Opération DRIFTNET

L'opération DRIFTNET est une opération récurrente des Forces armées canadiennes menée en soutien au ministère des Pêches et des Océans (MPO). Elle permet la participation du Canada aux efforts multinationaux visant à contrôler la pêche au filet dérivant et d'autres formes de pêche illégale, non réglementée et non signalée dans le Nord de l'océan Pacifique.

L'opération DRIFTNET est menée dans le cadre d'un protocole d'entente entre le MPO et le ministère de la Défense nationale.

À propos de l’opération : video

Transcript for Op DRIFTNET Video

[Patricia Demille] : Les activités de pêche illégales font en sorte que des poissons sont pris des marchés nationaux alors qu’ils seraient attrapés lors de pratiques de pêche normales.

L’opération DRIFTNET démontre comment les pays partenaires travaillent ensemble pour mettre fin aux activités de pêche illégales, non signalées ou non règlementées.

Patricia Demille, Agent des pêches, Ministère des Pêches et des Océans

L’appareil CP140 Aurora est doté de capacités techniques et d’un équipage hautement qualifié qui utilise des capteurs pour détecter tout navire d’intérêt qui semble prendre part à des activités illégales.

Les capacités mentionnées ci-dessus, ainsi que les capacités à longue portée, en font un atout précieux à cette opération.

[Capitaine Louis St-Pierre] : Le CP140 est un appareil parfait pour l’opération DRIFTNET, non seulement en raison de sa portée et de ses capteurs, mais aussi en raison de l’infrastructure et de l’instruction que nous apportons à l’opération.

Capitaine Louis St-Pierre, commandant de l’équipage du détachement du CP140 Aurora, Op DRIFTNET.

Lors d’une journée normale de l’opération DRIFTNET, nous assistons à une séance d’information du MDN (ministère de la Défense nationale) et de la garde côtière des É.‑U à Juneau, en Alaska. Nous assurons la liaison avec le ministère des Pêches et des Océans pour veiller à réaliser nos objectifs.

Nous nous réunissons comme équipe, nous discutons de la mission, nous veillons à ce que nos tactiques fonctionnent et que nous sommes sur la même longueur d’onde; nous nous rendons à l’aéronef avant le vol pour veiller à ce que les capteurs soient fonctionnels et nous sommes prêts à partir.

[Patricia Demille] : Mon rôle dans l’opération DRIFTNET consiste à prendre part à toutes les missions de vol et à travailler avec l’équipe des capteurs pour identifier les navires d’intérêt; une fois qu’un navire a été détecté, divers facteurs aideront à déterminer les activités de pêche auxquelles prend part le navire.

La pêche au filet dérivant est une pratique de pêche très destructive. Ces filets prennent tout de façon arbitraire et peuvent détruire des espèces de poissons, des mammifères marins et tout oiseau dans son chemin.

Selon les estimations, la pêche illégale peut entraîner des pertes de 23 milliards par année dans tous les paliers de l’industrie de la pêche.

Ces pertes sont importantes pour les économies locales.

Les partenariats comme celui du ministère de la Défense nationale et du ministère des Pêches et des Océans, et le déploiement de ressources terrestres comme la garde côtière des É.-U., permettent à ces organismes de travailler ensemble pour dissuader quiconque de prendre part à des activités illégales. Le fait de savoir que nous sommes présents, que nous travaillons ensemble, décourage les activités illégales.

[Capitaine Louis St-Pierre] : Notre expérience de travail avec l’aéroport Hakodate a été incroyable. Ils nous ont beaucoup aidés et ils ont tout préparé avant que nous arrivions. Nous leur sommes très reconnaissants et nous les remercions de leur travail. 

Le travail est très enrichissant et nous sommes très heureux.

La force opérationnelle

La force opérationnelle déployée dans le cadre de l'opération DRIFTNET est composée des escadrons de patrouille à long rayon d'action de l'Aviation royale canadienne et de leurs aéronefs de patrouille maritime CP140 Aurora sous le commandement et le contrôle opérationnels du commandant de la composante aérienne de la force interarmées à Winnipeg, au Manitoba.

