Opération Crocodile

L’opération Crocodile constitue la contribution militaire canadienne à la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Force opérationnelle en République démocratique du Congo

La Force opérationnelle en République démocratique du Congo (Force opérationnelle en RDC) est le contingent canadien de la MONUSCO. La force opérationnelle en RDC compte actuellement neuf membres des Forces armées canadiennes (FAC) ayant de l’expérience dans des domaines comme les opérations, la liaison et l’instruction. Ils sont répartis entre le quartier général de la MONUSCO à Kinshasa et le quartier général avancé à Goma.

Contexte de la mission

L’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo

La MONUSCO est une mission de suivi qui découle de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). La MONUSCO a été créée par la résolution 1925 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 28 mai 2010 en reconnaissance du fait que la situation en RDC était entrée dans une phase de stabilisation.

Le mandat de la MONUSCO est de protéger les civils contre les menaces de violence physique tout en travaillant avec le gouvernement local et avec des acteurs internationaux pour améliorer la capacité du gouvernement congolais de veiller à ce que la justice et la sécurité règnent dans son pays.

La MONUSCO a également  le mandat de surveiller la mise en œuvre de l’embargo sur les armes imposé par la résolution 1896 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 30 novembre 2009, et de saisir ou de collecter les articles qui y contreviennent. La mission offre également du soutien technique et logistique aux élections nationales et locales dans les limites de ses capacités et de ses ressources, mais uniquement lorsque les autorités de la RDC en font la demande.

En date de mai 2017, la MONUSCO disposait de membres du personnel en uniforme de 54 pays. L’effectif de la mission s’élevait alors à

  • 16 436 militaires, répartis dans des unités formées,
  • 481 observateurs militaires de l’ONU,
  • 2 329 policiers,
  • 791 employés civils de l’ONU
  • 2 525 employés locaux
  • 389 bénévoles de l’ONU.

Les prochaines reconfigurations de la MONUSCO seront déterminées au fil de l’évolution de la situation sur le terrain, notamment :

  • La fin des opérations militaires dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et Orientale;
  • L’augmentation de la capacité du gouvernement de bien protéger la population;
  • La consolidation de l’autorité de l’État dans tout le territoire.

Le mandat de la MONUSCO, renouvelé chaque année, a été récemment prolongé jusqu’au 31 mars 2017 par la résolution 2277 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 30 mars 2016, qui a également :

  • Réaffirmé que la première priorité de la mission est toujours la protection des civils;
  • Réitéré que le gouvernement de la RDC est le principal responsable de la sécurité, de la réconciliation nationale, de la consolidation de la paix et du développement; et
  • Met l’accent sur le fait que les activités de la MONUSCO devraient faciliter l’établissement de la paix après le conflit, empêcher au pays de retomber dans les conflits armés et faire avancer la mise en place d’une paix et d’un développement durables.

L’Accord de cessez-le-feu de Lusaka et la formation de la MONUC

La MONUC, la mission qui a précédé la MONUSCO, a été mise sur pied le 30 novembre 1999 par le Conseil de sécurité de l’ONU pour maintenir la liaison entre les parties à l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé en juillet 1999 par des représentants de la RDC et de ses voisins, l’Angola, la Namibie, le Rwanda, l’Ouganda et le Zimbabwe.

L’Accord de cessez-le-feu de Lusaka constituait la première tentative concertée de mettre fin à la deuxième guerre du Congo, qui a débuté en 1997 avec le coup d’État réussi contre le président Mobutu Sese Seko et la transformation de l’ancien État du Zaïre en la RDC sous le président Laurent Kabila.

Les combats se sont poursuivis après le coup et se sont rapidement transformés en la plus grande guerre interétatique de l’histoire de l’Afrique moderne, centrée principalement dans les provinces orientales de la RDC. Au fil des plus de dix ans de conflits, occasionnellement interrompus par des cessez-le-feu, la guerre a impliqué neuf pays africains et a directement touché la vie de quelque 50 millions de Congolais. Selon le Comité international de secours, environ 3,8 millions de personnes ont perdu la vie et 3,4 millions de plus ont été déplacées en RDC entre août 1998 et avril 2004, lorsque les combats étaient à leur plus fort. Des millions d’autres personnes sont devenues des réfugiés déplacés en RDC ou dans les pays avoisinants.

Croissance et développement de la MONUC

Le 24 février 2000, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1291 pour augmenter l’effectif de la mission à 5 537 militaires, y compris jusqu’à 500 observateurs militaires des Nations Unies (UNMO) et 500 employés de soutien civils. Le mandat a également été étendu pour comprendre :

  • La surveillance du respect de l’Accord de cessez-le-feu;
  • La conduite d’enquêtes sur les manquements au cessez-le-feu et le respect des clauses touchant la fourniture d’armes, de munitions et de matériel de guerre aux groupes armés impliqués dans le conflit;
  • La facilitation et la vérification du désengagement et de la démobilisation des forces belligérantes ainsi que du retour des prisonniers de guerre;
  • La facilitation de la prestation d’aide humanitaire et de la surveillance du respect des droits de la personne;
  • Le déploiement des équipes de déminage et la facilitation de leur travail.

La résolution 1493 du 28 juillet 2003 a imposé des sanctions contre la RDC en réponse aux hostilités continues dans les provinces orientales qui menaçaient le processus de paix. Les sanctions ont par la suite été modifiées et renforcées par l’entremise de quatre résolutions adoptées en 2004 et en 2005.

La MONUC a grandit de façon constante et, avec la résolution 1856 du 22 décembre 2008, a atteint son sommet en termes de personnel, soit 22 016 membres en uniforme, dont 19 815 en unités militaires formées, 760 UNMO, 1 050 unités policières formées et 391 policiers individuels. La tâche d’aider les autorités congolaises à préparer et à mener les élections locales a été ajoutée au mandat en 2006.

La résolution 1906 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 23 décembre 2009, a étendu le mandat de la MONUC pour la quatrième fois, jusqu’au 31 mai 2010. Elle demandait également un examen stratégique de l’évolution de la mission et de la situation en RDC, et les recommandations devaient être présentées au plus tard le 1er avril 2010. Ces recommandations ont mené à la transformation de la MONUC à la MONUSCO en vertu de la résolution 1925 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 28 mai 2010.

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