Opérations des Forces armées canadiennes en Bosnie-Herzégovine

La crise dans les Balkans remonte à 1991, à la suite de la dissolution et du morcellement de la République fédérale de Yougoslavie. Dans les dix ans qui ont suivi, la communauté internationale a tenté d'apporter la stabilité et la démocratie dans les Balkans par l'entremise de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et de l’OTAN. L'appui des FC était indispensable à ces interventions.

De 1992 à 2010, quelque 40 000 militaires canadiens ont servi dans les Balkans, dans des conditions difficiles. Ils ont été affectés à des opérations de paix destinées à protéger la vie des civils et permettre la réalisation d’initiatives de stabilisation et de reconstruction. Toutefois, cette contribution ne s’est pas faite sans sacrifice. En effet, 23 membres des FC ont trouvé la mort alors qu’ils étaient en mission dans les Balkans.

Comme les mandats des missions de l'ONU et de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine ont évolué au fil des ans, les FC se sont vu assigner différentes tâches, dont la conduite d'opérations militaires complexes, la surveillance des opérations de déminage, la collecte et la destruction d'armes, la supervision et le soutien du processus électoral ainsi que l'aide humanitaire.

Contribution du Canada

Grâce à la coopération civilo-militaire (COCIM), des centaines de projets essentiels d'infrastructure ont été menés à terme, en partenariat avec les soldats des FC, l'Agence canadienne de développement international (ACDI) et les collectivités bosniaques. Ces projets indispensables, tels que l'électrification des campagnes, la reconstruction des écoles et la réfection des puits, des fosses septiques, des ponts et des routes, ont permis aux Bosniaques de retrouver leurs terres et leurs maisons, de relancer les entreprises locales et de commencer à refaire leurs vies. Ces programmes civilo-militaires ont également contribué à favoriser chez eux l'émergence d'une conscience citoyenne.

Pendant leurs périodes de loisirs, bon nombre de militaires canadiens se sont portés volontaires pour participer à des projets d'intérêt collectif en vue d'améliorer la qualité de vie de la population locale. Des centaines de membres des FC ont amélioré la vie des habitants de Bosnie-Herzégovine d'innombrables façons. Ils ont organisé des collectes de fonds, ont remis des milliers de dollars en dons et ont mis bénévolement leurs compétences au service des collectivités locales. Ils ont donné des fournitures scolaires, des jouets et des vêtements aux enfants. Ils ont acheté des appareils de chauffage, de la literie, des fournitures de premiers soins pour les remettre aux orphelinats et aux hôpitaux. Ainsi, les Canadiens ont sensiblement amélioré les conditions de vie des Bosniaques.

Aperçu historique

Force de protection des Nations Unies (FORPRONU)

Comme la guerre civile en ex-Yougoslavie représentait une menace grandissante pour la sécurité, le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé la création de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU) en 1992. La mission de cette force était de protéger les non-combattants et d'assurer la sécurité ainsi que la démilitarisation des zones protégées par l'ONU en Croatie.

La FORPRONU a également été chargée de veiller à la sécurité et au bon fonctionnement de l'aéroport de Sarajevo, d'acheminer des secours humanitaires à Sarajevo et partout en Bosnie-Herzégovine, de protéger les convois de détenus civils libérés et de surveiller la zone d'interdiction aérienne en Bosnie-Herzégovine ainsi que les régions frontalières de l'ex-République yougoslave de Macédoine.

Le Canada a fourni des membres des FC à la FORPRONU et au Quartier général des Forces de paix des Nations Unies (FPNU) d’avril 1992 à décembre 1995, dans le cadre des opérations HARMONY et CAVALIER.

L’Accord de Dayton et la Force de mise en œuvre (IFOR)

L’Accord-cadre général pour la paix (communément appelé Accord de paix de Dayton) a été signé en décembre 1995. Pour faire respecter cet accord, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution qui autorisait la création de la Force multinationale de mise en œuvre de la paix (IFOR). L'IFOR a été envoyée pour faire respecter le cessez-le-feu et les lignes de démarcation entre entités. Elle a également reçu la mission de créer un contexte de sécurité qui permette aux organisations civiles de s'acquitter de leurs responsabilités (superviser les élections, coordonner le retour des réfugiés, assurer la reprise économique, surveiller et former la police locale).

Le Canada a affecté des membres des FC à l'IFOR dans le cadre de l'opération Alliance. En tout, 1 047 personnes ont participé à cette opération, formant une organisation mixte composée d’un quartier général de Brigade multinationale dirigé par un Canadien, d’un escadron de reconnaissance, d’une compagnie d’infanterie mécanisée, d’un escadron du génie, ainsi que d’un élément de commandement national et d’un élément de soutien national canadiens.

