Séance d'information technique pour faire le point sur l'engagement des FAC en Irak et dans la région, le 26 janvier 2017

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Archive de la transcription / Le 26 janvier 2017

L'Allocution prononcée fait foi

Brigadier-Général Shane Brennan, Commandant FOI-I

Je vous remercie, Mark, ainsi que vous tous qui participez à ce briefing. Je suis le brigadier-général Shane Brennan, commandant de la Force opérationnelle interarmées en Irak des Forces armées canadiennes.

Avant de commencer, je tiens à profiter de l’occasion pour remercier toute la population canadienne pour son soutien indéfectible envers nos membres et cette mission. Nos militaires hommes et femmes proviennent d’unités situées partout au pays, de St-Jean Terre-Neuve-et-Labrador, à Comox en Colombie-Britannique. Aux familles de tous nos braves militaires ici, je veux dire que vos proches font une énorme différence. Leur sacrifice et leur travail acharné aident la coalition, et surtout nos partenaires irakiens à lutter contre Daech et à rétablir la sécurité et la stabilité dans leur pays. De façon tout aussi importante, vos propres sacrifices et votre soutien à vos proches en service sont absolument essentiels, et je vous en remercie du fond du cœur, surtout alors que nous revenons d’une période des fêtes où les réunions familiales sont la norme.

En ce qui a trait à la mission elle-même, je vais d’abord expliquer ce que le Canada et les Forces armées canadiennes font dans la région. Nous opérons au sein d’une coalition de pays qui, sous la direction des États-Unis., ont comme objectif commun d’éliminer la menace que représente Daech pour assurer la sécurité régionale et internationale. Le contexte géopolitique complexe de la région ne nous facilite pas la tâche. Comme nous l’avons appris dans le passé, des conditions doivent être mises en place pour qu’un pays ou une région puisse aspirer à la sécurité et la stabilité à long terme. Le Canada contribue à la création de ces conditions, mais nous ne pouvons pas et ne devrions pas les créer pour d’autres. Pour que la sécurité et la stabilité soient durables, cette tâche difficile doit être accomplie par les pays eux-mêmes, comme l’Irak. C’est pour cela que la lutte contre Daech et les efforts en vue d’assurer la stabilité en Irak à long terme sont menés directement par le gouvernement irakien. Celui-ci a officiellement demandé la présence et le soutien de la coalition pour l’aider à mener à bien cette tâche, ce qui nécessite beaucoup de collaboration et de travail d’équipe. Le Canada contribue à la mission de la coalition et offre du soutien à nos partenaires irakiens.

Je présenterai maintenant une vue d’ensemble de la contribution apportée par les Forces armées canadiennes à cet effort par l’entremise de l’opération IMPACT.

À l’heure actuelle, le Canada compte environ 830 membres qui opèrent dans la région, plus précisément au Koweït, en Irak, au Qatar, en Jordanie et au Liban. Nous sommes un partenaire important et engagé, et notre contribution multidisciplinaire est tenue en haute estime par la coalition. Cet effort met en évidence une variété de capacités militaires et plusieurs champs d’expertise, qui peuvent être regroupés comme suit : les opérations aériennes, la prestation de leadership militaire, d’expertise d’état-major et de capacités spécialisées, le renforcement des capacités régionales, les opérations de ciblage et du renseignement et, finalement, les éléments de soutien logistique. Veuillez noter que je ne me pencherai pas sur les contributions des forces spéciales, car elles feront l’objet d’un briefing ultérieur.

Depuis octobre 2014, six jours sur sept, nous menons des opérations aériennes à l’aide d’aéronefs de renseignement, de surveillance et de reconnaissance Aurora provenant de Greenwood et de Comox, ainsi que d’un aéronef de ravitaillement aérien Polaris provenant de Trenton. Ces appareils ont effectué un travail extraordinaire. Les équipages des Aurora recueillent des renseignements qui affectent directement la détermination et la frappe de cibles de Daech, et le Polaris ravitaille les chasseurs de la coalition. Pour mettre les choses en perspectives, les renseignements recueillis par les Aurora ont servi à soutenir la bataille de Mossoul en cours et sont utilisés actuellement dans diverses autres régions où Daech est actif. L’avion-citerne Polaris a fourni presque 40 millions de livres de carburant, ce qui a permis de réapprovisionner environ 1 500 chasseurs de la coalition.

Une autre capacité importante est fournie par le 430e Escadron tactique d’hélicoptères, de Valcartier, qui assure le transport aérien tactique pour les forces d’opérations spéciales canadiennes dans la région d’Erbil, dans le Nord de l’Irak.

