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Le Service dentaire des Forces canadiennes (SDFC) est la Branche du service dentaire des Forces canadiennes (FC), qui elles regroupent 60 000 membres de la Force régulière et 15 500 membres de la Force de réserve dans une organisation militaire unifiée et constituée de trois services. La mission du SDFC est de permettre aux FC de remplir leur rôle opérationnel en prodiguant des soins dentaires de grande qualité qui sont axés sur les opérations, au pays comme à l’étranger, ce qui permet d’établir et de maintenir un état de préparation élevé tout en étant conforme à la gamme des services dentaires offerte à la population canadienne et appropriée aux besoins des militaires. Pour accomplir cette mission, le SDFC compte actuellement un effectif de 129 officiers (y compris les dentistes et les officiers d’administration), 206 militaires du rang (techniciens dentaires et hygiénistes dentaires) et 244 employés civils et entrepreneurs (y compris des dentistes, des hygiénistes dentaires, des assistants dentaires, des infirmières, du personnel administratif et des réceptionnistes).
Même si le SDFC fournit des soins dentaires opérationnels au personnel de l’Armée de terre, de la Marine et de la Force aérienne, tout le personnel militaire du SDFC porte fièrement l’uniforme de l’Armée de terre. Cela reflète le fait qu’avant l’intégration des trois services militaires, en 1968, tous les dentistes militaires relevaient du Corps dentaire royal canadien de l’Armée canadienne; toutefois, ils fournissaient aussi des services dentaires à la Marine royale du Canada et à l’Aviation royale du Canada.
Le SDFC a été mené par un Directeur général – Service dentaire (DGSD) ayant le grade de brigadier-général jusqu’en 1995. Les FC ont alors reçu l’ordre de réduire leurs effectifs et les coûts dans le cadre des coupures budgétaires du fédéral gouvernement. Le SDFC a dû choisir entre une réduction volontaire des effectifs ou l’acceptation de réductions massives et une impartition potentielle exigées par les pouvoirs externes. Le SDFC a élaboré une proposition, qui a été acceptée et mise en œuvre, selon laquelle toutes les unités dentaires, y compris leur commandant et les postes d’état-major au QG, ont été abolies pour établir une seule unité dentaire qui commanderait toutes les cliniques dentaires. Le DGSD, renommé Directeur – Service dentaire, aurait maintenant le grade de colonel. En outre, le SDFC a dès lors relevé d’une nouvelle organisation, les Services de santé des Forces canadiennes (SSFC), mettant ainsi fin à 58 années d’autonomie « dentaire »1.
L’organisation réduite du SDFC était manifestement trop petite pour fournir le niveau de soins dentaires requis afin de répondre aux besoins de la population des FC. Les niveaux de santé dentaire ont baissé tandis que le Directeur – Service dentaire s’efforçait de constituer un effectif fonctionnel. L’Op Reforger du SDFC est le processus par lequel on est parvenu à augmenter l’effectif du SDFC en 2000 par rapport à la directive précédente de 1995. Le 17 juillet 2008, le Directeur – Service dentaire a réussi à obtenir l’approbation du Chef du personnel militaire pour un nouveau plan veillant à ce que l’effectif du SDFC soit adéquat quant à la prestation du niveau approprié de services dentaires dans tous les sites afin de remplir les exigences de mission des FC et les besoins en matière de service dentaire des patients.
En 2003, le poste de Médecin-chef, qui avait été réduit lui aussi au grade de colonel, a été réétablie au grade de brigadier-général. Le Directeur – Service dentaire est maintenant la seule autorité professionnelle et technique des Forces canadiennes qui n’a pas un grade d’officier général.
La 1re Unité dentaire est sous le commandement d’un colonel, et elle est constituée d’un petit quartier général à Ottawa et de 26 détachements dentaires, dont deux se trouvent en Europe. Les six détachements les plus importants sont désignés comme centres de spécialités et sont commandés par un lieutenant-colonel. Ces cliniques comptent un parodontiste, un prosthodontiste et un chirurgien buccal maxillo-facial, en plus de deux dentistes généralistes. Les cliniques plus petites sont dirigées par des majors ou des capitaines. De nombreuses cliniques emploient des spécialistes en dentisterie générale avancée afin de coordonner et prodiguer des soins dentaires spécialisés. La majorité des officiers spécialistes du SDFC reçoivent leur formation de cycle supérieur dans des établissements dentaires de l’armée américaine, dans le cadre d’un accord de coopération conclu depuis longtemps par les deux services dentaires. Dans les cliniques où les soins spécialisés ne sont pas offerts, les patients peuvent être aiguillés vers les centres de spécialités du SDFC ou vers des spécialistes civils eu pratique privée.
Les membres des FC ont droit à des soins dentaires complets aux frais de l’État, c’est-à-dire des soins accessibles et nécessaires au maintien d’une condition dentaire fonctionnelle. Même si nous offrons la gamme complète des soins dentaires à nos patients, l’accent est mis sur la prévention. Les normes dentaires à l’enrôlement sont minimales; l’une des tâches du SDFC est d’amener les recrues à un bon état de santé dentaire et de maintenir cet état tout au long de leur carrière. Lors de leur examen dentaire périodique, une cote de santé dentaire fondée sur les codes de condition dentaire de l’OTAN2 est attribuée aux patients. La condition dentaire de classe 1 est une « santé bucco-dentaire », la condition dentaire de classe 2 est la « condition dentaire fonctionnelle », la condition dentaire de classe 3 est un « problème dentaire potentiel », tandis que la condition dentaire de classe 4 est « non déterminée ». Les patients qui ont la condition dentaire de classe 3 ont besoin de soins pour atteindre le niveau de la condition dentaire fonctionnelle, alors que les patients qui ont la condition dentaire de classe 4 sont ceux dont l’examen dentaire est en retard.
Le SDFC doit être continuellement capable de soutenir les opérations navales, terrestres et aériennes des FC, un organisme interarmées. Ses membres doivent être prêts à servir partout où des soldats des FC sont affectés.
Le soutien dentaire repose sur des capacités cliniques appelées « rôles ». Lorsqu’il est déployé dans le cadre d’opérations, le personnel dentaire assure un soutien de rôle 1 (soins dentaires d’urgence), qui comprend la surveillance des affections buccales virtuellement mortelles, le traitement des conditions dentaires aiguës (douleur ou lésions dentaires) et la stabilisation initiale des lésions maxillo-faciales en vue de l’évacuation. Le soutien dentaire de rôle 2 (viabilité) comprend le traitement des conditions dentaires urgentes et le traitement prodigué pour prévenir les pertes dentaires potentielles et est généralement offert. Lorsque les circonstances le permettent, l’on prodigue certains soins de rôle 3 (maintien), notamment les traitements plus complexes et plus complets permettant de préserver la santé dentaire fonctionelle et la prise en charge chirurgicale initiale des lésions maxillo-faciales par des dentistes spécialistes.
Le soutien dentaire est fourni à la flotte en mer à partir des cliniques à bord des deux pétroliers ravitailleurs d’escadre : le NCSM PROTECTEUR et le NCSM PRESERVER. Une équipe dentaire formée d’un dentiste militaire et d’un technicien dentaire assure les soins des rôles 1 et 2. L’espace est restreint à bord des navires, donc la clinique est compacte tout en offrant l’équipement nécessaire pour remplir la mission. L’aménagement d’un cabinet dentaire comprend un appareil de radiographie et un système de traitement des clichés (sans capacité de radiographie panoramique), de l’espace d’entreposage pour les fournitures, des chariots d’opérateur, une zone de stérilisation et un bureau.
Le SDFC dispose de deux systèmes d’équipement à l’appui des opérations basées à terre : le véhicule spécialement équipé (VSE) dentaire et le système dentaire aérotransportable (SDAT). Ces systèmes peuvent servir à l’appui des opérations de l’Armée de terre ou de la Force aérienne.
Le VSE dentaire, communément appelé clinique dentaire mobile (CDM), est un « cabinet dentaire sur roues » qui est particulièrement bien adapté au soutien des opérations prolongées. Cet abri rigide (mais non blindé) climatisé qui est monté sur un camion de 2 tonnes et demie, offre un milieu compact mais confortable doté de tout l’équipement et les outils qu’il faut à une équipe de traitement constituée de deux personnes pour fournir des soins dentaires complets. On peut y ranger toutes les fournitures dentaires, l’équipement et le fourbi de l’équipe lors des déplacements. Une tente facultative servant de salle d’accueil peut être fixée à l’abri. La génératrice diesel de 10 kilowatts est transportée dans une remorque et détachée du véhicule lorsque celui est stationné et installé en vue des traitements.
