portés à ma connaissance.

QUESTION : Bien. La deuxième question est la suivante : quand nous – quand le premier ministre s’est rendu à Erbil en mai, on nous a dit – quelqu’un des forces spéciales, là-bas – qu’après le décès du sergent Doiron, les conseillers des forces spéciales s’étaient tenus loin des lignes de front en attendant d’avoir une meilleure idée de ce qui allait se passer après. Les conseillers des forces spéciales se rendent-ils régulièrement sur les lignes de front à présent, et est-ce – et quel pourcentage de leur temps y passent-ils?

CAPT (N) FORGET : Je pense que le général Rouleau a répondu à cette question quand il a fait son exposé il y a quelques semaines – en fait, cela fait probablement environ un mois et demi, maintenant. Et il y a répondu de façon très éloquente en disant qu’au besoin et quand c’est nécessaire, nos forces continuent d’assurer un soutien à ce titre de conseillers, selon le besoin. Il a mentionné qu’il y avait certains changements dans les procédures à la suite des incidents qui se sont produits, et nos forces continuent leurs opérations dans le cadre du mandat qui leur a été confié par le gouvernement du Canada. Elles vont continuer de le faire et si nécessaire, de se rendre sur les lignes de front.

QUESTION : Alors est-ce encore toujours 20 pour cent de leur temps? Est-ce exact?

CAPT (N) FORGET : Je ne connais pas le pourcentage exact.

QUESTION : Pourtant vous nous l’avez déjà indiqué auparavant. Est-il possible de l’obtenir de nouveau, d’obtenir une mise à jour sur ce pourcentage?

CAPT (N) FORGET : Certainement. Nous allons faire en sorte de vous le communiquer, mais je ne l’ai pas sous la main en ce moment.

QUESTION : Très bien. Voici ma troisième question : nous avons eu plus d’une centaine de frappes aériennes depuis novembre dernier, et j’aimerais avoir une idée de vos estimations quant au victimes, les victimes du côté de l’ISIL ou les estimations des dommages. Plutôt que de nous dire ce que vous avez frappé, pouvez-vous nous donner une idée des dommages que vous avez infligés en termes de morts, et le nombre de morts parmi les combattants de l’ISIL ou le – je veux dire, ce serait probablement le chiffre qui nous intéresse le plus. Vous avez sûrement – vous avez sûrement des estimations là-dessus.

CAPT (N) FORGET : Personnellement, je n’ai aucune estimation sur l’attrition, en quelque sorte, des forces de l’ISIL. Et nous ne nous sommes vraiment pas concentrés là-dessus parce que ce n’est qu’un chiffre et ce chiffre n’a vraiment aucun sens si nous ne prenons pas en compte les effets de la dégradation de leurs capacités. Alors nous sommes vraiment davantage concentrés sur ces effets, et chaque raid que nous exécutons est mis en œuvre précisément avec cet objectif en tête, dégrader les capacités de l’ISIL et aussi maximiser la quantité d’espace et de temps et de liberté de mouvement des forces irakiennes pour reprendre d’autres territoires.

QUESTION : D’accord, mais quand on regarde les frappes aériennes que vous avez énumérées au cours des derniers temps, je suppose que c’est maintenant neuf mois, vous parlez – vous allez dire, par exemple, nous avons frappé une position de combat. Cela n’a – cela ne permet pas au Canadien moyen de mesurer l’impact de la frappe. Qu’est-ce qu’une position de combat au moment où vous frappez – qu’est-ce que cela signifie? Est-ce qu’il n’y a pas un autre moyen de mesurer l’impact de ce que vous avez fait que de nous dire que vous avez frappé une position de combat, ce qui est pas mal souvent ce que vous utilisez comme seule estimation des dommages présentée aux Canadiens? Alors si nous essayons de suivre l’efficacité de ces frappes, vous savez, trois mots ça ne nous en dit pas grand-chose.

