Le réseau d’alerte avancé : Un projet lié à l’héritage environnemental

Vidéo / Le 28 novembre 2013

  

Le réseau d’alerte avancé, ou réseau DEW, était une chaîne de stations radars de l’Alaska à l’Islande, en passant par le Canada et le Groenland.

Les Américains croyaient que le réseau DEW pourrait détecter les bombardiers menaçant les villes nord‑américaines depuis le pôle Nord.

Au début des années 50, les Américains décident qu’ils doivent se doter d’une chaîne de stations radars dans l’Arctique afin de détecter des bombardiers ennemis provenant du pôle Nord. Ils demandent au gouvernement canadien de collaborer avec eux. Par contre, celui-ci vient de construire deux lignes et n’a plus les moyens d’en construire une autre. Il donne donc aux Américains l’accès à son territoire, pourvu que ceux‑ci paient la construction de la ligne.

Le projet de construction du réseau DEW était le plus important projet technique au monde. Il nécessitait plus de 30 000 tonnes de matériel, livré par navire ou par avion. L’ensemble du projet a été achevé en moins de trois ans.

Le réseau n’est plus en service depuis la fin des années 80, car la technologie a changé. Les Canadiens et les Américains ont compris la nécessité d’une nouvelle chaîne de stations radars. Ainsi, le Système d’alerte du Nord est né. En 1989, lorsque les deux pays ont commandé des études environnementales, nous avons constaté que les anciens sites posaient des risques pour l’environnement.

Le protocole d’assainissement des sites a été établi avec d’autres ministères et les habitants du Nord pour définir le risque que posaient les sites du réseau. Le risque, qui s’étendait sur un rayon de 10 kilomètres autour des sites, était causé par la contamination des sols et le contenu des décharges. Les sites ne présentaient en fait qu’un risque environnemental à long terme, la contamination des sols n’étant pas inquiétante. Par contre, il y aura des effets à long terme sur l’écosystème et la santé humaine. 

Le projet d’assainissement, mené par la Défense nationale, a été mis sur pied au début des années 90 et visait à assainir les anciens sites du réseau afin de stopper la contamination. Le site DYE‑Main, à l’extrémité est de l’île de Baffin, était le plus grand des 21 sites et servait de centre de communication et de services sectoriels. À une certaine époque, il accueillait 200 personnes.

Lors des travaux de nettoyage, les vieux bâtiments ont été détruits et les matières dangereuses retirées. Nous avons construit une décharge, nivelé et amélioré les décharges existantes, ramassé les débris dispersés, puis nous nous sommes retirés des lieux de façon à ne pas détruire le pergélisol ou causer de l’érosion.

Le coût de l’assainissement s’est élevé à 575 millions de dollars. Il s’agissait du plus gros projet environnemental mené par le gouvernement à l’époque.

Beaucoup d’intervenants ont participé au projet d’assainissement; Santé Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada et Environnement Canada ont été mis à contribution. Mais les partenaires clés étaient les Inuits et les Inu-via-luites. Ces derniers ont collaboré aux travaux de construction et de nettoyage, dans un réel esprit de partenariat.

Tous les sites sont maintenant nettoyés. Et nous avons créé un programme de surveillance pour vérifier annuellement chacun des sites pendant 5 ans. Si aucune contamination n’est relevée après cinq ans, nous retournerons sur les lieux périodiquement pour nous assurer qu’il n’y a toujours aucun danger pour l’environnement.

Les travailleurs qui ont participé au projet sont très fiers de leur travail. En tant que Canadiens, nous devrions être fiers d’avoir corrigé un problème afin qu’il n’y ait plus de répercussions néfastes sur l’environnement.

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