La mobilité du VSE dentaire permet de voyager de façon indépendante pour desservir les militaires canadiens où ils se trouvent et de faire des visites « à domicile ». Le système est très lourd et lent lorsqu’il monte de grandes collines et difficile à manœuvrer en terrain accidenté. Cependant, une fois sur place, l’installation ne prend que quelques 60 minutes après quoi l’équipe dentaire est prête à fournir un vaste éventail de services.
Le SDAT sert à l’appui des opérations statiques de courte durée parce qu’il est léger (à peine 400 livres), compact et facile à transporter sur le plan logistique vers un théâtre opérationnel. Il peut être installé sous une tente de toile ou à l’intérieur d’un abri convenable, comme un immeuble abandonné. Ses composantes de base sont le compresseur, des chaises et le chariot d’opérateur du VSE dentaire, auxquels s’ajoutent une unité de radiologie et un évier mobiles; le tout est alimenté par une génératrice de 5 kilowatts. Comme pour le VSE, l’installation fournit un cabinet dentaire complet pourvu de tout l’équipement et de tous les outils nécessaires à la prestation d’un vaste éventail de soins dentaires.
L’histoire du SDFC remonte à la guerre des Boers, qui a eu lieu en Afrique du Sud de 1899 à 1902. Pour la première fois, des chirurgiens dentistes canadiens travaillaient dans un théâtre de guerre. Le Dr David Henry Baird d’Ottawa a servi au sein du 10e Hôpital de campagne du Canada, tandis que le Dr Eugène Lemieux de Montréal a servi au sein du 2e Bataillon du Royal Canadian Regiment. Tous deux faisaient partie du Service de santé de l’Armée royale canadienne, mais n’avaient aucun statut militaire à l’époque. Ils ont accompagné les troupes canadiennes lors d’opérations dans le Transvaal, et dans les colonies de l’Orange et du Cap. Le grand nombre de soldats présentant des urgences dentaires a établi le caractère indispensable des services dentaires en campagne. L’Association dentaire canadienne a réagi avant la fin de la guerre des Boers en pressant le gouvernement du Canada à former une équipe dentaire de l’Armée régulière en tant que branche distincte du service de santé. Cette démarche a été couronnée de succès. L’Ordonnance générale no 98 du 2 juillet 1904 autorisait la création de 18 postes de chirurgiens dentistes au sein du Service de santé de l’Armée royale canadienne. Parmi les premiers chirurgiens dentistes nommés se trouvaient les vétérans de la guerre des Boers et maintenant lieutenants honoraires, les docteurs Baird et Lemieux.
Au début de la Première Guerre mondiale, de nombreuses recrues ont été refusées en raison de problèmes dentaires. Seuls 26 dentistes étaient affectés aux diverses unités médicales, et ils ne pouvaient répondre à la demande. Des dentistes civils ont été invités à fournir leurs services en tant que volontaires. La majeure partie des traitements étaient donc prodigués par des praticiens en clinique privé.
Le 13 mai 1915, l’Ordonnance générale no 63 autorisait la création du Corps dentaire de l’Armée canadienne (CDAC) en tant que corps distinct sous le contrôle administratif et professionnel du Directeur du Service de santé. Les dentistes militaires canadiens étaient affectés aux ambulances de campagne, et ils ont fait des merveilles en zone avancée, fournissant même des dentiers en or3. Un consultant de l’Armée britannique, Sir Cuthbert Wallace, affirma en 1918 que « les Canadiens avaient une organisation dentaire vraiment parfaite » et il alla jusqu’à suggérer que le Service britannique imite le modèle canadien afin de fournir des traitements de pointe en zone avancée.
Le CDAC a commencé ses opérations à l’étranger en juillet 1915 avec un effectif de 30 dentistes militaires et de 74 sous-officiers et militaires du rang, un ratio d’un dentiste par tranche de 1 400 membres du personnel. En 1915, la première clinique dentaire de l’Armée canadienne était établie dans une écurie du parc des expositions de Toronto. C’était là la première clinique dentaire militaire de l’Empire britannique.
Des mécaniciens-dentistes ont été enrôlés au grade de sergent. Le bassin de mécaniciens-dentistes civils s’est rapidement épuisé, ce qui a incité le CDAC à présenter un plan visant à ouvrir une école d’instruction militaire. Une formule plus novatrice s’est avérée satisfaisante – l’on a recruté tous les étudiants en dentisterie de première année de l’Ontario en qualité de mécaniciens-dentistes à la condition que cette année d’études leur soit créditée s’ils terminaient leurs études après leur service militaire.
De juillet 1915, lorsque le CDAC a commencé ses opérations dans le théâtre de la guerre, jusqu’en décembre 1918, plus de 2,2 millions de traitements dentaires ont été prodigués3. Ce nombre comprend 97 000 traitements à des soldats britanniques et 50 000 traitements pour la « maladie de Vincent ». Un autre 1,4 million de traitements ont été prodigués au Canada. Compte tenu du nombre restreint de dentistes à l’effectif, cela constitue un effort immense.
Lorsque la guerre a pris fin le 11 novembre 1918, le CDAC comptait 223 officiers et 459 sous-officiers et militaires du rang servant au sein d’hôpitaux militaires fixes, d’hôpitaux de campagne et d’ambulances de campagne en Grande-Bretagne, en France et en Belgique. Sept officiers et dix sous-officiers et militaires du rang étaient morts au combat. En outre, 4 médailles de service méritoire et 10 décorations de l’Ordre de l’Empire britannique avaient été décernées.
La démobilisation de 60 000 soldats dans le mois suivant la fin de la guerre a constitué un défi pour le Corps qui les a remis dans l’état de santé dentaire qu’ils avaient avant leur embarquement. Deux soldats sur trois avaient besoin de traitement3. Cela a donné lieu à une brève augmentation de l’effectif du Corps. Une fois la démobilisation achevée, le Corps dentaire de l’Armée canadienne a été dissous. Or, le 15 juin 1921, le CDAC a été reformé en tant que corps de la Milice active non permanente.
Dans la réalité, jusqu’en 1939 le corps dentaire n’était constitué que de quelques dentistes militaires dispersés dans les unités du service de santé3. Cette organisation inefficace a pris fin au moment où le CDAC a été dissous et remplacé par le Corps dentaire canadien (CDC) sous le commandement du « directeur des services dentaires ». Le CDC nouvellement constitué a dû immédiatement faire face au défi que présentait la mobilisation pour la Deuxième Guerre mondiale.
En octobre 1941, un don de 1 750 $ a permis d’acheter le premier des 184 véhicules de soins dentaires, des cliniques dentaires mobiles montées sur un camion de trois tonnes. Grâce à ces camions, l’on pouvait prodiguer les soins dentaires plus près des lignes de front. En conséquence, l’équipement et la mobilité du Corps faisaient l’admiration du corps dentaire des autres forces alliées3.
Le premier détachement dentaire à servir en mer à bord d’un navire opérationnel a été établi en 1943. L’été suivant, une équipe dentaire a été affectée au navire hospitalier canadien Letitia lors d’un voyage vers Manille, et ce, dans le but de traiter les prisonniers de guerre libérés. L’année suivante, l’on a adopté la politique consistant à permuter les détachements servant à bord des navires hospitaliers et d’autres navires afin que davantage de membres du personnel fassent l’expérience du service en mer3.
L’utilisation des fiches dentaires à des fins judiciaires, particulièrement en ce qui concerne l’identification des victimes de guerre, a pris de l’importance pendant la Deuxième Guerre mondiale. L’on a pu ainsi identifier de nombreux cadavres qui n’auraient pas pu l’être autrement. L’on a également eu recours à des techniques judiciaires dentaires pour identifier les déserteurs et les cas d’enrôlement frauduleux.
Lorsque le Service féminin de l’Armée canadienne a été formé en 1941, les premières assistantes dentaires ont été enrôlées. Plusieurs centaines de ces femmes ont travaillé dans des cliniques au Canada, libérant les assistants dentaires masculins pour le service à l’étranger.
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le CDC a déployé des services dentaires à l’échelle du Canada à l’appui des démarches de recrutement et de démobilisation, au Royaume-Uni à l’appui de l’Aviation royale canadienne et dans les camps d’entraînement de l’armée en Afrique du Nord, en Sicile et en Italie, à l’appui du débarquement de Normandie, et, enfin, à l’échelle du nord-ouest de l’Europe.