Des agents des pêches du MPO mènent des patrouilles au-dessus de la zone à haut risque dans les eaux internationales du Nord de l'océan Pacifique à bord de CP140 Aurora provenant de l'aéroport municipal de Hakodate, sur l'île japonaise septentrionale d'Hokkaido. Les agents des pêches et les techniciens emploient les détecteurs électroniques avancés de l'Aurora pour demeurer à l'affût d'indices de pêche et d'activités illégales et recueillent des images comme preuves pour étayer la prise de mesures de maintien de l'ordre.

L'opération DRIFTNET est soutenue par le projet Polar Epsilon des Forces armées canadiennes, qui fournit des images du satellite RADARSAT-2.

Contexte de la mission

La menace

La pêche au filet dérivant en haute mer est une pratique destructrice sur le plan environnemental qui fait l'objet d'un moratoire international depuis décembre 1992.

Cette technique utilise de vastes filets, généralement d'une largeur de dix à quinze mètres et pouvant atteindre une longueur de vingt kilomètres, munis de flotteurs et de poids leur permettant de rester suspendus dans l'eau pour attraper les poissons et d'autres animaux pélagiques entraînés par les courants et les vents.

Auparavant faits de matières organiques grossièrement tissées qui permettaient aux petits animaux et aux jeunes poissons de s'échapper, les filets dérivants sont maintenant faits de matières synthétiques, comme du monofilament de nylon, finement tissées. Le résultat est donc que, en plus des prises voulues, c'est-à-dire des spécimens adultes de saumon, de thon et d'espadon, les filets dérivants modernes piègent également des mammifères marins, des oiseaux et des tortues en grands nombres, en plus de vastes quantités de poissons de taille ou d'espèce invendables.

Les espèces non ciblées et les poissons invendables sont appelés prises accessoires. Dans les conditions de pêche modernes, une proportion élevée de prises accessoires sont mortes lorsque les filets sont remontés et rejetées dans l'océan.

La mission

Les premières patrouilles de l'opération DRIFTNET ont eu lieu en 1993.

La pêche dans les eaux internationales de l'océan Pacifique n'était pas réglementée avant 1952, date à laquelle la Convention internationale concernant les pêcheries hauturières de l'océan Pacifique Nord est entrée en vigueur sous l'égide des Nations Unies. En 1989, la pêche au filet dérivant était tellement commune que les filets installés chaque année pouvaient atteindre une surface de plus de cinq millions de kilomètres carrés. De 1989 à 1991, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté trois résolutions de plus en plus sévères à ce sujet. La dernière, la résolution 46/215 du 20 décembre 1991, demandait à tous les membres de la communauté internationale de mettre en place un moratoire global sur la pêche pélagique au filet dérivant à grande échelle dans les eaux internationales d'ici le 31 décembre 1992.

En 1992, la Convention concernant la conservation des espèces anadromes de l'océan Pacifique Nord a remplacé la Convention internationale concernant les pêcheries hauturières de l'océan Pacifique Nord et a créé la Commission des poissons anadromes du pacifique Nord (CPAPN). Le Canada, le Japon, la Fédération de Russie et les états-Unis sont les membres fondateurs de la CPAPN; la république de Corée est devenue un membre à part entière en 2003, et la République populaire de Chine a offert son soutien, sans devenir membre de la Commission, en 2006. Les pays membres de la CPAPN travaillent pour détecter et appréhender les navires impliqués dans la pêche illégale, non signalée et non réglementée dans le Pacifique Nord.

Les résultats

L'opération DRIFTNET est une part importante de la contribution du Canada aux travaux de la CPAPN. Plus de quatre millions de kilomètres carrés de l'océan Pacifique Nord sont surveillés chaque année, et des patrouilles sont menées tout au long du printemps, de l'été et de l'automne. Lorsqu'une patrouille confirme qu'un navire se livre à une activité illégale, son drapeau est relevé et son pays d'origine est responsable de toute action en justice appropriée

Les patrouilles de l'opération DRIFTNET découragent également, par leur simple présence, les activités possibles de pêche illégale.