Sans l'IFOR, l'Accord de paix de Dayton n'aurait pas été respecté, et les dispositions concernant les civils n'auraient pu être appliquées.

Force de stabilisation (SFOR)

En décembre 1996, lorsque la phase de l’IFOR a pris fin, une force de stabilisation (SFOR) a été créée dans le but d'instaurer les conditions de sécurité voulues pour les autorités et les agences internationales. Les soldats de la SFOR patrouillaient la Bosnie-Herzégovine pour que les gens puissent vaquer à leurs occupations quotidiennes sans crainte. Dans le cadre d’une vaste initiative internationale visant à aider la Bosnie-Herzégovine à redevenir un pays européen démocratique, la SFOR avait pour mission de décourager la violence et d'intervenir au besoin, et par le fait même, d'instaurer des conditions de sécurité favorisant la consolidation de la paix en Bosnie-Herzégovine. Son but était de créer un climat propice à l’éclosion du processus de paix sans la présence des forces de l’OTAN.

Au début, la participation du Canada à la SFOR, effectuée dans le cadre de l’opération PALLADIUM, comprenait 1 200 personnes, dont : un groupe de bataillon d’infanterie doté du soutien d’hélicoptère tactique, un escadron de reconnaissance blindé, un escadron du génie, une compagnie administrative, un élément de soutien national et un élément de commandement national.

En décembre 2003, au regard d'une amélioration marquée du contexte de sécurité en Bosnie‑Herzégovine, l'OTAN a annoncé une baisse des effectifs de la SFOR pour juin 2004. En effet, de 12 000, le nombre de militaires allait passer à 7 000. Conformément à l'orientation donnée par l'OTAN, le contingent canadien a été ramené à 650 militaires en avril 2004.

Force de l’Union européenne (EUFOR)

Après le sommet d'Istanbul tenu le 28 juin 2004, l'OTAN a fait savoir que la Force européenne (l'EUFOR) prendrait le relais de ses opérations en Bosnie-Herzégovine d'ici la fin de 2004.

Au cours de l’automne de la même année, la SFOR réduisait graduellement ses effectifs, pendant que l’EUFOR renforçait sa présence pour la remplacer. Dans le cadre de ce grand processus de transition, et de concert avec nos alliés de l'OTAN et de l'Europe, le contingent canadien de la SFOR a été réduit au début du mois d’octobre 2004, de 650 à moins de 85 militaires. Cette diminution d'effectif marquait le début de l'opération Bronze, la dernière phase de la contribution des FC à la SFOR, et le début de l’opération BOREAS, la contribution du Canada à l’EUFOR.

L’opération BOREAS comportait une équipe de liaison et d’observation (ELO) des FC. Cette équipe avait pour tâche principale d’accomplir des fonctions liées à la connaissance de la situation et de fournir de l’information à l’EUFOR en demeurant en contact étroit avec les autorités locales, notamment les maires, les représentants des forces policières et des patrouilles frontalières, les dirigeants communautaires, ainsi que les unités de l’Armée bosniaque. L’ELO a également contribué à appuyer la primauté du droit en général, mais s’est occupée plus particulièrement de prévenir la contrebande et de recueillir les armes illégales en vue de leur destruction.

Le gouvernement du Canada examine régulièrement tous les engagements qu’il a pris à l’étranger dans le cadre des opérations internationales. La décision de mettre fin à l’opération BOREAS coïncide avec le retrait général des membres de l’EUFOR en raison de la stabilité relative de la région des Balkans.

Quartier général de l’OTAN à Sarajevo

Bien que l’Union européenne ait assumé la responsabilité des opérations de maintien de la paix lorsque la SFOR a mis fin à sa mission en novembre 2004, l’OTAN a établi un quartier général à Sarajevo pour aider le pays à assurer la réforme de la défense.

Dans le cadre de l’Op BRONZE, des membres des Forces canadiennes ont occupé divers postes d’état‑major dans le quartier général de l’OTAN à Sarajevo.

Le but principal du quartier général de l’OTAN à Sarajevo est la réforme de la défense. Il accomplit également des tâches opérationnelles, notamment en luttant contre le terrorisme, en détenant, pour le compte du Tribunal pénal international pour l’ancien Yougoslavie, les personnes accusées de crimes de guerre et en communiquant du renseignement à l’Union européenne.L’Op BRONZE s’est terminée le 29 mars 2010, après 19 ans d’opérations des FC en Bosnie‑Herzégovine.

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