L’expertise militaire canadienne a été assignée à plusieurs secteurs de la coalition, ce qui comprend : l’équipe de liaison ministérielle, l’hôpital de rôle 2, le centre du renseignement de toutes sources et les membres du personnel intégrés aux quartiers généraux de la coalition. Je parlerai brièvement de ces aspects, en commençant par l’équipe de liaison ministérielle.

Cette équipe est une organisation de la coalition qui est actuellement dirigée par le brigadier‑général canadien David Anderson. Elle est officiellement intégrée à la force opérationnelle interarmées de la coalition à Bagdad et travaille directement avec les ministères irakiens de la Défense et de l’Intérieur pour veiller à ce qu’ils soient bien synchronisés avec les efforts de la coalition.

En ce qui concerne l’hôpital de rôle 2 : comme vous le savez peut-être, il a été établi en novembre dernier  à Erbil, dans le Nord de l’Irak, pour une période d’un an. Avec cinquante membres des Forces armées canadienne, deux salles d’opération, deux équipes chirurgicales, y compris une équipe chirurgicale alliée, et du soutien en matière de soins intensifs, l’installation offre des services de réanimation et des opérations médicales qui peuvent sauver des vies aux troupes canadiennes, irakiennes et de la coalition, ainsi qu’à toute personne ayant besoin de soins médicaux, en vertu du droit international.

Je travaille personnellement dans le quartier général de la Force opérationnelle interarmées en Irak, l’élément de commandement de l’Op IMPACT. Avec le soutien de responsables et de conseillers représentant la Marine, l’Armée et la Force aérienne le quartier général supervise la mise en œuvre de la mission canadienne. Ce quartier général inclut et opère un centre du renseignement de toutes sources (CRTS) actif depuis mai dernier. Il est chargé de recueillir, de résumer et d’analyser l’information provenant de diverses sources, qui est ensuite utilisée par la coalition à des fins de connaissance  situationnelle, et pour déterminer des cibles liées à Daech. En frappant ces cibles, nous diminuons la capacité d’opération de Daech, et le CRTS est donc au centre de la contribution importante et directe du Canada à la lutte contre Daech.

Nous avons également des membres des Forces armées canadiennes qui sont intégrés au sein de quartiers généraux de la coalition à travers la région. Ils fournissent de l’expertise qui est en grande demande, par exemple dans les domaines de la planification, de la logistique, du ciblage, du génie et des communications.

Nous avons mis sur pied deux équipes canadiennes d’évaluation de la formation  dans le but d’améliorer notre collaboration avec la Jordanie et le Liban. Elles travaillent toutes les deux avec les forces de leur pays hôte respectif pour élaborer des projets visant à améliorer et à aider leurs forces de sécurité.

Il est bon de noter que notre équipe en Jordanie a facilité  l’instruction et la fourniture de matériaux pour le renforcement de structures défensives, en plus de fournir de l’équipement tel que des tenues imperméables de grande qualité aux Forces armées jordaniennes, le tout dans le but de freiner les infiltrations de Daech le long de la frontière jordano-syrienne.

Au Liban, notre équipe a contribué à la prestation, par le Canada, de matériel essentiel comme des articles de montagne et d’hiver pour les Forces armées libanaises. Ce projet vise à augmenter la capacité des forces libanaises d’être efficaces dans  lutte contre Daech le long de la frontière avec la Syrie.

En déploiement, nous travaillons toujours pour veiller à ce que chacun de nos membres soit en sécurité, en bonne santé et bien équipé pour accomplir sa mission. Pour ce faire, nous disposons de logisticiens, d’ingénieurs, de responsables médicaux et d’autres professionnels spécialisés qui travaillent en tout temps pour répondre à tous ces besoins. Sans leur soutien et leurs efforts infatigables, la mission ne pourrait pas réussir.

En résumé, vous pouvez constater que le Canada  contribue de façon active et importante au sein de la coalition soutenant les forces de sécurité irakiennes dans leur lutte contre Daech et leurs efforts pour favoriser la sécurité et la stabilité régionales.

Au fil de la campagne, nous avons pu constater des changements positifs à la situation alors que les forces de sécurité irakiennes ont continué à repousser les éléments de Daech de leurs points d’appui à l’échelle du pays. Nous observons la situation à Mossoul avec beaucoup d’attention. Le brigadier-général Steve Kelsey pourra parler davantage de l’évolution positive de la campagne.

Je confie maintenant la parole au Bgén Steve Kelsey. Steve, à vous de jouer.

Brigadier-Général Stephen Kelsey

Merci Général Brennan. En direct de Bagdad, bonsoir.

