Séance d’information technique visant à faire le point sur les opérations de combats canadiennes contre le groupe armé état islamique

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Archive de la transcription / Le 17 décembre 2015

MODÉRATEUR : Mesdames, Messieurs, bonsoir et bienvenue à cette séance d’information pour les médias, en ce jeudi 17 décembre 2015, au centre multimédia du Quartier général de la Défense nationale. Nous allons commencer avec les remarques du major-général Chuck Lamarre, directeur d’état‑major, État‑major interarmées stratégique, qui parlera des événements récents auxquels ont pris part des membres des Forces armées canadiennes qui donnent de la formation, des conseils et de l’assistance aux forces de sécurité kurdes en Irak.

MGÉN CHARLES LAMARRE : Mesdames, Messieurs, le 16 décembre, à environ 16 h, heure locale, des forces de L’EIIL en Irak ont lancé une attaque coordonnée contre la première ligne des forces de sécurité kurdes, dans le nord de l’Irak. Avant de commencer, permettez‑moi d’attirer votre attention sur la carte derrière moi. La ville de Mossoul se situe au centre de la carte. La ligne verte indique la séparation entre l’EIIL et les forces de sécurité kurdes.

Les flèches rouges indiquent approximativement les principales voies d’approche utilisées par l’EIIL au cours de cette attaque. Les assaillants ont eu recours à des tirs indirects d’artillerie, un véhicule piégé avec des engins explosifs et des troupes au sol pour tenter de percer la ligne de défense des forces de sécurité kurdes. Les Forces armées canadiennes n’ont subi aucune perte au cours de l’opération.

Nos courageux alliés des forces de sécurité kurdes ont malheureusement subi des pertes importantes et nous tenons à exprimer nos condoléances au peuple kurde. Ceci dit, tant les membres des forces de sécurité kurdes que les membres des Forces armées canadiennes en déploiement sur place se sont extrêmement bien défendus et ont repoussé l’attaque de l’EIIL.

Au cours de l’attaque, il y a eu de multiples intrusions dans les positions défensives des forces de sécurité kurdes. Deux de ces incursions sont survenues dans des zones où les forces de sécurité kurdes sont conseillées par du personnel des Forces armées canadiennes. Les forces de sécurité kurdes ont tout d’abord dû se replier, mais elles ont pu se regrouper et contenir les assaillants avant la tombée de la nuit.

Le 17 décembre, les forces de sécurité kurdes, avec l’appui des forces de la coalition, ont lancé une contre‑attaque. Vers 11 h, les assaillants étaient vaincus et la ligne de front était rétablie. Au cours de l’attaque, le personnel des Forces armées canadiennes déployé en Irak pour donner de la formation, des conseils et de l’assistance a joué un rôle important dans le cadre des efforts de coordination et de résolution de conflit de la coalition fourni aux forces de sécurité kurdes.

Les contre-attaques des forces de sécurité kurdes ont été couronnées de succès dans tous les secteurs. Durant les contre-attaques, les membres des Forces armées canadiennes qui ont participé à cette opération ont fourni une assistance clé aux forces kurdes. La présence des soldats canadiens en soutien aux forces kurdes a permis de faciliter la coordination des mouvements, de coordonner l’appui feu et d’acquérir une connaissance de la situation exacte pour les forces impliquées dans les combats.

Au cours de la contre‑attaque, le personnel des Forces armées canadiennes appuyant les forces de sécurité kurdes a dû fournir un tir d’appui pour défendre les forces amies contre les actions hostiles de l’ennemi. Le personnel des Forces armées canadiennes ne constituait pas la principale force combattante. Notre mandat de former, de conseiller et d’assister nous amène cependant parfois à nous défendre. Lors des contre-attaques, les soldats canadiens ont établi un point de rassemblement des blessés, où ils ont traité et participé au triage des combattants blessés.

Au cours de l’opération, dans le cadre des frappes de la coalition, nos CF‑18 ont lancé une attaque en appui aux forces de sécurité kurdes et leur participation a contribué au rétablissement de la ligne de défense. Le personnel des Forces armées canadiennes, dont la mission est de fournir de la formation, des conseils et de l’assistance, est resté aux côtés de ses alliés des forces de sécurité kurdes et s’est surpassé dans des conditions exigeantes. Il a ainsi mis en valeur le succès de l’aide que nous apportons aux forces de sécurité kurdes pour contrer les menaces posées par le groupe militant extrémiste EIIL. Je vais maintenant répondre aux questions.