La citation suivante est tirée d’un article publié en 1944 dans la Feuille d’érable, le journal des forces armées, on y décrit brièvement l’expérience du corps dentaire pendant la Deuxième Guerre mondiale :
« Le Corps dentaire canadien n’a pas son pareil parmi les autres armées du monde en ce qui a trait au personnel, à l’équipement et au fonctionnement. Ces professionnels et leurs assistants ont été mis à l’épreuve de Caen à Vaucelles, en passant par Falaise, et pendant la longue marche à travers la France, la Belgique jusqu’en Hollande et enfin au saillant de Nimègue. Ils ont prodigué les dernières nouveautés en soins dentaires aux combattants, et ils savent ce que c’est que de travailler sous les tirs d’obus et de mortier. Tout au long de la percée canadienne en Europe, ils ont traité de leurs concitoyens, des Anglais, des Américains, des Tchèques, des Hollandais, des Belges, des Polonais, des civils et bien d’autres personnes. Ils ont fabriqué et réparé suffisamment de fausses dents pour une nation entière et ils ont entretenu bon nombre de dentiers pour mordre dans des biscuits de mer. Ils ont pris en charge les blessures dentaires, sur place ou par l’entremise des canaux médicaux, chacun d’entre eux possédant une bonne connaissance de la méthode chirurgicale de traitement des lésions faciales.1 » [Traduction]
À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Corps dentaire de l’Armée canadienne comptait plus de 5 000 membres, dont la bonne moitié était déployée à l’étranger. Quatorze dentistes militaires et 19 techniciens dentaires ont donné leur vie en service actif pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Le rendement extraordinaire fourni par le Corps dentaire canadien (CDC) lors de cette guerre a convaincu les autorités qu’il fallait le garder après la démobilisation. En octobre 1946, l’Armée canadienne a été réorganisée, et le corps dentaire est devenu pour la première fois une composante de la Force régulière, avec un effectif de 88 dentistes militaires, cinq officiers non-dentistes et 147 sous-officiers et militaires du rang. En 1947, Sa Majesté, le roi George VI, a accordé le brevet royal au Corps dentaire canadien en reconnaissance de son service remarquable. Ainsi, le CDC est devenu le « Corps dentaire royal canadien » (CDRC). En octobre 1950, une alliance avec le Royal Army Dental Corps a aussi été approuvée3.
Après la guerre, le CDRC a fait face à une grande difficulté en matière de recrutement. Avec l’essor de l’économie d’après-guerre et la forte demande en traitements dentaires dans le secteur civil, seul 22 des 87 postes de dentistes furent pourvus, la plupart au Quartier général. Reconnaissant que les dentistes exerçant déjà seraient difficiles à recruter, l’accent a été mis sur les étudiants en dentisterie. En 1948, l’on a offert un plan visant à financer les études en dentisterie en échange d’un engagement de service, et son succès fut immédiat. Le programme d’aide, sous diverses formes, est demeuré la principale source de recrutement des dentistes militaires jusqu’à ce jour. C’est aussi à la fin des années 1940 que les premiers dentistes militaires ont reçu une formation de deuxième et troisième cycle, ce qui était le début d’un programme de spécialisation qui a pris de l’ampleur au fil des ans4.
Au début d’août 1950, le gouvernement canadien a décidé que le pays participerait à l’action policière des Nations Unies en Corée. La participation du CDRC à la guerre de Corée a eu une importance énorme dans la croissance du corps. Pendant cette intervention, l’effectif des FC a plus que doublé, et le corps a connu une augmentation semblable. Ceci a donné lieu à une amélioration de la structure des grades et à de meilleures perspectives de carrière pour le personnel dentaire, ce qui a rendu le service dans le corps plus attrayant. En outre, la norme des services offerts en Corée, dans des conditions difficiles, a rehaussé la réputation du corps auprès des futurs officiers supérieurs, et, en conséquence, il a été plus facile d’obtenir les améliorations et les avantages souhaités4.
Le premier détachement dentaire est arrivé à Pusan le 7 novembre 1950, tandis que le dernier détachement a quitté la Corée le 1er juillet 19573. Pendant ces sept années, 43 officiers et 85 sous-officiers et militaires du rang ont servi en Corée avec grande distinction, poursuivant la tradition d’une haute norme de service dentaire mobile à l’égard des troupes canadiennes en campagne3, et c’est sans compter l’immense tâche consistant à préparer les troupes au pays en vue de leur mobilisation. Bon nombre d’entre eux étaient des anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale qui n’avaient reçu aucun soin dentaire en cinq ans ou de nouveaux volontaires « dont la santé dentaire était désastreuse »4. Le commandant du détachement dentaire à la zone d’étape de Fort Lewis (États-Unis) a indiqué que beaucoup de membres du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry étaient partis pour la Corée en étant édentés, ce qu’il considérait comme une situation « scandaleuse ». Il a aussi émis le commentaire suivant : « Il y avait deux fois plus d’aumôniers que de dentistes militaires au sein des Forces spéciales, est-ce à dire que leur âme était en plus piteux état que leur bouche? » 3
Le 27e Détachement dentaire canadien de campagne a été mis sur pied à l’appui de la brigade canadienne en Europe, qui était la contribution du Canada à l’OTAN à la suite de la Deuxième Guerre mondiale. Cette unité dentaire offrait une norme élevée de services aux membres de la brigade et à leurs personnes à charge en Allemagne, et ce, jusqu’à sa dissolution en 1970. Durant cette période, 87 officiers et 141 militaires du rang ont servi au sein de l’unité. Un détachement dentaire a aussi accompagné la nouvelle 1re Escadre de chasse de l’ARC à North Luffenham (Angleterre) en novembre 1951. Ce détachement a ultérieurement été intégré à la 35e Unité dentaire, qui est devenue responsable de toutes les activités du SDFC en Europe.
Pendant de nombreuses années, la 35e Unité dentaire a exploité des cliniques dentaires de taille moyenne au sein du 4e Groupe-brigade mécanisé du Canada à Lahr (Allemagne) et de la 4e Escadre aérienne à Baden-Soellingen (Allemagne). La clinique de Lahr disposait aussi d’un parc de cliniques dentaires mobiles et s’exerçait régulièrement avec la brigade. Après que le Canada a retiré ces formations d’Allemagne en 1994, les équipes dentaires sont restées aux quartiers généraux de la SHAPE à Casteau et à Geilenkirchen, et elles prodiguent encore des soins dentaires aux militaires canadiens et à leurs familles.
Par suite des hostilités qui ont éclaté entre l’Égypte et Israël en 1956 et qui menaçaient de nuire à la liberté de navigation dans le canal de Suez, les Nations Unies ont déployé une force policière, commandée par un major-général canadien, afin de contrôler la zone entre les forces opposées et prévenir la récurrence des combats. Le Canada a fourni une force autonome de la taille d’un bataillon, à laquelle s’ajoutaient un service du matériel, un corps d’intendance d’armée, des détachements dentaires et médicaux, et qui était capable de fonctionner indépendamment d’une base canadienne. Plus de cent membres du personnel du CDRC ont servi au sein du détachement de la FUNU pendant ses dix années d’activités4.
En 1963, le Canada a offert du soutien militaire à l’opération de maintien de la paix nouvellement constituée à Chypre. Le premier détachement dentaire est arrivé à Nicosie en 1964 et comprenait le Capitaine J.M.L. Rochefort, le Sergent M.D. Crockett et le Caporal J.F. Giroux. Ce détachement a toujours compté sur un effectif complet jusqu’à ce que le bataillon canadien se retire en 1994. La seule autre équipe dentaire affectée à l’UNFICYP venait du Royal Army Dental Corps, et c’est devenu pratique courante que les deux équipes assument à tour de rôle les soins sur demande en plus de prendre en charge les patients l’une de l’autre en cas d’absence pour congé ou déplacement.
Le Canada a déployé trois NCSM ainsi qu’un escadron de chasseurs CF18, de même qu’un effectif de 4 000 personnes (atteignant jusqu’à 2 700 personnes dans le théâtre) en réaction à l’invasion du Koweït par l’Iraq. Les trois navires canadiens, représentant moins de 10 p. 100 de la force multinationale, ont effectué plus de 25 p. 100 des interceptions. Le NCSM PROTECTEUR disposait d’une équipe dentaire à bord, laquelle a été très occupée à traiter les urgences dentaires de tous les navires de la coalition. Le Capitaine Margaret Cupples, à bord du NCSM PROTECTEUR, était le premier dentiste militaire depuis longtemps à aller dans une zone de guerre au moyen d’un navire. Le SDFC a également déployé un chirurgien buccal et maxillo-facial et son assistant dans le golfe Persique, à bord du USHS Mercy, un bâtiment hospitalier des Forces navales des États-Unis. Un autre détachement dentaire a été déployé avec des éléments du 1er Hôpital de campagne du Canada, qui appuyait le 32e hôpital de campagne du Royal Army Medical Corps.
