ARCHIVÉE - Sous-marins de la Marine royale canadienne : État de la flotte

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Fiche technique / Le 26 novembre 2013 / Numéro de projet : FS - 13.002e

État des sous-marins 

La flotte de sous-marins de la classe Victoria continue de progresser vers un état opérationnel stable, où trois des quatre sous-marins seront disponibles pour les opérations. Il s’agira des deux sous-marins à disponibilité opérationnelle élevée, en poste dans l’océan Atlantique (le NCSM Windsor) et dans l’océan Pacifique (le NCSM Victoria), et d’un sous-marin à niveau de disponibilité opérationnelle normal (le NCSM Chicoutimi). Le NCSM Corner Brook, quant à lui, effectuera une période en cale sèche prolongée à la fin de celle du Chicoutimi. La période en cale sèche prolongée permet d’entretenir et de moderniser les systèmes (plus de 200) du sous‑marin afin de lui permettre de mener des opérations au nom des Canadiens.

Le tableau suivant donne un aperçu général de l’état actuel de la flotte de sous-marins de la classe Victoria de la Marine royale canadienne (MRC) :

 

Sous-marinsPériode de
grand carénage
Période
opérationelle
Prochaine période
de grand carénage
NCSM Victoria de 2005 à 2011 de 2011 à 2016 de 2016 à 2018
NCSM Windsor de 2007 à 2012 de 2012 à 2018 de 2018 à 2020
NCSM Chicoutimi de 2010 à 2014 de 2014 à 2020 de 2020 à 2022
NCSM Corner Brook de 2014 à 2016 de 2016 à 2022 de 2022 à 2024

 

Information concernant le tableau ci-dessus

  1. Toutes les dates sont approximatives, car les échéanciers peuvent varier en fonction des besoins de la MRC.
  2. La période opérationnelle fait référence à un cycle d’activités durant lequel peuvent se tenir des essais en mer, des réparations de défectuosités, de l’entretien périodique effectué en dehors des périodes en cale sèche prolongées, de l’entraînement, des exercices de tir de même que des opérations à pleine capacité. Durant cette période, un sous-marin de classe la Victoria peut se trouver à différents niveaux de disponibilité opérationnelle en vue de mener des opérations au nom des Canadiens.
  3. On considère qu’un sous-marin de la classe Victoria a atteint l’état opérationnel lorsqu’il a obtenu une certification matérielle (tests et essais à quai fructueux) et a été jugé en état de navigabilité; lorsque son équipage possède les qualifications et l’expérience requises; lorsqu’il a réalisé les essais et effectué des opérations conformément à son état de préparation.
  4. La capacité d’une unité est essentiellement proportionnelle à l’état de son équipement, ainsi qu’au niveau de compétence de son personnel et à la qualité de la formation reçue par ce dernier. Une fois opérationnel, le sous-marin de la classe Victoria doit effectuer une période d'entraînement afin d’atteindre la disponibilité opérationnelle normale (capable de participer à un entraînement naval de base et d’accomplir dans les eaux continentales et à l’étranger des missions qui lui sont assignées les Forces armées canadiennes qui ne présentent pas de possibilités de combats intenses sur l’ensemble du spectre) ou la disponibilité opérationnelle élevée (capable de mener des opérations de combat sur l’ensemble du spectre).

Réalisations des sous-marins de la classe Victoria

Les sous-marins canadiens de la classe Victoria sillonnent activement les mers depuis 2003. Au 29 octobre 2013, ils accumulaient environ 1277 jours en mer. Durant cette période, ils ont pris part à des exercices au Canada et à l’étranger, patrouillé nos zones côtières, y compris l’Arctique, participé à des opérations internationales. Les principales réalisations des sous‑marins de la classe Victoria sont les suivantes :