MODÉRATEUR : Merci, Monsieur. Mous allons maintenant passer aux questions de l’auditoire. Il y a des microphones de chaque côté de la salle et nous alternerons entre les deux.

Veuillez vous identifier et indiquer le média que vous représentez et vous limiter à une question et une question complémentaire.

QUESTION : Bonsoir, Général. Richard Madden, CTV National News. Ce que vous avez dit ce soir démontre de toute évidence que nos aéronefs sont en action. Avez‑vous quelque chose à dire sur le calendrier de rapatriement des six chasseurs en sol canadien?

MGÉN LAMARRE : Non. Nous procéderons au rapatriement lorsque le gouvernement nous demandera de le faire.

QUESTION : Je voulais vous demander pourquoi vous avez voulu tenir cette conférence de presse ce soir. Pourquoi était-il urgent pour vous de parler de cette mission à la population canadienne?

MGÉN LAMARRE : C’est un événement important vu l’ampleur de ce qui s’est passé et c’est aussi impressionnant de voir avec quelle efficacité les forces de sécurité kurdes ont combattu avec l’appui des partenaires de la coalition qui étaient sur place.

QUESTION : Murray Brewster, La Presse canadienne. Les médias locaux d’Erbil ont rapporté qu’au moins cinq positions ont été prises d’assaut au cours des dernières 24 heures. Il semble, au vu des chiffres avancés et du nombre de kamikazes, qu’il ait pu s’agir d’une attaque menée par une force de la taille d’un bataillon.

La coalition a des capacités de surveillance dans la région. Est‑ce que la coalition ou les Kurdes ont pu voir venir cette attaque? Et s’ils ne l’ont pas vu venir, pourquoi?

MGÉN LAMARRE : Nous n’avons pas encore tous les détails du déroulement de cet événement du point de vue du renseignement, mais ils ont eu des avertissements suffisants pour pouvoir réagir. Ceci dit, il y a tout de même eu un élément de surprise dans l’attaque de l’EIIL. Les forces de sécurité kurdes ont cependant extrêmement bien réagi et elles ont été capables de contenir l’attaque et de la repousser.

QUESTION : Comme question complémentaire, pouvez‑vous nous en dire un peu plus sur le tir d’appui fourni par les forces spéciales? S’agissait‑il d’un tir direct, d’un tir de suppression? Est-ce qu’on a répliqué à ce tir? Pouvez‑vous nous en dire un peu plus sur ce qui s’est passé?

MGÉN LAMARRE : Au moment où les forces de sécurité kurdes avançaient pour rétablir la ligne de défense, elles se sont trouvées sous le feu ennemi et nos soldats étaient assez près de l’action pour répondre par les armes contre ces positions de l’EIIL.

QUESTION : Justin Ling, Vice News. Pouvez‑vous nous donner des détails de l’ampleur et de la nature des tirs? Et j’entends par là le nombre de munitions et le type d’arme utilisé. A‑t‑on utilisé des armes légères, des armes de poing? Que pouvez‑vous nous dire des tirs de riposte?

MGÉN LAMARRE : Je ne peux pas vous donner tous les détails parce que, pour des raisons que vous connaissez, nous ne révélons pas tout ce que nous faisons, mais je peux vous dire que nos soldats avaient au moment voulu les armes appropriées pour les cibles en question.

QUESTION : Pouvez‑vous nous donner une idée de la durée de l’opération? Parle‑t‑on de quelques heures? Était‑ce six heures, huit heures et avec quelle rapidité les CF‑18 ont‑ils été déployés pour appuyer la contre‑attaque?

MGÉN LAMARRE : L’opération a commencé vers 4 h de l’après‑midi, c’est‑à‑dire 16 h, heure locale de l’Irak, et elle s’est poursuivie toute la nuit. Les forces ont pu contenir l’attaque puis se regrouper et lancer une contre‑attaque très tôt le lendemain matin.

Pour répondre à votre deuxième question, les CF‑18 étaient déjà en mission. Ils étaient en vol et ont été réaffectés de façon dynamique par la coalition. Ils faisaient partie d’une force de frappe plus importante qui était en opération à ce moment.

QUESTION : Catherine Cullen, de la CBC. Évidemment, je risque de relancer la discussion sur le rôle des formateurs, mais je me demande jusqu’à quel point il s’agit réellement d’un rôle de combat compte tenu de ce que vous avez décrit. Dans quelle mesure avez-vous prévu les situations comme celle-ci avant le déploiement? Il n’était pas prévu qu’ils combattent mais, de toute évidence, vous décrivez une situation où leur vie était nettement en danger; pouvez-vous nous fournir des explications?