CAPT (N) FORGET : C’est vrai. Écoutez, nous utilisons l’expression position de combat tout simplement pour désigner un certain nombre de combattants de l’ISIL qui attaquent généralement soit les forces irakiennes, soit les combattants peshmergas dans les régions du nord. Déclarer simplement que cette position a été frappée, eh bien, cela permet cette liberté de mouvement. Cela enlève à l’ISIL cet élément de capacité de combat et offre aux forces irakiennes cette liberté de mouvement, et, je le répète, tout cela avec l’objectif de reprendre le territoire et de regagner la souveraineté de leur pays. Et alors nous sommes – nous mettons tous les moyens en œuvre, si vous voulez, avec la coalition pour – pour permettre aux forces, avec cet effort, de faire exactement cela.

CAPT DENNIS NOËL : Merci, Monsieur. Passons à la question suivante.

QUESTION : Bon, alors je pourrais tout simplement poser une question complémentaire. Dans cette vidéo que vous nous avez montrée aujourd’hui, vous dites que les Forces canadiennes ont frappé une position de combat. De quoi s’agissait-il?

CAPT (N) FORGET : Eh bien c’était plusieurs combattants qui attaquaient les forces de sécurité irakiennes, qui les empêchaient essentiellement de reprendre cette zone en particulier et alors, je le répète, nos avions souvent se déplacent dans une zone de type défense, si vous voulez, pour soutenir les initiatives irakiennes qui se poursuivent. Ces initiatives peuvent avoir pour résultat soit une frappe, selon la liberté de mouvement, la capacité d’avancer et de gagner du terrain des forces irakiennes comparativement à – ou alors les forces irakiennes se trouvent prises dans ce type de scénario, comme vous l’avez vu dans la vidéo.

QUESTION : Donc vous n’avez aucune information et pas de renseignement. Vraisemblablement, cette frappe a été guidée par une source du service du renseignement. Vous n’avez pas du tout de renseignements sur les pertes qui en ont résulté?

CAPT (N) FORGET : Les résultats directs de cette perte? 

QUESTION : Oui.

CAPT (N) FORGET : Tout ce que nous savons, c’est que cette frappe a eu pour effet d’éliminer une menace et que les forces irakiennes ont pu —

QUESTION : Pardonnez-moi, d’éliminer un camion?

CAPT (N) FORGET : J’ai dit « une menace ».

QUESTION : Oui, bon. Qu’est-ce que c’était? Est-ce que c’était un camion? Est-ce que c’était plusieurs personnes? Difficile à dire en regardant la vidéo.

CAPT (N) FORGET : Oui, et je le comprends. Dans cette vidéo en particulier, il y avait plusieurs personnes qui attaquaient les forces irakiennes.

QUESTION : Et pouvez-vous nous donner une idée de la fréquence à laquelle, en ce moment, les combattants canadiens attaquent, et à quelle fréquence ils font demi-tour et reviennent, soit parce qu’on craint de faire des victimes civiles et qu’on juge qu’il ne vaut pas la peine de prendre ce risque, ou alors parce que la menace elle-même s’est dissipée entre-temps? Donc, à quelle fréquence les avions de chasse canadiens effectuent-ils des vols pour rien?

CAPT (N) FORGET : À ce jour, le nombre de missions exécutées sur le théâtre des opérations est d’environ 360. Au cours de ces missions, nous avons frappé 122 cibles. Cela représente une proportion de 1 sur 3, si vous voulez. Alors dans à peu près 30 pour cent des cas, nous attaquons une cible quand nous exécutons une mission. C’est tout à fait dans les normes statistiques, je dirais, de toute mission que nous avons accomplie dans le passé. Ce que cela signifie, c’est qu’il y a un processus délibéré de ciblage. Nous avons des méthodes pour faire ces choses. Nous ne faisons pas que larguer des munitions à notre guise ici, sur n’importe quelle cible donnée. En raison de ce processus rigoureux, il peut parfois arriver, que ce soit à la suite d’une décision des forces irakiennes qui ne veulent pas que ces cibles en particulier soient frappées, ou encore parce qu’il s’agit d’un environnement dangereux pour les manœuvres, en somme, il y a tout un éventail de facteurs qui sont pris en compte, comme pour la surveillance, qui sont déterminants pour la décision, et en dernière analyse, c’est à nos pilotes hautement qualifiés qu’il revient de prendre la décision finale, ce sont eux qui posent ce dernier regard sur la cible et prennent la décision de larguer ou non des munitions. Il y a donc une multitudes de facteurs qui entrent en jeu dans le processus de ciblage, et je ne peux entrer dans les détails parce que je révélerais un peu de nos procédures. Pour des raisons de sécurité opérationnelle, je ne peux entrer dans les détails, mais il suffit de dire que le processus est très rigoureux. Parfois, nous attaquons des cibles délibérées. À d’autres moments nous – c’est un ciblage dynamique selon les exigences sur le terrain.