  • Le navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Victoria a repris la mer en décembre 2011, après la première période de cale sèche prolongée de la flotte sous-marine et a, depuis ce temps, passé 260 jours en mer. En juillet 2012, le Victoria a torpillé et coulé un navire hors service de la marine américaine dans le polygone de tir d’essai au large de l'île Kauai à Hawaï dans le cadre de l’exercice Rim of the Pacific (RIMPAC), signant ainsi le premier succès du genre pour la MRC.
  • Le NCSM Windsor a navigué de juin 2005 à décembre 2006, passant, uniquement en 2006, 146 jours en mer. Il a participé à plusieurs exercices canado-américains de grande envergure et développé ses capacités de forces d’opérations spéciales tout en s’entraînant avec des navires canadiens à perfectionner des techniques de guerre essentielles. Le NCSM Windsor a participé au tout premier exercice de parachutisme en mer avec des éclaireurs-patrouilleurs canadiens (des parachutistes de l’Armée canadienne). Le navire a également effectué plusieurs patrouilles de souveraineté au large de la côte Est du Canada à des fins de renseignement, de surveillance et de reconnaissance. Depuis son retour en mer en décembre 2012, le Windsor a entrepris son programme de préparation opérationnelle échelonné, comprenant des essais en mer et l'entraînement de l'équipage en vue d’opérations futures. Le sous-marin mène donc des opérations locales en mer en vue d’entraîner les sous-mariniers de la flotte de sous-marins de la classe Victoria.
  • Le NCSM Corner Brook a passé 463 jours en mer, d’octobre 2006 à la mi-juin 2011. Il a participé à divers exercices OTAN et CANUS, recevant beaucoup d’éloges pour son opposition farouche simulée aux forces aériennes et de surface de l’OTAN. Le Corner Brook a été déployé dans la région arctique, dans le cadre de l’opération Nanook, d’abord en août 2007, puis en août 2009, prenant part à un exercice de lutte contre le trafic de stupéfiants et menant des patrouilles de surveillance secrète dans les environs de l’île de Baffin. En mars 2008 et 2011, le navire a été déployé dans le cadre de l’opération Caribbe, un effort multinational dirigé par les États-Unis visant à mettre fin au trafic de stupéfiants dans les eaux du bassin des Caraïbes et du Pacifique Est.

 

État de chacun des sous-marins individuels

Voici des renseignements sur l’état actuel des sous-marins de la classe Victoria :

NCSM Chicoutimi

Le 26 novembre 2013, après sa première période de cale sèche prolongée aux installations de Victoria Shipyards Co. Ltd d’Esquimalt (C.-B.), le NCSM Chicoutimi a été remis à flot après radoub. Cette étape importante marque des progrès vers l'achèvement des grands travaux de maintenance, qui sont effectués pour la première fois uniquement par l’industrie en vertu du contrat de soutien en service des sous-marins de la classe Victoria.

Les tests et mises à l’essai de systèmes ainsi que l’instruction de l’équipage NCSM Chicoutimi se poursuivent. Dans le cadre du système des tests et mises à l'essai normaux, le NCSM Chicoutimi effectuera une plongée dans la darse. On l’appelle ainsi, car cette plongée a lieu à l’intérieur du port, dans un bassin peu profond et protégé connu sous le nom de « darse ». Cette plongée permet de vérifier l’étanchéité du sous-marin et la fonctionnalité de ses communications et autres principaux systèmes.

Le NCSM Chicoutimi devrait reprendre la mer au début de 2014 afin d’entamer des essais en mer dans le cadre du programme de préparation opérationnelle échelonné. Ce programme permettra de certifier l'équipage et tous les systèmes techniques – y compris les systèmes d’armes – l’objectif étant que le sous-marin soit déclaré entièrement opérationnel.

Le sous-marin sera remis à la MRC à la fin de la période de cale sèche prolongée.

NCSM Corner Brook

Au printemps 2011, le NCSM Corner Brook a quitté la BFC Halifax pour se rendre à la BFC Esquimalt afin de se préparer à effectuer une période en cale sèche prolongée, au chantier naval de la Victoria Shipyards Co. Ltd à Esquimalt (C.- B.) par Babcock Canada Inc, en vertu du contrat de soutien en service des sous-marins de la classe Victoria.

Le 4 juin 2011, le Corner Brook a heurté le fond de l’océan alors qu’il faisait des manœuvres en plongée pour l’instruction d’officiers sous-mariniers dans la baie Nootka, au large de la côte Ouest de l’île de Vancouver.

