ARCHIVÉE - Soutien médical fourni aux opérations des Forces canadiennes

Cette page Web a été archivée dans le Web

L'information dont il est indiqué qu'elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n'a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Documentation / Le 10 août 1999 / Numéro de projet : BG-99.082

Les opérations militaires d’aujourd’hui sont de plus en plus complexes et dangereuses. Depuis 1949, plus de 100 000 membres des Forces canadiennes (FC) ont servi dans des régions à l'extérieur du Canada dans le cadre de diverses opérations de maintien et de rétablissement de la paix. Même si ces rôles n'exigent pas nécessairement une participation à des opérations de combat, les militaires qui servent dans ces endroits peuvent être exposés à des conditions dangereuses auxquelles ils ne font habituellement pas face au cours du service en temps de paix. Afin de réduire au minimum les risques et les répercussions possibles des opérations sur la santé, les FC suivent un certain nombre de procédures médicales avant, pendant et après la mission.

Avant le déploiement

Avant le déploiement, le dossier médical de chaque membre des FC qui doit y participer est examiné. Les membres dont l'examen médical périodique (EMP) est valide remplissent un questionnaire médical (formule CF 2078). Un médecin militaire examine le dossier médical et la formule CF 2078 afin de s'assurer qu'il n’y a pas de conditions qui pourraient justifier un examen médical complet. Les militaires dont l'EMP n'est pas valide subissent un examen médical complet. Ces mesures servent à établir que les membres des FC qui participent à un déploiement sont en bonne forme physique et donc aptes à remplir leur mission.

Les renseignements médicaux recueillis dans la région du déploiement sont rassemblés et analysés par la section du renseignement sanitaire, au Quartier général du Groupe médical des Forces canadiennes (QG GMFC), à Ottawa. L'information à jour, détaillée et exacte est obtenue de sources publiques, de diverses organisations de santé et de nos alliés. Elle porte sur diverses préoccupations, notamment la pollution de l'air, le mal de l'altitude, les risques de maladies transmissibles à l'échelle locale et les exigences en matière d'immunisation ainsi que les ressources médicales disponibles dans le théâtre (celles qui sont fournies par le pays hôte ou les forces alliées).

Pendant le déploiement

Dans chaque unité de la taille d'un bataillon qui est déployée, on trouve un technicien de médecine préventive, qui est chargé de conseiller le médecin militaire de l'unité (MMU) au sujet de la santé publique de l'unité. Le technicien de médecine préventive recommande au MMU des façons de maintenir l'état d'hygiène général au sein de l'unité et de faire en sorte que le milieu demeure aussi sûr que possible. Il évalue aussi les dangers pour la santé auxquels les membres des FC risquent d'être exposés pendant qu'ils se trouvent dans le théâtre des opérations.

Au cours de la mission, le MMU est responsable du bien-être médical de l'unité et il doit assurer le traitement des blessures et des maladies au besoin. Il consigne l'information dans des dossiers médicaux temporaires qui sont intégrés dans les dossiers médicaux principaux des militaires une fois que ceux-ci sont de retour au Canada.

Après le déploiement

La politique actuelle stipule qu’à la fin d’un déploiement, le MMU doit examiner chaque membre de l’unité qui a servi outre-mer. C’est à ce moment que le militaire déclare s’il a été malade ou blessé. En pareil cas, il doit subir un examen médical complet dans les deux jours ouvrables suivant son retour chez lui. Toutefois, s’il ne signale aucune blessure ni maladie, un examen médical complet est requis dans les 30 jours suivant le retour au Canada.

Soins donnés aux militaires blessés, aux vétérans et aux pensionnés

La responsabilité illimitée est l’une des conditions de service auxquelles se plient les Canadiens et Canadiennes qui s’enrôlent dans les FC. Quel que soit l’endroit où ils servent, les militaires doivent toujours être prêts mentalement et physiquement à s’exposer au danger, à l’incertitude, à la maladie, au stress professionnel, aux blessures et au risque de mort.