Le Régiment aéroporté du Canada, comptant 1 000 soldats, s’est déployé en Somalie au début de 1993 afin de participer à l’Op Deliverance, une mission d’aide humanitaire des Nations Unies. Une équipe dentaire accompagnant le régiment travaillait à l’intérieur d’un abri de VSE qui avait été retiré du camion. Durant la mission de 149 jours, on a compté 269 visites de patients pour un total de 985 interventions. Le Major Ed Karpetz, dentiste militaire, avait de l’expérience militaire en qualité de pilote de chasse, et il a été enchanté d’avoir la chance de piloter un hélicoptère Blackhawk de l’Armée américaine.
Plus de 40 équipes du SDFC, formées d’un dentiste au grade de capitaine et d’un technicien dentaire au grade de sergent, ont fait l’expérience d’une mission de six mois en Ex-Yougoslavie, où l’on pouvait compter jusqu’à trois équipes présentes dans le théâtre à n’importe quel jour.
La contribution militaire canadienne dans les Balkans a connu 12 noms différents, en fonction de la constitution de la coalition. Les troupes canadiennes sont d’abord arrivées dans les Balkans en février 1992, au sein de la Force de protection des Nations Unies (FORPRONU). En 1995, l’OTAN est entrée en Bosnie-Herzégovine avec une Force de mise en œuvre (IFOR) comptant 60 000 personnes afin de garantir que les parties belligérantes se conformaient à ses conditions. La Force de stabilisation (SFOR) (nom de la force de l’OTAN à partir de 1996) faisait partie d’un important effort international visant à aider la Bosnie-Herzégovine à redevenir une nation européenne démocratique. Le Canada a apporté une contribution importante à chacune de ces missions, et les équipes du SDFC ont toujours été là pour servir le personnel des FC.
Pendant cette opération, une ou deux équipes dentaires étaient déployées, compte tenu du nombre de soldats canadiens dans le théâtre. Le personnel du SDFC était basé dans divers camps, et il visitait les autres camps avec la clinique dentaire mobile afin de prodiguer des traitements sur place. Quelques camps avaient un équipement dentaire portable SDAT installé dans une remorque ou sous une tente, à la disposition des équipes dentaires en visite. En cas d’urgence, les patients étaient évacués vers le lieu où se trouvait une équipe dentaire.
L’un des problèmes dentaires souvent rencontrés lors d’opérations est le « syndrome du maïs soufflé », où le soldat a des morceaux d’enveloppes de maïs pris sous la gencive. En outre, les militaires ont commencé à développer des caries du cément en raison de leur alimentation sucrée; les boîtes repas fournies contenaient des sandwiches et de petites salades, mais aussi des boissons gazeuses, des jus et des desserts sucrés.
Les militaires ont bénéficié de nettoyages, et de nombreux techniciens dentaires ont pu exercer et perfectionner leurs compétences. Les soldats aimaient que l’on prenne soin d’eux pendant qu’ils étaient confortablement assis sur un fauteuil de dentiste dans une clinique dentaire mobile climatisée. C’était une gâterie rare pour eux.
Les équipes dentaires du SDFC étaient très populaires auprès de nombre aux autres contingents dans le théâtre. Beaucoup se rappellent en particulier les soldats tchèques arrivant sans s’être annoncés et souvent entassés à dix ou plus à bord d’une vieille minifourgonnette grise. L’explication qu’ils donnaient toujours était que leur dentiste était à l’extérieur du camp; beaucoup d’entre eux avaient mal depuis un certain temps et ils attendaient qu’il parte pour consulter l’équipe dentaire canadienne, laquelle présentait un attrait important : les dentistes canadiens utilisaient un anesthésiant local!
Il faut souligner particulièrement qu’une technicienne dentaire du SDFC, l’Adjum Leslie Burton, a été la première canadienne à être choisie comme Sergent-major d’escadron de l’unité médicale multinationale intégrée de rôle 3 à Šipovo. Cet hôpital était commandé par un officier et son personnel était formé principalement de Britanniques et de Néerlandais, auxquels s’ajoutaient quelques autres Canadiens. Le poste était traditionnellement doté par les forces médicales néerlandaises. L’Adjum Burton était le seul membre de cette unité médicale à avoir une spécialisation dentaire.
En septembre 1998, le vol 111 de la Swissair s’est écrasé dans l’océan Atlantique, près de Peggy’s Cove (Nouvelle-Écosse). Les 229 personnes qui se trouvaient à bord ont perdu la vie. Peu après l’écrasement tragique du vol 111 de la Swissair, le coroner provincial de la Nouvelle-Écosse, qui était débordé, a demandé l’aide du SDFC. Durant les mois de septembre et octobre de 1998, un total de 54 membres du personnel dentaire ont été affectés à l’identification dentaire des victimes.
Pendant cette opération, 313 spécimens post mortem ont été traités et plus de 2 000 radiographies ont été prises. L’on a reçu d’un peu partout dans le monde 198 fiches dentaires ante mortem, lesquelles ont été converties en un format standard. À la fin de l’opération, l’on avait 149 identifications positives, dont 102 avaient été faites par l’équipe dentaire. Ultérieurement, les analyses d’ADN ont permis d’identifier les autres passagers et membres d’équipage.
Pour son travail extraordinaire pendant ces moments difficiles, l’équipe judiciaire du SDFC a reçu en mai 1999 la Mention élogieuse des Forces canadiennes à l’intention des unités.
Le 4 janvier 1998, une tempête de verglas aux proportions gigantesques a commencé dans la partie est du centre du Canada. Après environ 80 heures de pluie verglaçante en alternance avec de la bruine, près du double de la moyenne annuelle normale, les précipitations ont cessé le 8 janvier, et le mercure a baissé considérablement. Le poids de la glace a fait tomber des millions d’arbres, les toits de gros édifices comme les fermes et les arénas, 120 000 km de lignes de tension ainsi que des fils téléphoniques, 130 grandes tours de transmission et environ 30 000 poteaux électriques en bois. Plus d’un million de foyers (soit 4 millions de personnes) ont été privés d’électricité, ce qui signifiait l’absence de lumière, de chauffage central, d’eau courante, de réfrigération et de repas chauds. Vingt-cinq personnes sont mortes, pour la plupart d’hypothermie.
En raison de la chute des arbres, des lignes de tensions rompues et des rivières de glace qui bloquaient les routes, les véhicules d’urgence avaient du mal à se déplacer. Les provinces du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et du Québec ont demandé l’aide des Forces canadiennes et l’Op Recuperation a été enclenchée le 8 janvier. C’était le plus gros déploiement de troupes en sol canadien par suite d’une catastrophe naturelle, et le plus important déploiement de militaires canadiens depuis la guerre de Corée.
Des membres des FC venant de partout au Canada sont venus aider les employés provinciaux et municipaux à dégager les routes, à sauver les gens et les animaux prisonniers des débris de la tempête, à évacuer les malades, à héberger et à nourrir environ 100 000 personnes qui ne pouvaient pas rester chez elles en raison du froid, et à veiller à ce que les fermiers aient des génératrices et du carburant pour maintenir leur exploitation en activité. Les ingénieurs et techniciens militaires ont travaillé 24 heures sur 24 avec les équipes des compagnies d’électricité et de téléphone afin de réparer et remplacer les tours de transmission et les poteaux électriques qui étaient tombés.
Au plus fort de la crise, 15 784 militaires de l’Armée de terre, de la Marine et de la Force aérienne, dont 3 740 réservistes, ont été déployés dans le cadre de l’Op Recuperation. Les trois pelotons dentaires de campagne ont été dépêchés dans la région touchée afin de prodiguer des soins aux nombreux militaires qui s’affairaient à rétablir les services. Les traitements se donnaient dans les cliniques dentaires mobiles jusqu'à ce que les cliniques dentaires des bases puissent rouvrir.
La première force opérationnelle canadienne dépêchée au Timor-Oriental en 2000 comptait quelque 250 marins du navire ravitailleur NCSM PROTECTEUR de la Marine canadienne, un groupe-compagnie de 250 soldats d’infanterie légère issus en grande partie du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment, et environ 100 membres du personnel de la Force aérienne ainsi que deux aéronefs de transport Hercules CC130 de la 8e Escadre Trenton (Ontario).