Je suis le brigadier-général Stephen Kelsey, chef d’état-major canadien intégré au Centre de commandement des forces terrestres combinées, soit le quartier général terrestre de la Coalition pour l’Opération INHERENT RESOLVE. Notre quartier général multinational regroupe une Coalition de 19 pays qui collaborent étroitement avec nos partenaires des forces de sécurité irakiennes pour coordonner l’emploi de forces terrestres au nom de l’ensemble de la force opérationnelle interarmées multinationale, et surtout, au nom du gouvernement irakien.  

Je vais profiter de l’occasion pour faire le point sur les opérations dirigées par l’Irak pour libérer Mossoul.

L’assaut visant à reconquérir Mossoul a été lancé le 17 octobre 2016, et les forces de sécurité irakiennes sont engagées dans des combats depuis 101 jours. Après avoir mené des opérations pendant environ six semaines, on a procédé à une réorganisation opérationnelle avant de reprendre les opérations de combat le 29 décembre. Depuis, les forces de sécurité irakiennes poursuivent avec succès leurs opérations visant à nettoyer les secteurs de l’est de Mossoul sur trois fronts : l’armée irakienne à partir du nord; le service irakien de lutte contre le terrorisme à partir de l’est, et la police fédérale avec l’armée irakienne à partir du sud-ouest. La composante terrestre de la Coalition poursuit sa contribution aux opérations de combat dans l’est de Mossoul, notamment par le renseignement, la surveillance et la reconnaissance, les systèmes de tir direct et indirect distance de sécurité et les équipes de conseil et d’assistances intégrées aux divisions et brigades des forces de sécurité irakiennes. Comme nous le savons probablement tous, le premier ministre Abadi a officiellement annoncé le 24 janvier que les forces de sécurité irakienne ont libéré la partie est de Mossoul. Il s’agit d’une importante réussite pour le gouvernement irakien et ses forces de sécurité, un immense pas vers la chute de Daech. Bien sûr, il reste encore beaucoup de travail à faire.  

Les opérations des forces de sécurités irakiennes sont maintenant carrément axées sur la consolidation de la sécurité dans la partie est de Mossoul, l’aide à la population et la mise en place des conditions propices à la prochaine étape de la mission, c’est-à-dire libérer la partie ouest de Mossoul.  

Les combats à Mossoul ont eu pour effet d’augmenter le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays. Plusieurs camps de personnes déplacées ont été établis et ils fonctionnent actuellement en-dessous de leurs capacités. Il y a en ce moment 135 372 personnes déplacées dans les différents camps érigés aux environs de Mossoul. Étant donné la réussite des opérations dans l’est de Mossoul, les personnes déplacées seront encouragées à retourner chez eux aussitôt qu’il sera sécuritaire de le faire dans leur voisinage et que les conditions de vie y seront adéquates. Déjà, quelque 25 530 personnes déplacées ont pu retourner dans les secteurs libérés de Mossoul. À l’heure actuelle, les camps pour personnes déplacées dans le nord de l’Irak ont la capacité d’accueillir 57 582 personnes, et d’autres camps sont en cours de construction.

Même si les forces de sécurité irakienne et, par conséquent la Coalition, continuent de concentrer leurs efforts sur la libération de Mossoul, les opérations de lutte contre Daech se poursuivent en Irak, notamment dans les vallées du Tigre (du nord de Bagdad vers Qayyarah), et de l’Euphrate (de l’ouest de Ramādī vers Haditha et Rawa), et ici, à Bagdad. La Coalition consacre aussi beaucoup d’énergie à aider les forces de sécurité irakiennes à maintenir en puissance les opérations de combat, mais aussi à rétablir la loi et l’ordre dans le cadre de son programme de renforcement des capacités des partenaires. Chaque semaine, une moyenne de 4 500 soldats et policiers irakien sont formés dans cinq centres d’entraînement partout au pays. Ils y reçoivent de la formation dans différents domaines : cours d’infanterie élémentaires et avancés, cours de sauvetage en situation de combat, sensibilisation aux dangers des explosifs, cours de génie militaire et d’application de la loi, pour n’en nommer que quelques-uns.

Je terminerai cette brève mise à jour en soulignant la remarquable transformation des forces de sécurité irakiennes, et tout particulièrement de l’Armée irakienne. Les forces irakiennes connaissent d’importants succès et, ensemble, avec les autres partenaires de la Coalition, nous demeurons unis dans notre détermination à vaincre Daech. Cela conclut ma déclaration et je vais maintenant remettre l'appel vers le modérateur.

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