QUESTION : Combien a coûté la mission jusqu’ici?

CAPT DENNIS NOËL : Madame, merci. Nous allons maintenant passer aux questions par téléphone.

QUESTION : Il n’y a que trois journalistes dans la salle, monsieur.

CAPT DENNIS NOËL : Nous avons aussi des gens en ligne. Nous aimerions maintenant passer tout de suite au téléphone.

OPÉRATEUR : Thank you. Merci.

CAPT DENNIS NOËL : Opérateur, pouvons-nous avoir notre première question?

QUESTION : Bonjour. Vous dites que chaque côté, chaque cas fait certains gains, fait certaines pertes depuis les dernières semaines. Donc j’ai l’impression qu’il y a pas beaucoup de progrès d’un côté comme de l’autre. En fait, il y a pas beaucoup de progrès du côté kurde. Qu’est-ce qu’il faudrait ajouter aux missions et qu’est-ce qui est nécessaire pour que la mission et la participation canadienne à cette mission-là soit – obtienne de meilleurs résultats?

CAPT (N) FORGET : Et donc il faut pas frapper le moment de panique, si vous voulez, trop, trop dans le sens que un désavantage tactique, un environnement, comme j’ai suggéré à tout à l’heure où est-ce qu’il y a des – des éléments de façon journalière qui changent en tout temps, le résultat total c’est que les avances continuent. Les Irakiens reprennent tranquillement contrôle de leur territoire et je pense qu’il est important à noter que nous avons eu 18 frappes directement en support des forces irakiennes dans les dernières semaines. Donc l’initiative continue. Les gains continuent malgré certaines petites défaites en cours de route. Donc l’effort de la coalition continue à atteindre la mission tel qu’a été noté en tout début.

QUESTION : Mais à ce rythme-là, ça va être long.

CAPT (N) FORGET : Ah, mais ça c’est pas un secret. La coalition, ça fait longtemps qu’elle dit que c’est une mission qui risque d’être quand même assez prolongée.

QUESTION : D’accord.

CAPT DENNIS NOËL : Merci. Opérateur, avons-nous une deuxième question?

QUESTION : Bonjour. Merci beaucoup de répondre à nos questions aujourd’hui. Et pardonnez‑moi si l’audio est un peu embrouillé. Je ne vous entends pas très bien. En ce qui concerne la propagation que nous avons vue de l’ISIL à des régions comme – ou au moins celle de leur influence à des régions comme le nord (inaudible), la Libye, la péninsule du Sinaï, est-ce que limiter actuellement notre action militaire à la Syrie et à l’Irak ne restreint pas notre capacité de cibler la propagation de cette influence ou est-ce que nous devrions envisager d’étendre la région où nous menons des opérations? 

CAPT (N) FORGET : Bien, je ne suis pas certain, votre question était un peu embrouillée, mais si j’ai bien compris, vous vous demandez si – en fait, je ne suis pas cent pour cent certain de la manière dont vous avez formulé cela, mais il suffit de dire que les forces poursuivent actuellement leurs frappes, comme elle en ont le mandat depuis le début. Nous soutenons les forces de sécurité irakiennes. La coalition travaille bien ensemble. L’initiative est – absolument dans ce domaine, et donc je ne suis pas sûr que cela réponde à votre question.

