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Documentation

Stress opérationnel

BG–08.003 - le 19 février 2009

La grande majorité des militaires des Forces canadiennes (FC), environ 87 pour cent, n’ont pas de problème de santé mentale lorsqu’ils reviennent d’une mission. Certains militaires, toutefois,  ressentent des symptômes de stress opérationnel.

Les déploiements à l’étranger exposent les militaires des FC à des événements qui peuvent causer des dommages psychologiques. De nos jours, les différents types de stress opérationnel sont le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et le traumatisme lié au stress opérationnel (TSO).

La préoccupation des Services de santé des Forces canadiennes pour les militaires des FC qui souffrent de stress opérationnel comporte deux volets : compréhension du problème aussi bonne que le permettent la recherche et la pratique en matière de soins de santé mentale, et prestation des meilleurs soins médicaux possible en vue d’une guérison complète.

Les FC ont un système de santé mental beaucoup plus vigoureux que jamais, conçu pour assurer que les membres atteints du SSPT/TSO reçoivent des soins de qualité supérieure lorsqu’ils sont prêts.

SSPT

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) est un trouble anxieux. La phobie, le trouble panique et le trouble obsessionnel compulsif sont aussi des troubles anxieux.


Le SSPT n’atteint pas uniquement les militaires. C’est un phénomène qui marque les gens sans égard à leur profession ou à leur milieu de travail. Le SSPT découle d’une expérience au cours de laquelle une personne a reçu des menaces de dommages corporels graves ou de mort, a été témoin de dommages corporels graves ou d’un décès, ou a subi des dommages corporels graves. Cela inclut les dommages corporels graves subis par un ami ou un collègue ou le décès de ce dernier, la vue ou la manipulation de cadavres, l’exposition à une maladie potentiellement contagieuse ou à un agent toxique ainsi que la vue d’actes de dégradation humaine (p. ex. agression sexuelle).

Le SSPT est un trouble complexe comportant un large éventail de symptômes :

  • panique ou anxiété (transpiration, accélération de la fréquence cardiaque, tension musculaire)
  • sautes d’humeur, irritabilité, tristesse, colère, sentiment de culpabilité, désespoir et dépression
  • repli sur soi ou difficulté à exprimer ses émotions; perte d’intérêt pour des activités qu’on trouvait auparavant agréables; perte d’intimité
  • préoccupations liées à l’expérience traumatisante se présentant sous la forme de rêves à l’état de veille, de cauchemars et de flashbacks
  • problèmes de concentration, désorientation et trous de mémoire
  • sommeil perturbé ou vigilance excessive (parfois appelée hypervigilance)
  • comportement excentrique (tentative d’éviter ce qui rappelle l’expérience traumatisante)
  • consommation excessive d’alcool ou de drogues.

L’Association canadienne pour la santé mentale estime qu’une personne sur dix souffre d’un trouble anxieux. Chez de nombreux militaires des FC atteints du SSPT, le syndrome s’est manifesté à la suite d’une expérience traumatisante non militaire comme un accident, une agression ou une catastrophe naturelle.

Cependant, ce que vivent les militaires des FC atteints du SSPT est influencé par des facteurs qui ne s’appliquent pas nécessairement hors du cadre des opérations militaires, comme l’éloignement de son domicile et de ses proches, la présence de populations et de climats inconnus ou hostiles, un niveau moyen ou élevé de stress subi pendant des périodes prolongées, et, dans bien des cas, l’incapacité de s’éloigner de la source du stress.

Le SSPT au sein des FC

En novembre 2008, quelque 8222 militaires des FC ont rempli un questionnaire post déploiement. Les résultats de ce questionnaire ont montré que, depuis leur retour d’Afghanistan trois à six mois plus tôt, 4 p. 100 des militaires ont ressenti les symptômes de SSPT et 4,2 p. 100 ont ressenti des symptômes de dépression majeure, pour un total de 5,9 p. 100 souffrant du SSPT et/ou de dépression majeure (un chevauchement dans ces nombres résulte du fait que certains militaires ont ressenti les symptômes liés aux deux troubles). Le SSPT et la dépression majeure sont étroitement associés.

Le diagnostique du SSPT est compliqué puisqu’il n’est pas rare qu’une personne souffrant du SSPT soit également atteinte d’un autre trouble anxieux ou d’un malaise physique.

Le diagnostic du SSPT requiert que la personne souffre d’une défaillance significative du fonctionnement et que cette défaillance persiste pour au moins un mois.