MGÉN LAMARRE : Nous ne sommes pas les principaux combattants. Nous sommes là pour former, conseiller et aider. Bien sûr, les combats ont été menés par les forces de sécurité kurdes qui ont accompli un travail fantastique. Dans ce cas particulier, nos gens doivent toujours se tenir prêts parce que c’est un environnement dangereux. Ils doivent non seulement être capables de se défendre, mais ils doivent également défendre les forces armées qu’ils forment et soutiennent.

QUESTION : Mais il s’agissait d’une situation de combat.

MGÉN LAMARRE : C’était un engagement où ils devaient effectivement être prêts à riposter. Les combattants principaux qui ont mené cette attaque pour rétablir la ligne étaient les membres des forces de sécurité kurdes.

QUESTION : Mes collègues de Radio Canada ne sont pas ici. Peut-être [que] je pourrais vous demander en français : est-ce que c’est une situation de combat?

MGÉN LAMARRE : C’était un engagement où les forces canadiennes qu’on a déployées étaient là pour appuyer les forces kurdes, qui [elles]-mêmes ont [mené] le combat pour [rétablir] la ligne [là] où elle était avant l’attaque.

QUESTION : Bruce Campion Smith, du Toronto Star. Pouvez-vous nous donner une idée du nombre de militants de l’EIIL qui ont participé à cette attaque initiale?

MGÉN LAMARRE : Les militants étaient nombreux. Je n’ai pas les chiffres exacts, mais ils étaient suffisamment nombreux pour attaquer à plusieurs endroits en utilisant différentes méthodes. Ils étaient donc assez nombreux.

QUESTION : Des dizaines? Des centaines?

MGÉN LAMARRE : Je dirais des centaines.

QUESTION : Pouvez-vous nous donner une idée du nombre de Canadiens qui ont participé directement aux combats pour aider les forces kurdes à repousser l’attaque du 17?

MGÉN LAMARRE : Comme vous le savez déjà, nous avons 69 formateurs canadiens qui ont pour mission de donner de la formation, des avis et de l’assistance; certains d’entre eux ont participé, mais je ne peux pas vous fournir de nombre exact.

QUESTION : Je crois que je vais me permettre une troisième question. Pouvez-vous nous donner une idée du nombre de CF‑18 qui ont participé? Normalement, ils volent en groupes de deux.

MGÉN LAMARRE : C’était le cas dans cette situation. Ils volaient en groupes de deux pour une multitude de bonnes raisons, et une paire a participé à cette opération, mais le Canada a participé à d’autres opérations ce jour-là.

MODÉRATEUR : Nous allons maintenant répondre aux questions des participants au téléphone. Nous vous prions de vous nommer et de mentionner votre agence de presse.

TÉLÉPHONISTE : Nous allons maintenant passer à la période des questions. Si vous utilisez un téléphone mains libres s’il vous plaît, soulevez le combiné avant d’effectuer votre sélection.

Si vous désirez poser une question, veuillez appuyer sur *1 de votre téléphone à clavier. Vous pouvez à tout moment annuler votre question en appuyant sur #. S’il vous plaît, appuyez sur *1 pour poser une question.

Il y aura un court délai vous permettant de vous enregistrer dans la file d’attente. Merci de patienter. La première question est de (incompréhensible) de Global News.

QUESTION : (difficultés techniques) à 16 h, le 16, et ensuite les représailles ou la contre-attaque le lendemain. Quand exactement les Canadiens sont-ils intervenus?

MGÉN LAMARRE : Je vous demande pardon, mais la communication a été interrompue et nous avons seulement entendu la fin de votre question.

QUESTION : Je voulais seulement savoir si vous pouviez nous dire quand les Forces d’opérations spéciales du Canada sont intervenues exactement, ou à quel moment précis ont-elles participé à cette opération?

MGÉN LAMARRE : Dès le début. Comme nos gens sont là pour former, conseiller et aider et qu’il s’agit d’un emploi à temps plein, leur participation a évidemment commencé dès le début de cette attaque. Ils se sont également acquittés de différentes tâches d’aide à la coordination au cours de l’attaque et jusqu’à la fin de l’attaque.

QUESTION : Pour resituer les choses dans le contexte, on vous a déjà demandé pour quelle raison vous faites ce compte rendu maintenant. Pouvez-vous décrire l’ampleur de cette attaque? Était-elle si importante que vous avez senti le besoin de faire un compte rendu? S’agit-il de l’attaque la plus importante à laquelle les Forces d’opérations spéciales du Canada ont participé?