Le 10 juin 2011, une commission d’enquête (CE) a été convoquée pour éclaircir les circonstances de l’accident du Corner Brook. Le mandat de la CE était, d’une part, d’enquêter sur la cause de l’accident et les facteurs y ayant contribué, et d’autre part, de déterminer des mesures de prévention, le cas échéant.

Voir un plan de coupe du NCSM Corner Brook.

L’ampleur exacte des dommages causés au Corner Brook a été évaluée lors de sa période prolongée de maintenance régulière limitée, qui a pour but principal de préserver l’état existant du sous-marin. Les réparations proprement dites du sous-marin auront lieu lors de sa période en cale sèche prolongée, prévue au chantier naval de la Victoria Shipyards Co. Ltd.

Pour des raisons de gestion de programme et de marchés relatives au contrat de soutien en service du ministère de la Défense nationale, on ne peut entreprendre des travaux de maintenance approfondie que sur un seul sous-marin à la fois. Les activités de maintenance entreprises sur le Corner Brook seront donc limitées à son niveau minimum jusqu’au moment prévu de sa période en cale sèche prolongée, qui débutera après celle du Chicoutimi.

NCSM Victoria

Le NCSM Victoria est sorti du bassin le 18 avril 2011 pour subir une série de tests et d’essais menés dans le port, notamment en vue de l’amélioration de sa capacité de torpillage. En même temps, l’équipage du sous-marin a participé à de l’instruction et à des exercices.

En novembre 2011, le Victoria a officiellement terminé sa période de cale sèche prolongée à l’Installation de maintenance de la Flotte Cape Breton du ministère de la Défense nationale à Esquimalt (C.-B.). C’était la première fois qu’un sous-marin de la classe Victoria faisait l’objet de travaux de carénage et de maintenance de ce type et de cette envergure. Les enseignements précieux tirés de cette première période de cale sèche prolongée serviront pour les prochaines activités. Une bosse, qui avait été découverte dans la coque du Victoria, a pu être réparée pendant la période de cale sèche prolongée. Par conséquent, le sous-marin ne fait plus l’objet de restrictions en matière de plongée.

À la suite de la période de cale sèche prolongée, le Victoria a commencé son programme de préparation opérationnelle échelonné pour l’obtention de la certification de l’équipage et de validation des systèmes d’armes en vue de déclarer le sous-marin entièrement opérationnel. Ce processus porte le nom de Programme de préparation opérationnelle échelonné.

En décembre 2011, le Victoria a pris la mer pour faire des essais d’équipement et pour l’entraînement de l’équipage. À cette occasion, il a réussi l’étape de ses exercices de préparation au combat qui consiste à tester les mesures de sécurité à prendre lorsque le sous-marin fait surface.

En janvier 2012, le Victoria a effectué la première plongée du cycle opérationnel ainsi que l’étape de ses exercices de préparation au combat qui consiste à tester les mesures de sécurité à prendre lorsque le sous-marin plonge. En même temps, le sous-marin a fait d’autres essais d’acceptation en mer.

En mars et avril 2012, le Victoria a mené à bien une série d'essais en mer de son système d'armes, dont des tirs multiples de torpilles lourdes MK48 au Centre d'expérimentation et d'essais maritimes des Forces canadiennes (CEEMFC) à Nanoose Bay (C.-B.). Avec ces torpilles d'entraînement, la charge militaire de la torpille peut être remplacée par une pièce d'équipement électronique qui permet la collecte de données lors des essais. Ces essais de tirs de torpilles ont fait partie de la vérification technique et opérationnelle du système d'armes du Victoria.

En juillet 2012, le Victoria a torpillé et coulé un navire hors service de la marine américaine dans le polygone de tir d'essai au large de l'île Kauai à Hawaï dans le cadre de l'exercice Rim of the Pacific (RIMPAC). Le Victoria est le premier sous-marin de la classe Victoria à réussir l'exploit de viser et de couler un navire avec cette torpille.

Le NCSM Victoria a été déclaré entièrement opérationnel en 2012. Depuis qu’il a terminé son programme de préparation opérationnelle échelonné, le NCSM Victoria a participé à divers exercices internationaux de niveau avancé. Ces exercices ont permis de mettre en évidence les capacités modernes du sous-marin de la classe Victoria lors de l’exercice d’entraînement anti-sous-marin offert aux navires canadiens et aux navires étrangers.