TSO

Le traumatisme lié au stress opérationnel (TSO) est un trouble psychologique persistant découlant des tâches opérationnelles accomplies au cours du service militaire. Le traumatisme lié au stress opérationnel comprend un plus large éventail de problèmes que le syndrome de stress post-traumatique. Il s’agit en fait d’un terme générique qui englobe le syndrome de stress post-traumatique, d’autres troubles anxieux et la dépression et qui redéfinit ces troubles comme des traumatismes, ce qui est correspond davantage à la manière de penser actuelle. Contrairement au terme « syndrome de stress post-traumatique », le « traumatisme lié au stress opérationnel » n’est pas un terme juridique ou médical; c’est un terme strictement militaire utilisé par le Canada et par l’OTAN.

PRÉVENTION

Le domaine de la prévention primaire des problèmes de santé mentale n’en est qu’à ses premiers balbutiements. On effectue des recherches approfondies et continues en vue de comprendre les causes fondamentales des troubles liés au stress et la « résilience », ou la résistance aux effets des troubles liés au stress. Ces recherches guideront l’amélioration continue des programmes de prévention des FC. Les Services de santé des Forces canadiennes ont trouvé plusieurs moyens de réduire les risques que les militaires des FC subissent des dommages psychologiques liés au service.

Des programmes sont en place pour améliorer les compétences d’auto-assistance psychologiques des militaires des FC. Ces initiatives portent sur les modes de vie sains, la gestion du stress, la maîtrise de la colère, la sensibilisation à la toxicomanie et la prévention de la violence familiale.

Il est essentiel que les militaires des FC qui participent à des opérations et à des missions stressantes bénéficient d’une bonne préparation et d’une bonne formation à cet effet, notamment une formation sur l’adaptation au stress, sur la cohésion au sein de l’unité et le soutien social ainsi qu’une séance d’information sur les effets potentiels du stress. La formation est réaliste et est conçue en vue d’améliorer la confiance à la fois en les capacités de la personne et en celles de l’équipe. 

Le personnel est soumis à un dépistage de santé mentale dans le cadre de leur évaluation physique pré-déploiement. Le personnel déployé se soumet également au dépistage psychologique de la part soit d’un aumônier ou d’un professionnel en services de santé mentale.

Les soldats canadiens qui s’apprêtent à revenir au Canada après une longue mission doivent faire un arrêt de décompression (fréquemment appelé décompression dans un tiers lieu, ou DTL) de cinq jours sur le chemin du retour. Au cours de cette DTL, chaque militaire a l’occasion de discuter en privé avec un professionnel de la santé mentale et de lui faire part de ses préoccupations. Le personnel a reçu de la formation sur le SSPT et le TSO. L’équipe de santé mentale donne aux militaires des renseignements sur leur vie familiale, professionnelle et communautaire au Canada pour rendre la réintégration moins stressante.

Conformément à la politique des FC en matière de dépistage et de réintégration, tous les militaires des FC qui reviennent d’une opération internationale de 60 jours ou plus doivent se soumettre au processus amélioré de dépistage post déploiement entre 90 et 180 jours après leur retour au Canada. Le dépistage post déploiement vise à mieux identifier les personnes qui ont des problèmes liés au déploiement, plus particulièrement des problèmes psychologiques. Les militaires des FC remplissent un questionnaire détaillé sur la santé et prennent part à une entrevue en profondeur avec un professionnel de la santé mentale. Les intervieweurs remplissent un formulaire sur lequel ils inscrivent leurs impressions cliniques et une recommandation pour des soins de suivi. De plus, les FC procèdent régulièrement à des examens médicaux périodiques de leurs membres en vue de poursuivre l’évaluation de leur santé mentale.

TRAITEMENT

Les Services de santé des Forces canadiennes, en collaboration avec des partenaires militaires et civils, cherchent des possibilités de traitement des troubles liés au stress. Actuellement, le traitement du SSPT et des TSO comporte généralement une combinaison de médication et de psychothérapie.

Les FC entretiennent de nombreux endroits consacrés au traitement du SSPT et des TSO.

Pour la plupart des militaires des FC qui ont des problèmes de santé mentale, la première personne ressource est le médecin de premier recours de l’une des cliniques des FC. Cette personne offre l’aide requise ou dirige le militaire vers la ressource la plus appropriée. En cas d’urgence, les militaires peuvent consulter un médecin pendant la visite quotidienne à la salle d’examen médical.

Des Programmes d'hygiène mentale, des services spécialisés en matière de santé mentale, sont offerts dans les plus grandes bases des FC. Certains éléments de ces programmes sont offerts dans de plus petites bases; cela dépend de la taille de la population et de la disponibilité des ressources locales. Les équipes pluridisciplinaires des Programmes d’hygiène mentale sont habituellement constituées de psychiatres, de psychologues, de travailleurs sociaux, d’infirmières en santé mentale, de conseillers en dépendance et d’aumôniers des Services de santé.

