La Feuille d'érable

le 22 juin 2011
vol 14, numéro 22

Donner ses ailes à la Force de sécurité du Kosovo

Sur les 6 300 militaires environ que compte la Force du Kosovo (KFOR), dirigée par l’OTAN, cinq seulement sont canadiens, mais leur travail revêt une grande importance. Les membres du personnel de la Force opérationnelle (FO) Pristina encadrent de près la Force de sécurité du Kosovo (FSK), permettant à cette dernière de réaliser son plein potentiel et illustrant le leadership dont le Canada fait preuve à l’étranger.

« Il s’agit d’une force toute récente, ayant fort peu d’expérience militaire, explique le Capitaine de frégate Stacey Wiper, qui dirige la FO Pristina. Quand on s’adresse à un général de la FSK et qu’on essaie de lui expliquer les principes de base du leadership, il est possible qu’il ne comprenne pas parce qu'il n'a pas mené de longue carrière militaire avant d'occuper son poste dans la FSK. »

Le contingent participant actuellement à l’op KOBOLD se trouve au Kosovo depuis mars. Les militaires qui en font partie encadrent le personnel de la FSK dans des domaines tels que la logistique, les systèmes de communication et d’information, l’infrastructure et les finances. Pour le Capf Wiper, le fait d’encadrer le travail de l’agent principal des finances de la FSK concorde bien avec l’une de ses propres responsabilités : la gestion du Programme des donateurs de l’OTAN.

Quand le Kosovo a déclaré son indépendance et a décidé de mettre sur pied la FSK, le pays partait de zéro. Pour soutenir la constitution de la FSK, l’OTAN a demandé à la communauté internationale de faire des dons d’argent et de matériel. « Avec l’argent, nous avons acheté un tas d’outils et de matériel pour la FSK; de tout, de A à Z, dit le Capf Wiper. Des véhicules, du matériel médical, de l’équipement de lutte contre les matières dangereuses, du matériel de neutralisation d’explosifs et de munitions, tout ce qu’il fallait pour que la force puisse démarrer. »

Or, la FO Pristina ne fournira pas à la FSK d’armes lourdes comme des chars d’assaut, de l’artillerie lourde ou les moyens de mener des attaques aériennes. La FSK est censée être légèrement armée et chargée des tâches de sécurité qui débordent le cadre de celles de la police nationale, telles que les mesures d’intervention en cas d’urgence, les opérations de recherche et de sauvetage, la neutralisation d’explosifs et de munitions, la gestion des matières dangereuses, la lutte contre les incendies et la protection civile.

La FSK a commencé à recruter au Kosovo et dans toutes les collectivités minoritaires en janvier 2009; l’entraînement, quant à lui, a débuté en février. Depuis l’arrivée de ce contingent de la FO Pristina, les militaires des FC ont dirigé deux grands exercices avec la FSK et en tiendront plusieurs autres dans les mois à venir. Les activités de ce genre contribuent directement au maintien de la paix et de la sécurité dans cette région, autrefois instable.

« Notre but principal est de les amener à être parfaitement capables de mener des opérations, explique le Capf Wiper. Il y a eu une nette amélioration depuis notre arrivée; nous espérons que dans un ou deux ans ils seront en mesure de veiller eux-mêmes à la sécurité du pays. »

Entre-temps, c’est la KFOR qui se charge d’assurer la sécurité, agissant comme force dissuasive en vue de permettre à tous les citoyens de vivre dans un milieu de vie sûr et de se déplacer librement. « Le simple fait d’être ici, ce que nous faisons et la manière dont nous travaillons, a pour but d’éviter d’autres luttes et tensions ethniques », ajoute le Capf Wiper.