NCSM Windsor

Le Windsor est sorti du bassin le 11 avril 2012. Dans le cas présent, le sous-marin a été mis à l’eau grâce au Synchrolift d’Halifax (N.-É.), une plate-forme de levage synchronisé où la majorité des travaux de la période de cale sèche prolongée ont été effectués. Il s’agissait d’une étape importante dans l’avancement des travaux, indiquant que ceux-ci seraient bientôt terminés.

Depuis sa sortie, le sous-marin mène des essais en mer et des exercices d’entraînement de son équipage. Dans le cadre de ces essais, le Windsor a effectué une plongée dans la darse, dans le port d’Halifax en novembre 2012.

En décembre 2012, le Windsor a officiellement marqué la fin de sa période de cale sèche prolongée à l’Installation de maintenance de la flotte Cape Scott du ministère de la Défense nationale à Halifax en Nouvelle-Écosse et est retourné en mer. Depuis, le Windsor a commencé son programme de préparation opérationnelle échelonné, qui se déroulera sensiblement de la même manière que celui du Victoria.

Les essais en mer suivant un carénage visent à détecter d’éventuelles défectuosités et autres problèmes mécaniques ou à les réparer le plus rapidement possible. Ces essais font partie du processus normal de retour des navires et des sous-marins à leur pleine disponibilité opérationnelle à la suite d’une période de carénage, car les essais en mer constituent souvent la meilleure façon de repérer d’éventuels problèmes.

En décembre 2012, on a décelé une défectuosité sur l’un deux groupes électrogènes diesel du sous-marin lors des essais en mer. Ces groupes électrogènes font partie du système principal de chargement d’accumulateurs du sous-marin. L’acquisition de deux groupes électrogènes diesel assure une certaine redondance, permettant au sous-marin d’effectuer des opérations même avec un seul groupe électrogène diesel.

En dépit de la perte d’un de ses deux groupes électrogènes, le NCSM Windsor continue de mener des opérations locales en mer afin de voir à l’entraînement de son équipage, mais il est temporairement soumis à des restrictions relatives à son autonomie et à la portée de ses opérations. Les restrictions seront levées dès que le groupe électrogène diesel défectueux sera remplacé lors d’une période de travaux de maintenance prédéfinie dans le cadre du plan de maintenance et d’opérations courantes du sous-marin.

Besoins en personnel des sous-marins de la classe Victoria

En octobre 2013, l’effectif de la force sous-marine canadienne comptait 270 sous-mariniers qualifiés et 77 matelots à divers stades de leur formation. Cela incluait les postes à terre ainsi que les membres d’équipage des sous-marins.

Les membres des Forces armées canadiennes sont considérés comme des sous-mariniers qualifiés lorsqu’ils ont suivi le cours élémentaire de sous-marinier, terminé la phase de consolidation en mer et réussi l’examen individuel du Comité de qualification. Ce n’est qu’à ce moment-là que les sous-mariniers reçoivent leur insigne de compétence que l’on désigne comme les « Dauphins ».

 

Contrat de soutien en service des sous-marins de la classe Victoria (CSSSV)

Compte tenu du fait que les sous-marins comptent parmi les véhicules les plus complexes qui soient, leur entretien peut s’avérer coûteux. L’entretien périodique hautement rigoureux constitue un élément essentiel du cycle opérationnel de quelle classe de sous‑marins que ce soit.

En 2008, le Conseil du Trésor du Canada a approuvé un budget maximal de 1,5 milliard de dollars pour un contrat de soutien en service des sous-marins de la classe Victoria d’une durée éventuelle de quinze ans. Après un appel d’offres, le contrat a été attribué à Canadian Submarine Management Group, qui porte désormais le nom de Babcock Canada Inc.

Toutes les périodes en cale sèche prolongées des navires de la classe Victoria réalisées dans le cadre du contrat de soutien en service seront financées et gérées en vertu du CSSSV (en commençant par celle du Chicoutimi).

En juin 2013, le gouvernement du Canada exerçait la première option de prolongation de cinq ans dans le cadre de ce contrat, pour une valeur de 531 millions de dollars.

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