MGÉN LAMARRE : Il s’agit de l’événement le plus important concernant les Forces d’opérations spéciales du Canada qui forment les Kurdes dans le Nord. Bien sûr, cet événement est important en raison de la taille du contingent de l’EIIL qui a tenté de franchir la ligne.

Ne serait-ce que pour cette raison, il est important de faire un compte rendu pour que les Canadiens sachent exactement ce qui se passe là-bas, mais aussi pour souligner les succès des forces de sécurité kurdes qui parviennent à contenir ces types d’attaques menées avec des armes lourdes et, bien sûr, le rôle que jouent nos gens qui veillent à ce que les Kurdes soient formés et prêts à faire face à ce genre de défis.

TÉLÉPHONISTE : La prochaine question est de David Pugliese, du Ottawa Citizen. La parole est à vous.

QUESTION : Général, je me demandais si vous pourriez nous décrire un peu plus en détail comment les militants de l’EIIL ont percé les lignes. Ont-ils repoussé les forces kurdes et canadiennes avant la contre-attaque ou sont-ils parvenus à franchir la ligne? Pouvez-vous décrire l’attaque?

Pour ma deuxième question, j’aimerais savoir si le contingent de l’EIIL a utilisé des blindés lors de cette attaque.

MGÉN LAMARRE : Pour ce qui est de la première question, il y a eu un certain nombre d’incursions. Mais, je ne dirais pas qu’ils ont franchi les lignes, loin de là. Ils ont été contenus, mais il y a eu des incursions dans des zones qui étaient sous le contrôle des forces de sécurité kurdes. Ils ont été contenus dans ces zones avant d’être repoussés.

Il a été déterminé que la ligne a été rétablie de façon sûre et ferme. Pour répondre à la deuxième question, leurs blindés étaient certainement munis de VBIED, soit des dispositifs explosifs de circonstance placés dans des véhicules et, comme vous le savez probablement déjà, ils soudent parfois des plaques métalliques supplémentaires sur ces véhicules. C’est le type d’équipement dont ils disposaient.

QUESTION : La seule raison pour laquelle j’ai posé une question au sujet des blindés, c’est que des chars d’assaut américains ont notamment été saisis. Je n’ai pas l’impression que c’est de ça qu’il s’agit ici.

MGÉN LAMARRE : À ma connaissance, non.

TÉLÉPHONISTE : De nouveau n’hésitez pas à appuyer *1 pour toute question. La question suivante provient d’André St-Pierre, de l’Agence QMI.

QUESTION : Je suis un journaliste francophone et j’ai beaucoup de difficulté à comprendre le début de la présentation. J’aimerais…si vous pouviez nous résumer un petit peu les éléments de base de cette attaque et de cette contre-attaque, s’il vous plaît, et, sinon, je ne sais pas si vous émettrez un communiqué au cours de la soirée. Ce serait très utile pour nous, les médias francophones.

MGEN LAMARRE : Je vais faire de mon mieux en commençant [par] donner un sommaire du début des événements. Donc, le 16 décembre vers 16 h, dans l’après‑midi, [l’EIIL] a monté une attaque vers la ligne avancée des Kurdes. À ce moment-là, ils ont fait ça sur plusieurs axes et ils ont été capables de faire des incursions dans la ligne justement des Kurdes.

Sur ça les Kurdes ont absorbé ça. Ils ont été capables de contenir l’attaque et puis le 17 au matin après avoir fait leur planification et leurs mouvements de préparation ils ont été capables de faire une contre-attaque. À ce moment-là ils ont eu [du] succès dans la contre-attaque et ils ont été capables de ré-établir la ligne originale.

QUESTION : Très bien. Merci.

TÉLÉPHONISTE : Le prochain appel provient d’Amanda Connelly, d’iPolitics. La parole est à vous.

QUESTION : Merci beaucoup de tenir cette séance d’information ce soir. Ma question porte sur le style de l’attaque : que révèle cette attaque sur l’évolution de la structure de commandement et de contrôle de l’EIIL et, en particulier, sur la façon dont elle a évolué depuis ses opérations antérieures?

MGÉN LAMARRE : Comme je l’ai indiqué, il s’agit d’une attaque différente de tout ce que nous avions vu dans ce secteur depuis notre arrivée, et il s’agissait manifestement d’un changement par rapport aux attaques précédentes de l’EIIL. Je crois qu’il est trop tôt pour que je puisse établir un lien entre cette attaque et toute nouvelle tendance.