Missions antérieures

2017

2017

L’Opération DRIFTNET 2017, qui a pour objectif de lutter contre la pêche illégale dans le Pacifique Nord, a eu lieu du 5 au 29 juillet 2017. Des agents du ministère Pêches et Océans Canada (MPO) et des membres des FAC ont pris part à l’opération. Ils étaient appuyés par la garde côtière américaine à partir de Juneau en Alaska.

Un aéronef de patrouille maritime à long rayon d’action CP-140 Aurora des FAC était basé à l’aéroport de Hakodate, sur l’île de Hokkaido dans le Nord du Japon. Cet endroit a permis aux agents du MPO à bord du CP-140 des FAC d’effectuer des patrouilles de surveillance au-dessus de la zone où la menace est bien réelle, soit à plus de 322 kilomètres de la côte. Les agents des pêches et les opérateurs de détecteurs acoustiques du CP-140 Aurora ont utilisé les détecteurs électroniques de l’aéronef pour repérer des signes de pêche illégale ou d’autres activités illicites. Ils s’en sont également servis pour recueillir des images qui serviront de preuve menant à une mesure d’exécution de la loi.

2016

2016

L’opération DRIFTNET 2016 s’est déroulée du 3 au 26 juin 2016.

L’opération était coordonnée par du personnel du ministère des Pêches et des Océans provenant de la Colombie‑Britannique, les Forces armées canadiennes et un aéronef CP140 Aurora de l’Aviation royale canadienne basé à Hakodate, au Japon, avec le soutien de la United States Coast Guard de Juneau, en Alaska.

2015

2015

En soutien au MPO, les Forces armées canadiennes ont déployé un aéronef CP140 Aurora et son équipage du 407e Escadron de patrouille à longue portée (Comox, C.-B.) à l’aérodrome de Hakodate, dans la préfecture de Hokkaido (Japon) du 6 au 28 juin 2015. Ils pouvaient compter sur le soutien d’un appareil CC177 Globemaster III de l’Aviation royale canadienne pour transporter du personnel et du matériel. Le CP140 Aurora a effectué deux patrouilles, pour un total de 12,5 heures de vol.

Un total de 14 navires de pêche ont fait l’objet d’une enquête par observation par les FAC au cours de l’opération de cette année.

2014

2014

En soutien au MPO, les Forces armées canadiennes ont déployé un aéronef CP140 Aurora et son équipage du 407e Escadron de patrouille à longue portée (Comox, C.-B.) à l’aérodrome de Hakodate, dans la préfecture de Hokkaido (Japon) du 11 mai au 1er juin 2014. Ils pouvaient compter sur le soutien d’un appareil CC177 Globemaster III de l’Aviation royale canadienne pour transporter du personnel et du matériel. Le CP140 Aurora a effectué onze patrouilles, pour un total de 108,1 heures de vol.

La détection d’un navire de pêche au filet dérivant en haute mer et de deux navires suspects a fait de cette opération un des déploiements de DRIFTNET les plus réussis depuis bien des années.

2013

2013

En soutien au MPO, les Forces armées canadiennes ont déployé un aéronef CP140 Aurora et son équipage du 407e Escadron de patrouille à longue portée (Comox, C.-B.) à l’aérodrome de Hakodate, dans la préfecture de Hokkaido (Japon) du 17 août au 8 septembre 2013. Ils pouvaient compter sur le soutien d’un appareil CC177 Globemaster III de l’Aviation royale canadienne pour transporter du personnel et du matériel. Le CP140 Aurora a effectué neuf patrouilles, pour un total de 116,2 heures de vol.

2012

2012

En soutien au MPO, les Forces armées canadiennes ont déployé un aéronef CP140 Aurora et son équipage du 407e Escadron de patrouille à longue portée (Comox, C.-B.) à l’aérodrome de Hakodate, dans la préfecture de Hokkaido (Japon) du 19 septembre au 6 octobre 2012. Ils pouvaient compter sur le soutien d’un appareil CC177 Globemaster III de l’Aviation royale canadienne pour transporter du personnel et du matériel. Au fil des semaines, le CP140 Aurora a comptabilisé 88,4 heures de vol.

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