Une journée dans la vie d’un commandant d’aéronef de recherche et sauvetage

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Article / Le 23 janvier 2017

Rédigé par : Ashley Black, Affaires publiques du Commandement des opérations interarmées du Canada

Les magnifiques Grands Lacs sont parfaits pour la navigation lors d’une journée chaude en été. Si vous y allez assez souvent, vous avez probablement déjà remarqué un hélicoptère CH-146 Griffon survolant les lieux. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il était là?

Le capitaine Nicolas Bossé est un pilote d’hélicoptère Griffon de l’équipe Recherche et Sauvetage (SAR) qui se consacre à sauver des vies. Grâce à lui et aux autres membres SAR, les unités SAR des Forces armées canadiennes (FAC) répondent à près de 400 appels chaque année dans le Centre du Canada.

Un de ces appels a eu lieu le 19 juin 2016, lorsqu’un homme en motomarine a été porté disparu à l’intérieur de la baie du lac Érié, dans le comté de Norfolk en Ontario. Le capitaine Nicolas Bossé est le commandant d’aéronef qui a eu la tâche de diriger son équipe du 424e Escadron de transport et de sauvetage, 8e Escadre Trenton, pour retrouver l’homme en motomarine. Son équipe incluait deux pilotes, deux techniciens SAR et un mécanicien de bord. La mission était dirigée par la Garde côtière canadienne et appuyée par le service d’incendie du comté de Norfolk et les Forces armées canadiennes.

Le capitaine Bossé et son équipe ont planifié le nécessaire avant de s’envoler, ce qui incluait d’en apprendre davantage sur la victime.

« Habituellement, lorsqu’on reçoit un appel de ce genre, nous voulons connaître le sexe et l’âge de la personne, » explique le capitaine Bossé. « Nous demandons si la personne à un quelconque problème de santé —par exemple des problèmes cardiovasculaires ou le diabète— afin d’en connaître davantage sur la personne que nous recherchons et le type de traitement que les techniciens SAR pourraient avoir à administrer. Nous demandons également quel est le dernier emplacement connu de la personne, le chemin qu’elle pourrait avoir pris et si elle connaît bien les environs. »

Puisqu’il s’agissait d’une nuit sombre et venteuse et que la recherche aurait lieu au-dessus de l’eau, le capitaine Bossé a demandé l’appui du CC-130 Hercules. Durant les missions SAR nocturnes, le Hercules survol au-dessus du Griffon et, à la demande du commandant d’aéronef du Griffon, il utilise des fusées éclairantes pour illuminer le ciel, ce qui augmente les chances de retrouver la personne disparue. L’équipe du Hercules peut également tenter de trouver des signes de détresse. Si elle trouve des signes de détresse, l’équipe du Hercules en informe celle du Griffon, qui se rapproche de l’eau pour examiner de plus près.

Le vent était si violent que le capitaine Bossé et son équipe ont du faire le plein d’essence en chemin, bien qu’ils aient quitté Trenton avec un réservoir plein. Entre temps, l’équipage du Hercules est arrivé sur les lieux et a commencé à chercher la personne disparue.

Environ 10 à 15 minutes après être arrivé et avoir commencé les recherches, l’équipe de la Garde côtière canadienne sur l’eau a informé le capitaine Bossé et son équipe que des membres du service d’incendie local au sol avaient entendu des cris.

« Nous avons demandé quel était leur position et sommes parti dans cette direction, » explique-t-il. « Nous avons entamé les recherches dans un secteur couvert de 5 à 6 pieds de hautes herbes avec plusieurs passages étroits. Après avoir cherché pendant quelques temps, nous avons remarqué une personne dans l’eau. Nous nous sommes rapprochés et avons trouvé la personne portée disparue qui se tenait sur sa motomarine agitant les mains désespérément. »

Plus tôt cette journée, l’homme avait pris un raccourci dans les hautes herbes pour retourner à la maison. Après s’être perdu en essayant de retourner chez lui, l’homme a dû s’arrêter, sa motomarine étant tombée en panne sèche.

Lorsque l’équipe Griffon a retrouvé l’homme, le capitaine Bossé a pris la relève à titre de pilote alors qu’un technicien SAR est descendu dans l’eau. Le capitaine Bossé et son équipe ont hissé la victime à bord du Griffon. Bien que l’homme ait été en bonne santé, il était près d’une heure du matin lorsqu’il a été retrouvé et il était visiblement exténué, selon le capitaine Bossé. L’équipe SAR a transporté l’homme jusqu’à l’hôpital le plus près avant de conclure sa mission avec succès.

Cela dit, ce ne sont pas toutes les missions qui sont faciles. « Pour nous, le plus difficile lorsqu’on pilote l’hélicoptère, c’est de devoir hisser une personne au-dessus de l’eau avec très peu de repères visuels, » explique le capitaine Bossé. « C’est pourquoi lorsque nous effectuons ce type de mission au-dessus de l’eau nous demandons l’aide du Hercules, afin qu’il puisse nous éclairer, ce qui nous aide à maintenir un vol stationnaire plus stable. »

Cette mission en particulier a duré près de cinq heures du moment où l’équipe SAR a été appelé à intervenir jusqu’au moment où l’homme a été transporté à l’hôpital.

Le capitaine Bossé indique qu’un sommeil adéquat est essentiel pour faire son travail, puisqu’on ne sait jamais combien de temps une mission durera. « Dès que nous recevons l’appel, nous devons être en mesure de fournir un équipage pour quinze heures, » explique-t-il. « Cela signifie que nous pourrions avoir à travailler durant quinze heures pour une mission. »

Bien que ce travail comporte de longues heures et  ne soit pas sans défi, le capitaine Bossé déclare que le sentiment de savoir qu’il a sauvé une vie en vaut la peine.

« Lorsque nous avons hissé l’homme à bord de l’hélicoptère, je me suis retourné vers lui et je l’ai vu sourire, visiblement soulagé. « Je suis à bord maintenant, je suis en sécurité. » C’est un sentiment très gratifiant, » dit-t-il. « Pour cette mission et toute autre mission où nous sauvons des vies, c’est un sentiment extrêmement gratifiant, car nous faisons une différence. »

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