Toutefois, il est encourageant que nos forces et les forces de sécurité kurdes aient réussi à résister à cette attaque très concentrée et bien coordonnée et aient réussi à rétablir la ligne de front.

MODÉRATEUR : Nous avons le temps de répondre à trois autres questions de l’auditoire.

QUESTION : Pouvez‑vous nous dire exactement ce que les membres de nos forces spéciales faisaient à Mossoul? Je comprends que nous jouerons un rôle dans les combats qui auront pour but de reprendre la ville au complet. Nous croyons comprendre que ces forces sont habituellement stationnées à Erbil. Pouvez‑vous nous indiquer pour quelle raison elles se déplacent, ce qu’elles faisaient là ou pour quelle raison elles étaient stationnées dans cette région en général?                             

MGÉN LAMARRE : Elles font la même chose qu’elles font depuis un certain temps. Nos forces sont sur place pour fournir de la formation, des avis et de l’assistance, et lorsque nous donnons des avis et de l’assistance, il s’agit d’un moyen d’aider les forces sur place à être en mesure de coordonner leurs positions défensives, mais à être en mesure de réagir en cas d’attaque. Nos forces exercent une fonction de maintien et s’assurent d’être sur place pour offrir cette assistance. C’est ce que nos troupes faisaient à cet endroit.

QUESTION : Nous savons qu’à Erbil, nos forces utilisaient des salles de classe spécialisées et avaient établi de petits camps. De toute évidence, la situation à Mossoul est encore très instable. Pouvez‑vous nous donner une indication du genre d’installations qui se trouvent là‑bas? Est‑ce que nos troupes se trouvent dans des tranchées ou encore dans des entrepôts?

MGÉN LAMARRE : Nos troupes sont très éloignées de la ville de Mossoul. Comme le montre le diagramme derrière moi, il y a la ville de Mossoul et la ligne de front, la ligne verte, se situe vers l’est et le nord‑est.

L’attaque a été lancée d’un endroit situé près de Mossoul, mais s’est déroulée beaucoup plus loin à l’est et au nord‑est. C’est à cet endroit que se trouvaient nos troupes.

QUESTION : Je m’appelle Richard, et j’aurais une autre question. Je sais que vous avez abordé la question à quelques reprises, mais j’aimerais que vous décriviez brièvement le type d’équipement lourd auquel vous faites référence lorsque vous déclarez que l’EIIL utilise de l’équipement lourd.

MGÉN LAMARRE : L’EIIL utilise des dispositifs explosifs improvisés placés dans un véhicule fabriqués en partie par l’EIIL. Les forces de l’EIIL essaient d’ajouter à ces véhicules une certaine forme de protection afin de pouvoir avancer vers leur objectif. La construction de ces véhicules nécessite de découper et de souder des morceaux de métal. C’est à ce type d’équipement que je fais référence.

En plus, l’EIIL remplit ces véhicules d’explosifs, et il peut s’agir d’une arme dévastatrice, comme nous l’avons vu à de nombreuses reprises dans plusieurs régions du monde.

QUESTION : Dans un même ordre d’idée, les avions de combat canadiens ont joué un rôle clé dans ce combat. Selon vous, dans quelle mesure est‑il important que nous maintenions ces appareils dans les airs pour qu’ils poursuivent les attaques contre l’EIIL?

MGÉN LAMARRE : Bien sûr, j’ai déjà indiqué que le gouvernement canadien allait rendre sa décision sur ce que nous ferons concernant ces appareils. Les forces de la coalition ont été en mesure de déployer des avions de combat qui ont permis de rétablir la ligne.

QUESTION : Murray Brewster, de la Presse canadienne. L’été dernier, l’EIIL a utilisé du chlore gazeux et des armes chimiques à différentes occasions contre les Kurdes. Est‑ce que des indices permettent de croire que des armes chimiques ont été utilisées pendant la dernière attaque? Deuxièmement, les membres des forces spéciales ont‑ils la capacité de se défendre contre ce type d’attaques?

MGÉN LAMARRE : Je ne peux pas le confirmer. Il est vrai que des rapports ont fait état de l’utilisation de ce type d’armes. Des équipes de spécialistes peuvent se rendre sur place et prélever des échantillons pour confirmer ce genre de choses.

En ce qui concerne votre deuxième question, nous possédons du matériel de protection, et tous les membres de nos forces d’opérations spéciales et de nos forces qui sont déployées à l’avant ont accès à ce matériel.

MODÉRATEUR : Merci beaucoup. Voici qui termine notre séance. Merci de votre collaboration. Bonne soirée.

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