Les Centres de soutien pour trauma et stress opérationnels (CSTSO), situés un peu partout au Canada, ont un effectif à la fois militaire et civil composé de psychiatres, de psychologues, de travailleurs sociaux, d’infirmières en santé mentale et d’aumôniers. Les CSTSO utilisent un modèle de traitement pluridisciplinaire en vue d’offrir des évaluations et des traitements et de faire de la sensibilisation et de la recherche. En plus de fournir des services directement aux militaires des FC, le personnel de ces Centres consulte également d'autres établissements de traitement dans le monde entier et étudie la documentation spécialisée sur les traumas, sur le stress, sur le SSPT et sur les TSO. On compte actuellement cinq CSTSO : à Halifax (Nouvelle-Écosse), à Valcartier (Québec), à Ottawa (Ontario), à Edmonton (Alberta) et à Esquimalt (Colombie-Britannique).

Anciens Combattants Canada (ACC) assure le fonctionnement de six cliniques de traitement des traumatismes liés au stress opérationnel pour répondre aux besoins des anciens combattants, des militaires des FC et des anciens agents de la GRC qui souffrent d’un TSO résultant de leur service. Ces cliniques sont situées à Fredericton (Nouveau-Brunswick), à Montréal (Québec), à Québec (Québec), à London (Ontario), à Winnipeg (Manitoba) et à Calgary (Alberta). Une septième clinique ouvrira bientôt à Vancouver (Colombie Britannique).

Le gouvernement fédéral s’est engagé à verser 98 millions de dollars à la mise en œuvre de l’Initiative en matière de santé mentale des FC. Ces fonds permettront l’embauche de 218 nouveaux professionnels de la santé mentale, pour atteindre un total de 447 avant mars 2009. Compte tenu de la pénurie actuelle de professionnels de la santé partout au Canada, l’échéancier a été reporté à 2010.

SOUTIEN

Les professionnels de la santé mentale ont acquis une nouvelle compréhension de l’importance du soutien communautaire pour les militaires atteints d’un trouble lié au stress. Dans ce contexte, les Services de santé des Forces canadiennes travaillent en vue d’améliorer les systèmes de soutien social à l’intention des militaires des FC qui ressentent les effets du stress opérationnel.

Dans le cadre du Programme d’aide aux membres des Forces canadiennes, les militaires qui en ressentent le besoin peuvent téléphoner à un numéro sans frais pour consulter en toute confidentialité une personne en mesure de les aider, et ce, 24 heures sur 24, de n’importe quel endroit. Le programme offre des services de consultation externes à court terme aux militaires des FC qui cherchent à obtenir de l’aide autre que celle offerte par les services de santé militaires. La famille peut également recevoir des soins par le biais du programme dans la mesure où cela agirait sur le bien-être du militaire. Le personnel de la Force de réserve et leur famille y ont aussi accès. Il s’agit d’un programme civil, car il fait intervenir des conseillers professionnels fournis par le Service d'aide aux employés de Santé Canada. Le Programme d’aide aux membres des Forces canadiennes est toutefois financé par les FC.

Le Programme de soutien social aux victimes de stress opérationnel (SSVSO) consiste à offrir du soutien par les pairs et des consultations familiales aux militaires des FC souffrant du SSPT ou d’un TSO. Le Soutien social aux victimes de stress opérationnel essaie également de contrer les préjugés envers les militaires des FC qui souffrent du SSPT ou d’un TSO au moyen d’exposés officiels et d’autres outils de communication. Ce programme est une initiative conjointe des FC et d’ACC et a été créé par un groupe d’anciens combattants des FC.

Le Centre national de traitement des traumatismes liés au stress opérationnel de Sainte-Anne de Bellevue (Québec) contribue à la collaboration étroite entre le personnel médical des FC et d’ACC, particulièrement en ce qui concerne la transition des membres libérés des FC à la vie civile et la continuité de leurs soins. Le Centre offre des services de diagnostic, de traitement, de prévention et de soutien aux militaires en service, aux anciens combattants et aux membres de familles de militaires qui ont des problèmes de santé mentale liés au stress opérationnel.

Les Centres de ressources pour les familles des militaires qui se trouvent dans toutes les grandes bases des FC peuvent fournir des renseignements sur un large éventail de sujets qui intéressent les familles de militaires, notamment la santé mentale. Le personnel de ces centres est en mesure d’aiguiller les membres des familles de militaires qui en ont le plus besoin vers les fournisseurs de services appropriés.

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