L’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC)

L’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) est une organisation multidisciplinaire, comprenant des membres militaires et civils d’Affaires mondiales Canada, conçue pour être déployée à court préavis partout dans le monde en réponse à des situations allant des catastrophes naturelles aux urgences humanitaires complexes. L’EICC est un des outils dont se sert le gouvernement du Canada pour répondre aux catastrophes naturelles qui surviennent à l’étranger.

L’EICC peut être envoyée en déploiement pour une durée allant jusqu’à 60 jours, et elle travaille de concert avec les autorités locales et d’autres organismes internationaux. Elle sert de mesure de stabilisation jusqu’à ce que le gouvernement local et les organismes internationaux soient en mesure d’assumer la responsabilité pour les efforts subséquents en matière de reconstruction et de rétablissement.

Plusieurs organisations gouvernementales et non gouvernementales fournissent des programmes et services experts d’aide humanitaire à travers le monde. L’EICC n’est pas en compétition avec ces organisations; elle complète leurs activités.

Concept des opérations

L’EICC est envoyée dans des environnements non menaçants à la demande de la nation touchée, c’est-à-dire à des régions où le gouvernement appuie sa présence et où elle ne devra pas faire face à une résistance organisée à ses opérations. Il ne s’agit pas d’une force permanente, mais plutôt d’un groupe de membres du personnel préidentifié partout au Canada qui est prêt à partir en déploiement dans le cadre d’opérations à court préavis.

Responsabilités de l’EICC

Les principales responsabilités de l’EICC sont :

  • stabiliser les effets principaux de la catastrophe en coopération avec les gouvernements nationaux et régionaux et les agences non gouvernementales;
  • prévenir l’apparition rapide d’effets secondaires de la catastrophe;
  • gagner du temps pour que les organisations nationales et internationales d’aide humanitaire se déploient vers la zone touchée et se préparent à mettre en place des programmes de remise sur pied à long terme.

L’EICC n’est pas conçue pour fournir des services de première intervention, comme la recherche et le sauvetage ou des soins de traumatologie d’urgence. Elle est plutôt utile lorsque les gouvernements locaux et les organismes humanitaires n’ont plus les capacités requises pour fournir des soins de santé primaires et de l’eau potable.

L’EICC insiste sur trois besoins essentiels :

  • purification d’eau;
  • soins médicaux primaires; et
  • soutien d’ingénieurs de campagne.

Amorce d’une mission de l’EICC

Les Forces armées canadiennes (FAC) fournissent de l’aide humanitaire et en cas de catastrophe à la demande du gouvernement du Canada (GC). Les recommandations de déployer des ressources des FAC se fait conjointement par Affaires mondiales Canada (AMC) et le ministère de la Défense nationale. Ces décisions comprennent la recommandation de l’Équipe canadienne d’évaluation des catastrophes (ECEC, anciennement nommée l’Équipe interministérielle de soutien stratégique), un groupe mixte d’experts du ministère de la Défense nationale et d’Affaires mondiales Canada, qui se rend à zone touchée par la catastrophe et qui fournit une évaluation des besoins selon la situation sur le terrain.

Les FAC sont prêtes à appuyer AMC, qui est le ministère responsable de la réponse d’aide humanitaire du gouvernement du Canada en cas d’une demande d’aide d’une nation touchée ou d’une organisation internationale comme l’Organisation des Nations Unies.

La majorité de l’équipement, des magasins et des fournitures de l’EICC sont entreposés à Trenton (Ontario) et sont maintenus pour pouvoir être déployés immédiatement.

L’EICC ne constitue pas une force permanente, mais plutôt d’un groupe de membres du personnel préidentifié partout au Canada qui est prêt à partir en déploiement dans le cadre d’opérations à court préavis.