En octobre 2000, le Canada a enclenché l’opération Apollo, sa contribution à l’opération dirigée par les États-Unis contre des éléments terroristes en Afghanistan. La campagne mettait à contribution les forces maritimes, terrestres et aériennes. La contribution navale du Canada comprenait les NCSM HALIFAX, CHARLOTTETOWN, VANCOUVER, TORONTO, PRESERVER et IROQUOIS, qui participaient aux activités de surveillance et d’interdiction maritimes afin d’empêcher des membres d’Al-Qaïda de quitter la région de la mer d’Oman et de protéger l’Amphibious Readiness Group des Forces navales des États-Unis. En tout, on pouvait compter entre trois et cinq navires canadiens en service. Des équipes dentaires ont été déployées avec les NCSM PRESERVER et PROTECTEUR.
En 2002, par suite de la campagne contre le terrorisme, le Canada a lancé une mission terrestre, appelée opération Apollo, dans la région de Kandahar, au sud de l’Afghanistan. Au total, 600 soldats canadiens ont été déployés. Une équipe dentaire a été dépêchée avec le 1er Hôpital de campagne du Canada afin de prodiguer des soins dentaires d’urgence aux membres des FC.
Le rude climat et les températures extrêmes (habituellement autour des 40 degrés Celsius), les conditions sèches et poussiéreuses et les vents forts fréquents ont posé tout un défi. Durant cette rotation de six mois, l’équipe dentaire a été appelée à assumer ses fonctions secondaires, soit d’assister les équipes médicales à prendre en charge les pertes massives et l’identification dentaire judiciaire lorsqu’un incident de tir ami a coûté la vie à quatre personnes et en a blessé huit autres.
Un an plus tard, le Canada affectait de nouveau des troupes en Afghanistan. L'Op Athena était la contribution du Canada à la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN et basée dans la capitale afghane, Kaboul. Deux mille soldats canadiens, dont une équipe dentaire, se sont déployés vers Kaboul en août 2003. Comme l’équipement dentaire n’est arrivé que plus tard, l’équipe dentaire a participé à la construction du nouveau camp baptisé Camp Julien.
Durant cette opération, l’équipe dentaire a visité un établissement dentaire local, la clinique Phagman et elle a constaté qu’elle n’avait aucun dispositif de stérilisation et qu’une quantité très limitée de fournitures dentaires consomptibles. L’unique source de lumière était une seule ampoule pendant du plafond. L’équipe a sollicité des dons d’équipement et de fournitures dentaires du Canada et elle a commencé la distribution à cette clinique qui en avait grand besoin. Le SDFC a pu dégager du matériel en surplus de ses nombreuses cliniques et faire un don important. D’autres équipes dentaires ont apporté d’autres contributions à ce projet caritatif.
Lors de la Rotation 2, le contingent canadien a été réduit, passant de 2 000 à 600 militaires. Le camp est devenu multinational, hébergeant des troupes américaines, belges, hongroises, slovènes et même quelques soldats norvégiens. L’équipe dentaire du SDFC était à la fois bienvenue et attendue. Tout au long de la mission, l’équipe a soigné des patients de toutes les nations présentes au camp, des employés civils (canadiens, népalais, indiens), des interprètes afghans, des civils des ambassades du Canada, de Grande-Bretagne et des États-Unis, et même des soldats britanniques arrivés par avion de Mazar-e-Charif pour recevoir des traitements.
À la fin de 2005, le contingent canadien est déménagé à Kandahar et est devenu responsable de l’hôpital multinational, en compagnie des forces britanniques et néerlandaises. Les membres de l’équipe dentaire au sol ont constaté que leur bassin de patients était passé de 600 à des milliers, et ils ont passé de longues heures à prodiguer les soins d’urgence les plus élémentaires jusqu’à ce que d’autres ressources arrivent. Il y avait trois équipes dentaires sur place : un chirurgien buccal et maxillo-facial ainsi qu'un dentiste généraliste du SDFC et un du Royal Army Dental Corps, accompagnés de leurs techniciens dentaires. Des techniciens dentaires ont également été affectés à Kandahar afin de travailler au sein du département administratif des patients. Ils étaient chargés de la coordination des mouvements de patients au sein du théâtre et des évacuations sanitaires vers l’hôpital militaire américain à Landstuhl, en Allemagne, et ils agissaient même à titre de chefs d’équipage d’une ambulance Bison.
En vue du transfert éventuel des responsabilités des forces militaires étrangères à l’Armée nationale afghane (ANA) et au Corps aérien de l’ANA, les dentistes militaires et les techniciens dentaires canadiens de l’Hôpital de rôle 3 ont commencé à encadrer les dentistes de l’Hôpital militaire régional de Kandahar, un projet qui a rapidement nécessité la participation du personnel du service dentaire des autres pays également. Ils ont d'abord mis l'accent sur l'importance des techniques de prévention des infections puis sur la gestion des patients. Ils ont même passé en revue les divers produits dentaires contenus dans l'entrepôt régional de fournitures médicales afin d'expliquer comment utiliser certains outils, équipements et produits. Les membres de l'équipe dentaire ont établi de solides relations avec les dentistes de l'ANA et du Corps aérien de l'ANA et ils ont contribué à la réputation des FC en matière de mentorat et de collaboration qui sera la marque de la réussite du programme de mentorat dentaire.
L’Op Peregrine est la réponse militaire à une demande d’aide émise par le gouvernement de la Colombie-Britannique en août 2003. Au plus fort de la crise, quelque 800 feux faisaient rage en C.-B. et des dizaines de milliers de gens ont reçu l’ordre d’évacuer leur maison. Éventuellement, plus de 2 200 membres des FC ont combattu cinq des pires incendies sur une période de 45 jours.
Le peloton dentaire de la 2e Ambulance de campagne a été déployé dans le cadre de l'Op Peregrine afin de fournir des soins dentaires d'urgence au personnel des FC qui se trouvait sur les lieux. De nombreux réservistes présents, qui avaient été affectés à très court préavis sans avoir bénéficié d'un examen ou d'un traitement dentaire, étaient contents de pouvoir avoir accès à des services dentaires dans leur camp.
De juin à août 2004, les FC ont déployé environ 500 militaires et 6 hélicoptères Griffon CH146 en Haïti, dans le cadre de l’Op Halo, et ce, dans le but d’aider la force multinationale sanctionnée par les Nations Unies à apporter la stabilité au pays. Une équipe dentaire a été déployée en Haïti avec l’Op Halo afin de prodiguer des soins aux membres des FC ainsi qu’aux membres de la GRC et aux employés civils canadiens. Le détachement travaillait sous des tentes dans l’installation de l’équipe de chirurgie avancée. D’importantes pluies torrentielles ont inondé les tentes à plusieurs reprises, mais l’équipement n’a subi aucun dommage et la mission a pu se poursuivre sans interruption.
La US Navy effectue depuis bon nombre d’années des exercices d’aide civile humanitaire, ce qui comprend la prestation de services médicaux et dentaires, aux personnes vivant dans des régions où les services sont déficients dans le Pacifique Sud, les Caraïbes et le bassin sud-américain. Le personnel des SDFC participe à ces missions depuis 2006. En effet, plusieurs équipes dentaires sont affectées à bord des navires américains, ce qui leur donne l’occasion de travailler avec nos alliés américains et de fournir des soins dentaires humanitaires. S’ils sont appelés à aller dans des pays francophones, le personnel bilingue du SDFC devient une ressource précieuse et est souvent appelé à aider l’équipe de commandement à communiquer avec les autorités locales.
En 2008, Santé Canada et Statistique Canada ont effectué une enquête sur la santé de la population canadienne. Pour la première fois, la santé dentaire figurait dans l’enquête. La 1re Unité dentaire a affecté 14 dentistes militaires, un total d’environ 1000 jours-personnes sur une période de deux ans, pour agir à titre d’enquêteurs agréés à l’appui de cette initiative importante.