En retour, le ministère de la Défense nationale (MDN) est tenu de veiller à ce que tous les militaires malades et blessés reçoivent un soutien médical uniforme et complet pendant leur service et de les aider lorsqu’ils quittent les FC. Par ailleurs, étant donné que les blessures ou le décès d’un membre des FC ont des effets immédiats et traumatisants sur le bien-être financier et psychologique de sa famille, il est essentiel d’assurer, de manière humaine et opportune, les soins appropriés aux militaires concernés.

Initiatives récentes visant à améliorer les soins de santé destinés aux membres des FC

En avril 1998, le MDN a créé une cellule d’information et de conseils sur les allocations d’invalidité afin de renseigner et d’aider les membres des FC qui ont été libérés pour des raisons d’invalidité ou qui sont sur le point de l’être.

Au début de 1998, le Ministère a annoncé que les militaires libérés pour des raisons médicales à cause d’une blessure subie dans une zone de service spécial, par exemple lors d’une mission de l’ONU, recevraient la priorité en matière d’emploi dans la fonction publique du Canada.

Depuis 1996, le MDN accorde beaucoup d’importance à la coordination avec Anciens combattants Canada (ACC) et la Légion royale canadienne afin d’assurer des soins continus aux membres des FC qui sont libérés pour des raisons médicales et qui peuvent être admissibles à des prestations d’invalidité.

Dans le cadre d’un partenariat interministériel unique, le MDN et ACC travaillent ensemble à étudier les recommandations figurant dans le rapport du Comité permanent de la défense nationale et des anciens combattants (CPDNAC) sur la qualité de vie dans les FC. En bout de ligne, ce sont les membres des FC, les anciens militaires et leurs familles qui bénéficieront de cette approche commune.

Grâce à ce partenariat, à l’Étude sur les soins donnés aux militaires blessés et aux familles, à l’Étude du traitement des membres libérés des FC pour raisons médicales et au rapport du CPDNAC, le MDN et ACC sont en voie de mettre en œuvre bon nombre d’initiatives nouvelles, dont :

  • Le nouveau Centre MDN/ACC de soutien aux blessés, aux pensionnés et à leurs familles a été créé le 1er avril 1999. Le personnel du Centre est là pour répondre aux questions et fournir des services d’aiguillage et d’aide. Il est également responsable de toute l’information concernant les membres des FC blessés ou malades. Le Centre voit aussi à ce que tous les membres blessés des FC fassent l’objet d’un suivi à moyen et long terme, et ce, même après leur libération.
  • Une ligne d’aide sans frais (1-800-883-6094) permet d’accéder facilement au Centre, où les militaires, qu’ils soient blessés ou non, peuvent obtenir de l’information et de l’aide pour régler des problèmes éventuels au sujet de leurs traitements médicaux.
  • Les procédures d’évacuation sanitaire et de rapatriement pour raisons médicales ainsi que l’aide fournie aux membres blessés des FC sont plus clairement définies. Il est obligatoire de former et de doter des équipes nationales de liaison médicale pour les opérations à l’étranger, et cette exigence sera respectée.
  • En mai 1999, le MDN a introduit le Programme d’aide aux membres des FC. Ce programme offre aux militaires et à leurs familles un service d’aide et de counselling social entièrement confidentiel. En effet, les militaires et leurs familles peuvent avoir accès à un conseiller à toute heure du jour ou de la nuit en composant un numéro 1-800. À partir de cet appel initial, la personne est dirigée vers un conseiller compétent dans sa région en vue d’une évaluation personnelle plus approfondie.

Nouvelles initiatives

Outre les centres d’évaluation post-déploiement qui existent déjà, cinq centres spécialisés dans les sciences du comportement opérationnel seront entièrement fonctionnels d’ici septembre prochain. Ces centres seront situés à Halifax, Valcartier (Qc), Ottawa, Edmonton et Esquimalt C.-B.) et compteront une équipe de pourvoyeurs de soins spécialisés qui auront pour mandat de se concentrer sur les militaires subissant les effets psychologiques, émotifs et spirituels des opérations militaires des temps modernes.