Composition de l’EICC

L’EICC se compose des éléments principaux suivants :

  • Quartier général de l’EICC : Le QG de l’EICC constitue le lien avec les gouvernements du Canada et de la nation affectée, ainsi qu’avec les organisations partenaires telles que l’ONU et les agences non gouvernementales d’aide humanitaire. Sous la direction du commandant, le QG de l’EICC est responsable de déterminer et de coordonner le travail de l’unité dans le théâtre des opérations. Le QG de l’EICC est appuyé directement par une section de la Police militaire constituée de deux membres. Il tire principalement du Quartier général de la 1re Division du Canada et du Régiment des transmissions interarmées des Forces armées canadiennes (environ 13 membres des FAC) de Kingston (Ontario).
  • Compagnie de commandement de l’EICC : La « Compagnie de l’EICC » est le groupe principal de l’EICC et se compose d’une troupe du Génie, d’un peloton médical, d’un peloton logistique et d’un peloton de défense et sécurité. Le QG de la cie EICC assure le commandement et le contrôle des sous-unités et établit leurs priorités de travail. Il fournit aussi une équipe de commandement séparée qui peut diriger une opération séparée au besoin.
  • Troupe du Génie : La troupe du Génie comprend des ingénieurs de campagne (dans la section d’approvisionnement en eau, la section de l’équipement lourd et la section du génie de campagne) et des ingénieurs en construction. Grâce à son unité de purification d’eau par osmose inverse (OPEOI), l’EICC peut produire jusqu’à 50 000 litres d’eau potable par jour, fournis en vrac au poste d’aide médicale et en sacs pour distribution aux résidents locaux. Une fois le camp de l’EICC installé, les ingénieurs se concentrent sur les tâches nécessaires pour soutenir les opérations d’aide humanitaire.
  • Peloton médical : Le centre de soins de santé peut desservir 250 à 300 patients externes et 10 patients internes par jour selon leurs besoins. Les membres du peloton médical gèrent un poste d’aide médical offrant des services de laboratoire, de pharmacie, de réhydratation, de médecine préventive et d’obstétrique (service limité). Ils n’offrent pas de services chirurgicaux ou de traumatologie.
  • Peloton logistique : Le peloton logistique fournit à l’EICC la majorité de ses services de soutien et de maintien en puissance tels que le transport, la maintenance de l’équipement et des véhicules ainsi que l’approvisionnement.
  • Peloton de défense et sécurité : Le peloton de défense et sécurité constitue la source des services de sécurité et de travail général de l’EICC.
  • Conseillers civils : Les conseillers civils d'Affaires mondiales Canada qui fournissent la liaison essentielle entre les civils et les militaires, ainsi que des conseils sur des questions politiques et humanitaires.

Historique

Origines de l’EICC

En 1994, l’unité médicale du MDN à Petawawa (Ontario) a été envoyée au Rwanda, où des centaines de milliers de personnes vivant dans des camps de réfugiés faisaient face à une épidémie de choléra. Malgré les meilleurs efforts de tous ceux impliqués, le contingent médical n’a pu arriver avant que le pic de l’épidémie ne soit passé. Par conséquent, le gouvernement canadien a reconnu le besoin d’une capacité d’intervention rapide pour fournir une aide humanitaire efficace.

Déploiements de l’EICC à ce jour

Népal (26 avril au 29 mai 2015)

Opération RENAISSANCE 15-1

Le 25 avril 2015, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,8 a dévasté les régions du Centre et de l’Ouest du Népal. Des membres des FAC ont commencé à être déployés dans la région le 26 avril 2015 dans le cadre de l’intervention du gouvernement du Canada menée par le MAECD. Environ 200 membres du personnel ont été déployés pour prêter main-forte à diverses tâches dans les domaines du génie, des soins médicaux, des services de liaison et du mappage. Un deuxième séisme a frappé le pays le 12 mai 2015. À la fin de la mission, l’EICC avait : distribué 75 unités de filtration d’eau; facilité l’accès à de l’eau potable salubre pour environ 3 400 personnes; traité plus de 700 patients népalais; fourni 750 cartes et images aux militaires népalais et étrangers, aux ONG et aux organismes des Nations Unies; enlevé plus de 3 000 mètres cubes de débris et dégagé des routes pour permettre l’accès à environ 204 000 népalais; aidé à diffuser 300 annonces de sécurité publique, et distribué plus de 355 radios à manivelle pour lier des communautés éloignées aux efforts de secours.