En 2009, l’Association dentaire canadienne (ADC) a présenté un Prix de la promotion de la santé bucco-dentaire de l’ADC au SDFC pour cette initiative. Quand il a remis ce prix, le Dr Don Friedlander, président de l’ADC, a déclaré : « Ce prix est remis au SDFC pour sa contribution exceptionnelle à la planification de l’élément de la santé bucco-dentaire de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) dirigée par Statistique Canada. Il est également remis pour l’exécution d’examens bucco-dentaires cliniques de 2007 à 2009 dans le cadre de l’ECMS. L’équipe du SDFC composée de 14 dentistes a effectué des examens bucco-dentaires cliniques sur 15 sites auprès de plus de 6 000 Canadiens. Au total, ils ont contribué à plus de 1000 jours-personnes dans le cadre de ce projet. De plus, le SDFC est membre du Comité directeur sur la santé bucco-dentaire qui donne des conseils sur tous les aspects du module de santé bucco-dentaire de cette enquête. »
« L’élément de la santé bucco-dentaire de l’ECMS est la première enquête nationale sur le sujet au Canada visant à recueillir des données cliniques selon des méthodes épidémiologiques reconnues à l’échelle internationale. Cette enquête nationale constitue un élément essentiel de l’amélioration de la santé bucco-dentaire des Canadiens, et les résultats sont très attendus dans la communauté de la dentisterie. »
Durant l’opération nationale Podium, les FC ont fourni des capacités militaires uniques à l’appui du Groupe intégré de la sécurité dirigé par la GRC dans le cadre des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à Vancouver, en C.-B., du 12 au 28 février 2010. Environ 4 500 membres des FC de la Force régulière et de la Réserve ont été affectés à cette opération afin d’aider la GRC à faire des Jeux un événement sécuritaire et agréable. Le SDFC a déployé une équipe dentaire sur le site des Jeux olympiques à Whistler, en C.-B., pendant 7 semaines afin de fournir des services dentaires d’urgence à cette force opérationnelle.
Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude de 7 a été ressenti près d’Haïti. Cette catastrophe a fait plus de 220 000 victimes, a causé des blessures ou des invalidités permanentes chez plusieurs milliers de personnes et a jeté plus de 1,5 million d’Haïtiens à la rue.
Le Canada a une relation spéciale avec Haïti, plus particulièrement le Canada français. La diaspora haïtienne au Canada est d’environ 100 000 personnes. De ceux-ci, 90 p. 100 habitent à Montréal. Notre ancienne gouverneure générale Michaëlle Jean est née en Haïti et a effectué une visite de son pays natal durant le déploiement des FC à cet endroit. Les deux langues principales en Haïti sont le français et le créole. Le personnel militaire canadien peut donc interagir directement avec la population locale. Le Canada y a déjà déployé des forces militaires à de nombreuses reprises dans le passé.
La participation du Canada comprenait le déploiement de l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) composée de personnel médical et de sapeurs, du destroyer NCSM ATHABASKAN et de la frégate NCSM HALIFAX, d’un groupement tactique du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR), de 6 hélicoptères Griffon et d’un hôpital de campagne de 100 lits.
Quand le séisme est survenu, les Services de santé des Forces canadiennes étaient déjà surchargés. Le Canada était toujours le pays dirigeant l’Hôpital multinational de rôle 3 à Kandahar, et le personnel de remplacement pour la prochaine rotation s’entraînait en Californie. Le personnel médical était affecté dans le cadre de l’Op Podium à l’appui des Jeux olympiques de 2010, en C.-B. En plus d’être affecté à l’équipe dentaire au sein du 1er Hôpital de campagne du Canada, le SDFC devait également assumer des rôles médicaux traditionnels comme opérer la salle de stérilisation centrale et agir à titre de commis-chef du médecin de la Force opérationnelle.
À la suite du séisme, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) a déclenché une mission d’identification des victimes de la catastrophe (IVC) afin d’identifier les restes humains de citoyens canadiens pour que ceux-ci puissent être rapatriés. En raison de limitations relatives au transport et au logement, chaque équipe d’IVC était réduite à 6 membres. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a affecté 4 officiers ayant de l’expérience d’identification et a fait des arrangements afin qu’un policier d’une force provinciale ou municipale ainsi qu’un dentiste légiste se joignent à l’équipe. La GRC et le MAECI ont officiellement demandé un dentiste légiste du SDFC par la suite. Le Major Les Campbell, le Major Ellen Sim et le Major Tim Pohlman ont servi à tour de rôle à titre de dentistes légistes au sein de l’équipe d’IVC pendant des rotations de deux semaines.
Dans un pays où l’infrastructure a été détruite, où l’eau potable est disponible en petite quantité et où les températures quotidiennes atteignent 50 degrés Celsius, l’équipe devait construire et mettre sur pied une morgue (en utilisant des tentes sectionnées ou modulaires fournies par les FC). L’endroit assigné était situé à la fin d’une piste où le bruit et l’échappement des moteurs d’aéronef venaient s’ajouter aux difficultés déjà présentes. Le point positif de cet endroit était qu’il était sécurisé par les FC et que l’équipe d’IVC avait accès aux ressources des FC tous les jours.
Les tâches quotidiennes consistaient à se déplacer de la maison fournie par l’ambassade jusqu’à l’ambassade du Canada, à se préparer pour la journée, à aller à la morgue de l’aéroport, à mener une autopsie dans des conditions très déplaisantes, à retourner à l’ambassade pour rédiger et déposer des rapports, puis à retourner à la maison. Même si la distance était relativement courte, la durée du déplacement ne l’était pas vraiment en raison de la condition des routes et de la destruction de la ville. Le sommeil était interrompu par des répliques sismiques dont certaines étaient très fortes.
Peu après le début de la mission d’IVC en Haïti, l’absence de fiches dentaires ante mortem est vite devenue un problème. La GRC ne possédait aucun professionnel des soins dentaires parmi son personnel et envoyait les fiches dentaires de dentistes canadiens directement en Haïti. Non seulement les fiches ante mortem ont donné beaucoup de travail supplémentaire aux dentistes militaires en mission, mais les dossiers fournis n’étaient pas toujours adéquats. La solution a été de créer une section dentaire ante mortem au Détachement Saint-Jean de la 1re Unité dentaire (Dét St-Jean 1 UD).
Le commandant de détachement, le Major Jacques Girard, avait déjà suivi une formation médico-légale et était encore en attente pour un déploiement éventuel avec l’équipe d’IVC. Le Major Richard Groves s’est déplacé à Saint-Jean pour donner un atelier au reste des dentistes militaires du détachement (les capitaines Corey Felix, Patrick Dorion et Benoit Charrette) et aider à démarrer les opérations de la section. La GRC a donc envoyé toutes les fiches dentaires ante mortem au Dét St-Jean 1 UD où les documents étaient traités, copiés par voie électronique et renvoyés à la GRC afin que ces fiches soient envoyées en Haïti. Si le personnel recevait des fiches dentaires incomplètes, la GRC pouvait en être informée immédiatement au lieu de le savoir des jours plus tard apres leur arrivée en Haïti.
Tout ce dur travail du personnel du SDFC réalisé grâce à l’aide immense du personnel du Directeur – Opérations (Services de santé) a fait en sorte que le SDFC est maintenant reconnu comme un organisme fédéral pouvant offrir un soutien en odontologie médico-légale. Nous disposons de l'équipement nécessaire et d'un personnel qualifié, ce qui nous permet d'obtenir de bons résultats même dans des circonstances difficiles. Cela augmentera considérablement les chances que le SDFC soit de nouveau appelé à affecter des dentistes militaires et des techniciens dentaires lors d’une mission canadienne d’IVC.
Depuis la Deuxième Guerre mondiale, le personnel dentaire des FC s’est déployé au sein de toutes les grandes forces expéditionnaires du Canada, de la Corée en 1950 à l’Afghanistan de nos jours. Nos compétences de dispensateurs de soins de santé et notre formation paramédicale auxiliaire font de nous des partenaires idéaux, tout comme nos collègues de la Branche des services de santé, dans la prestation de services de santé intégrés, en tout temps et en tout lieu.
L’Association du corps dentaire royal canadien (ACDRC) a été fondée en 1948, à titre d’association dentaire de la Défense. Elle est membre de la Conférence des associations de la défense, qui conseille le gouvernement par l’entremise du ministère de la Défense nationale pour les questions concernant les FC. Actuellement, son rôle principal consiste à servir de lien entre les membres à la retraite des CDRC/SDFC et les éléments actifs de la Branche du service dentaire.
Initialement, seuls les anciens officiers du CDRC ayant fait l’expérience de la guerre pouvaient en être membres, mais maintenant les anciens membres et les membres du CDRC ou du SDFC en service actif peuvent aussi en faire partie (officiers, militaires du rang ou civils). L’ACDRC dispose de ressources limitées, mais elle appuie les activités de la Branche des services dentaires, particulièrement en ce qui a trait à la préservation du patrimoine de la Branche.