Des ressources additionnelles seront affectées à l’amélioration des capacités dans les domaines de la médecine du travail et de l’hygiène de l’environnement. Une fois ces changements mis en œuvre, une opération type se déroulerait comme suit :

Avant le déploiement, une équipe environnementale comprenant un hygiéniste industriel accrédité, un technicien en médecine préventive et un ingénieur en environnement accompagnerait l’équipe de reconnaissance afin de confirmer la géographie du secteur, les diverses conditions ambiantes, notamment les dangers écologiques tels que déchets industriels et maladies transmissibles, ainsi que la disponibilité de l’infrastructure. Le rapport permettrait de signaler au MMU les risques sanitaires présents dans la zone de déploiement.

Le technicien en médecine préventive se concentre sur l’hygiène, la propreté et le contrôle des insectes et animaux nuisibles de sorte que les risques de maladie transmissible soient réduits au minimum grâce à la sensibilisation et aux inspections. L’hygiéniste industriel accrédité analyse la concentration de produits chimiques et interprète cette information par rapport à la santé des personnes. Un épidémiologiste suit les cas possibles d’exposition et la façon dont ils peuvent toucher la santé du groupe ou de la personne.

S’il existe un danger écologique, l’équipe environnementale se rend sur les lieux, à n’importe quel moment durant la phase de déploiement, pour évaluer les risques sanitaires. Chaque fois qu’on décèle un risque potentiel pour la santé, ce dernier est officiellement consigné au dossier et le nom du patient est versé dans une base de données qui permet de suivre les cas possibles d’exposition à des contaminants.

Chaque fois qu’un membre des FC a des doutes à savoir si son état est attribuable ou non à une exposition possible à un contaminant lors d’une mission, un toxicologue indépendant procède à une évaluation des risques pour la santé humaine et fonde ses conclusions sur l’information contenue dans la base de données relatives à l’exposition à des substances dangereuses et sur divers échantillons recueillis sur place. La probabilité que les symptômes du patient soient liés à l’état pathologique est ensuite indiquée dans le dossier médical.

Étude du Groupe médical des Forces canadiennes menée par le Chef – Service d’examen

En janvier 1999, le Chef d’état-major de la Défense a demandé au Chef – Service d’examen (CS Ex) de mener une étude sur le GMFC.

Cette étude consistera en un examen détaillé et indépendant de la qualité et de la continuité des soins prodigués aux militaires. Le CS Ex évaluera la capacité du GMFC de fournir des services et cherchera à déterminer les domaines pouvant être améliorés.

Le GMFC n’a pas fait l’objet d’un examen important depuis l’exercice de renouvellement et de restructuration amorcé dans le cadre de l’opération PHOENIX, en 1994. La restructuration avait pour but d’assurer un service médical plus opérationnel qui pourrait atteindre ses objectifs en comptant moins de militaires. Le CS Ex doit présenter son rapport final à l’automne de 1999.

Conclusion

Le service militaire comporte des dangers, que ce soit au Canada ou à l’étranger, ce qui fait que les militaires doivent toujours être en excellente santé physique et mentale pour pouvoir accomplir leur mission.

Les FC accordent une grande priorité à la qualité des soins médicaux prodigués à tous les militaires. Les commandants sur le terrain tâchent de prendre toutes les mesures nécessaires afin de réduire les risques de blessure auxquels sont exposés les militaires en déploiement. Mais surtout, si des militaires sont blessés, le MDN s’engage à prendre bien soin d’eux. Tous les militaires, hommes et femmes, doivent avoir l’assurance que s’ils sont blessés ou meurent dans l’exercice de leurs fonctions, leurs familles et eux-mêmes seront traités avec dignité, équité et compassion.

Date de modification :