QUESTION : Je pense que juste comme question complémentaire, et encore une fois, je suis désolé si vous ne m’entendez pas bien, il semble y avoir un décalage de l’audio, avec la propagation de l’influence de l’ISIL, vous savez, la gouvernance dans la péninsule du Sinaï dans le nord (inaudible), comment ciblez-vous ces établissements si les opérations ne se déroulent vraiment qu’en Irak et en Syrie?

CAPT (N) FORGET : À l’heure actuelle, ce sont là les missions de la coalition, définies par la coalition. La coalition a de multiples outils qu’elle utilise pour évaluer toutes les régions dans lesquelles nous effectuons nos opérations, y compris la Syrie. Les renseignements sont fusionnés et les missions assignées aux diverses nations qui sont les mieux placées pour – pour répondre à ces contacts et à ces menaces. Les missions canadiennes nous sont assignées régulièrement. Nous avons exécuté tous les vols qui nous ont été assignés à titre de mission jusqu’à présent et nous continuons d’apporter une contribution importante à l’effort global de la coalition.

CAPT DENNIS NOËL : Merci. Opérateur, avons-nous une autre question en ligne? 

QUESTION : Oui, le capitaine Forget, est-ce que l’idée des JTAC, des contrôleurs au sol, Joint Air Traffic Controller, je crois que ça s’appelle, est-ce que c’est encore (inaudible)? Est-ce que c’est encore nécessaire? Est-ce que c’est encore en discussion et est-ce que ça pourrait changer quelque chose dans le nombre de frappes parce que – et on en avorterait peut-être moins à ce moment-là.

CAPT (N) FORGET : Et donc je crois que vous êtes en train de vous référer au fait que nos opérateurs de Forces spéciales aident, des fois, à désigner certains contacts pour nous afin de livrer une bombe sur un – on a target. Donc cette mission, cette fonction que nos Forces d’opérations spéciales, c’est dans leur mandat, tel que donné par le gouvernement du Canada. Ils continuent d’opérer avec cette capacité. À ce que comment souvent est-ce que cela se passe, je – regrettable, je n’ai pas cette information.

QUESTION : La sous question, capitaine Forget, est-ce que ça devait pas être arrêté après le décès du sergent Doiron? Est-ce que ça avait continué? Comment – je comprends pas là.

CAPT (N) FORGET : Bon, cette fonction, cette tâche, si vous voulez, pour nos – nos opérateurs était aucunement reliée avec les événements regrettables avec le sergent Doiron. Donc cette fonction, cette capacité, si vous voulez, continue au sein de nos opérateurs de Forces spéciales.

QUESTION : Merci beaucoup.

CAPT DENNIS NOËL : Merci. Opérateur, avons-nous une autre question en ligne?

QUESTION : Oui. J’avais une question. Je suis plus trop sûr de comprendre. Dans la première réponse que vous avez donnée, vous avez dit il y a un va-et-vient des pertes – des pertes tactiques mais c’est un peu de sur place au fond. Et là vous dites on fait beaucoup d’avancées et il y a des petites défaites. Donc est-ce que la coalition progresse ou elle régresse? 

CAPT (N) FORGET : Et donc au niveau un peu plus global de l’opération, ça progresse, okay?  Quand je dis qu’il y a des pertes tactiques, je réfère plus spécifiquement à qu’est-ce qui est arrivé avec la ville de Ramadi qui était quand même une grande perte tactique dans le fond pour les forces irakiennes, mais ils ont pu assiéger cet appui-là parce que les forces d’l’ISIL avaient l’intention de pousser beaucoup plus vers l’Est après cette victoire, et les forces irakiennes ont réussi à les haleter tout justement à la sortie de la ville et maintenant les initiatives sont à leurs efforts pour reprendre cette ville.

QUESTION : Et tantôt vous disiez ça va être long, cette mission-là. Quand vous dites c’est long, concrètement ça veut dire quoi?  Ça veut dire deux ans encore, trois ans, 10 ans?  Avec les efforts qu’on met en ce moment à l’heure concrètement vous voyez que cette mission-là pour qu’on puisse la gagner ça va prendre combien de temps?