L’on a pris des dispositions pour que chaque corps ait une école pour y former son personnel. L’école du CDRC, située à Ottawa, a commencé à donner de la formation en août 1947. L’école est restée à Ottawa jusqu’en 1957 où elle a déménagé à Borden, à une courte distance au nord de Toronto (Ontario). Le ministre de la Défense nationale a officiellement ouvert la nouvelle école le 13 juin 1958. L’école du CDRC a été rebaptisée École du Service dentaire des Forces canadiennes (ESDFC) en 1969, par suite de l’intégration des FC, et elle est encore très active. En 2003, l’ESDFC et l’École du Service de médical des FC (ESMFC) ont été fusionnées pour former l’École des Services de santé des Forces canadiennes (ESSFC). Le premier Commandant de l’école mixte était un dentiste militaire au grade de lieutenant-colonel. Les fonctions de commandant et d’adjuc de l’école sont assumées à tour de rôle par un membre de la Branche du service dentaire et de la Branche des services médicaux.
À un moment donné, tous les auxiliaires dentaires (hygiénistes, assistants, techniciens de laboratoire, techniciens en réparation d’équipement) ont reçu leur formation technique à l’ESSFC; seuls les dentistes devaient être formés par une université civile. Maintenant, toute la formation technique est donnée par un collège ou une université accrédités, tandis que l’ESSFC enseigne au personnel formé comment s’acquitter de ses tâches professionnelles dans le contexte militaire, en plus d’offrir au personnel dentaire militaire de la formation continue en dentisterie et des cours de perfectionnement des compétences cliniques.
Tous les membres du Service dentaire ont été membres du personnel ou stagiaire à l’école. Il est donc pertinent que l’école de Borden soit devenue la « maison mère » de la Branche du service dentaire.4 Le musée de l’école possède beaucoup d’artéfacts d’importance historique pour les services dentaires.
Chargés de la construction de toutes les prothèses dentaires (couronnes, ponts, dentiers), les techniciens de laboratoire dentaire sont un élément essentiel du Service dentaire depuis sa création en 1915. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les mécaniciens-dentistes du CDAC étaient basés en Angleterre où ils étaient chargés de la construction d’un grand nombre de prothèses complexes. En 1916, une école d’instruction militaire a été créée à Ottawa afin de former des mécaniciens dentaires étant donné qu’il n’y avait plus de civils formés à recruter.
Quand le CDC a été créé en 1939, chaque technicien de laboratoire dentaire était chargé de fournir des services de laboratoire aux deux détachements dentaires qui étaient composés d’un dentiste militaire, d’un assistant dentaire et d’un conducteur pour la clinique dentaire mobile.
Après la guerre, les grandes cliniques possédaient des laboratoires dentaires complets qui pouvaient également offrir des services de laboratoire à toutes les petites cliniques de la région. En 1958, toute l’instruction dentaire, y compris le laboratoire, a intégré l’ÉSDFC à Borden, en Ontario.
Le premier adjuc de la Branche du service dentaire, nommé en 1992, a été un technicien de laboratoire dentaire, l’adjutant-chef (adjuc) Mark Arbour.
Le groupe professionnel Laboratoire dentaire a été dissous en 1995 quand tous les services de laboratoire dentaires ont été donnés en sous-traitance aux fournisseurs locaux. La plupart des « rats de laboratoire » comme ils aiment si bien se faire appeler ont continué d’exercer leur profession en tant que civils. Beaucoup d’entre eux ont ouvert leurs propres laboratoires ou ont enseigné dans un institut professionnel. La plupart d’entre eux sont maintenant à la retraite, mais forment un élément actif de l’ACDRC.
Les hygiénistes dentaires ont été intégrés au Corps en 1956. Les deux premières hygiénistes employées étaient des femmes membres de l’Aviation royale canadienne qui avaient reçu leur formation en hygiène dentaire en Angleterre. L’une d’entre elles, le Sergent de section Pat Savage, est devenue ultérieurement la première femme adjudant de l’ARC en temps de paix. Une autre hygiéniste dentaire, June Patterson, est devenue la première femme des FC à atteindre le grade d’adjuc, le plus haut grade chez les militaires du rang.
Le premier groupe d’hygiénistes dentaires a été formé à l’école du CDRC en 1956. Les membres de ce groupe professionnel militaire étaient appelés « techniciens dentaires cliniques », étant donné que les hygiénistes civils étaient formés à l’université et avaient un diplôme d’hygiéniste dentaire autorisé (RDH) et que les stagiaires professionnels du CDRC ne satisfaisaient pas à ces exigences. Malgré la dénomination, les hygiénistes dentaires possédaient des compétences égales ou supérieures à celles de leurs collègues civils, et bon nombre ont réussi à intégrer la pratique civile par la suite.
Les techniciens dentaires actuellement sélectionnés pour devenir des hygiénistes dentaires sont actuellement détachés dans un collège communautaire civil pendant deux ans afin de suivre une formation.
Les hygiénistes dentaires ont joué un rôle essentiel dans le succès du Programme de soins dentaires préventifs instauré en 1969, le précurseur du Programme de soins dentaires des Forces canadiennes (PSDFC).
En 1963, le Colonel C.E. Purdy, qui était alors commandant de l’école du CDRC, a suggéré que l’on tienne un tournoi de curling à l’échelle du corps. Avec l’approbation du DGSD, le premier bonspiel du CDRC a eu lieu en mars 1963 et 12 quatuors (équipes) y ont participé. Non seulement l’événement a-t-il connu un succès énorme au point de devenir un événement annuel, mais, si l’on tient compte du nombre de curleurs ainsi que des membres du personnel et des stagiaires de l’école présents qui ne jouaient pas au curling, de fut le plus gros rassemblement du personnel du CDRC après la guerre4. Le tournoi de curling constitue maintenant une composante importante de la réunion annuelle du groupe de travail hivernal du SDFC. Par suite de la réussite du tournoi de curling, l’école du CDRC a également tenu un tournoi de golf en septembre 1963, et 47 golfeurs y ont pris part4. Cet événement également couronné de succès se poursuit encore aujourd’hui, et l’ACDRC en est l’hôte chaque automne.
Le Brigadier-général (à la retraite) W.R. Thompson, CMM, OSJ, CD, QHDS, a fait don au SDFC d'un trophée qui est présenté au militaire ou au groupe qui a fait la contribution la plus importante à la fonction opérationnelle terrestre, maritime ou aérienne du SDFC au cours de la dernière année civile ou au cours des dernières années. Ce prix reconnaît les réalisations à l'entraînement, lors d'opérations, dans le cadre du développement de la doctrine ou de tout autre aspect de la fonction opérationnelle du SDFC. Beaucoup d'heureux lauréats ont reçu le trophée, qui est présenté tous les ans lors du dîner régimentaire du groupe de travail hivernal, des mains mêmes du Brigadier-général (à la retraite) Thompson, un homme distingué qui a servi comme Directeur général – Services dentaires, colonel commandant de la Branche des services dentaires et président de l’Association dentaire canadienne.
Au cours de la première conférence DSGD/Adjudant-chef qui s'est tenue à Ottawa le 3 mai 1983, l'on a suggéré que l'on nomme un adjuc du SDFC et que celui-ci soit en poste à l'état-major de la division du Service dentaire. En juillet 1992, le Directeur général – Service dentaire a nommé l’Adjuc Arbour comme premier adjuc de la Branche du SDFC. L'Adjuc Arbour était affecté à la BFC Halifax, où il assumait également les fonctions de technicien de laboratoire dentaire principal du SDFC. Les deux adjuc de la Branche qui ont suivi étaient affectés à l'ESDFC à Borden, en Ontario, et assumaient aussi les fonctions d'adjuc de l'école.
Lorsque le SDFC a réduit ses effectifs en 1996, un seul poste d’adjuc a été conservé. Le Directeur – Service dentaire a reconnu qu’il serait mieux que le titulaire du poste soit basé à Ottawa. L’Adjuc David Lamb a été affecté à Ottawa en juillet 1997 et l’Adjuc de la Branche du SDFC est devenu un poste de l’effectif. En 2003, un second poste d’adjuc a été créé pour assumer les fonctions d’adjuc de la 1re Unité dentaire.
L’Association dentaire canadienne est l’organisme national représentant les dentistes au Canada. L'ADC travaille en étroite collaboration avec toutes les associations dentaires provinciales et le gouvernement fédéral canadien afin de promouvoir la santé buccale et la profession dentaire. L’ADC est aussi une association membre de la Fédération dentaire internationale (FDI), l’organisme mondial équivalent. La Branche du service dentaire et l’ADC sont des partenaires à long terme : les recommandations de l’ADC au gouvernement en place sont à l’origine de la formation du CDAC et du CDC, et l’ADC a procédé à la nomination de tous les officiers supérieurs du CDC à l’époque. En 1982, le Brigadier-général (à la retraite) W.R. Thompson a été élu président de l’ADC. Fait à souligner, sur les 26 membres votants de l'ADC se trouve un poste permanent réservé au Directeur – Service dentaire, ce qui confère au SDFC un statut équivalent à celui des sociétés dentaires provinciales.