Les Philippines (13 novembre 2013 au 15 décembre 2013)

Opération RENAISSANCE 13-1

Après le passage du typhon Haiyan aux Philippines le 8 novembre 2013, l’EICC a été déployée à Iloilo, aux Philippines, pour offrir de l’aide humanitaire. Le typhon a causé de nombreux décès, beaucoup de blessures et d’importantes pertes matérielles. La force opérationnelle des FAC aux Philippines comprenait d’importantes ressources et 319 membres et, à la fin de la mission, l’EICC avait purifié près de 500 000 litres d’eau, traité 6 525 patients, transporté 828 passagers par hélicoptères CH146 Griffon, mené quatorze projets de construction différents, réparé huit génératrices et dégagé 131 kilomètres de routes. Elle a également aidé les organisations non gouvernementales et les autorités locales en livrant 230 485 livres de nourriture, 59 536 livres de biens d’aide humanitaire et 10 325 livres de matériel pour abris et de construction.

Haïti (13 janvier au 31 mars 2010)

Opération HESTIA

Dans les 24 heures suivant le tremblement de terre du 12 janvier 2010, les premiers éléments de reconnaissance de l’EICC sont arrivés à Port-au-Prince dans le cadre de l’intervention pangouvernementale du Canada suivant le tremblement de terre catastrophique qui a dévasté l’Haïti. À son plus haut point, environ 2 050 membres des FAC étaient déployés en appui à l’opération HESTIA. L’Op HESTIA était composée d’une force opérationnelle, de deux navires de la Marine royale canadienne, d’un avion de transport stratégique et tactique, d’un hôpital de campagne, d’un bataillon d’infanterie avec ressources techniques et d’une EICC. L’EICC a purifié près de 2,9 millions de litres d’eau potable et fournir des traitements médicaux à 22 000 patients.

Pakistan (11 octobre au 1er décembre 2005)

Opération PLATEAU

En octobre 2005, l’EICC a été envoyée en déploiement pour gérer les régions du Pakistan qui avaient été très touchées par un important tremblement de terre. L’EICC a distribué 500 tonnes d’équipement d’aide humanitaire, a purifié et a distribué plus de 3,8 millions de litres d’eau potable, et a fourni des soins médicaux à près de 12 000 personnes.

Sri Lanka (30 décembre 2004 au 19 février 2005)

Opération STRUCTURE

À la suite du tsunami de 2004 dans l’océan Indien, l’EICC a été envoyée dans le district d’Ampara au Sri Lanka. Cette région d’environ 600 000 personnes était l’une des plus touchées; en effet, on estime que 10 400 personnes ont été tuées et que 180 000 ont été déplacées. Les équipes médicales de l’EICC ont vu plus de 7 620 patients, les ingénieurs ont produit près de trois millions et demie d’eau potable et ont aidé plus de 70 000 personnes à traverser un cours d’eau.

Turquie (24 août au 25 septembre 1999)

Opération TORRENT

Le 17 août 1999, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,4 sur l’échelle Richter a secoué le Nord‑Ouest de la Turquie, faisant s’écrouler des milliers d’immeubles et endommageant une grande partie de l’infrastructure de la région. Le gouvernement du pays a estimé que près de 16 000 personnes ont été tuées, que 15 000 ont été blessées, qu’environ 30 000 personnes avaient disparu et que plus d’un demi-million étaient sans abri. Le 24 août, l’EICC a été déployée à Serdivan, en Turquie, pour fournir de l’aide humanitaire, en mettant l’accent sur les soins médicaux et l’eau potable. Une station d’aide médicale a procuré des soins à plus de 5 000 patients, dont 260 blessés psychologiques. Trois unités de purification de l’eau ont produit plus de 2,5 millions de litres d’eau, distribuée en grande partie par camion dans les régions de Serdivan et d’Adapazari; environ 200 000 litres ont été distribués aux personnes qui en avaient le plus besoin dans des sacs en plastique scellés d’un litre.

Honduras (novembre à décembre 1998)

Opération CENTRAL

Lorsque l’ouragan Mitch a frappé l’Amérique centrale à la fin de 1998, il a tué au moins  11 000 personnes et fait plus de 3 millions de sans-abri. Les inondations constituaient une source majeure de problèmes et des éclosions de maladies d’origine hydrique, surtout le choléra, ont été signalées dans de nombreuses régions. Le Canada a déployé l’EICC à La Cieba, au Honduras, composée de 180 personnes réparties dans des sections médicales, d’ingénieurs, de logistique et de sécurité. L’EICC a purifié plus de 250 000 litres d’eau, et a traité environ 7 500 patients.

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