CAPT (N) FORGET : Et donc quand j’ai dit que ça va long, je référais à des commentaires faits par la coalition et non par le gouvernement du Canada. Le gouvernement du Canada s’est commis à une autre année à cette mission, jusqu’au mois d’avril, si je me trompe pas.

QUESTION : Donc (inaudible) la bataille dans (inaudible) prochaine année là.

CAPT (N) FORGET : En 2016, on est commis pour une autre année. En ce qui a trait à qu’est-ce que je référais à propos de la coalition, je crois que c’est le général qui est en charge de la coalition qui a indiqué que ça ça risque de prendre dans les environs de trois ans avant qu’on voit une victoire totale, si vous voulez.

CAPT DENNIS NOËL : Merci. Opérateur, nous allons prendre une dernière question en ligne.

QUESTION : Bonjour capitaine. Je me suis joint à la conversation avec un peu de retard et j’en suis désolé, mais pourriez-vous me dire si le rythme de nos opérations a augmenté parallèlement à celui de la coalition, parce que la coalition effectue plus de frappes aériennes et je me demande si – si le rythme de nos frappes a augmenté en même temps.

CAPT (N) FORGET : Je pense que c’est exactement ce qu’indique le fait que nous ayons eu 18 frappes aériennes depuis notre dernière séance d’information technique. Et comme je l’ai mentionné, je crois que la majorité de ces frappes aériennes étaient de nature dynamique, un appui direct aux initiatives des forces de sécurité irakiennes, et par conséquent, c’est une bonne indication des capacités de l’offensive qui est menée actuellement en Irak par les Irakiens eux‑mêmes.

QUESTION : Pour enchaîner là-dessus, pouvez-vous me dire, les frappes en Syrie, est-ce qu’elles étaient de nature dynamique et y a-t-il eu des revers faute d’appui au sol en Syrie pour guider les frappes? 

CAPT (N) FORGET : Je ne peux pas vraiment faire de commentaires sur les frappes en Syrie. Le Canada n’a pas effectué de frappes au cours des dernières semaines en Syrie. Encore une fois, c’est la – c’est la coalition qui assigne les raids et alors s’il y a eu une augmentation des frappes en Syrie et comment elles se déroulent, la coalition serait mieux placée pour répondre à cette question.

QUESTION : Mais juste à titre de – juste pour que les choses soient claires, au sujet des raids que nous avons menés en Syrie, je crois savoir que l’absence d’appui au sol pour guider les frappes est l’une des raisons pour lesquelles nous avons effectué si peu de frappes en Syrie, et je me demande si – si cela ne nuit pas à l’opération.

CAPT (N) FORGET : Je suis presque certain que les frappes que nous avons menées en Syrie ont toutes été de nature délibérée parce que nous n’appuyons pas directement, nécessairement des opérations offensives dans cette région. Je suis pas mal convaincu qu’elles étaient de nature délibérée, mais je ne me rappelle pas très bien.

CAPT DENNIS NOËL : Merci, monsieur.

QUESTION : Merci.

CAPT DENNIS NOËL : Nous allons revenir ici dans la salle pour les deux dernières questions. Assurez-vous d’avoir une question et une question complémentaire. Madame.

QUESTION : Bonjour. Pourriez-vous, juste pour revenir à ce qui vient d’être dit, pourriez vous seulement clarifier non pas par rapport à votre dernière séance d’information ou autre, mais dans l’ensemble, le nombre de frappes que le Canada effectué en territoire syrien comparativement à celles menées en Irak?

CAPT (N) FORGET : Trois, je crois. Ce n’est pas beaucoup, mais j’ai la mémoire qui flanche en ce moment. Je crois qu’il y a eu trois frappes en Syrie.

QUESTION : Je voudrais revenir à la question que je voulais poser après ma dernière question. Pouvez-vous nous mettre à jour pour sur le coût de la mission jusqu’à présent?