Les 13 organismes de réglementation dentaire (ORD) provinciaux ou territoriaux (c. à d. des organismes de réglementation professionnelle) constituant le FCORD se rencontrent régulièrement pour discuter des questions concernant la réglementation de la dentisterie au Canada. À titre de 14e autorité réglementaire de facto, le SDFC fait partie de la FCORD.
Lors de l'assemblée générale annuelle 2005 de l'Association canadienne des assistants dentaires, l'on a voté à l'unanimité en vue que soit accordé au SDFC le statut d'association membre de l'ACAD. Ce vote marquait les débuts officiels d’un partenariat stratégique parallèle et complémentaire au partenariat durable, que les dentistes militaires du SDFC avaient avec l’ADC. Pour marquer cette association officielle, l'ACAD a sollicité les fabricants de l’industrie dentaire afin d’obtenir des dons en vue de préparer 2 000 trousses de santé bucco-dentaire à l'intention des soldats canadiens en Afghanistan, trousses qui ont été livrées pendant la Semaine de reconnaissance des aides dentaires de 2006.
L'Association dentaire canadienne constitue l'organisme national représentant les dentistes au Canada. L’ACHD travaille en étroite collaboration avec toutes les associations provinciales d’hygiénistes dentaires et le gouvernement fédéral afin de promouvoir la santé bucco-dentaire et la profession dentaire. Elle représente un partenaire stratégique essentiel du SDFC.
L’hygiéniste dentaire principal du SDFC est un membre permanent sans droit de vote au Conseil des gouverneurs de l’ACHD.
En août 2005, l’ADC et l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ) ont été les hôtes du Congrès dentaire mondial 2005 de la FDI qui s’est tenu à Montréal (Québec). Traditionnellement, la Section des services dentaires des forces de défense (SSDFD), qui est l’élément militaire de la FDI, tient un congrès réunissant les professionnels dentaires militaires immédiatement avant le Congrès dentaire mondial. Ainsi, le SDFC a été l’hôte du Congrès dentaire militaire mondial à Montréal en août 2005. Cet événement consistait en un programme réparti sur trois jours, dont deux consacrés aux exposés scientifiques, deux réunions de la direction internationale de la SSDFD, ainsi qu’une journée à caractère social soulignant le patrimoine et la culture militaires du Canada.
Le thème du Congrès dentaire militaire mondial 2005 était « L’évolution de la dentisterie militaire ». Soixante délégués de 21 pays, dont bon nombre étaient les chefs de leur corps dentaire respectif, et 30 dentistes militaires du SDFC étaient présents. Les séances scientifiques comprenaient 22 exposés de délégués représentant 12 pays, dont 4 présentateurs canadiens.
Le colonel commandant de la Branche du service dentaire est un titre honorifique accordé par le ministre de la Défense nationale, sur recommandation du Directeur – Service dentaire, à un éminent ancien officier. Titulaire d’un poste protocolaire, le colonel commandant agit à titre d’ambassadeur de la Branche des services dentaires et assiste fréquemment à des événements et à des cérémonies de la Branche afin de favoriser l’esprit de corps; il porte l’uniforme d’un colonel de la Branche du service dentaire.
Le premier colonel commandant, le Brigadier Frank Lott, a été nommé en 1947. Le Brigadier-général (retraite) Victor Lanctis, MB, CD, un dentiste militaire à la retraite qui avait déjà servi en tant que Directeur général – Services dentaires est le colonel commandant actuel de la Branche des services dentaires.
Pièce commémorative de la Branche
En 2005, le SDFC a organisé un concours afin de concevoir une pièce commémorative de la Branche qui pourrait être achetée par les membres du SDFC comme un souvenir de leur service ou remise aux personnes à l'extérieur de la Branche comme un symbole de remerciement. Le concept gagnant a été celui de l’Adjudant-maître Mike Wilson qui comprend l’insigne dentaire à l’avant et une clinique dentaire mobile au verso.
Son Altesse Royale la duchesse de Gloucester, GCVO, est nommée premier Colonel en chef du SDFC en janvier 2006, à la suite d'une annonce du secrétaire particulier de la reine. Bien que la duchesse de Gloucester soit patronne de nombreuses organisations, dont bon nombre sont liées aux domaines de la médecine, de l'éducation et de l'aide sociale, il s'agit de sa première affiliation avec les FC.
La duchesse de Gloucester détient plusieurs nominations honoraires militaires : Colonel en chef du Royal Army Dental Corps, Colonel en chef adjoint de l'Adjutant General's Corps, vice-patronne de l'Adjutant General's Corps Regimental Association, patronne de la Royal Army Educational Corps Association et patronne de l'Army Families Federation. De plus, elle est le Colonel en chef du Royal Australian Army Educational Corps et du Royal New Zealand Army Educational Corps. Elle est commandant en chef de la Brigade de l'Ambulance Saint-Jean du Pays de Galles, patronne de l'Hospitallers' Club of Wales, membre honoraire de l'All England Lawn Tennis and Croquet Club Wimbledon, membre titulaire honoraire du Royal College of Obstetricians and Gynaecologists et membre du Queen Mary and Westfield College (University of London).
La duchesse de Gloucester, née Birgitte Eva van Deurs, est venue au monde le 20 juin 1946, à Odense, au Danemark. Birgitte van Deurs étudie dans les écoles d'Odense, puis dans les écoles de maintien à Lausanne, en Suisse et à Cambridge. Subséquemment, elle suit un cours d'études supérieures (diplôme) de trois ans en sciences commerciales et économiques à Copenhague, au Danemark, puis, en 1971, elle retourne travailler à l'ambassade royale du Danemark à Londres. En février 1972, on annonce les fiançailles de Birgitte van Deurs au Prince Richard de Gloucester. Le mariage a lieu le 8 juillet 1972 à l'église St Andrew's, à Barnwell, au Northamptonshire.
En 2006, le Colonel commandant William McInnis, le Directeur – Service dentaire Colonel Scott Becker et l’Adjuc de la Branche du service dentaire Leslie Burton ont effectué la première visite officielle du SDFC chez le Colonel en chef au Palais Kensington.
En 2005, nous avons présenté un dossier médical et dentaire électronique combiné. En raison de difficultés avec le logiciel médical, les premiers utilisateurs pouvaient seulement l’utiliser pour les cliniques dentaires et les cliniques de vaccination même si l’horaire électronique était offert à tous les usagers. Depuis, l’élément des services dentaires a été mis à niveau au point où les notes cliniques, les plans de traitement et les consultations peuvent être effectués par voie électronique. En 2011, on a acquis de l’équipement de radiographie numérique pour toutes les cliniques dentaires des FC, ce qui permet de prendre des radiographies et de les archiver numériquement dans le dossier médical. Les nouvelles recrues des FC possèdent maintenant une fiche dentaire non disponible en format papier.
Les demandes de mission croissantes et une augmentation de la population générale des FC ont causé une dégradation de la condition dentaire et ont mené le SDFC à réexaminer le modèle de prestation des soins dentaires. En quantifiant les besoins en traitement dentaire des FC et en déterminant toutes les autres tâches militaires nécessaires, de nouveaux modèles de prestation et de nouvelles cliniques ont été créés et tous les besoins en ressources (fournisseurs de soins dentaires, personnel de soutien, infrastructure et finances) ont été déterminés. Ce plan, appelé Restauration du SDFC, a été appuyé par le Directeur général – Services de santé et, plus officiellement, par le Chef du personnel militaire grâce à la signature de la Directive de mise en œuvre stratégique en date du 17 juillet 2008 qui demande 7 nouveaux postes militaires et 183 employés civils supplémentaires, y compris la création de deux nouveaux centres de soins spécialisés.
En raison de sa nature complexe et des répercussions importantes sur la 1re Unité dentaire, la mise en œuvre de la restauration du SDFC se fait par étape. La fin de la phase 1 et la composante civile de la phase 2A ont entraîné l’ajout de 63,8 postes équivalent temps plein (ETP), principalement dans le secteur du soutien, ce qui a permis aux cliniciens de mettre davantage l’accent sur la prestation de soins aux patients. Une amélioration légère mais mesurable du niveau de la condition dentaire a été constatée peu après. La restauration demeurera une priorité importante de la Branche des soins dentaires pour les prochaines années.