CAPT (N) FORGET : Alors, comme l’a indiqué le ministre de la Défense nationale dans son point de presse en avril, le coût pour la prochaine année est estimé à 406 millions de dollars. Et cela ne —

QUESTION : Pas de changement là-dessus? Rien n’a changé par rapport à —

CAPT (N) FORGET : Il n’y a pas eu de mise à jour depuis.

CAPT DENNIS NOËL : Merci. Dernière question.

QUESTION : Oui. Je voulais juste poursuivre sur ma – sur les questions au sujet de la Syrie, et je ne comprends pas clairement, ici. Vous avez dit que vous espérez qu’il s’agissait de frappes délibérées, et nous espérons aussi bien entendu qu’il s’agissait effectivement de frappes délibérées, et non pas de frappes accidentelles, mais vous avez parlé – il y a eu trois frappes là. Il y a eu beaucoup de discussions et beaucoup de – le mandat a été élargi pour inclure la Syrie. Seulement trois frappes. Dans quelle mesure le nombre de frappes ou le nombre limité de frappes là-bas reflète-t-il le fait que vous n’avez pas suffisamment de renseignements sur le terrain pour guider les frappes? Est-ce parce que les renseignements ne sont pas suffisamment précis ou parce que vous n’avez pas de ressources sur le terrain?

CAPT (N) FORGET : Je ne crois pas que l’on puisse établir cette corrélation directement, nécessairement, tout simplement parce que nos trois frappes ne sont pas les seules frappes qui aient été menées en Syrie. Et alors, je ne sais pas quel est le nombre total de frappes qui ont été effectuées par la coalition en Syrie. Je pense que c’est plutôt ce chiffre plus révélateur que vous devriez peut-être obtenir. Mais cela dit, tous les raids aériens, que ce soit en Syrie ou en Irak, sont décidés par la cellule de ciblage de la coalition. Alors ces frappes sont assignées à diverses nations pour un ensemble de raisons. Et je n’entrerai pas dans les détails pour des raisons de sécurité opérationnelle, mais chacun apporte sa propre contribution différente, et ces capacités-là sont maximisées.

QUESTION : Vous dites que toutes les cibles sont assignées par le quartier général, mais vous disposez du pouvoir de rejeter des cibles ou de les accepter. Et est-ce que vous rejetez plusieurs cibles en Syrie parce que vous estimez que le risque est trop grand de faire des victimes civiles ou de causer des dommages non prévus?

CAPT (N) FORGET : Je n’ai pas d’information à ce sujet. Nous —

QUESTION : Que voulez-vous dire, vous n’avez pas d’information? Vous êtes l’armée!

CAPT (N) FORGET : Je n’ai pas d’information sur des cibles que nous refusons ou non. Toutes les cibles sont – dont nous nous chargeons sont approuvées par les autorités canadiennes. Ça, je le sais. Quant à savoir si nous refusons ou non des cibles, je n’ai pas d’information là-dessus.

QUESTION : Mais où sommes-nous censés obtenir cette information sinon à une séance d’information technique sur l’opération?

CAPT (N) FORGET : Et alors cette – je vous dirais de soumettre cette question au bureau des relations avec les médias. Je suis sûr que nous pourrions probablement trouver cette information. Je ne l’ai tout simplement pas.

QUESTION : Juste un sujet complémentaire —

CAPT DENNIS NOËL : Monsieur —

QUESTION : — êtes-vous au courant – dans cette mesure, mène-t-on des enquêtes sur la possibilité qu’il y ait des victimes civiles? Savez-vous si – avec ces 122 frappes vous avez fait ou possiblement fait des victimes civiles? Je pose toujours cette question seulement pour vérifier si vous – si quelque chose a changé.

Capt (N) Paul Forget : Le Canada est persuadé qu’il n’y a absolument aucune preuve que toutes les frappes que nous avons effectuées aient fait des victimes civiles.

CAPT DENNIS NOËL : Merci beaucoup. Cela conclut notre séance d’aujourd’hui.

Pour avoir accès aux images et aux vidéos qui ont été disposées aujourd’hui, vous pouvez aller sur forceimages.ca. Merci.

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